‹ Médecine pratiqueChapitre 40 sur 63 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

i30 MÉDECINÉ

Ces maladies guérissaient aisément, quand on les traitait dés le commencement: un régime égal, modérément chaud, des boissons émollientes, mucilagineuses, tièdes, devenues ainsi légèrement diaphorétiques , administrées pendant la petite fiévre catarrhale, soulageaient à-la-fois la fièvre et le flux diarrhéique. La transpiration rendue modérée, et maintenue ainsi sans étre trop forle , diminue notablement la maladie, si elle ne la guérit pas entièrement. |

Un des moyens diaphorétiques les plus aciifs, est certainement un vomissement violent : de simples nausées, et des efforts inutiles pour vomir, ont aussi le méme effet; par-là, le mouvement sécrétoire péristaltique des inieslins trop impétueux est changé.

Les émétiques et les subémétiques produisent promplement, dans ces diarrhées catarrhales, les bons effets qu'ils ont coutume de produire dans les affections catarrhales en général, en les abrégeant ou en les guérissant. Tantót ils détruisirent entièrement la maladie; tantôt ils modérèrent sa violence pendant son cours ; mais, quand on les administrait, il fallait qu'il n'y eût point de symptômes inflammatoires.

Les remèdes chauds et aromatiques, que le peuple a coutume d'employer, quoique dia-

PRATIQUE. 191 phorétiques , ne réussirent que chez quelques sujets d'une constitution froide ; chez les autres, par leur vertu stimulante, ils augmentérent linflanmation intestinale, ou la produisirent quand elle n'existait pas. '

Nous vimes ainsi, chez un vieillard atteint de hernie, une inflammation devenir mortelle aprés la suppression de la diarrhée par des spiritueux, et l'autopsie confirma notre diagnostic.

Les narcotiques eurent de plus heureux succès, et sur-tout l'opium, à moins que l'inflammation ne füt trés-violente: l'opium provoque des sueurs, apaise l'irritabilité intestinale , diminue la sécrétion séreuse morbide, et réprime la diarrhée.

Mais il faut de l'opium de bonne qualité, etil.est rare depuis quelques années; il en faut de grandes doses, sur-tout dans les dysenteries invétérées ; les petites doses, quoique répétées, ne suffisent pas ordinairement, et ne peuvent pas produire un assez fort narcotisme des intestins.

Les substances mucilagineuses , jointes à l'emploi de l'opium , quand la maladie était déjà avancée , montrérent encore des effets salutaires, en apaisant l'irritation intestinale , en remplacant le mucus perdu, en nourrissant et en modérant l'écoulement ; car les remèdes

mucilagineux en général diminuent les sécrétions ou les arrêtent; ceux qui ont le plus cette vertu, sont le mucilage de gomme arabique , les décoctions de salep et de lichen d'Islande. Les huiles grasses relàchent trop, ne diminuent pas du tout les sécrétions, et ne*sont pas digérées.

Quand, à cause de l'atonie desintestins, l'opium uni aux mucilages méme à grandes doses ne suílisait point pour arrêter la diarrhée, il fallait avoir recours à la rhubarbe en poudre à dose réfractée , jointe à la cannelle ou à la poudre de colombo, ou à l'infusion de calamus aromalicus et au vin, ce qui fut souvent suivi de succès. |

Il fallait faire aussi une grande attention au régime, sur-tout à l'air et aux alimens; mais il y eut peu de malades qui ne commirent pas des erreurs de régime. Les occasions de s'écarter d'une diète sévère étaient fréquentes, les malades ne gardant pas le lit, et se promenant méme pour la plupart.

Les militaires qui usérent du commerce des femmes pendant cette maladie , non seulement ne furent pas soulagés , mais virent leur langueur augmenter. Triller ( Opuscul. méd., vol. 3) a donc eu raison de blàmer Hippocrate,

qui dit faussement (Ævidém., liv. 7 ) que le

PRATIQUE. 133 coit guérit la dysenterie; mais une erreur des copistes excuse peut-étre le divin vieillard.

Avec un mauvais régime, les secours de l'art étaient souvent iusufiisans : quoique sans fièvre et sans douleur , la diarrhée persistait ,. et il s'y joignait des symptômes dysentériques.

Enfin, la période de colliquation arrivait ; les selles étaient rendues avec impétuosité et involontairement ; il survenait un grand abattement des forces; et, pour les relever , les remédes les plus actifs ne suffisaient pas: on ne pouvait, par aucun moyen, arréter l'écoulement. La poudre de Dower, l'opium à grande dose, la noix vomique, l'alun, le sucre de saturne , le colombo, la tormentille, les vésicatoires appliqués sur l'abdomen soulagérent bien quelques malades; mais, malgré tous ces secours, plusieurs ne purent échapper à la mort, sur-tout ceux qui voulurent satisfaire leur appétit vorace , et manger les fruits de la saison, et méme les. raisins, que Haller regarde pourtant comme anti-dysentériques. —

On ne doit pas étre surpris de ces terminaisons funestes. En effet, de méme que les catarrhes des poumons dégénèrent souvent en un écoulement habituel et incurable de mucosité par ces organes, qui se termine souvent par la phthisie, on ne doit pas être surpris de:

voir les affections catarrhales des intestins se terminer de la méme manière, et l'on peut facilement le concevoir et l'expliquer.

Maladies sporadiques.

Nous n'eûmes presque aucune maladie sporadique, quoique le nombre des lits de notre établissement , qui est ordinairement de 24, füt portéà 4o pendant ce mois. L'hópital étant encombré de soldats malades, on ne put y recevoir des parliculiers que quand ils étaient atteints de maladies très-graves et trés-aigués ; et ces affections graves étaient toujours des typhus, des diarrhées ou des dysenteries.

BAVENLISUSUULLULLLELUBALEUILLIELETILILELLLLUILULLTLLITULLLILELILLOLLET CHAPITRE III.

Page 1