CHAPITRE IL
I. y eut dans cette année 1808 — 1809, comme dans la précédente, peu de variété dans les maladies épidémiques. .
Dans la précédente année, on vit un trèsgrand nombre de fièvres intermittentes. Dans celle-ci au contraire , les épidémies annuelles semblèrent presque avoir disparu.
Il y eut cependant une grande quantité de typhus contagieux, produits par les malheurs de la guerre ; ils remplacèrent les fièvres épidémiques.
La mortalité fut donc plus grande; car des fièvres de ce genre sont en général insidieuses, quoiqu'elles s'annoncent avec un appareil de bénignité, de méme que la variole.
Les médecins qui nient la grande mortalité de ces fiévres, en établissent mal le diagnostic; car plusieurs médecins donnent le nom de typhus à un beaucoup trop grand nombre de fièvres.
Une raison de la mortalité plus grande, soit
78 MÉDECINE dans notre clinique, soit dans les hôpitaux, fut J'encombrement de ces établissemens par les malades de l'armée française : on ne pouvait recevoir qu'un très-petit nombre de nos malades, et quand ils étaient dans un très-grand danger.
On verra, dans le Tableau annexé à cet ouvrage, un état sommaire des maladies que nous eñmes à traiter, et de leur issue.
Novembre 1808.
LE temps fut froid, sec, venteux, avec beaucoup de poussière. Depuis la nouvelle lune, la température fut variable; il y eut des pluies fréquentes et des neiges qui fondirent de suite. Vers la fin du mois, il survint tout-à-coup un froid sec avec des gelées.
La plus grande hauteur du thermomètre fut de 9 d. j. au-dessus de o le 1 ; la moindre fut de 3 d. au-dessous de o le 29.
La plus grande élévation du barométre fut de 28 p. 9 L le 1. Son plus grand abaissement fut de 27 p. 10 l. "f: le 27.
La plus grande variation subite fut, pour le thermomètre, un abaissement de 7 d. du 25 au 28 ; et pour le barométre, un abaissement de 5 L du g au 1o.
Le nord-ouest fut le vent dominant.
PRATIQUE. 79 Maladies épidémiques.
Les catarrhes furent très-nombreux; plusieurs furent si graves, qu'ils ressemblaient à des péripneumonies.
La goutte aigu& fut fréquente. Dans un cas, elle devint mortelle par sa complication avec une entérite et une péripneumonie grave : nous en parlerons au chapitre des ouvertures.
ll y eut peu de fiévres intermittentes ; la plupart furent quartes ou quotidiennes.
La scarlatine régna dans la ville, on y vit aussi des maux de téte et des attaques d'apoplexie; on doit cependant plutót les attribuer à la chaleur des fourneaux, qu'à des causes épidémiques. |
A l'exception des intermittentes, les autres fiévres épidémiques cédérent aisément au traitement antiphlogistique.
Maladies sporadiques.
Nous reçûmes un homme atteint d'une paralysie légére des extrémités inférieures. Il ignorait si son mal provenait d'une affection vénérienne ou de l'usage du mercure. La dernière cause paraissait la plus probable, parce que,
pendant un traitement mercuriel trop violent, il avait ressenti un empêchement dans le mouvement des jambes, semblable à la goutte mercurielle,
Depuis deux ans, il avait inutilement employé tous les remèdes nervins et les bains sulphureux.
Nos traitemens ne furent pas plus heureux ; car nous fimes en vain usage, pendant tout le cours d'une année scholaire, de tous les médicamens anti-arthritiques, et qui changent la disposition des nerfs ; nous établimes aussi, suivant la méthode de Pott, deux cautères à la région lombaire ; cet homme quitta la clinique sans que sa maladie fût changée.
Nous fûmes plus heureux dans le traitement d'un peintre atteint de paralysie légère des extrémités et de colique de plomb. Les décoctions mucilagineuses, les poudres de calomel et d'opium, les clystéres émolliens et huileux, eurent un plein succés dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres semblables.
