‹ Médecine pratiqueChapitre 51 sur 63 · Pourquoi les apyrexies ou les rémissions · texte numérisé non relu

Pourquoi les apyrexies ou les rémissions

204 MÉDECINE entre deux accès fébriles , sont tantôt parfaites, tantôt obscures ou presque nulles, suivant les diverses dispositions épidémiques ; et pourquoi le type des maladies épidémiques est différent ; 3.° Pourquoi, suivant la disposition locale imprimée aux divers organes du corps par les saisons de l'année , il survient des modifications diverses des épidémies, qui attaquent alors des organes différens. De-là , par exemple, les angines , les péripneumonies et les diarrhées épidémiques.

4.9? Pourquoi les récidives des fièvres épidémiques sont si faciles et si fréquentes, quand la diathése persiste long-temps la méme ; tandis que les récidives des maladies contagieuses , engendrées par un miasme spécifique, sont rares ou entièrement nulles.

Si cette doctrine simple et vraie suffit pour expliquer tous les phénoménes des épidémies annuelles, on pourra certainement, et avec raison , lappliquer pour expliquer lorigine des épidémies stationnaires , sans aller chercher des miasmes supposés. On peut aussi croire qu'elles doivent leur empire plus étendu à des diathéses primitives plus universelles, imprimées aux corps des hommes par des causes plus générales, et qu'ensuite elles exaltent ou diminuent de diverse maniére les diathèses annuelles,

Si cependant il faut admettre un certain iniasme, pour mieux concevoir l'origine des épidémies, on devra certainement l'attribuer aux fiévres intermiltentes , qui paraissent être. le prototype de toutes les fièvres épidémiques, Bien plus, ce miasme a été recherché par plusieurs médecins dans les exhalaisons des marais.

Mais cela n'est pas (1); car les invasions fébriles réitérées ne peuvent pas toutes provenir d'une méme cause exeitante et d'un méme miasme, qui pourrait tout au plus produire le premier paroxysme. L'action prolongée d'un miasme n'agirait pas ainsi périodiquement, de maniére à provoquer de nouveaux paroxysmes.

Ces paroxysmes paraissent plutót devoir étre attribués à certains changemens périodiques et physiologiques qu'éprouvent nos corps, et qui deviennent quelquefois des maladies. Et, si je ne me trompe, c'est le premier paroxysme fébrile qui produit cette tendance à en éprouver de nouveaux. Et cette première invasion est déterminée par une cause générale, qui semble eugendrer toutes les fiévres et le caractére fébrile en général, que l'on pourrait supposer,

(1) Eu 1808, il y eut une épidémie trés-forte de fièvres intermittentes dans presque toute l’Europe, et cependant l'été fut par-tout trés-sec.

par exemple, être un trouble de l'électricité animale. La fin de cet accès ne peut arriver que par un effort critique suffisant, produit par la réaction des actions vitales lésées; et cette crise est plus violente et plus décisive, quand la fiévre approche du type continu, et est formée de l'union de plusieurs paroxysmes.

Toutes ces considérations prouvent que les exacerbations périodiques ou vagues des fiévres €onünues épidémiques, ainsi que les paroxysmes également périodiques ou vagues des fièvres intermittentes, viennent d'une même source, et que ces derniers donnent également aux fièvres continues leur nature primitive et leur premier type.

Je vais encore ajouter ici quelques nouvelles preuves pour suppléer à ce qui a déjà été dit sur cet objet, au Chapitre IV de notre première Partie.

Nous y avons déjà émis l'opinion que les fièvres intermittentes sont le prototype des fièvres continues épidémiques annuelles. En y faisant attention , on sera aisément convaincu de la vérité de cette observation , qui est confirmée par la description des constitutions médicales des années précédentes.

Voici quelques règles infaillibles, qui doivent confirmer la certitude de notre assertion.

1.9 Les fiévres intermittentes règnent plus ou moins épidémiquement tous les ans, dans tous temps de l'année; elles sont donc les maladies principales, puisqu'elles ne manquent dans aucune saison ; et quoiqu'elles soient quelquefois rares, elles ne sont cependant Jamais Eneas

.? Elles varient cependant par leur type et par ani caractère prédominant, et sont différentes selon les saisons et selon les diverses diathèses qu'éprouve le: corps de l'homme:

elles offrent le caractére inflammatoire en hiver et au commencement du printemps, le caractére bilieux en été, et le caractére cachectique en automne. En hiver et en été, elles se rapprochent des fièvres subcontinues et même continues.

3.? Les fiévres strictement intermittentes et légitimes, qui ont une apyrexie parfaite , sont plus rares, et ne se montrent que quand la diathése imprimée au corps de l'homme est pour ainsi dire neutre, et qu'elle n'est ni inflammatoire ni bilieuse. Dans leur principe x elles sont toutes subcontinues.

4.? Comme les fièvres intermittentes naissent très-souvent de fièvres continues ou subcontinues, elles reprennent aussi quelquefois ces types pendant leur cours, quand les paroxysmes

anticipent les uns sur les autres.

5.9 Ces fièvres continues sont alors vraiment rémittentes; et elles ont des exacerbations périodiques comme les paroxysmes des intermittentes. Ces exacerbations sont suivies de crises qui mettent fin à la maladie, lorsqu'elles sont complétes et décisives; mais, quand elles sont incomplétes et partielles, la fiévre diminuant d'intensité devient subcontinue intermittente.

6.? Ces fièvres {continues rémittentes , composées de paroxysmes, peuvent prendre tous les caractères épidémiques , sur-tout linflammatoire et le bilieux, comme les intermittentes légitimes. C'est ce qui est confirmé par l'exacte observation de presque toutes les fièvres de printemps et d'été, sur-tout de celles de l'année 1808. :

7.° Les fiévres intermittentes, de méme que les continues épidémiques, demandent un traitement différent, suivant la saison de l'année et la diathése régnante.

8.° De méme que les fiévres intermittentes attaquent souvent le foie; de méme aussi les fiévres épidémiques continues, soit les cachectiques des équinoxes, soit les bilieuses d'été, soit les inflammatoires d'hiver, ont une tendance particulière à se porter sur ce viscère, et à lui causer des altérations organiques.

Toutes ces raisons prouvent facilement que

PRATIQUE.. 209 les fièvres intermittentes sont le prototype de toutes les autres fièvres épidémiques continues, quelle que soit leur nature et la saison de l'an-. née, et que les fiévres continues ne sont composées que de paroxysmes de fièvres intermittentes qui se réunissent, comme l'avait déjà pensé Cullen. |

IL est donc très-probable que les fièvres intermittentes et les fièvres continues épidémiques annuelles, viennent d'une même source.

Nous avons donc pu proposer cette question comme douteuse : Les mzasmes qui donnent naissance aux épidémies annuelles, sont-ils spécifiques et particuliers pour chaque saison de l'année , ou bien existe-t-il plutôt un seul miasme épidémique commun , dont les effets sont diversement modifiés par les circonstances accessoires dans les différentes saisons de l’année? Si les fiévres intermittentes sont le prototype de toutes les fièvres continues épidémiques des diverses saisons , alors un seul miasme épidémique, si toutefois il existe, celui qui engendre les fiévres intermittentes, produit aussi les fièvres continues d'hiver et d'été, dont la différence vient des diverses diathéses imprimées au corps de l'homme par les saisons,

Mais je conjure de nouveau les médecins de ne pas me comprendre mal. En effet, je n'entends

Page 1