Ce qui en a imposé dans cette matière aux S’il faut ai
x minuer la fiè-
— - - - - vre en excitant
les sueurs.
(x) On doit avouer qu’il est plus souvent nécessaire de modéi’er la fièvre au commencement de 3a petite-vérole par la saignée, les vomitifs, les laxatifs, les rafraîchissans, et les narcotiques , que de l’acimer , et par cette méthode ou aidera plutôt l’éruption qu’on ne l’empêchera , car si le sang circule avec trop de rapidité , la matière morbifique n’aura pas le temps de s’eu séparer comme il faut. Voyez ci-devant , num. 18 , 'vers la fin. Mais avant que de tenter aucune évacuation , on doit bien examiner l’état du malade , parce qu’il est quelquefois nécessaire , et même absolument nécessaire d’animer le sang.
Voyez Sect. 3, Chap. 2, note. 1
Un des meilleurs Ecrivains sur cette maladie , observe que comme l’éruption régulière et complète , et la suppuration , peuvent être retardées , ou par ua mouvement trop violent du sang, ou par un mouvement trop faible et trop languissant , et qu’une erreur d’un côté ou d’un autre peut devenir funeste , il faut, pendant toute la maladie, avoir grande attention au pouls, à la fièvre, à la force du malade, au nombre des pustules, et aux autres symptômes , afin que toutes ces choses soient dans le degré convenable de modération ; et quand eefa n’est pas, il faut aider la nature suivant l’exigence des cas , soit par l’usage des antiphlogistiques et des évacuans, etc. ; soit par les doux cordiaux, les alexipliarmaques , etc. ; mais les derniers ne sont presque jamais nécessaires dans le premier état de la maladie , et ne le sont pas à beaucoup près si souvent dans le second état que les antiphlogistiques.
D’ailleurs , comme observe Sydenham , les femmes qui se mêlent de médecine, ne laissent guère le temps d’employer les doux cordiaux , parce qu’en donnant leurs liqueurs échauffantes elles tuent souvent les malades, ou du moins rendent la guérison fort difficile. Je suis néanmoins assuré que certains ,
malades ont péri également par le trop grand usage des rafraîchissans, lorsqu» la petitesse de la fièvre , et l’accablement où était la nature , demandait un régime plus chaud. Hilary , Essai prat, sur la petite-vérole , p. 79. 8o.(
Dissertation
Ne pas garder le lit les premiers jours , ne regarde que la petite - vérole «ocfliifate»
Sentimest de l’Auteur est fondé sur Toi>servatiou.
Médecins peu attentifs, c’est qu’ils ont vu que les malades qai gardaient le lit , suaient continuellement , et que cela diminuait beaucoup la violence de la fièvre; au lieu que ceux qui ne suaient pas , avaient beaucoup plus de fievre ; mais il s’agit d’abord d’examiner s’il est à propos de se donner tant de peine pour appaiser la fièvre , puisqu’elle est comme l’instrument principal dont la nature se sert pour préparer et ensuite évacuer toutes sortes de matières morbifiques contenues dans le sang.
Or, qui ne voit , qu’en cherchant avec tant de soin à exciter les sueurs , dans la vue de modérer la fièvre, on ne fait que procurer la sortie d’une humeur crue et indigeste qui ressemble à un fruit précoce, et que les sueurs mêmes occasionnent ensuite une fièvre plus violente ? La raison de cela est que le sang se trouve ainsi desséché, et que les particules morbifiques n’étant plus détrempées et étendues dans la sérosité , elles se rapprochent et deviennent plus enflammées et plus actives. Lu un mot, la méthode de diminuer la fièvre et les autres symptômes , en excitant les sueurs et en procurant trop tôt la sortie des pustules, a été funeste à quantité de malades , lesquels sont morts en conséquence le onzième jour.
22. Quand je défends au malade de garder le lit les premiers jours de la petite-vérole , c’est toujours en supposant qu’elle sera confluente. Car, dans la petite-vérole discrète, lorsqu’on peut la prévoir sûrement, il est assez indifférent de garder le lit, ou de ne pas le garder ; d’autant que , soit qu’on le garde ou non , le petit nombre des pustules met toujours le malade hors de danger.