Cette colique parait avoir ume durée fixe d'environ deux semaines, aprés quoiles spasmes des intestins se dissipent aisément ; il reste cependant toujours une disposition à contracterla méme maladie. Il faut remarquer que cette affection intestinale n'est que sympathique
PRATIQUE. 6r chez les ouvriers qui n'avalent pas les oxydes de plomb, et qui éprouvent seulement l'action délétère de leurs vapeurs. |
Dans cette maladie, Topium est le plus grand remède antispasmodique. Le calomel procure un écoulement abondant du fluide pancréauque, qui ramollit les matières fécales endurcies, et lubrifie les voies excrétoires. L'huile donnée inlérieurement, nous parait trop charger les intestins resserrés; donnée en lavement, elle produit de très-bons effets relàáchans. Les fomentations et les cataplasmes émolliens appliqués sur l'abdomen , ont aussi une grande vertu relàchante , pourvu que leur chaleur soit maintenue trés-égale. Sous ce rapport, on doit les préférer aux bains (1).
Nous vimes un homme atteint d'ictére, par une cause singulière : : Ayant pris un émétique
(1) La méthode adoptée par Hildenbrand , dans le traitement de la colique de plomb, a beaucoup de rapport avec celle de Stoll , qui consiste dans l'emploi simultané des purgatifs et des narcotiques. Néanmoins , par cette méthode , les malades ne guérissaient pas trés-promptement , et éprouvaient souvent des rechutes , comme on a pu le voir dans la première partie dé cet ouvrage ; tandis que par le traitement empirique de l'hôpital de la Charité de Paris, ils guérissent tous , prompiement et sans récidive, ( Note du Traducteur.)
lome IT, 74 6
pour des dégoûts qu'il éprouvait, il devint jaune par tout le corps. Doit-on attribuer cet ictére à une évacuation trés-grande de la bile contenue dans la vésicæle excitée par les secousses du vomissement, ou bien à une mauvaise disposition du foie, qui était déjà peutêtre cause de l'anorexie (1)? Les boissons résolutives et acidules, guérirent aisément cette maladie.
Les fièvres gastriques sporadiques que nous observàmes dans ce mois, et les érysipèles de méme nature, doivent étre attribués à l'usage qu'ont les gens du peuple, de célébrer la féte de St. Martin, en mangeant avec excès des oies bien nourries, et d'autres viandes grasses. Les purgatifs seuls procurérent la guérison.
Décembre 1808.
LE mois commença avec des neiges ; ensuite il y eut constamment des gelées avec. sécheresse. |
(1) Cet ictére fut sans doute occasionné par une surexcitation de l'estomac, du duodénum et du foie opérée par laction du vomitif. Stoll dit (Médecine pratique , tom. 2. pag. 236) :que l'emétique convient rarement dans Fictére, et l'augmeute souvent. (Note du. Traducieur.)
La plus grande hauteur du thermomètre fut de 6 d. ?|, au-dessus de o le 7 ; la moindre fut de 11 d. au-dessous deole 12...
La plus grande élévation du barométre fut de 28 p. 9 L "// le 6 et le 27. Son plus grand abaissement fut de 27 p. 9 l. ?/; le 8 et le 23.
La plus grande variation subite fut un abaissement de 5 d. du 9 au 9, pour le thermométre ; et pour le barométre, un abaissement de 61. du 6 au 7, et du 2t au 22.
Les vents dominans furent le nord-ouest et ensuite l'ouest.
On vit peu de fiévres intermittentes ; la plupart étaient des quartes simples, accompagnées de diathése hy dropique; elles avaient commencé au temps de l'équinoxe. Nous n'eümes qu'une seule double-quarte : à l'exception de cette derniére, toutes furent guéries par les décoctions résolutives et améres; celle-ci eut besoin du quinquina , aprés qu'on eut détruit la eachexie. Toutes les doubles-quartes commencent par devenir simples, et ensuite se gnérissent.
Dans la ville, on observa beaucoup d'affections de la tête. Elles étaient catarrhales, ou provenaient peut-étre de la chaleur et de la fumée des fourneaux.
