‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 11 sur 156 · Le mal vénérien se communique de deux Commenta · texte numérisé non relu

Le mal vénérien se communique de deux Commenta

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mameres ; savoir , par la generation , les parens que. transmettant la maladie au fœtus dans le temps de sa formation , ou par un attouchement immédiat dans quelque partie molle ; et cette dernière communication arrive de trois manières.

t .° Par l’allaitement , soit qu’un enfant gâté tette une nourrice saine ; car alors la salive de l’enfant étant infectée, porte le virus dans les pores des mamelons de la nourrice : soit qu’une nourrice gâtée allaite un enfant sain ; car alors le lait étant infecté , communique la même infection au nourrisson.

: 2 .° Lorsque des enfans couchent nus et dans

(1) Voy. le Trqité des maladie s Vénérienne s de M, Astruc , liv. 1 j eheep. 12 ,

Réponse de Thomas Sydenham

le meme lit avec des personnes gâtées (i). Car, quoique les adultes qui ont la chair plus ferme , ne puissent guère gagner le mal que par un commerce impur , meme en couchant ensemble ,

(i) Lorsque le mal vénérien parut pour la première fois en Europe, on le regarda comme épidémique et contagieux; mais la vérité prévalut enfin , et on sait maintenant par une expérience certaine et indubitable , et par le consentement unanime de tous les Médecins , que cette maladie ne se contracte point par quelque faute dans le régime , ni par un mauvais air , ni par l’abus des choses non-naturelles , ni par une corruption spontanée des humeurs , mais seulement par la communication avec une personne qui en est infectée.

Cette communication se fait ou par la génération , le virus étant transmis par les parens lorsque l’embryon se forme ; ou par contagion , le mal étant transmis d’une personne malade à une personne saine. La première manière m’est fort suspecte ; car je n’ai jamais vu le mal vénérien proprement dit , et distingué par ses véritables signes pathognomoniques , communiqué des parens à leurs eqfans ; ce qui me fait croire que les Médecins ont été un peu trop crédules sur cet article , afin de pourvoir en quelque façon à la réputation de Ieui’s malades , en assignant une cause , sinon réelle , au moins probable de leur maladie , et par ce moyen les exempter de blâme. La seconde manière de communication est au moins la pins certaine , et elle se fait de trois façons ; i.(i) * * * * * * * 9 aune certaine distance par un air infecté : 2. ° par un sujet attaqué de la maladie : 3. 9 par un contact immédiat.

Or 5 il paraît par la raison et Inexpérience , que le mal vénérien ne peut se communiquer de la première façon. Il n’est pas démontré qu’il puisse se communiquer par l’entremise d’un sujet infecté , comme en couchant dans les mêmes draps , en portant les mêmes habits , en buvant dans le même verre , en s’essuyant la bouche et les lèvres avec la même serviette ; car il y a sujet de croire que les personnes qui ont allégué de semblables causes de leur maladie , l’avaient gagnée d’une autre manière , que la honte les empêchait d’avouer. Ainsi le mal vénérien se communique seulement , ou du moins le plus souvent par le contact immédiat entre une personne infectée et quelque partie d’une personne saine ; comme par 3e coït , par l’allaitement , par des baisers , en couchant avec une personne infectée , en introduisant le doigt ou la main dans des endroits souillés d’un ulcère ou d’un écoulement vénérien.

Les deux premières de ces voies de communication sont si bien confirmées par l’expérience , qu’on ne saurait les révoquer en doute. Beaucoup plus de gens sont infectés par là, que par les trois dernières voies, comme

l'expérience le montre évidemment : car nous n’avons que deux ou trois

exemples de personnes infectées par des baisers , ou pour avoir couché

dans le même lit, ou pour avoir touché des parties attaquées de la maladie ;

au lieu qu’une infinité l’ont prise par l’allaitement , ou par le commerce

oharneL Voyez M. Asiruc ; livre n , chapitre 1.

a ÏIenri Pa man.

il n’en est pas cle meme des'enfans dont la chair est plus molle , et d’un tissu moins serré: aussi ai-je vu plusieurs fois des enfans qui avaient été' infectés , pour avoir couché avec leurs pères gâtés.

