Mais quoique je condamne les purgatifs Purgation
1 i jl v x o est cruelaue*-
dans le déclin de la salivation , pour les raisons fois nécessaique i ’ai alléguées, il se trouve néanmoins des cas re djns i> > f°rè
A 1 J o # 7 4 A de la sauva*
ou 1 on ne saurait se dispenser de purger , même tion. dans le fort de la salivation ; c’esi lorsqu’elle est si abondante qu’elle fait craindre pour la vie du malade. Alors il faut nécessairement la modérer par un purgatif ; et quand elle sera réduite au point convenable , et que le malade pourra la soutenir sans danger , on la lassera aller.
3o. On demandera peut-être si après que la sali- MaJs; pas
A i. i après qu’elle
est finie.
(1) Boerhaave loue fort eette méthode de notre Auteur , et Marne comme lui les décoctions sudorifiques , observant qu’on ne doit pas appréhender la rechute , si l’on donne une fois la semaine , pendant quelque temps , quatre , huit , dix ou douze grains de mercure doux , selon que le malade est plus ou moins difficile à émouvoir. Boeiliaave , prax. med. vol. 5 , p. 368.
Lorsque la salivation a été suffisamment copieuse, et a duré suffisamment, les laxatifs conviennent pour évacuer les restes du mercure , et l'expérience quotidienne aprend qu’on emploie ces sortes de purgatifs avec toute la sûreté et l’avantage qu’on peut désirer.
Comme l’apétit est ordinairement grand après la salivation , il faut avoir soin que le malade ne mange pas trop , et que ses alimens soient légers et faciles à digérer. Il ne doit pas non plus s’exposer trop tôt au grand air , sur -tout en hiver.
7 6 Réponse de Thomas Sydenham
vation est finie on ne doit pas purger , et mettre en usage les autres remèdes usités en pareil cas. Je réponds qu’excepté dans le cas d’une salivation trop abondante , où la raison et l’expérience montrent la nécessité de la purgation , je ne vois pas qu’il soit plus nécessaire de purger après la salivation , que d’exciter de nouveau la salivation après qu’on a purgé. Les purgatifs , sur-tout ceux qui sont tirés de la scammonée , et les autres qui sont fort âcres , laissent dans le corps une certaine malignité que nous abandonnons néanmoins à la nature ; et la nature la détruit en effet lorsque le malade revient à son régime ordinaire , qu’il se donne de l’exercice , et qu’il prend l’air.
Or, comment prétend-on que la purgation puisse évacuer les restes du mercure, tandis qu’on néglige et meme qu’on empêche la salivation qui est le véritable et presque le seul moyen dont la nature se sert pour produire cet effet ? De telles erreurs viennent de la faiblesse de nos lumières ; ear comme nous ne pénétrons point jusqu’à la vérité même, nous en saisissons les moindres apparences qui se présentent à nous , ensuite nous raisonnons les u^s avec les autres; et par là nous nous affermissons tellement dans nos préjugés mal fondés , que nous donnons nos imaginations et nos opinions chimériques pour des principes démontrés. Le cas dont je viens de parler en est , si je ne me trompe , un exemple sensible.
Difficulté de 3r. La vérole se guérit dans la plupart des pager, ou de su je ts par la méthode que j’ai recommandée , c’est-
faire saliver r . i 7» . . *11 . •
certains su- à* dire en taisant des frictions mercurielles trois îets* jours de suite , en donnant une prise de turbith
minéral , lorsque la salivation ne va pas bien , et quelques prises de mercure doux , lorsqu’elle s’arrête trop tôt. Il faut remarquer néanmoins
a. Henri P aman.
qu’il se trouve des gens d’un tempérament par\ culier , lesquels on ne saurait presque ni purger ni faire saliver. Dans ces sujets- là à peine peut-on , en se servant de la méthode que j’enseigne , causer une ulcération des gencives , beaucoup moins procurer une salivation capable de guérir radicalement la vérole.
En pareil cas le Médecin doit bien prendre garde de ne pas s’obstiner mal à propos à pousser la salivation contre le dessein de la nature qui s’y oppose. Ceux qui ont manqué de faire cette attention ont causé la mort à plusieurs malades. En vain s’opiniâtrera-t-on dans les tempéramens dont je parle à redoubler les frictions , et à donner les mercuriaux intérieurement , on ne produira point de salivation parfaite , mais on causera des tranchées et des déjections dyssentériques , la nature cherchant alors à évacuer le virus par la voie des intestins ; ou bien des douleurs d’estomac , des maux de cœur, des sueurs froides , et d’autres symptômes funestes qui réduiront le malade à l’extrémité , et peut-être même lui causeront la mort (i).