Le froid se faisant de plus en plus sentir, les poumons s'affectérent gravement chez les
hommes. On vit plusieurs péripneumonies qui ne furent pas légéres; plusieurs présentérent le caractère nerveux, et il survenait plutôt quand on avait négligé la mia que quand elle avait été pratiquée.
Au septième Jour , il ie à se manifester du délire, la sécheresse de la langue et de la gorge, une chaleur mordante de la peau qui ne transpirait pas, un relächement du ventre avec faiblesse du pouls. Nous vimes ce caractère nerveux symptomatique disparaître presque dès les commencemens, en employant
le camphre, les vésicatoires et les émolliens. On provoquait l'évacuation des crachats par
l'usage du soufre doré d'antimoine.
Comme les fiévres inflammatoires vraies se terminent rarement, où presque jamais , par le caractère nerveux, Je crois que ces péripneumonies étaient plutôt des catarrhes graves du
poumon : car les fièvres catarrhales ont autant
de tendance au caractère nerveux, que les inflammatoires en sont éloignées. |
On observa que peu de femmes furent malades dans ce mois.
Maladies sporadiques.
Uxe colique herniaire fut promptement guérie, aprés qu'on eut fait rentrer les intestins,
PRATIQUE, 85 par l'usage des émolliens, et en ayant égard à la liberté du ventre.
Nous fümes également heureux dans le traitement d'une siphilis chez un homme qui présentait phlogose de la gorge, douleurs ostéocopes, tophus au front, et affection impéligineuse caractéristique de la peau.
I] prit trente-quatre grains de sublimé corrosif avant que la salivation survint. Tous les phénomènes morbides disparurent , quoique peu-à-peu.
Nous avons souvent observé que chez les malades qui peuvent continuer le traitement mercuriel sans l'interrompre à cause de la salivation, le miasme siphilitique est entièrement éteint, et que l'on n'a plus besoin de revenir de nouveau à l'usage du spécifique.
Les sels mercuriels sont les remédes les plus eflicaces pour le traitement de la siphilis, et le sublimé corrosif l'emporte sur tous, pourvu que la constitution du malade puisse supporter l'action de ce médicament héroique.
Nous usons avec le plus grand succés de la solution aqueuse de ce sel , nous en faisons dissoudre un demi-grain dans une once d'eau distillée, et on donne la moitié de cette solution le matin, et l'autre moitié le soir, dans une boisson mucilagineuse.
Nous ne montons jamais à des doses plus fortes; l'organisme ne s'accoutume jamais aux médicamens corrosifs. Nous diminuons méme ceite dose, si l'estomac trop irritable ne la supporte pas. Nous croyons inutile l'emploi simultané des décoctions appelées dépuratives. L'air sec et également chaud , dispose très-bien la peau à la transpiration. | |
Nous ne négligeons jamais le traitement local des affections siphilitiques secondaires. L'application du sublimé corrosif, sous forme de fomentation , de bain, de lotion, d'injection , est le moyen le plus efficace; une légère inflammation siphilitique des parties, n'empêche pas ce traitement. |
Janvier 1809.
Au commencement de l'année, le froid diminua, et l'on vit fondre les neiges. Mais le froid recommenca ensuite avec une nouvelle vigueur, et la sécheresse persista. IL y eut cependant, à la fin du mois, quelques jours sereins et modérément froids. |
La plus grande hauteur du thermométre fut de 10 d. au-dessus de o le 25 : la moindre fut de 13 d. ?/, au-dessous de o le 6 et le 18.
La plus grande élévation du baromètre fot
PRATIQUE. 87 de 28 p. 9 L le 6. Son plus grand abaissement fut de 27 p. 9 l. 'J; le 8.
. La plus grande variation subite fut, pour le thermomètre, une élévation de ro d. du 4 au 5; et pour le baromètre, un abaissement de 7 L du 7 au 8.
Le Vdd«est fat de verit nant
Maladies épidémiques.
MALGRÉ la rigueur du froid ,‘le caractère inflammatoire ne se montra pas avec une grande violence,
Il y eut beaucoup de péripneumonies; mais elles furent légéres, et n'eurent pas besoin de la saignée : plusieurs, aprés avoir duré quatorze jours, étaient soulagées par l'expectoration, plutôt que par les sueurs et les urines. Nous ne vimes jamais de mauvaises suites des cra chats rouges et sanguinolens sur le déclin de la maladie.