23. Je ne prétends pas néanmoins qu’on m’en croie ici. sur ma parole et sur mon autorité. Les
SUR LA PETITE- V E RO LE CONFLUENTE. l o3
opinions de quelque homme que ce soit m’ont toujours paru mériter si peu de créance, que je tiens même les miennes pour suspectes, toutes les fois qu’elles sont contraires à celles d autrui. J’en ferais de même dans l’occasion présente, si l’expérience ne confirmait pas mon sentiment : car , sans l’expérience, ce que d’autres ou moi pourraient regarder comme vrai, ne serait peut être qu’une pure imagination.
J^e commerce des hommes m’apprend chaque jour combien les plus grands génies sont sujets à se tromper dans les recherches qu’ils font sur les sciences et sur les arts, à moins qu’ils ne consultent l’expérience. Un Médecin qui en fait la règle de sa conduite , marche en sûreté ; et s’il lui arrive quelquefois de s’égarer, elle le redresse bientôt, et ne manque pas de rectifier ses idées. Elle est la pierre de touche des opinions et des systèmes.
Qu’il me soit donc permis, dans la maladie dont s’agit maintenant, d’observer quel est le régime qui produit une petite-vérole bénigne, quel est celui qui en produit une maligne, et d’embrasser ensuite un sentiment conforme à l’évidence. Si ceux qui me blâment avaient bût la même chose , je n’aurais rien à dire; mais , comme ils n'ont pas éprouvé une seule fois dans toute leur vie , si la méthode de tenir les malades hors du lit pendant le jour, est utile ou nuisible, ils sont très-injustes de me condamner et de me calomnier.
Si l’on avait agi de la sorte autrefois avec ceux qui ont eu des sentimens extraordinaires, quoique vrais, personne n’aurait tenté des découvertes avantageuses au genre humain. Je ne m’exposerais pas non plus moi-même à tant de contradictions, si une infinité d’expériences ne parlaient en ma faveur. Ce n’est pas mon intérêt de combattre une
Dissertation
ro4
op’nion reçue, et qui a pour elle la pluralité des Sfi-Dages D'un autre côté, on ne me croira pas assèz méchant pour vouloir de sang froid tendre des pièges à la vie des hommes, et leur nuire , meme après ma mort 1 1 ).
il a suivi Quoiqu’il en soit , c’est par la méthode que
de pour ses je propose ICI, quejai guéri de la petite-veiuie eufaus. nies propres enfans, mes plus proches parens et tous ceux qui ont bien voulu s’abandonner entièrement à ma conduite. Si j’ai quelque chose à me reprocher, c’est d’avoir cédé quelquefois à 1 opiniâtreté de ceux qui se roidissaient contre mon Sentiment , et sur cela j’en appelle à la bonne foi des personnes avec qui j’ai vécu familièrement.
Mais le plus fâcheux pour moi, c’est que, dans certaines occasions où l’on n’avait rien fait du tout de ce que je disais, on n’a pas laissé de mettre sur mon compte la mort des malades, quoique leurs amis et les gardes les eussent tués à force de les échauffer , et que je me fusse opposé de tout mon pouvoir à cette manière deles traiter (2). Cela joint à la prévention insurmontable que j’ai vue dans la plupart des gens en faveur du régime chaud , m’a dégoûté entièrement de voir des petites-véroles ,et je serais charmé qu’on ne m’appelât jamais pour de semblables maladies.
(1) La candeur et la bonne foi de notre Auteur sont si universellement reconnues , qu’on le nomme souvent le franc et sincère Sydenham , et quiconque lira rtvee attention ses ouvrages, conviendra aisément qu’il mérite ce nom, et qu’il élait par conséquent bien éloigné de vouloir rien faire d’indigne d’an honnête homme,
(2) Ce n’est là que t«*p souvent le triste sort des plus habiles et des plus honnêtes Médecins , lesquels ne sont presque jamais les maîtres de faire ce qui conviendrait , à cause de l’opiniâtreté du malade , on des préventions dps personnes qui le soignent. Mais quoi de plus injuste et de plus indigne que de les charger des fautes des autres , et de leur imputer des malheurs 6[ui viennent uniquement de ce qu’on a méprisé leurs salutaires avis?
