‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 25 sur 156 · S’il est besoin d’un emplâtre vésicatoire , vésicatoire · texte numérisé non relu

S’il est besoin d’un emplâtre vésicatoire , vésicatoire

faudra 1 appliquer sur la nuque du cou , et qu il tr£ appliqué , soit grand et puissant; maison ne l’appliquera si! est néces' pas de si bonne heure , qu’il ait cessé d’agir avant le onzième jour, qui est le plus critique de la maladie; et on n’attendra pas non plus jusqu’à ce jourlà , parce qu’il serait trop tard, et que l’emplâtre pourrait même alors être nuisible , en échauffant le sang qui n’est d’éjà que trop échauffé par la fièvre secondaire.

Le véritable temps qu’il faut choisir pour appliquer à propos le vésicatoire, c’est justement le soir d’avant le onzième jour , immédiatement après la prise de sirop diacode qu’on ne doit pas manquer de donner alors. De cette façon la douleur que cause le vésicatoire cessera avant ce jour décisif, et la matière peccante aura une issue précisément dans le temps où cela est plus nécessaire pour prévenir les terribles accidens dont on est alors menacé (i); car c’est ce jour -là, comme

(i) Quant à l’usage des vésicatoires dans la petite-vérole , nous ne pouvons rien faire de mieux que de rapporter ici quelques règles très-utiles , tirées de l’ouvrage d un très-habije et très-heureux Praticien.

Autant que nous pouvons connaître la nature de cette maladie , dit le Docteur ilillary , et les effets des vésicatoires , nous devons nécessairement conclure , si le raisonnement est de quelque poids en médecine , que ces remèdes ne conviennent presque jamais dans le premier période de la maladie , qu’ils sont rarement utiles dans le second , et pas toujours dans le troisième , sinon comme révulsifs.

Les seuls cas où ils peuvent , selon moi, être raisonnablement ordonnés

fai dit dans l’histoire de la petite-vérole , que le visage commence à désenfler, et la salivation a diminuer, parce que la pituite s’épaississant, l’expectoration devient difficile.

Outre que l’emplâtre vésicatoire supplée en quelque sorte à la diminution de la salivation et de l’enflure du visage, il contribue encore à modérer la fièvre secondaire qui est alors dans sa force, à cause de l’abondance du pus dont le sang est alors comme inondé , et qui y étant porté de chaque pustule au moyen des vaisseaux absorbans, l’infecte et le corrompt. Aussi ai-je observe dans presque toutes les petites- véroles confluentes que j’ai jamais traitées , que le pouls était à peine sensible ce jour-là, au lieu que le jour d auparavant et le lendemain , il se faisait sentir ties-

distinctement. . .

Efficacité* 4/|. Mais , entre les remèdes extérieurs qui sont

l’a il appliqué

sur la plante — ■ - - - ’

des pieds.

dans la petite-vérole , sont les suivans ; savoir , lorsque le malade est d nu tempérament lâche et faible, que le pouls est peut, faible « ; concentre , la fièvre insuffisante pouf la sortie des pustules et la suppuration et c a uniquement à cause de la faiblesse des solides e, de la v.scos.le des flu.des ou lorsque les extrémités sont froides , e. que cela empeche 1 e option ou lorsque les pustules sont rentrées dans le second période d maladie on bien lorsque l'enflure du visage, des mains , ou despieis, dans le troisième période, ne se fai. pas au temps convenable , ou diminue trop subitement, la nature succombant sous le poids ; ou lorsque la salivation s'arrête tout a coup avant que d avoir duie le temps ord. naire- ou lorsqu'il survient une affection comateuse par la viscosité fluides ou pin leur abord au cerveau , ou lorsque la hevre est tr p faible -’dans tons ces cas-là , dis-je, les vésicatoires sont unies et ils le

sint par les mêmes raisons qui les rendent néeessa, rement nu^b es dans

tous les périodes d’une petite-verole très-inflammatoire , a moins quo

feà-jr s aragra-Jg

îaïï «s< r~ -

la petite-vérole , p. 9 4 > 9J*

SUR LA ^ETITE-YeROLE CONFLUENTE. Ia3

propres à détourner les humeurs de la tête , rien ne me paraît si efficace que l’ail appliqué, sur la plante des pieds. Les vésicules qu’il excite, et la douleur qu’il cause lors même qu’il n’excite pas de vésicules, prouvent assez qu’il attire les humeurs sur les parties où on le met. Cette douleur est quelquefois si violente, que, pourl’appaiser , je me suis vu obligé d employer un cataplasme de mie de pain bouillie dans du lait. Ainsi, dans lo-s adultes qui ont une petite-vérole confluente, je me sers de l’ail. On le coupe menu , et l’ayant enfermé dans un linge, on l’applique sur la plante des pieds , depuis le huitième jour qui est celui où commence l’enflure du visage, et on renouvelle cette application chaque jour , jusqu’à ce qu’il n’y ait plus absolument de danger.