Quelquefois le caractére nerveux se développa avec une vraie débilité des forces vitales. Il fut facilement dompté dès les. commencemens par le camphre et les vésicatoires.
Le caractére putride se manifesta, et devint mortel dans une fiévre qui, dans le depu paraissait inflammatoire,
Tout cela me porte à croire que les inflam- #ations de ce mois et celles du mois précédent, n'étaient pas franches, mais qu'elles étaient plutót catarrhales.
La température froide engendra plusieurs fiévres intermittentes ; les quotidiennes n'avaient pas des apyrexies complètes, elles devinrent presque continues par l'union de leurs paroxysmes; le frisson n'était pas aussi manifeste que dans les intermittentes vraies.
Ces fièvres eurent évidemment, dans les commencemens , le caractère inflammatoire, ce qui fut prouvé par la force, la plénitude et la dureté du pouls, par les stases inflammatoires dans les divers organes, qui augmentaient pendant le paroxysme, et par le défaut des autres caractères fébriles.
Parmi les affections inflammatoires locales, les péripneumonies furent les plus fréquentes. Nous vimes, chez une femme , un exemple de périlonite qui revenait pendant chaque paroxysme quotidien, et dans l'intervalle, toute douleur cessait , quoiqu'il n'y eût pas apyrexie parfaite.
Nous employàmes le traitement antiphlogistique, tant que le caractère inflammatoire persista, et quand il cessa, nous arrétàmes, par des toniques, la fièvre intermittente devenue
PRATIQUE. 89 simple. Les stimulans diffusibles, quoique légers, excitaient de nouveau l'inflammation.
Il semble que tous les ans, ces fièvres subcontinues forment le passage de l'épidémie des fièvres intermittentes vraies d'automne aux fièvres inflammatoires continues d'hiver, et de ces dernières, aux intermittentes de printemps.
Cependant on observa aussi dans ce mois quelques fièvres intermittentes vraies, tierces et quartes. La plupart de ces dernières avaient pris naissance en automne, et avaient duré jusqu'alors. Leur cure fut longue sans quinquina. Une double-quarte fut guérie aisément, par ce spécifique, chez une femme grosse.
Nous eûmes aussi des fiévres quartes invétérées avec hydropisie ou leucophlegmatie.
Toutes les fois que nous observions que le relichement propre à lhydropisie augmentait après chaque paroxysme, nous commencions à détruire la fièvre par le quinquina, et nous entreprenions ensuite la cure de la cachexie par les remédes amérs et diurétiques. Quand, au contraire, dans d'autres cas qu'il faut bien distinguer, nous remarquions que l'état cachectique diminuait pendant la durée de la fièvre, ou au moins quil n'augmentait pas, nous n'étions pas aussi pressés d'enlever la fèvre. Souvent nous parvinmes, par les remédes
loniques non astringens, à guérir l’une et l’autre maladie, sans qu'il restât aucune diathése mor- . bide. Il faut toujours remarquer si la fièvre est un moyen de guérison de la cachexie, ce qui n'est pas dans tous les cas.
Une vieille femme nous offrit un cas remarquable de fiévre quarte avec hydropisie générale. La malade avait une grande tendance à la diarrhée, qui était augmentée par le quinquina, avec accroissement de la faiblesse et du reláàchement. Les poudres de scille et d'opium, jointes à la décoction de quinquina, guérirent promptement la fiévre et l'hydropisie.
On vit, dans ce mois, un grand nombre d'ictéres sans fiévre. Il est difficile d'expliquer la cause de cet ictère épidémique : étaitil produit par la constriction du foie et de la vésicule biliaire par le froid! Nous employâmes, pour le traitement, les remèdes fondans et légèrement ioniques.
Une cardialgie spasmodique fut guérie par les médicamens nervins.
Une phthisie pulmonaire, compliquée d'hydropisie, fut mortelle.