2 0. 3’avoue que, de quelque manière qu’on les Apologie de traite, elles ne laisseront pas d’etre quelquefois cettemeîUode très-confluentes; ce qui fait qu’elles sont toujours dangereuses , nonobstant toutes les. mesures que l’on peut prendre. Je soutiens, après une infinité d’expériences, que le danger est beaucoup moindre, lorsque, dès le premier commencement de la petite-verole , le malade est levé pendant le jour, s’est abstenu entièrement de viande , et s’est contenté d’une boisson légère, que , lorsqu’il a gardé le lit, et qu’on lui a donné, outre cela, des cordiaux.
Cette première méthode , comme nous avons dit ci «dessus (i\ empêchera ordinairement qu’il rfy ait trop de pustules, et par conséquent que la fièvre secondaire ne soit trop violente. Car cette fièvre n’est pas seulement capable de tuer le malade par elle-même ; elle menace encore de le suffoquer en ce qu’elle arrête la salivation dont nous avons parlé au long dans l’histoire de la petitevérole.
D’ailleurs, la méthode que je recommande prévient le pissement de sang et les taches de pourpre, deux symptômes quiarriventles premiers jours de la maladie, et souvent même avant qu’il y ait aucun signe manifeste d’éruption. Ils arrivent aussi dans la rougeole , dans la fièvre rouge , et en d’autres maladies aiguës qui viennent d’une inflammation violente. Je ne dis rien du soulagement ^infini que le malade ressent dans tout son corps lorsqu’on le leve et qu’on lui donne de l’air. Tous ceux que j’ai eu la liberté de traiter de la sorte en ont fait une heureuse expérience , et ils me remer-
(i) Voyez ci-dessus num. 9.
Dissertation
ciaient comme si je leur eusse rendu la vie , en leur donnant de l’air (i).
iî faut avoir 26. Cela m’a fait faire réflexion, que la raison cliquions «Es nous trompe beaucoup plus souvent que lessens, malade». et que dans le traitement des maladies , il faut avoir plus d’égard aux désirs vioîens du malade , pourvu qu’ils ne soient pas toui-à-fait absurdes et pernicieux, qu’aux règles douteuses et incertaines de la Médecine.
Exemples de Par exemple , un homme qui est attaqué d’une fièvre ardente, demandera instamment qu’on lui permette de boire copieusement d’une tisane rafraîchissante. Un Médecin dont le système et l’hypothèse ne s’accordent pas avec l’usage d’une telle boisson, la défendra , et ordonnera au contraire une boisson échauffante. Le meme malade a en horreur toute sorte d’alimens, et ne veut qu’une boisson légère. Certains Médecins , et sur-tout les femmes qui sont autour de lui, et les assistans ne manqueront pas de soutenir qu’il faut absolument lui donner à manger.
Un autre malade qui se trouvera fort languissant après une fièvre aigue , demandera avec instance une chose absurde, et qui semblera peut-être nuisible. Le Médecin la refusera impitoyablement, assurant qu’elle causera la mort au malade, à moins que ce Médecin ne soit bien persuadé de la vérité de cet aphorisme du sage Hippocrate; quun aliment et une boisson moins salutaires , mais plus agréables au malade , doivent être préférés à un aliment et une boisson plus salutaires , mais moins agréables (2).
(1) Cela demande beaucoup de précautions dans les sujets sensibles et délicats , autrement il pourrait y avoir des suites funestes.
(2) La plus part des médecins peuvent confirmer par leur propre expérience la vérité de cet aphorisme. Qu a vu plusieurs personnes guérir de
27. Un Médecin un peu versé dans la pratique , On et un peu attentif, avouera certainement, s’il est Z de bonne foi, que dans tout ces cas-ià plusieurs malades se sont bien trouvés d’avoir plutôt suivi leur inclination , que les ordonnances de leur Médecin.
