Mais quand le mal vénérien est venu au „ v<!roîe co
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point d etre une verole confirmée , autrement rit uniqueune vérole proprement dite , alors il faut s’y {“^ttd1narlasa' prendre d’une toute autre manière , et avoir recours à un remède plus puissant , c’est-à dire à la salivation mercurielle : c’est le seul moyen de guérir cette maladie ; et je ne crois pas qu’on puisse citer un cas où elle ait été guérie autrement.
(1) Turner appelle cette tumeur une hernie humorale. Elle est ordinairement causée par une gonorrhée arrêtée tout à coup , ou par une vérole cachée, La saignée y est nécessaire , et doit être réitérée selon le besoin : la nourriture doit être très-légère; il faut tenir le ventre libre par des lavemens rafraîchissans et laxatifs , et bannir entièrement les remèdes stimulaus , astringens et balsamiques. Les applications extérieures que presorit l'Auteur sont très-utiles, comme aussi la méthode qu’il emploie; mais il faut avoir soin en même temps de soutenir la partie avec un bandage convenable.
Hoffmann assure avoir vu de pareilles tumeurs , que les plus puissans remèdes , et même le mercure pris intérieurement n’avaient pu résoudre , se dissiper heureusement en frottant simplement le scrotum avec l'onguent mercuriel, Hoffmann , Opèr. tom, 3, p. 42$,
-jo Réponse de Thomas Sydenham
quoique certains Auteurs , soit habiles , soitignorans, aientavancé inconsidérément le contraire, i). Ainsi comme la salivation est ici l’essentiel, tout ce que j’ai à faire c’est de rapporter ce que la raison et l’expérience m’ont appris sur la manière d’exciter et de gouverner cette évacuation, n n’est pas 2 5. Et d’abord je ne comprends pas ce que piïpareT le veulent dire les Auteurs , quand ils nous avereorps pour ce- tissent si souvent et si sérieusement de bien préparer le malade par des purgatifs , des altérans, des bains et autres remèdes semblables , pour ne rien dire de la saignée , qui est regardée par quelques-uns comme la principale préparation. Il s’agit ici uniquement d’évacuer le virus vérolique par la salivation qui est absolument nécessaire, et que le mercure seul peut procurer ; du moins nous ne connaissons jusqu’à présent aucun autre remède qui puisse produire cet effet.
Or , je demande lequel vaut mieux , ou de faire saliver le malade lorsqu’il jouit encore de toutes ses forces , et par conséquent lorsqu’il est en état de soutenir Faction du mercure , ou lorsqu’il a été affaibli par des saignées et par la diète. Tout homme éclairé jugera sans doute que le premier parti est le meilleur ; aussi l’expérience le confirme ; car ceux qui n’ont été affaiblis ni par des évacuations, ni d’aucune autre manière , soutiennent beaucoup mieux la salivation que ceux qui l’ont été par de telles préparations. On peut comparer ces derniers à des soldats qui se déferaient de leurs armes avant le combat (2).
(1) Voyez ci-dessus où le contraire est prouvé.
(2) Avant que d’exciter la salivation par des frictions mercurielles ( et Cela doit s’entendre aussi du mercure donné intérieurement), M. Astruc recommande avec raison d’avoir attention , i.° à l’état actuel du malade, pour savoir s’il est en état de soutenir le mercure ; 2. S au cboix
à Hein ri P aman.
26. Je laisse donc toutes ces préparations nui- Commenta sibles , et sitôt que je suis appelé auprès d’un [^ustal<j^“j^re malade qui a la vérole , j’ordonne l’onguent suivant.
de la saison convenable; 3.° à la préparation que demande le malade; 4.0 à la préparation de l'onguent qui doit être employé.
Quant au premier article , il ne faut pas donner les frictions aux personnes qui ont quelque maladie aiguë, ou quelque înîladie chronique fort dangereuse , à moins qu’on ne juge très-probablement que la dernière vient originairement de la vérole ; ni aux personnes très faibles et épuisées , de quelque cause que cela provienne , sur-tout si l’on a dessein de produire une salivation abondante ; ni aux femmes pendant que leurs règles coulent.
Quant au second article , le printemps et l’automne sont les saisons les plus convenables , et l’hiver plus que l’été. Mais si les symptômes sont urgens , il faut donner les frictions en tout temps avec les précautions nécessaires.