3.° Par un commerce impur, lorsque le membre viril dilaté par la tension , s’imbibe du virus qui sort d’un chancre , ou meme d’une pustule située dans le vagin d’une femme infectée , laquelle , nonobstant ce chancre ou cette pustule, peut néanmoins paraître saine , parce que l’humidité qui détrempe le vagin , retient le virus , et l’empêche de pénétrer sitôt dans le sang , ou parce que le flux menstruel le délaie fréquemment , et l’évacue en quelque façon.

8. Je crois que dans les hommes ce virus atta- Quelle parque d’abord la substance charnue de la verge , qu’il la corrompt , l’enflamme et l’ulcère ensuite peu à peu. De là vient qu’il coule goutte à goutte dans l’urèthre une sanie telle qu’on la voit couler dans la gonorrhée. Ce qui me fait croire que la chose est ainsi , c’est que j’ai vu moi-même une semblable matière virulente qui ne sortait point par l’urèthre , mais transsudait par la substance poreuse du gland , sans qu’il y eût de chancre ni sur le gland , ni sur le prépuce (i). Le virus vénérien pénétrant ensuite plus avant , ronge et ulcère les glandes prostates , comme l’on voit assez souvent dans les cadavres de ceux qui sont morts de la vérole (2).

(1) Notre Auteur s’est trompé sur cet article; aussi M. Astruc n’a pas mauqué de le censurer. Cet habille homme croit que les vésicules séminaires sont le siège de la gonorrhée , soit dans les hommes , soit dans les femmes ; et de là il établit dans les deux sexes quatre différentes espèces de eette maladie. Traité des rrialad. Tènér. liv. 3 , chap, i , sect. 2.

(2) L’Auteur entend sans doute qu’on en fait l’ouverture , sans quoi on ne peut voir les prostates.

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Symptômes du p. Voici quel est le progrès du mal vénérien :

du.maTrvîüé- Ie malade sent d’abord une douleur extraordirien. naire dans les parties naturelles, avec une espèce de raclement des testicules , et cela arrive plus tôt , ou plus tard , suivant que la femme avec qui il a eu commerce , était plus ou moins gâtée , et suivant qu’il est lui-même d’un tempérament plus ou moins propre à recevoir le virus. Ensuite , à moins qu’il ne soit circoncis , il se forme sur le gland une tache ou pustule de la couleur et de la grandeur d’un bouton de rougeole.

Aussitôt que cette pustule a paru , il distille une liqueur qui ressemble à la semence , mais qui , s’éloignant chaque jour davantage de la couleur et de la consistence de la semence , devient jaunâtre ; et quand le mal est violent et le virus fort âcre, elle devient verdâtre , et même se trouve mêlée d’une humeur aqueuse qui est abondamment teinte de sang.

La pustule du gland devient enfin un ulçère qui d’abord ressemble aux aphthes qu’on voit dans la bouche des enfans ; mais qui chaque jour s’étend davantage et devient plus profond avec des bords durs et calleux. Cette pustule est rarement accompagnée de la gonorrhée dans ceux qui ont déjà eu auparavant quelque gonorrhée ; et ceux qui sont circoncis , ont rarement des chancres sur le gland , mais seulement une gonorrhée ; car le gland étant exposé à fair , et souvent frotté par la chemise , il se durcit , et par ce moyen , ne reçoit pas aisément le virus.

io. La gonorrhée est bientôt suivie d’autres symptômes plus fâcheux. Il y a une érection fréquente , involontaire et très-douloureuse , avec un sentiment d’une forte constriction de la

a Henri Pam an. . 5 7

verge , et la douleur augmente pendant la nuit , lorsque le malade est échauffé par la chaleur du lit. Je regarde ce serrement douloureux de la verge , comme le signe le plus essentiel d’une gonorrhée simple. La verge se recourbe aussi par le raccourcissement du frein , lequel étant distendu pendant l’érection , cause une douleur très- vive (1). . Le malade est tourmenté d’une ardeur d’urine : le plus souvent il ne la sent presque pas , tandis que l’urine coule ; mais, dès quelle cesse de couler , il sent une violente cuisson tout le long du canal de l’urèthre , principalement à l’endroit du gland (2).