On ne s’étonnera pas de cela , si l’on fait réflexion qu’un très-grand nombre de maladies aigues se terminent naturellement d’elles-mêmes, et que les envies dentelles sont accompagnées, servent à garantir les malades des entreprises pernicieuses d’un art mal entendu. C’est un bonheur pour les hommes que la chose soit ainsi : autrement que seraientils devenus anciennement, lorsque lart de ta Médecine était renfermé dans les bornes étroites de la Grèce ? Et que deviendraient encore aujourd’hui tant de peuples qui se passent entièrement de Médecins , comme presque tousles habitansde 1 Asie* de l’Afrique et de l’Amérique, et une partie considérable de ceux de l’Europe (i;?
maladies terribles et tout-à-fait désespérées , après avoir suivi , soit à l’insu , soit par l’indulgence du Médecin , leurs appétits particuliers , quelque absurdes qu’ils parussent ; en effet, quelque nuisible que semble être la chose, que désire le malade , elle ne pourra guère lui nuire que par la trop grande quantité qu’il en prendra. Pour ce qui est d’expliquer d’une manière raisonnable et satisfaisante pourquoi il est si avantageux aux malades que l’on condescende à leurs appétits déréglés , nonobstant les plus fortes présomptions contraires , c’est une chose que je n’entreprendrai pas , et j’en laisse volontiers le soin à ceux qui aiment ces sortes de spéculations curieuses et subtiles. Notre Auteur , dans le num. suivant, semble regarder ces appétits absurdes comme une espèce d’instinct que la providence a donne aux hommes pour leur conservation ; en quoi on doit louer sa religion, à laquelle il fait servir par tout sa philosophie. . ^
(l) Cela ne paraît pas exactement vrai , ou du moins doit etre entendu avec certaine restriction. Quoique la Médecine , considérée comme un art particulier , ait été long-temps ren'ermée dans des bornes étroites , on a cependant toujours cherché des remèdes , et on en a découvert plusieurs aussitôt après que les hommes ont ete sujets aux maladies , lieu n étant plus naturel que de qhfrehej du soulagement, Ainsi l’origine de la Mé-
s’en treubien dans pratique.
ïl est quelquefois nécessaire de faire garder le lit avant l’éruption .
io8 Dissertation
Cependant on peut dire des Médecins ce qu’un ancien Poète comique disait des hommes, lorsque faisant la différence des gens raisonnables et vertueux , d’avec ceux qui déshonorent la nature humaine en menant une vie semblable à celle des bêtes, il s’écriait : U aimable chose qu un homme qui est véritable homme (i). De même, un médecin qui est véritablement Médecin , et non pas seulement de nom, est une chose d’autant plus excellente , que la vie est au-dessus de tous les autres biens naturels (2).
28, Mais pour revenir à mon sujet, quelqu’avantageux qu’il soit dans la petite-vérole confluente de ne pas garder le lit pendant les premiers jours de la maladie, il y a néanmoins des cas où il faut absolument le garder, même avant l’éruption. Par exemple, un enfant qui n’a plus rien à craindre du coté des symptômes de la dentition , est tout à coup attaqué de convulsions. Alors on doit penser que cette convulsion vient peut-être des efforts que fait la nature en voulant pousser à la superficie du corps la petite-vérole, la rougeole , ou la fièvre rouge , quoique la matière de l’éruption soit encore cachée sous la peau.
Ainsi pour obvier à un si dangereux symptôme, en doit appliquer promptement un emplâtre vési-
decine est le désir de sa propre conservation , et dans ce sens on peut assurer que les Nations les plus barbares n’ont pas été sans quelque counaissance de la «Médecine 5 puisqu’elles ont toujours possédé plusieurs remèdes éprouvés pour la guérison de leurs maladies.
(1) üç xjzptev iç av^pwTîOç -av ocvS-puxoç à.
(2) Quelles louanges ne mérite pas l'art de la Médecine qui est si utile au genre humain? Néanmoins il n’est que trop souvent l’objet des railleries et des mépris de demi-savaus qui ne laissent pas d’y avoir recours à la moindre occasion , et qui montrent ainsi par leur conduite combien on doit faire peu de cas de leurs railleries et de leurs invectives ; inaÎ6 ce n’est pas ici le lieu de s’étendre sur cette matière.
eatoire sur la nuque du cou , et mettre au plus tôt le malade au lit. On lui donnera aussi un cordial, où Ton mêlera un peu de narcotique , afin de pousser plus puissamment au dehors la matière morbifique , et d’appaiser le tumulte qui occasionne les convulsions. Par exemple , il faudra donner à un enfant de trois ans, cinq gouttes de laudanum liquide dans une cuillerée d’eau épidémique, ou bien quelque chose d’équivalent.