Une autre espèce de phthisie, provenant d'un stéatôme du foie, fut aussi suivie de la mort; nous la décrirons au chapitre des ouvertures.
La colique menstruelle fut trés-fréquente ;
PRATIQUE. 9t elle nait de la pléthore abdominale causée par les régles. Dans ces cas, comme dans tous les autres, nous avons toujours guéri cette maladie par les antiphlogistiques. La suppression des régles par un refroidissement, est généralement la cause de cette affection. Le froid humide parait"$ur-tout nuisible.
Février 1809.
Au commencement du mois, le temps fut serein et modérément froid. Il survenait assez régulièrement de la gelée tous les quatre jours. Depuis la nouvelle lune, la température fut semblable à celle du printemps. La sécheresse dura pendant toute mois. |
La plus grande hauteur du thermométre fut de 9 d. au-dessus de ole 15; la moindre fut de 5 d. '/; au-dessous de o le 9.
de 28 p. 9 l. ‘|, le 25. Son plus grand abaissement fut de 27 p. 10 l. '/, le 13.
La plus grande variation subite fut, pour le thermométre, un abaissement de 12 d. du 7 au 8; et pour le baromètre, une élévation de 71*1:du-33-20 26.
L'ouest fut le vent dominant.
92 MÉDECINE Maladies épidémiques.
LE caractère épidémique des maladies fut a-peu-près le même que dans le mois dernier.
On vit beaucoup de fièvres inflammatoires continues, accompagnées d’exacerbations périodiques, tantót avec, tantót sans affections locales ; souvent elles prenaient le caractére nerveux. Il. parait que la température chaude du mois n'y contribua pas, puisque la nature des maladies avait été la méme dans le mois précédent.
Ce caractére nerveux retardait beaucoup les crises, et rarement la fiévre diminuait avant le quatorziéme Jour. »
Dans les premiers jours, il fallait employer avec précaution l'appareil anüphlogistique, et user très-modérément de la saignée. Nous parvinmes ensuite aisément, parla méthode exposée plus haut, à vaincre dans tous les cas le caractère nerveux, qui était symptomatique et secondaire. Les efforts salutaires des forces vitales, quoique affaiblies, contribuérent cependant, ce qui est étonnant, à ces heureux résultats.
Nous eûmes une fièvre puerpérale de même nature, accompagnée d'affection du péritoine
PRATIQUE. 93 et d'éruption miliaire blanche : elle fut guérie par le même traitement.
Cette fièvre, quoique provenant de causes sporadiques, parait cependant aussi soumisé en grande partie à la constitution épidémique ; sa cause prochaine et occasionnelle est l'inflammation abdominale , produite par l'aecouche- ment, l'écoulement des lochies et la sécrétion du lait ; ensuite la fièvre est diversement modifiée par le génie de la constitution épidémique. Elle diffère donc des autres fièvres de diverse nature et purement accidentelles, qui peuvent survenir chez les femmes en couches.
Les fièvres intermittentes simples et vraies, principalement les tierces, furent aussi fréquentes que dans le mois dernier ; elles dépendaient de la saison, et se guérissaient aisément sans quinquina , par les remèdes nervins ct toniques indigènes ; un vomitif facilitait leur cure,
On voyait, dans la ville et dans notre clinique, des érysipèles, des catarrhes et des rhumatismes, Il y eut sur-tout, à la fin du mois, beaucoup d'affections rhumatismales de la peitrine, et principalement des pleurésies vagues qui dépendaient de l'inflammation des espaces intercostaux. Le transport d'une de ces aífections sur les intestins, détermina une entérite rhu-
94 MÉDECINE matismale qui fut guérie par les antiphlogistiques et un vésicatoire sur l'abdomen.
En général, ces inflammations causent plus de frayeur que de danger.
Les angines rhumatismales étaient assez fré-
quentes ; la plupart étaient aphteuses , et s'accompagnaient d'une éruptión particuliére de furoncles.
. Les moyens de guérison les plus utiles, furent les légers diaphorétiques, les préparations de sureau, la chaleur séche et égale du lit, les vésicatoires dans les cas d'affections locales rebelles, aprés la disparition de linflammation.
