L’essence de la petite-vérole, autant que E1Ie paraît
a. x . il consister dans
nous pouvons connaître ces sortes de choses, me une intiammaparaît consister dans une inflammation particulière tioa du san§‘ du sang. Les premiers jours de la maladie la nature est occupée à préparer et à travailler les particules enflammées , afin de les pousser plus facilement à la superficie du corps; la fièvre s’allume alors nécessairement en conséquence du trouble et de l’agitation qui arrive dans le sang.
D’ailleurs les particules enflammées qui circulent rapidement avec ce liquide, et qui excitent ce tumulte, causent des envies de vomir, des douleurs de tête lancinantes , et les autres symptômes qui précèdent l’éruption , suivant quelles se portent sur telles ou telles parties.
Quand la nature est venue à bout de pousser à la superficie du corps les particules enflammées , elle n’agit plus sur le sang comme auparavant, mais sur le tissu de la chair ; et comme c’est toujours en excitant la fièvre qu’elle débarrasse le sang de toutes les matières peccantes , de même c’est en produisant des abcès qu’elfe délivre le tissu de la chair de tout ce qui la blesse et l’incommode. Par exemple , si une épine ou quelque chose de semblable est entrée dans la chair, il se formera un abcès tout autour , à moins qu'on
C)4 Dissertation
n’ait soin (Voter incessamment ce corps étranger.
Les particules enflammées de la petite-vérole ayant donc été déposées dans le tissu de la chair , elles y produisent d’abord de petits phlegmons qui, ensuite par la violence de l’inflammation , suppurent et deviennent autant d’abcès ; alors il ne peut se faire qu’une certaine quantité de pus ne soit absorbée par les veines , et transmise à la masse du sang suivant les lois de la circulation. Et si cette quantité de pus qui entre dans le sang est fort considérable , non-seulement elle cause une fièvre que le malade n’est pas en état de soutenir, mais encore elle infecte toute la masse du sang, et porte la pourriture. Le pire de tout , c’est que la violence de la fièvre , causée par la matière purulente , arrête bientôt la salivation qui accompagne toujours la petite-vérole confluente. S’il n’entre dans le sang qu’une petite quantité de pus, la nature dompte aisément la fièvre secondaire , les petits abcès se dessèchent de jour en jour , et le malade est bientôt hors d’affaire.
Eon ou usau- 1 2. Si cette histoire de la petite- vérole est exacte du tiaitemcnt, et véritable , il faudrait être aveugle pour ne pas d’où dépend, voir que le bon ou le mauvais succès du traitement dépend entièrement de la manière dont on se comporte les premiers jours de la maladie ; car, si on met en usage les remèdes échauffans, et sur-tout si on oblige le malade de garder continuellement le lit, on augmente l’inflammation des particules morbifiques , et par conséquent on facilite leur assimilation.
D’ailleurs, le sang et les autres humeurs étant échauffées de la sorte , cèdent plus vite à l’impression des particules morbifiques. De là vient qu’il se forme un trop grand nombre de pustules , et
que le malade est dans un péril manifeste. Au contraire, un régime opposé et un peu rafraîchissant, avec l’introduction de l'air , tempère Fardeur et la violence des particules morbifiques , épaissit et fortifie les humeurs et les met par ce moyen en état de résister à Faction des particules morbifiques, et d’en soutenir l’impétuosité, d’où il arrive que l’éruption n’est pas plus abondante qu’il ne faut.
i3. La trop
pas le seul accident qui arrive à ceux que l’on trVp tïue ut oblige trop tôt de garder le lit , ils sont encore très -souvent attaqués d’un pissement de sang et de taches de pourpre , sur-tout en été et dans la jeunesse. Ces deux symptômes viennent , si je 11e me trompe , de l’ardeur et de l’agitation extrême que causent au sang les particules morbifiques. Le sang ainsi agité, s’attenue considérablement ; en conséquence de quoi il force les vaisseaux qui le renferment , tantôt ceux des reins , d’où s’ensuit une urine sanglante , tantôt les extrémités des artères de la peau , d’où s’ensuivent des taches de pourpre , lesquelles sont comme autant de sphacèles produits par un sang extravasé et coagulé (i).