(i) Quoique la chose n’arrive pas souvent, il est certain néanmoins par l’expérience , dit M. Astruc , que les frictions mercurielles , quoiqu’administrées avec toute l’habileté possible , manquent quelquefois leur effet , et ne produisent que. peu , ou même point du tout de salivation. Il est étrange qu’un remède ordinairement si orageux , demeure quelquefois si tranquille ; et cela vient , à mon avis , d’une ou de plusieurs des causes suivantes.
i.^ Si la peau est épaisse , compacte, et ne laisse entrer que très-peu de mercure ;
2.3 Si le sang est naturellement sec, et quoiqu’atténué par le mercure , ne fournit que peu de lymphe , et pas assez- pour entretenir la salivation ;
3.® Si quelqu’autre évacuation , par exemple les sueurs , les urines , les selles , etc. , est plus abondante qu’à l’ordinaire , et qu’ainsi la lymphe soit détournée ailleurs où elle trouve une route plus libre et plus facile.
4*3 Si les glandes salivaires , soit naturellement , soit par maladie , sont
?8 Réponse de Thomas Sydenham
Comment il 32. Il est vrai que dans les sujets dont il s’agit , w ks trai-^* ]a salivation ne vient pas au bout de quatre ou cinq jours depuis la dernière friction , on peut réitérer les frictions et la dose de turbith minéral, ayant soin de mettre entre chaque friction un intervalle de quelques jours : mais si cette nouvelle tentative est inutile , il faut absolument s’en tenir là , et ne pas vouloir forcer la nature. Dès que le malade sentira des douleurs d’estomac et des tranchées du ventre, le Médecin doit interrompre les remèdes jusqu’à ce que ces symptômes aient tout-à-fait cessé; car s’il veut aller son train nonobstant les obstacles que lui présente la nature , il tuera immanquablement le malade.
Au contraire , en temporisant , et en se contentant de donner une fois ou deux la semaine un scrupule de mercure doux , ou seul, ou avec un gros de diascordium ; s’il y a disposition à la diarrhée , tout ira bien. Car quoique la salivation ne soit jamais entière , le malade néanmoins crachera davantage qu’à l’ordinaire , et ses crachats auront la même puanteur qu’une salivation abondante ; ce qui montrera que le sang et les humeurs auront acquis le dégré de pourriture ou d’altéra-
denses , compactes, dures, ou même squirrheuses , et par conséquent ne laissent passer que difficilement et lentement la lymphe salivale.
5. ° Si par une constitution naturelle ou vicieuse du sang , la salive qui coule dans la bouche devient si épaisse et si visqueuse , qu’elle est sans acrimonie, et ne peut ronger les vaisseaux muqueux de la bouche.
6. ° Si les orifices de ces vaisseaux ne sont pas assez grands pour recevoir le virus qui est mêlé avec la salive , ou en reçoivent trop peu ; de sorte qu’il n’agit point , ou presque point sur eux.
7. ° S’il n’y a que peu ou point de sympathie entre les paities iuternes de la bouche, et les glandes salivaires ; en conséquence de quoi il n’y aura que peu ou point d’ulcères à la bouche , et ainsi point de salivation. On ne doit point s’étonner de cette variété de sympathies ; c’est la raison pourquoi l’émétique , par exemple , fait vomir les uns plus difficilement que les autres , etc. M, Astruc , Traité des Maladies 'vénériennes .
a Henri Paman.
lion qui produit ou qui accompagne la salivation.
Par cette manière , continuée pendant le temps nécessaire , on viendra à bout do tous les symptômes de la maladie.
33. Or, quoique la salivation surpasse de beau - Salivation ne coup tous les autres remèdes pour la guérison de la faUCgono?rhéî vérole confirmée , elle ne guérit pas néanmoins la (iui est jointe
i, . • • \ | . -, avec la vérole.
gonorrhee qui est jointe a la verole ; et quand celle-ci est détruite , l’autre ne laisse pas de subsister. D’où l’on a raison de conclure que le mercure n’a aucune vertu spécifique immédiate pour guérir la vérole ; quoiqu’on puisse peut-être l’appeler un spécifique médiat , en ce qu’il la guérit par le moyen de la salivation.
34. Toutes les fois donc que la vérole et la Ce qu’il faut gonorrhée se trouvent ensemble , il faut travailler cas-îà.dans ce à guérir la gonorrhée avant que de produire la salivation , ou après qu’elle est finie. Je crois
qu’il est plus sûr et plus aisé de guérir la gonorrhée après que la salivation est finie , parce qu’alors n’étant plus accompagnée de la vérole, et se trouvant déjà affaiblie par la salivation , elle sera moins rebelle ; mais il faudra s’abstenir scrupuleusement de tout purgatif , tant qu’il y aura le moindre reste de salivation ; et au lieu de purgatif donner une fois ou deux la semaine du turbith minéral. Ce remède entretiendra une légère salivation , pendant que la matière de la gonorrhée s’évacuera peu à peu (1).
(1) L’expérience montre que la gonorrhée continue souvent après que la. vérole a été guérie par la salivation.
Boerkaave dit avoir vu des ulcères sur tout le corps et la verge , guéris par la salivation, tandis que la gonorrhée subsista. Boerhaave , prax. meu. pol. 5f p. 36o.