Maladies sporadiques.
ON vit un grand nombre de fiévres gastriques, produites par des excés de table; elles étaient vraiment légitimes, et simulaient, pour ainsi dire, une épidémie : elles furent toutes guéries par les vomitifs, les purgatifs et la rhubarbe à la fin.
Ces fièvres, quand l'atmosphère est chaude et humide, et quand l'air n'est pas renouvelé, saccompagnent souvent d'un exanthéme pétéchial, et ont de la tendance au caractère putride. C'est ce qu'on observe souvent dans la pratique chez les pauvres, sur- tout quand la
PRATIQUE. 95 maladie a été négligée ou exaspérée par un régime et des remèdes trop stimulans. —
Une métrite occasionnée par de mauvaises manœuvres pendant l'accouchement, qui s'accompagna d'hémorragie très-grave, fut guérie aisément par les saignées et les antiphlogistiques. On voit quelquefois ces inflammations de lutérus, s'accompagner d'hémorragie, et d'autrefois de suppression des lochies. Ce dernier cas se conçoit cependant plus aisément : la cause est la même, mais l'effet est bien différent. |
Quoique nous ignorions la cause des hémorragies des organes enflammés qu'on a voulu attribuer à l'action augmentée des vaisseaux sécrétoires à leur dilatation Le leur lacération , des observations nombreuses prouvent cependant que ces hémorragies existent souvent avec un haut degré d'inflammation.
La péripneumonie produit fréquemment un crachement de sang, le coryza un épistaxis, linflanmation de luréthre une hématurie , l'entérite une dysenterie sanglante. Pourquoi n'en. serait-il pas ainsi de linflammation de l'utérus! Certainement les remèdes emménagogues stimulans, sils produisent un écoulement de sang par l'utérus, enflammient aussi cet organe.
— Si la péripneumonie peut causer une hémopiysie , il est probable que la turgescence ou l'inflammation de la matrice peut également produire une hémorragie utérine. Car l'expérience m'a appris que les hémorragies passives, venant de faiblesse, sont plus rares qu'on ne le croit vulgairement.
Une hydropisie, suite de fièvre intermittente, fut guérie promptement par les décoctions fondantes et améres, jointes à un sel neutre. Nous employàmes avec succès le colchique d'automne au lieu de la scille, pour produire une évacuation urinaire, et exciter les fibres relàchées.
Mars 1809.
Tour le mois fut froid , venteux, sec et serein.
La plus grande hauteur du thermométre fut de 11 d. au-dessus de o le 3o; la moindre fut de 4 d. ?/, au-dessous de o le 12.
de 28 p. 11 1. ?/, le 3. Son plus grand abaissement fut de 28 p. le 27. |
La plus grande variation subite fut, pour le thermomètre, de 7 d. d'abaissement du 9 au 10; et pour le baromètre, de 7 l. d'abaissement du 6 au g. |
Le nord-ouest fut le vent dominant.
PRATIQUE. 97 Maladies épidémiques. |
LE caractère inflammatoire domina encore plus que dans le mois dernier.
Les péripneumonies furent très-fréquentes, elles étaient continues et aiguës ; la plupart étaient jugées par les sueurs et les urines le septième ou le neuvième jour. Toutes furent guéries par les antiphlogistiques. Elles n'avaient pas de tendance au caractère nerveux:
elles étaient donc plus vraies que celles du mois dernier.
Une péripneumonie , accompagnée d'hémorragie du poumon, devint mortelle le huitième jour de la maladie, chez un homme robuste.
L'inflammation avait été négligée dans les premiers Jours, et le malade avait été confié trop tard à nos soins. Nous reconnümes que le poumon était en suppuration, par le défaut absolu de soulagement aprés la saignée. A l'ouverture du cadavre, nous trouvámes une grande vomique dans la partie supérieure de chaque lobe.
Nous eümes un cas d'hépatite avec ictère inflammatoire. On vit beaucoup de pleurésies, mais elles étaient vagues, et dépendaient la plupart d'une inflammation fausse des muscles intercostaux. Comme, dans ce cas, la plévre -