Ces deux symptômes commencent ordinairement les deux premiers jours de la maladie , et alors il est facile d’y remédier par un régime rafraîchissant ; mais , quand ils sont une fois déclarés , on n y remédiera pas en tenant le malade
(i) Il paraît que ces redoutables symptômes viennent d’une âcreté , d’une pourriture , et d’une dissolution du sang ; et si quelque chose peut y remédier, ee doit être la saiguée etl’usage des acides etdes astringens ; cequi estconforme à l’opinion de notre Auteur; mais malheureusement la Médecine , imparfaite comme elle est, donne peu à espérer dans de si tristes circonstances , el la maladie se termine le plus souvent par la mort du malade.
grande quantité de pustules n est Inconvénicns
Dissertation
au lit , et en doanant des cordiaux : ce serait jeter de l’huile sur le feu.
Nécessité dJex- j 4. Je dirai plus , quand même les médecins quefoisie mâ- spéculatifs et les ignorans devraient s'en offenser : kde au grand noil.seulement il est dangereux de faire garder continuellement le lit les premiers jours de la petite-vérole , mais il y a meme des cas où il faut absolument exposer les malades au grand air ; savoir , lorsqu’on est en été , lorsque la personne est dans la fleur de son âge , ou lorsqu’elle a fait un usage ordinaire des liqueurs spiritueuses , surtout si la maladie est venue de l’excès de ces liqueurs.
Dans ces cas-là , il ne suffit pas, selon moi , pour empêcher que l’éruption ne soit trop prompte et trop abondante , de faire tenir le malade hors du lit , et de s’abstenir des cordiaux. Car , malgré ces précautions , la grande quantité de matière morbifique et enflammée qui se trouve dans le sang , ne manquera pas d’y exciter une fermentation violente qui sera suivie d’une très-abondante éruption. Et quand la suppuration viendra , il rentrera dans le sang une telle quantité de pus, que le malade ne pouvant y résister , périra nécessairement.
Pourquoi il i5. Assez souvent néanmoisns le levain de la meurt des le pen(e-vérole s’exalte tellement , et il s’amasse une mentdeia ma- si grande quantité de matière morbinque , que la personne meurt dès le commencement de la maladie ; cette matière ne pouvant se débarrasser , ni se jeter au dehors , à cause de sa trop grande abondance , et du mouvement confus et déréglé qu’elle produit dans la masse du sang. Mais , au lieu de pustules, il survient des urines sanglantes et des taches de pourpre (i). La même chose
(1) Lorsque le mouvement du saDg est tiop rapide , les secrétions ne peu-
arrive aussi quelquefois dans la rougeole et dans la fièvre rouge , lorsqu'on entreprend mal à propos d’exciîer fortement l’éruption.
16. Je ne trouve pas que la saignée , quoique faite de bonne heure , empeche aussi efficacement la trop prompte assimilation de la matière de la petite- vérole, que lorsqu’on tempère l’ardeur du sang en laissant entrer Fair dans là chambre du malade. La saignée léussit encore moins, si aussitôt apres on fait garder le lit au malade , et si on l’accable de cordiaux ; car de cette manière le sang devient encore plus susceptible des impressions de cette nouvelle chaleur 7 qu’il n’élait avant la saignée.
La plus terrible petite-vérole confluente que j’aie presque jamais vue , est celle qui arriva à une jeune femme aussitôt après qu’elle eut été guérie d’un rhumatisme par la méthode ordinaire des saignées copieuses et réitérées (i). La malade mourut le onzième jour de sa petite-vérole. Cela me fit connaître que la saignée n’était pas aussi utile que je l’avais cru jusqu’alors , pour prévenir le trop grand nombre des pustules ; mais j’ai observé très souvent que la purgation réitérée et mise en usage dès le commencement de la maladie , avait procuré une petite -vérole louable et discrète (9-).
vent se faire régulièrement , et une grande partie de ce qui devait être évacué demeure dans la masse du sang , ce qui le rend nécessairement plus âcre , et en conséquence augmente la fièvre , et produit des symptômes fâcheux.
(1) La mort de cette malade, que l’Auteur semble attribuer à des saignées réitérées faites précédemment, ne doit-elle point plutôt l’être à la disposition inflammatoire et à la viscosité du sang qui reste toujours après le rhumatisme ?
(2) Le Docteur Hillary donne une méthode préservative pour la petiteverole. Elle consiste à prendre plusieurs fois, à des intervalles convenables, un purgatif antiphlogistique , s’abstenant les jours entre les purgations, ft