MEDECIN
Mais en 1608 , el sur-toát en 1809, l'empire de ce caractère nerveux augmenta , fut porté au plus haut degré; et l'expériencenous prouve qu'il persiste encore aujourd'hui dans toute sa force.
Ce caractére nerveux manifesta sa plus grande influence sur les fiévres exanthématiques et contagleuses , et sur-tout sur les typhus, la scarlatine et la variole. Par la plus légère cause, l'état nerveux se développa avec violence dans ces maladies.
Il exerca ensuite sa plus grande influence sur les fiévres catarrhales et sur les fiévres intermiltentes, qui leur sont analogues, et qui sont subcontinues dans les commencemens, ainsi que sur les fièvres bilieuses.
Il eut moins d'empire sur les fièvres inflammatoires vraies, et n'en eut aucun sur les fièvres rhumatismales. Les fiévres synoques ne devinrent pas nerveuses ; mais elles furent plus légères en général que dans les années précédentes; elles eurent moins de violence , et ne réclamèrent pas un traitement antiphlogistique aussi actif,
Mais, dans les maladies oü le caractére nerveux a coutume de se développer, quelle que soit la constitution stationnaire , il fut beaucoup plus fréquent, et ces affections furent plus graves et plus souvent mortelles.
PRATIQUE. 191 Ce caractère nerveux exerça aussi une assez grande influence sur les maladies chroniques. On vit plus souvent se manifester la débilité chez les gens atteints de phthisie , de consomption, d'hydropisie , et aprés les grandes évacuations, Les attaques furent plus graves chez les femmes atteintes de chlorose et d'hystérie ; et toutes les exacerbations des névroses présentèrent plus de violence. Les mélancholiques fürent aussi en mauvais état ; et les homicides ainsi que les suicides devinrent trés-fréquens.
Enfin, les cachexies, etles fiévres pituiteuses et vermineuses qui leur ressemblent beaucoup, présentérent souvent le caractére nerveux lent,
Si l'on compare ces observations avec les observations antérieures, on verra plusclairement la différence du caractére stationnaire qui domine dans différens temps.
On en voit un exemple évident dans les inflammations, et spécialement dans les pleuropéripneumonies vraiment inílammatoires. Je me rappelle ces péripneumonies graves, qui régnaient à Vienne en 1784 et 1785 : il fallait souvent répéter la saignée trois ou quatre fois dans un Jour; tandis qu'aujourd'hui deux saignées, pratiquées pendant tout le cours de ces maladies, suffisent ordinairement pour les adoucir et les guérir.
Plusieurs médecins attribuent ce caractère général de faiblesse aux calamités publiques, qui n'ont cessé d'affliger le peuple depuis plusieurs années, Je ne vois cependant pas que la misére soit assez grande pour qu'on puisse lui attribuer, à elle seule, un caractére si général des maladies. On ne doit pas non plus - en rechercher la source seulement dips l'homme lui-même.
Les épidémies stationnaires doivent donc avoir d'autres causes cachées ; et il parait qu'il en existe plusieurs qui concourent à-la-fois et en méme temps à les produire (1). Y
(1) Barthez (Discours sur le génie d' Hippocrate) nié entièrement lexistence des épidémies stationnaires ; il regarde comme chimérique l'empire qu'on leur attribue. « Les faits bien vus, dit-il, ne donnent aucune preuve de l'existence de ces fiévres stationnaires. » Sydenham est l’auteur de la doctrine des épidémies stationnaires , et Barthez s'est souvent montré peu favorable aux opinions de Sydenham. Pour résoudre toutes les questions qui peuvent s'élever sur les épidémies , il faudrait une suite non interrompue d'observations continuées avec soin et sans aucun esprit de prévention: et c'est ce quel'on n'a pas fait. Plusieurs médecins ont cru voir en France, pendant long-temps, une constitution catarrhale stationnaire. Hildenbrand a cru aussi remarquer en Allemagne une constitution nerveuse stationnaire depuis 1307. Stolla observé une constitution bilieuse stationnaire pen-
Les épidémies annuelles régnent dans des temps fixes de l'année, reviennent chaque année à des époques certaines, d'une manière
dant les années 1775, 1776 et 1777. On sait combien i| a employé l'émétique pendant ces années. C'est pour cela qu'on lui a reproché d'avoir été exclusif. et de n'avoir vu par-tout que des maladies bilieuses ; mais ce reproche est injuste. Car , pendant les dernières années de sa vie, Stoll dit avoir observé un très-grand nombre d'affections inflammatoires; 11 prétend que la constitution bilieuse changea , et commenca à se montrer inflamma— toire en 1778. La constitution inflammatoire augmenta encore en 1779; et elle fut à son plus haut degré en 1780. Pendant cette année, non seulement les maladies aiguës, mais méme les maladies chroniques, la phthisie , l'hydropisie, le scorbut, participaient du caractère inflam-— matoire. Les émétiques étaient ordinairement nuisibles, ainsi que les stimulans; les saignées et les antiphlogistiques convenaient seuls ( Stoll, Ratio medendi, pars quarta). M est difficile de ne pas croire aux observations d'un homme aussi éclairé et impartial que Stoll. Sydenham et Stoll ont pensé que peut-étre les épidémies stationnaires, aprés avoir duré un certain temps, disparaissaient et revenaient ensuite les mêmes; mais ils mont rien osé affirmer de positif sur ce point, faute d'observations continuées pendant assez de temps. Raymond (JMémoires de la Société royale de Médecine) réduit toutes les épidémies stationnaires à deux modes différens qu'il appelle le mode fort et le mode mou. I prétend avoir observé ce dernier mode pendant dix-neuf aunées consécutives. Mais tout ce que lon a dit sur la doc-