Quant au troisième article, avant que de donner les frictions , il faut d’abord saigner le malade s’il est pléthorique, ensuite le purger doucement , et lui faire prendre le bain chaud deux fois par jour durant cinq , six ou huit jours , suivant le besoin ; et pendant tout le temps de la préparation la nourriture doit être en petite quantité, humectante et rafraîchissante , point de vin , ui de commerce vénérien , ni d’exercice violent de corps ou d’esprit. Si la vérole est compliquée avec quelqu’autre maladie , il faut une plus grande préparation , et qui soit proportionnée à l’état du malade.
Il y a des cas qui ne donnent pas le temps d’user de la préparation ordinaire, savoir, lorsqu’un os carié vient à se fracturer subitement par un coup léger; lorsque la carie d’un os est si profonde qu’elle pénètre jusqu’à la moelle ; lorsqu’une exostose , accompagnée de chaleur , de douleur et d’inflammation , tend à la suppuration. Dans ces cas-là, après avoir lout au plus saigné et purgé , on donne aussitôt les frictions mercurielles , et avec une grande dose de mercure dès la première ou la seconde, si la violence des symptômes le demande. Quand on a diminué celte violence , on peut aller pins doucement, afin que le mereufe , demeurant plus long-temps dans le sang , agisse mieux sur le virus vénérien , et aussi de peur qu’en se hâtant trop , on ne cause quelque accident fuueste.
Hors ces cas , qui sont très rares , ajoute M. Astruc, je conseille de ne jamais manquer de préparer soigneusement le malade avant que de lui donner les frictions mercurielles , préparation que je crois non-seulement très- «tile , mais absolument nécessaire , soit pour corriger les vices du sang ou des premières voies , qui sont étrangers à la vérole ; soit afin que le mercure , entrant plus aisément dans le sang , produise mieux ses bons effets. Cet Auteur blâme ensuite avec raison Sydenham , de ce qu’il rejette toute préparation , comme si , dit-il , une saignée et une ou deux purgations dans l’espace de quinze jours, pouvaient affaiblir le malade jusqu’à le rendre incapable de soutenir l’action du mercure ; puisqu’au contraire il est évident , qu’eu préparant ainsi le malade , les impuretés des premières voies sont évacuées f
, j%:, * Réponse de Thomas Sydenham
©aguent mer= Prjene% deux onces de sain-doux , ££ z/^ze o/zc^ CU!'eîv. Je mercure cru. Mêlez cela ensemble.
v * ' Je n’ajoute ni huile spiritueuse , ni aucune : autre chose , car toutes ces additions , ou prétendus correctifs ne servent qu’à affaiblir l’onguent , ou du moins ne le rendent pas plus efficace ; et s’ils font quelque chose , c’est tout de même que lorsqu’ils sont joints aux purgatifs , avec lesquels on voit qu’ils excitent des tranchées , et rendent la purgation plus difficile , parce qu’ils brident l’action de ces remè es , dont toute la vertu consiste dans une opposition à la nature de l’homme.
J’ordonne après cela au malade de se frotter comraent il lui même avec cet onguent les bras , les cuisses dkrrkêç.;vi' h et les jambes , trois soirs de suite , en comptant
la pléthore des vaisseaux est diminuée , les parties solides sont relâchées , et par ce moyeu le mercure peut pénétrer plus aisément dans le sang , et y produire ses effets , qui sont d’atténuer le sang et les humeurs , et d’évacuer , par les émonctoires de la bouche , des intestins , de la peau et des reins , les humeurs nuisibles.
Le même Auteur expose ensuite les règles qu’il faut observer en donnant les frictions mercurielles. Elles méritent d’être consultées. V. Traité des Maladies Vénériennes , liv. 4 > ch. f>«
Hoffmann recommande fort le bain chaud , joint à l’usage des préparations mercurielles et des décoctions sudorifiques. Il dit qu’il n’est pas de jaaoyen plus court et plus efficace de débarrasser le sang du virus vénérien , que d’évacuer ce virus par les glandes de la peau , qui sont les émonctoires ■universels du corps , et qu’aussi est-il rare qu’on guérisse radicalement la vérole sans l’usage des bains chauds : que tous les Médecins expérimentés savent que la méthode d’employer les décoctions sudorifiques et les préparations mercurielles , à moins qu’on n’ait soin en même temps d’évacuer le virus par les pores de la peau , est souvent inutile et même pernicieuse ; qu’il pourrait citer quantité d’exemples où , après la salivation mercurielle et l’usage interne des raercuriaux, soit diaphorétiques, soit purgatifs , soutenus même des décoctions sudorifiques , les symptômes véroliques qui avaient diminué pendant quelque temps , ont recommencé ensuite avec une plus grande violence ; parce que le virus n’ayant pas été entièrement évacué , avait repris peu à peu de nouvelles forces ; mais qu’en suivant presque la même méthode des mercuriôux et des décoctions sudorifiques , en y joignant l’usage des bains à des intervalles convenables , le virus avait été entièrement évacué , et la vérole guérie radicalement, Hoffmann , ncuv. expér, sur les eaux minérales >
a Henri P aman. ; ;73 '
le soir du premier jour que je suis appelé.;* mais je veux qu’il s’abstienne entièrement de .frotter , les aisselles et les aines ; et pour empêcher même que l’onguent ne touche le ventre , je fais mettre tout autour de cette partie un linge que l’on coût par derrière.
