‹ Médecine pratiqueChapitre 48 sur 63 · RE SES · texte numérisé non relu

RE SES

PRATIQUE. 107 d'espèces d'épidémies , certainement il n'y en a pas moins. ! |

L'épidémie stationnaire (caractère stationnaire épidémique des maladies ) diffère essentiellement de toute autre , en ce qu'elle dure plusieurs années, exerce le plus grand empire sur toutes les autres maladies épidémiques ou non épidémiques , les réduit sous sa puissance, ou, pour mieux dire, leur imprime à toutes son caractére.

Ce caractère morbide général durant ainsi pendant plusieurs années et changeant ensuite, a été prouvé par les observations très-exactes de Th. Sydenham, depuis l'année 1:661: jusqu'en 1680; et par celles de Max. Stoll , depuis 1775 jusqu'en 1784. Son existence a encore été confirmée par de nouveaux observateurs, Un certain caractére nerveux prédomine depuis quelques années sur toutes les maladies soit épidémiques, soit sporadiques; elles en participent toutes facilement dans leurs cours ; et méme les fièvres d'irritation en sont rendues moins vives (1).

(1) Cependant quelques observateurs modernes, et entr'autres F. J.. Wittman ( Bemerkungen über das stehende fieber von 1806 — 1803), confondent évidemment le caractère typhode pestilentiel avec le caractère nerveux qui règne épidémiquement,

Quoiqu'on ignore l'origine et la cause de ce caractère général des maladies, qui ne diffère presque du caractère endémique que par sa durée, on sait au moins qu'il ne provient pas de la température et des saisons de l’année, ni des qualités physiques et manifestes de l'atmosphére; il ne semble presque pas naitre non plus des causes qui produisent les maladies, les augmentent ou les rendent populaires; il imprime plutót des modifications aux maladies déjà existantes : il ne constitue pas une épidémie, il en est plutót le régulateur; et à peine, d'après les observations, imprime-t-il une diathèse morbide spéciale aux hommes qui se portent bien.

On ignore encore beaucoup de choses qui pourraient dévoiler la nature de ce caractère. stationnaire des maladies; et pour éclaircir cet objet, l'on a besoin d'observations exactes faites. en grand nombre, dans divers pays, avec zèle et sans interruption.

J'ajouterai une seule observation. Si réellement ce caractère nerveux est devenu stationnaire, il est certain alors. que les fièvres annuelles cardinales ( au rang desquelles on ne peut pas mettre les fièvres nerveuses) ne sont pas les seules qui puissent devenir stationnaires. Je crois méme pouvoir conclure, que le ca-

PRATIQUE 199 ractére stationnaire n'est pas toujours fébrile, d'aprés une épidémie stationnaire putride ( scor-

… butique) que j'ai observée dans les pays du

Nord, en Volhynie, en Podolie et en Ukraine, pendant prés de huit ans, depuis 1785 jusquen 1792.

Quand on réfléchit à ce que nous venons de dire sur les épidémies stationnaires, et qu'on

considère attentivement les maladies des deux

années précédentes, on est forcé de convenir que toutes les maladies fébriles et non fébriles ont présenté un certain caractére nerveux général, ou une tendance à la faiblesse vraie , et aux symptómes d'une lésion du systéme nerveux,

Déjà à Vienne en 1807, et peut-être aussi antérieurement, ce que j'ignore ayant pratiqué dans d'autres lieux ; des signes assez évidens d'un caractére nerveux général commencérent

à se manifester dans plusieurs maladies , et X

influencer méme des affections d'une nature opposée, mais d'une manière modérée; car la caractére inflammatoire domina encore avec assez de force, et réclama quelquefois un traitemént-antiphlogistique énergique. Le caractére bilieux se montra aussi pendant lété, et les anomalies nerveuses furent en général légères et peu fréquentes dans les fièvres et les maladies chroniques.

Page 1