‹ Médecine pratiqueChapitre 52 sur 63 · Tome IT · texte numérisé non relu

Tome IT

zu. MÉDECINE

parler ici que des fièvres continues épidémiques annuelles, qui, par leur tendance spéciale à avoir des crises, méritent le nom de critiques. J'excepte de ce nombre toutes les fiévres contagieuses qui se propagent par un miasme spécifique; jen excepte aussi toutes les fièvres symptomatiques et irritatives, qui ne proviennent que d'un stimulus qui accélére la circulation , qui ne se terminent Jamais par des crises suflisantes, comme, par exemple, les fièvres rhumatismales, catarrhales et purulentes, etc.

Malgré ce que j'avais déjà dit sur cet objet, dans le tome 1. de cet Ouvrage, jai cependant été mal compris par un critique (4n der Medicinisch Chirurgischen Zeitung , 809, th. LIL p. 250 ). Le censeur de cet ouvrage ne veut pas accorder que les épidémies annuelles viennent d'une source unique et commune ; parce que les caractères particuliers des maladies supposent aussi des causes spéciales ; et parce que les caractéres des maladies épidémiques paraissent diamétralement opposés. Il demande donc si l'influenza de Russie , la peste de Smyrne, la fièvre scarlatine et la fièvre typhode , qui sont des maladies d'une nature si différente, naissent d'une méme source et d'un miasme commun, celui des fiévres inter-

mittentes. Il est facile de répondre que toutes ces fièvresne sont pas des épidémiques annuelles; ques ne proviennent pas des saisons de l'année; mais qu'elles sont contagieuses et ONDE drées par un miasme spécifique. -

Les fièvres épidémiques elles-mêmes peuvent aussi avoir un caractère diaméiralement opposé: et l'on n'avait pas besoin de recourir aux fièvres contagieuses. Ainsi, par exemple, la fièvre bilieuse d'été avec diarrhée, est bien opposée à la fièvre pleurétique d'hiver; mais il n'est pas difficile de prouver que ces fiévres peuvent également naître d'une source commune (elles proviennent, en effet le plus sonvent, d'un re. froidissement) , et que la différence d'une maladie vient , non de la cause excitante, mais de la diathése différente imprimée au corps suivant les saisons de l'année.

Ainsi, ces objections ne détruisent pas notre doctrine. Au reste, je présente ces opinions avec réserve, comme le fruit d'observations exactes, faites par moi et par d'autres; et je les soumets au jugement des gens éclairés.

Cet objet est certainement bien digne de leur attention et de leurs recherches.

Je vais maintenant parler des épidémies intercurrentes, pour terminer ce Chapitre. On appelle ainsi les fièvres qui viennent d'une

manière vague et erratique, dans quelque saison de l'année que ce soit, et qui n'ont aucun retour certain: elles naissent aussi de causes vagues et inconstantes , et le plus souvent des variations subites de la température.

Plusieurs médecins rangent à tort, dans cette classe, quelques maladies contagieuses , comme la variole , la rougeole et la scarlatine, que nous appelons sidi pestilentielles. Les épidémies, que l'on peut vraiment appeler intercurrentes, ne proviennent pas de la contagion ; mais des qualités nuisibles de latmosphére, et des autres puissances délétéres générales. Elles proviennent le plus fréquemment de l'atmosphére, et des qualités nuisibles de l'air connues, ou, au moins, qui ne sont pas entiérement cachées; et des changemens de la température, et principalement des vicissitudes subites d'humidité, de chaud et de froid de l'atmosphère.

De-là, naissent les catarrhes, les rhumatismes et les érysipèles, qui deviennent des maladies épidémiques trés-fréquentes , si les causes qui les peuvent produire d'une maniére sporadique, chez quelques individus, agissent à-la-fois sur un trés- grand nombre d'hommes. -

Ce sont-là, les trois maladies intercurrentes

PRATIQUE, 213 les plus communes: elles sont fébriles ; mais la fièvre qui les accompagne est purement symptomalique , et ne présente que des crises insuffisantes. |

Ces maladies engendrent des diathéses particuliéres , qui persistent après l'éloignement de la cause excitante , qui sont souvent opiniâtres , qu'on ne détruit pas aisément, et qui différent entiérement des diathéses produites par les saisons de l'anuée: elles se rapprochent cependant toujours de quelqu'une des autres diathéses qu'éprouvent nos corps à raison des saisons. Ainsi, ces maladies participent tantót ducaractére inflammatoire, tantôt du caractère bilieux, ou du caractère neutre et froid.

Et,comme ces diathéses particuliéres ne sont pas changées par les diathèses annuelles, elles sont très-tenaces, et persistent malgré les cnangemens des saisons, et quelquefois pendant toute la vie. Quoique quelquefois la maladie disparaisse pour un temps, elle revient par la plus légére occasion ; et, à cause de la diathése persistante , elle se montre toutes les années, souvent plusieurs fois, et devient vraiment habituelle.

Il n'en est pas ainsi des autres épidémies intercurrentes, qui ne proviennent pas des qualités de l'atmosphére , et n'ont pas de dia-

thèse particulière; mais qui s'engendrent par leurs puissances morbifiques propres, quand on y est disposé. Leurs causes sont, par exemple, la mauvaise nourriture , la cherté des vivres, les eaux corrompues , etc. ; quand ces causes sont enlevées , ces maladies disparaissent aisément et ne laissent point dans le corps de diathése morbide persistante : c'est ce que nous remarquons sur-tout dans le raphania.

Enfin, il naît aussi des épidémies intercurrentes, par lacüon des puissances nuisibles mixtes, qui existent, soit dans l'air, soit dans Jes autres causés des maladies; mais quand l'état de l'atmosphère s'y Joint, une diathése morbide plus générale est engendrée dans le corps de l'homme ; et elle devient plus tenace et plos durable. Nous en avons un exemple évident dans les épidémies scorbutiques.

Mais, quoique non seulement les maladies froides et sans fièvre, mais encore les maladies febrdles constituent les épidémies intercurrentes, cependant jamais une fièvre vraiment critique n'est produite par ces épidéinies intercurrentes; c'est pourquoi elles n'ont jamais la puissance des épidémies annuelles ; elles restent sous l'empire des saisons: elles peuvent tout au plus compliquer les diathéses mor-

PRATIQUE. 215 bides annuelles; mais jamais les diriger et les éteindre, |

Les épidémies intercurrentes peuventelles:

devenir stalionnaires, quand elles persistent long-temps ? La réponse affirmative à cetté question pourrait avoir quelque légére apparence de vérité, si l'on fait attention à ce que nous avons dit plus haut sur la diathése scorbutique, que nous avons vue régner généralenent pendant plusieurs années, et aux observations faites par Stoll dans les dernières an^ nées de sa vie, sur l'empire universel qu'avait alors la diathése arithritique. |

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