Je crois , ou plutôt je suis sur , qu’il est péri une infinité d’enfans , et même quelques adultes, parce que les Médecins n’ont pas pris garde que les convulsions dont il s’agit , n’étaient que les avant-coureurs de la petite-vérole , de la rougeole , ou de la fièvre rouge. Les Médecins peu attentifs, prenant pour des accidens essentiels ces sortes de convulsions qui ne sont que symptomatiques, y emploient des lavemens réitérés, et d’autres évacuations. Par-là ils empêchent l’éruption , et rendent plus durables les accidens qu’ils veulent combattre , et qui , sans tous ces remèdes, auraient certainement disparu d’eux - mêmes dès le coni' mencement de l’éruption.
Une chose consolante , et que nous avons déjà remarquée ailleurs (i) , c’est que les petites-véroles qui surviennent auxenfans avec des convulsions, sont rarement fort confluentes. C’est pourquoi il est beaucoup moins dangereux alors de faire garder le lit au malade dès les premiers jours.
129. Mais lorsque la petite-vérole est précédée d’une affection comateuse , je Fai toujours vue très-confluente ; et dans ce casdà , j’aime mieux employer l’emplâtre vésicatoire , et le narcotique
(l) Voyez Sect, 'â , Chap. 2 f mwn. 2,
Petite-vérole qui est précédée d'une affection comateuse , est fort confluente,
I io
Dissertation
décrit ci - dessus , que de permettre au malade de garder le lit avant l’éruption.
J’ai aussi observé quelquefois des convulsions qui précédaient les accès des fièvres intermittentes. Il est vrai que cela est très-rare ; mais j’ai souvent vu des affections comateuses survenir en meme temps que les accès de ces fièvres , et ne se terminer qu’avec eux , tant dans les enfans que dans les adultes. On doit alors s’appliquer uniquement à combattre la fièvre , qui est la maladie primitive et essentielle , sans se mettre aucunement en peine de l’affection comateuse. Car si on s’attachait principalement à celle-ci , et que pour la dissiper on mît en usage la saignée , la purgation , et les lavemens réitérés , on augmenterait la fièvre , et par conséquent on rendrait l’assoupissement mortel ; au lieu que si l’on emploie toutes ses forces contre la fièvre , tous les symptômes qui en. dépendent s’évanouiront en meme temps qu’elle , et disparaîtront d’eux-mèmes. C’est ce qu’il faut bien remarquer , parce qu'on s’y trompe souvent , et que cette erreur est funeste aux malades. Mais j’ai déjà traité ailleurs cette matière plus au long.
sont necessai res.
Saignée et vo- 30. Il y a encore d'autres cas où l’on ne saurait
mitif quand 5 ir- 1 iT.i'i
i s empecher de taire garder le lit des le commencement de la petite-vérole. C’est lorsqu’elle est accompagnée d’une fièvre violente , d’un abattement extrême , d’un vomissement énorme , de vertiges , de douleurs rhumatismales dans les membres , et d’autres semblables symptômes , qui marquent une grande quantité de matière morbifique lorsqu’ils sont violens, et sur-tout lorsqu ils se rencontrent dans des personnes jeunes et d’un tempérament sanguin. Aussi annoncent* ils
une petite-vérole très-confluente , et par conséquent très-dangereuse.
Il s’agit donc ici d’affaiblir , autant que l’on peut , le levain morbifique. Mais comme d’un côté la chaleur continuelle du lit augmenterait sa violence , et que d’un autre côté le malade est trop faible pour ne pas garder le lit , à moins qu’on ne lui redonne des forces , il est absolument nécessaire en pareilles circonstances de saigner du bras , et quelques heures apres de faire vomir avec une infusion de safran des métaux : ce qui non-seulement dissipera les maux de cœur, mais fortifiera encore tellement le malade , qu’il sera en état de se tenir levé.
La saignée et le vomissement ne suffisent pas pour affaiblir le levain de la petite- vérole ; il est nécessaire outre cela d’employer l’esprit de vitriol , dont on mettra une assez bonne dose dans la boisson du malade , jusqu’à ce que toutes les pustules soient sorties. Mais nonobstant la saignée , le vomissement , et l’nsage de la boisson rafraîchissante , il faudra encore de plus , que le malade demeure le\é pendant le jour. Car, comme il respirera par ce moyen un nouvel air , qui rafraîchira le sang, cela contribuera peut-être plus que tout le reste a empêcher la trop prompte assimilation de la matière morbifique , et soulagera merveilleusement le malade , comme je l’ai expérimenté plusieurs fois.