Quelquefois l’urèthre étant excorié et rongé par le flux continuel d’une matière âcre et purulente , il s’y forme des caroncules , c’est-à-dire , des excroissances de chair , d’abord molles et fo ligueuses , mais qui augmentant chaque jour , et se durcissant peu à peu , viennent enfin à bom cher tellement le conduit, que l’urine ne saurait plus sortir. Ces caroncules , à cause des petits ulcères qui les environnent , rendent une sérosité. Elles sont extrêmement difficiles à détruire, et infiniment à craindre pour le malade.

Souvent aussi la matière purulente , à la suite d’ùn violent exercice , ou d’un usage mal entendu des astringens , au lieu de s’évacuer par l’urèthre , tombe dans les bourses , les tuméfie considérablement , tantôt d’un seul côté , tantôt des deux côtés à la fois , les enflamme , et cause de très cruelles douleurs. Durant ce temps-là , il coule peu de matière , mais l’ardeur d’urine n’est

(x) C’est ce que certains Auteurs appellent chaude-pisse cordée , cm priapisme.

(2) C’est ce qu’on appelle ordinairement une dysuriex

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pas moins violente : et tels sont les symptômes les plus ordinaires de la maladie , tandis qu’elle demeure dans cet état.

Symptômes n. Mais , lorsque par sa longueur elle adonné

«u second état, i , 1 A , , ° -, -, i

le temps au virus de penetrer dans la masse du sang , et de l’infecter , ou lorsque la matière virulente ayant été retenue dans le corps par des as tri n gens employés mal à propos , a corrompu les humeurs , alors c’est une véritable vérole , autrement une vérole confirmée , et voici quels en sont les symptômes.

Il paraît souvent des bubons ou tumeurs dans l’aine , et c’est le premier degré de la vérole. Le malade ressent de cruelles douleurs à la tète , aux bras et aux jambes , dans les interstices des articulations. Ces douleurs prennent irrégulièrement et par intervalles ; mais* elles manquent très-rarement de se faire sentir pendant la nuit , à la faveur de la chaleur du lit , et elles ne cessent guère que le matin.

ïl se forme en divers endroits du corps des croûtes et des galles qui sont de la couleur d’un rayon de miel , signe qui les distingue des autres sortes de galles. Quelquefois elles s’étendent par plaques de lamème façon que la lèpre nous est représentée dans les écrits des Médecins : plus ces galles se répandent , moins le malade souffre. Tous les symptômes augmentent peu à peu , et les douleurs principalement devienent si ‘violentes , que le malade ne pouvant demeurer au lit , se lève tout à coup , et ne cesse de se promener de côté et d’autre dans sa chambre jusqu'à ce que le jour paraisse.

Les os du crâne et ceux des bras et des jambes sont attaqués d’exostoses en diflérens endroits , et à la fin ils se carient et se pourrissent par

a Henri Paman. 5*9

la continuation de la douleur et de l’inflammation. Des ulcérés phagédériiqnes rongent diverses parties du corps. Ils commencent ordinairement par attaquer le gosier ; ensuite s’étendant insensiblement le long du palais , iis gagnent les cartilages du nez , les détruisent , et causent la chute entière du nez.

Les ulcères , les douleurs , la carie et la pourriture augmentant chaque jour, le malade mène une vie cent fois plus triste que la mort ; il n’est plus qu’un cadavre vivant , dont la vue fait horreur , et dont la puanteur est insupportable : ses membres tombent par pièces les uns après les autres , et c’est ainsi qu’il termine sa misérable vie (i).

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