‹ Médecine pratiqueChapitre 46 sur 63 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

RÉFLEXIONS SUR LES ÉPIDÉMIES DES ANNÉES PRÉ- CÉDENTES, ET SUR LES MALADIES ÉPIDÉMIQUES EN GÉNÉRAL.

S nous voulons nous élever à des considérations générales sur les maladies épidémiques des deux années précédentes, il faut, pour que nos observations ne soient pas incomplètes et notre jugement précipité , considérer aussi en méme temps les histoires les plus certaines et les plus dignes de foi des épidémies de tous les temps, décrites par les meilleurs auteurs ; elles serviront à rendre plus exactes nos recherches sur cet objet. Ces histoires , les plus certaines, se trouvent dans les écrits d Hippocrate, le premier des observateurs, et dans ceux de Baïllou, Sydenham , Huxham et Stoll, ses fidéles unitateurs.

Ce serait ici le lieu de rassembler toutes ces observations, de les séparer de plusieurs choses inutiles ou fausses, de les mettre en ordre, d'en tirer les vérités immuables , et de

PRATIQUE. 177 ies exposer dans toute leur simplicité , pour l'uülité commune.

Mais, pour parvenir à ce résultat , il est nécessaire de comparer les observations anciennes avec les nouvelles, de distinguer les observations propres à chaque auteur, de celles qui lui sont étrangéres, afin de reconnaitre ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est constant et ce qui ne l'est pas; car les épidémies dif. fèrent beaucoup selon les années et selon les climats. Et enfin, aprés avoir examiné et pesé avec soin toutes ces expériences, on remontera ainsi aux sources et aux causes premiéres des phénoménes observés.

Mais, avant tout, il faut éclaircir nos connaissances et nos idées sur les épidémies en général, rechercher et établir d'une maniére fixe la signification du mot épidémie, afin que les médecins puissent enfin avoir sur cet objet un méme sentiment et un méme langage.

Les mots maladie épidémique signifient,chez les médecins grecs, maladie sur le peuple. ou maladie populaire. Si une. maladie attaquait tout un peuple, ou au moins la plus grande partie de ce peuple ( et non pas toutes les nations à-la-fois comme quelques-uns l'entendent mal-à-propos), les Grecs l'appelaient ma/adie pandémique. Quand une maladie était familière

Page 1