Il est vrai que cette méthode n’est nécessaire que dans les jeunes gens, dont le sang est échauffé par le vin ou le commerce avec les femmes , et dans les personnes qui ont des petites-véroles accompagnées des symptômes violens dont j ai parlé ; car dans les enfans elle ne convient point. Lorsque le sang n’est pas fort enflammé, et que
lia Dissertation
les symptômes ne sont pas fort violens , il y a bien moins à craindre que l’assimilation de la matière morbifique ne se fasse trop vite ; et par conséquent on peut omettre la saignée , le vomitif et l’esprit de vitriol.
Quand et On Je me suis étendu sur cet article , parce que temple ma- Je sais cIue k°n ou mauvais succès de la curalade doit gar- tion dépend presque entièrement de la manière ment le lit. dont on s y prend des les premiers jours de la maladie. Quand toutes les pustules sont sorties, ce qui arrive, comme nous avons déjà dit, le sixième jour depuis la première attaque , et le quatrième jour en comptant depuis l’éruption ; alors , et non pas plus tôt , le malade doit garder entièrement le lit pendant tout le reste de la maladie. Son état le demande ainsi , pourvu que ce soit une petite-vérole confluente. Car c’est de celle-là que j’ai prétendu parler jusqu’à présent.
Dans la petite-vérole discrète , il importe peu que l’on garde le lit , ou non , pourvu seulement que celui qui la traite soit médiocrement habile. Néanmoins , quelque exempte de danger que soit par elle-même la petite-vérole discrète , elle n’a pas laissé d’être funeste à un grand nombre de malades, lorsqu’ils ont eu le malheur de tomber entre les mains de gens ignorans qui, ne s’occupant qu’à les échauffer , les ont tués sans le vouloir.
il faut pro- 32. Dès que l’éruption est achevée, les pustules m uT pa/0 commencent à augmenter et à échauffer toute narcotiques. la superficie du corps, et principalement la tète, d’où naissent des insomnies et des inquiétudes , à moins que le malade ne soit un enfant. Tout cela mérite une grande attention ; car suivant que le sang sera plus tranquille , les pustules deviendront plus grosses. Et au contraire , si le sang est
sur la petite- Vérole confluente, i 1 3
dans une trop grande agitation , elles s affaisseront, au lieu de s’élever et de grossir ; d’où il arrivera que la matière morbifique ne se séparera pas du sang comme il faut ; et les pustules, au lieu d’une liqueur jaune et purulente , ne rendront qu’une sérosité , ou bien une humeur noirâtre , et éloigné de la nature des petites-véroles.
Voilà pourquoi les narcotiques me paraissent aussi-bien indiqués dans la petite-vérole confluente , qu’aucun autre remede dans quelque maladie que ce soit , et ils y sont , pour ainsi dire , aussi spécifiques que le quinquina dans les fièvres intermittentes : ce n’est pas qu’ils agissent par une vertu proprement spécifique ; ils ne font autre chose que remplir l’indication qui consiste à calmer le trop grand mouvement du sang et des esprits.
Ce mouvement déréglé qui, dans les adultes , accompagne toujours la petite-vérole confluente, demande principalement l’usage des narcotiques; et on se tromperait de croire que ces remèdes ne doivent être employés que pour procurer le sommeil. Car , comme il arrive quelquefois qu’un malade qui ne dort pas , ne laisse pas d’etre tranquille , sur-tout après avoir pris du laudanum , il arive aussi que la trop grande agitation des esprits empêche l’éruption louable des pustules , même lorsque le malade dort beaucoup ; circonstance qui mérite d’être remarquée.
33. Je vais dire maintenant quelque chose des î>ia&<ïe différentes sortes de narcotiques. Quoique de- numUquidel puis plusieurs années j’aie employé avec assez de et la dose* succès le laudanum liquide dans toutes les occasions où il s’agissait d’appaiserle trop grand mouvement du sang et des esprits , je crois néanmoins lui devoir préférer le sirop diacode. II