Tome IL n
Saignée moiue utile
alors que fair.
-tS. - DISSERTATION
Objections ; X Je. sais que Ton peut objecter plusieurs “ ftirë abuses cou ire ma méthode de faire tenir le malade lever le maia- levé pendant le jour , et que de telles objections sont d’un grand poids auprès du vulgaire *et auprès des gens peu instruits de cette matière. (Test meme à leur jugement que les Médecins du commun en appellent d’ordinaire, afin d’étayer de leur autorité leurs raisonnemens mai fondés ; de tels raisonnemens se trouvant en effet plus proportionnés à la capacité de ces gens-là, que ceux qui sont le résultat des réflexions profondes des génies plus penétrans. De là il arrive que , comme la plupart des hommes ne voient que la superficie des choses , et que très-peu sont capables d’en pénétrer le fond , et de découvrir le vrai ,
ensuite pendant quelque temps, de tout aliment chaud et de haut goût, et de liqueurs échauffantes et spiritueases , usant d’un régime rafraîchissant et délayant, de boissons légères, rafraîchissantes , et d’une agréable acidité, et étant fort régulier par rapport aux choses non naturelles. Si la p rsoqne est d’un tempérament fort sanguin, il faudra saigner, ou si l’estomac eit chargé d’impuretés , il faudra douner un vomitif avant que de commencer les purgations.
Par ce moyen , dit le même Autenr, les crudités du corps seront évacuées, les fluides rafraîchis et moins disposés à l’inflammation ou à la putréfaction , et par conséquent la petite-vérole qui viendra ensuite sera plus bénigue.
J’ai toujours observé, ajoute-t-il, que plus on a continué long-temps cette méthode avant que le malade fût attaqué de la petite-vérole , plus aussi la maladie a été douce et bénigne , les symptômes pius modérés , et les pustules en plus petit nombre. Je n’ai jamais vu que l’usage de cette méthode ait été suivi d’une petite-vérole confluente , même dans les personnes qui avaient été infectées par des gens attaqués de cette sorte de petite-vérole , et dans des familles auxquelles cette maladie avait souvent été funeste. Le seul, ou du moins le principal avantage qu’a l’inoculation au-dessus de la manière ordinaire dont se communique la petite-vérole, c’est que par notre méthode , ou. par quelque autre semblable, le corps est préparé aux attaques de la maladie ; mais ceux qui n’approuvent pas l’inoculation , peuvent, autant qu’il m’a paru par l’expérience , jouir de tous les avantages de l’inoculation ; et si une personne ainsi préparée n’est pas attaquée de la petite-vérole, les doux purgatifs dont elle aura usé, et ie régime tempéré qu’elle aura continué quelque temps lorsque la petite-verole régnait dans son voisinage, ne feront aucun tort à son tempérament. , iüsai prat.sur lu petite -vérole . p. 69 , etc.
ces Médecins vulgaires et prétendus savâns , étant * soutenus du suffrage de la multitude , l ’emportent aisément sur ceux qui sont plus habiles , et qui se trouvent souvent exposés à la calomnie ; mais qui ayant la vérité de leur côté, et se contentant de l’approbation dim petit nombre de gens sensés , ne s’embarrassent nullement des jugemens et des discours dime multitude ignorante.
18. On objectera donc contre ma méthode de Réponse à cea faire tenir le malade hors du lit les premiers objec40w*’ jours de la petite-vérole , que cela empêche la sortie des pustules , et entretient par conséquent le mal de cœur et les autres symptômes qui proviennent de ce que l’éruption est empêchée.
Je conviens du fak , et l’expérience le confirme presque tous les jours. Mais il s’agit de savoir lequel est le plus dangereux , ou de diminuer un peu la quantité de la matière morbifique , et d’entretenir par conséquent les symptômes qui dépendent du défaut d’éruption , ou bien de trop animer le levain morbifique , et de produire une si grande quantité de matière peccante , que la fièvre secondaire réduise le malade à l’extrémité le onzième jour de sa petite-vérole.
Si nous examinons les choses comme il faut ? nous trouverons , ce me semble , qu’il meurt trèspen de gens de cette maladie , faute que l’éruption se fasse tôt ou tard , et que ce malheur n’arrive que dans les sujets dont le sang trop échauffé et trop agité , ne laisse pas à la matière morbifique le temps de se séparer , et de se porter à la superficie du corps ; mais cela meme fait pour moi : car Quoique durant les premiers jours de la maladie , la matière morbifique encore contenue dans le sang , cause des ^vomissemens terribles * des douleurs en différentes parties du corps eJE
fî oo
Dissertation
d’autres vioiens symptômes , suivant les divers endroits qu’elie occupe d’abord ; néanmoins si nous demeurons tranquilles, et que nous laissions entièrement agir la Nature , elle ne manquera pas d’etre victorieuse , et de pousser au-dehors la matière morbifique ; d’autant plus que le ventre qui jusqu’alors se trouve le plus souvent resserré, annonce une éruption certaine , quand même elle serait tardive.
19. Au contraire , lorsqu’on veut forcer la Nature , et presser trop vivement la sortie des pustules , combien d’accidens funestes 11e suivent
Î>as cette mauvaise manœuvre ? Il serait trop ong de les rapporter en détail ; nous avons déjà touché les principaux ; les voici : i.° un trop grand nombre de pustules , et en conséquence une fièvre secondaire très-violente ; 2.0 des urines sanglantes , et des taches de pourpre , dont la cause est un sang trop atténué, trop échauffé et trop bouillant , qui force les vaisseaux et s’extravase ; 3.° la suppression totale de l’éruption, par les efforts que l’on lait mal à propos pour la hâter. En quoi l’on 11e réussit pas davantage que, si voulant faire sortir d’une maison spacieuse une grande troupe de gens qui y seraient renfermés , on les obligeait , en leur causant quelque frayeur terrible , de courir tous à la fois du côté de la porte ; car alors la presse serait si grande qu’ils s’embarrasseraient les uns les autres , et se fermeraient mutuellement le passage.
20. Si l’on me demande maintenant pourquoi la séparation de la matière de la petite- vérole ne pourrait pas se faire également les premiers jours de la maladie , en se tenant au lit dans une chaleur modérée , qu’en demeurant levé; je demanderai à mon tour , s’il n’est pas vrai qu’une per.
sonne qui en hiver se tient au iit , étant médiocrement couverte et sans feu dans la chambre , n’a pas plus chaud que , si étant bien habillée, elle demeurait levée dans la même chambre. Si Ton avoue que cela est conforme à Inexpérience , je demanderai en conséquence , laquelle de ces deux méthodes est la plus propre à calmer l’agitation excessive du levain morbifique ? Car c’estlà , à mon avis , la principale intention que doit avoir le Médecin dans le commencement de la petite-vérole ; et suivant qu’il la remplira plus ou moins exactement, le malade se trouvera bien ou mai (i).