Les gencives s’enflent ordinairement après la troisième friction , et la salivation commence ; mais si elle ne paraît pas au bout de trois jours depuis la dernière friction , il faudra donner au malade huit grains de turbith minéral dans de la conserve de roses rouges , et à chaque fois qu’il aura vomi , ou été à la selle , il boira un demiverre de petit-lait chaud. Quand la salivation est une fois commencée ; le Médecin doit prendre garde qu’elle ne devienne trop abondante , parce . qu’alors elle mettrait la vie du malade en danger.
Lorsqu’elle est au point convenable , c’est-àdire , lorsqu’on crache environ quatre livres de salive dans vingt-quatre heures , ou lorsque les symptômes disparaissent , nonobstant que les crachats soient en moindre quantité , ce qui arrive le plus souvent après le quatrième jour depuis que la salivation est dans sa force ; alors il faut que le malade change de chemise et de draps , et que ceux qu’il prendra aient servi quelque temps depuis le dernier blanchissage. Ce changement est nécessaire , parce que les premiers étant salis d’onguent augmenteraient trop la salivation , et l’entretiendraient trop long-temps. Si elle s’affaiblit avant que les symptômes aient entièrement . disparu , il faudra la ranimer de temps en temps avec un scrupule de mercure doux qu’on donnera intérieurement,
27. Il arrive quelquefois , sur-tout dans les sujets faciles à émouvoir 7 qu’après une ou deux
Réponse de Thomas Sydenham
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frictions , le mercure qui commence à entrer dans le sang , se porte aussitôt aux intestins. De là viennent des tranchées et des déjections muqueuses , semblables à celles de la dyssenterie; et la guérison , qui ne peut s’opérer que parla salivation , ne s’opère point. Dans ce cas-là , il faut interrompre entièrement l’usage du mercure, soit extérieurement , soit intérieurement , jusqu’à ce que ces symptômes aient tout-à-fait disparu. Le cours de ventre qui , dans ce cas-là arrive presque toujours avant que la salivation soit bien établie , doit être arreté par l’usage du laudanum liquide dont on augmentera , et on réitérera la dose suivant la violence du symptôme , ou par un gros et demi de diascordium , que Ton réitérera selon qu’il sera nécessaire. Quand une fois le cours de ventre aura cessé , la salivation qui ne paraissait presque pas auparavant , reviendra en quantité convenable.
Danger àe 28. Lorsque le malade est guéri , à l’exception InXV^aii- des ulcères qui lui restent dans la bouche , et qui vation. sont l’effet de la salivation , cet écoulement , qui diminue alors de jour en jour , ne doit point être arrêté par }a purgation , ni d’aucune autre manière ; car il peut se faire que même après la cessation des douleurs , et la cicatrisation des idcères, il reste encore dans le corps une portion de virus. Or, ce virus ne manquerait pas de causer de nouveaux ravages si on laissait aller cette légère salivation , laquelle cessera ensuite d ellemême , quand le malade sera entièrement guéri , et qu’il aura pris quelque temps l’air.
Ainsi je crois qu’il est dangereux de vouloir arrêter par la purgation ou par la décoction des bois sudorifiques une salivation qui tend visiblement à sa fin ; c’est néanmoins ce que l’on pra-
a Henri P aman.
tique ordinairement , sous prétexte d’évacuer le mercure qui est entré dans le sang, ou de corriger sa malignité ; mais c’est de là aussi que viennent les fréquentes rechutes qui arrivent aux malades après qu’ils ont tant dépensé et tant souffert pour recouvrer la santé. Or, ils l’auraient certainement recouvrée , si la salivation eût été abandonnée à elle-même : c’est pourquoi , loin de l’arrêter, il vaudrait beaucoup mieux l’entretenir, en donnant chaque semaine une prise de mercure doux , même après que le malade est entièrement guéri , et qu’il a commencé à prendre l’air ; et c’est ce que j’ai fait quelquefois durant plusieurs mois(i).