M. Astruc parle de cela comme d’une chose qui arrive souvent , et il donne avec son exactitude et sou jugement ordinaire la méthode de guérir cet écoulement. Ce qu’il dit là-dessus est si détaillé et si complet, que nous ne saurions
Réponse de Thomas Sydenham
Comment il fuit guérir les exostoses.
Comment il faut adoucir les ulcères de
la bouche.
35. S’il y a quelque exostose avec carie de Tos , elle ne pourra être guérie ni par la salivation, ni par aucune autre méthode de traiter la vérole , il faudra découvrir l’os par le moyen d’un caustique , et ensuite le faire exfolier au plutôt , en se servant de remèdes propres à cela (i).
36. Ceux qui salivent ont ordinairement des ulcères à la bouche ; si la douleur est trop violente , ou si la bouche est excoriée au point de rendre du sang, le malade se gargarisera fréquemment jour et nuit avec de l’eau rose, ou avec du lait mêlé d’eau , ou avec une décoction d’orge , de racine de guimauve , et de semences de coings. C’est-là le seul accident remarquable qui arrive durant la salivation quand elle est bien conduite, du moins je n’en sais point d’autre. Et certes si l’on pouvait , par quelque moyen , se garantir de la douleur et des ulcères de la bouche , le traitement de la vérole ne serait guère plus fâcheux que celui de quelques autres maladies beaucoup moins considérables (a).
— mw ■ ■ - ■ ■■■■'■ ' ■' ■»' n i m — » mmmm — ■ i — — fc— — —
mieux, faire que d’y renvoyer le Lecteur. Traité des Maladies 'vénériennes , liv. 4 , ch. io, sect. i.
(î) M. J s truc est d’avis qu’on ne fasse rien aux exostoses qui restent après les frictions mercurielles , pourvu qu’elles ne causent poiut de douleur.
Mais si ces exostoses , dit-il, ou d’eîles-mêmes , ou pour avoir été tourmentées par des applications extérieures , viennent à causer des douleurs aiguës et lancinantes , avec chaleur etrougeur manifeste de la peau , il y a grand danger qu’il ne se forme un abcès qui soit joint à la carie de l’os , ou qui dégénère eu cancer ; ce qui est encore pire ; alors il faut sans délai en venir à l’opération qui est telle. Apiès avoir fait une incision cruciale sur la peau , emporté les quatre angles , et graté le périoste , on perce en plusieurs endroits l’exostose avec un trépan, ensuite on l’enlève avec une scie ou un ciseau ; on fait exfolier la base avec la poudre de mirrbe , d’aloès , ou d’euphorbe , ou avec la teinture de ces drogues , ou même avec le cautère actuel , si la profondeur de la carie Iç demande ; et ou traite la plaie qui reste comme les ulcères qui sont joints à une carie de 1 os. Traité des Maladies 'vénériennes.
(a) Si les ulcères s’étendent et deviennent profonds , il faut employer les gargarismes détersifs , et les toucher souvent avec un mélange de miel et d’esprit de sel , ou de vitriol , ou avec quelque chose semblable , ayant soin en même temps de diminuer la salivatiou si elle est très-aboudante.
a Henri Parian.
37. Quant à la nourriture et au reste du régime, Régime dan» je crois qu’ils doivent être absolument de meme lu salivatiüa que dans la purgation , du moins jusque vers la
fin de la salivation. Un homme qui s’est purgé doit simplement , le jour de sa médecine , se garantir du froid , en gardant la chambre , et manger modérément , et des choses faciles à digérer,
Cela étant , je ne vois pas pourquoi on voudrait obliger un malade qui salive, de garder toujours le lit , ou lui interdire une nourriture médiocre , capable de soutenir ses forces et son courage dans la rude carrière qu’il doit courir. Aussi est-il Souvent arrivé que des malades , épuisés par des sueurs , des purgatifs , et une abstinence inutile, sans parler de l’abattement que cause d’ailleurs la salivation , ont péri malheureusement ; souvent aussi la vérole étant guérie , le malade n’a pas assez de forces pour se rétablir, et il périt de faiblesse ; ou s’il évite la mort, il mène une vie misérable et plus fâcheuse que la mort même. On peut alors lui appliquer ce que dit agréablement un Poète moderne : les remèdes sont pires que les maux , et ce n est pas la peine de vivre à ce prix-là (*).
38. On me demandera peut-être d’où vient que P°^q certains Anglais sont obligés d’aller en France pour être guéris de la vérole. Je crois que cela France pour vient de ce que l’air d’Angleterre étant épais et ëUfcnr humide , n’est pas propre à rétablir les forces épuisées des malades T comme Pair de France qui est plus pur et plus sain.: car d’ailleurs les Médecins Français, quelque habiles qu’ils soient , ne savent pas mieux traiter la vérole que les Médecins Anglais.
fiioi certains Anglais vont en
(*) Craviora morbis pa timin' remedia : Necvita (anù^st , vivere u( posiis ,