45. Il faut entièrement interdire pendant la ma- Le régime, ladie l’usage de la viande , et n’accorder pour nourriture que des décoctions d’orge ou d’avoine, et des pommes cuites. La boisson sera de la bière très-légère. Dans le temps de la maturation des pustules , lorsque la masse du sang se trouve infectée par le pus qui y regorge , il sera bon de donner tous les matins et tous les soirs quelques cuillerées de vin.

Le malade ne doit être ni plus ni moins couvert dans son lit , que lorsqu’il était en santé. Il doit avoir la liberté de changer de place toutes fois et quan tes il voudra , afin d’empêcher les sueurs symptomatiques , lesquelles ne manqueraient pas de lui être nuisibles , comme je crois l’avoir montré suffisamment. On préviendra , par ce même moyen , la trop grande inflammation des pustules , qui vient de ce que le malade s’échauffe excessivement dans son lit , lorsqu’il demeure toujours dans la même place sans en bouger ;

124 Dissertation

mais j’ai traité ailleurs cette matière plus au

long(i).

Exemple de 4^- Pour donner un exemple de toute cette

l'Auteur1 dans Pratlclue ? je joindrai ici un cas arrivé depuis peu. «a malade. Une femme de condition , nommée Madame Dacres , me fit appeler cet hiver pour traiter M. Thomas Client , son petit-fils. C’était un jeune homme d’un tempérament fort sanguin. Sa maladie avait commencé la veille par une fièvre violente , il avait vomi beaucoup de bile , et souffert de grandes douleurs au dos.

Dans l’espérance de trouver du soulagement , il s’était mis au lit , et avait fait son possible durant toute la journée pour se faire suer , soit en se couvrant extrêmement, soit en prenant des liqueurs chaudes , mais tout cela inutilement. Une grande disposition au vomissement , et un médiocre cours de ventre avaient empêché entièrement l’effet des sudorifiques qui d’ailleurs avaient beaucoup augmenté la fièvre.

Ayant vu le malade , je soupçonnai que la petite-vérole paraîtrait bientôt, et qu’elle serait des plus confluentes , tant à raison de la jeunesse du sujet, que parce qu’il s’était beaucoup échauffé le sang en voulant se faire suer , ce qui n’aurait pas manqué de produire une urine sanglante et des taches de pourpre , si la maladie était venue en été. Mais ce qui me fit le plus soupçonner une petite-vérole très-confluente, c’est que j’ai observé qu’elle est toujours telle dans les jeunes gens qui vomissent beaucoup , qui ont un grand abbattement , et qui souffrent des douleurs violentes.

Croyant donc qu il était de mon devoir de ne rien oublier pour empêcher la trop prompte assi-

(i) Sect. 3, Chap. 2 , nam. 47 a 5®.

SUR LA PETITE VÉROLE COüFLUEJVTE. I ‘2 3

milation de la matière morbifique , j’ordonnai au malade de se tenir levé tout le jour , comme à l’ordinaire. Le lendemain, qui était le troisième jour de la maladie , voyant que la petitè-vérole ne paraissait pas encore, je fis tirer, le matin, huit onces de sang du bras droit. Le sang était vermeil et très-bon , n’étant alors imprégné que d’un levain spiritueux , et n’ayant point encore été infecîé par la pourriture que lui cause la longueur de la maladie , et qui est ordinaire dans ceux qui relèvent depuis peu.

A cinq heures après midi du même jour , je donnai au malade une once d’infusion de safran des métaux. Il vomit assez bien ; cela le soulagea, et il se trouva beaucoup mieux , en sorte qu’il demeura volontiers levé , ce qu’il ne faisait auparavant qu’avec une peine infinie , à cause de 1 abattement extrême où il était , et des vertiges qui lui survenaient.

Le matin du quatrième jour , étant allé voir mon malade , je trouvai que les pustules sortaient en grande quantité , nonobstant toutes les mesures que j’avais prises pour diminuer l’éruption, et elles me parurent devoir être si confluentes , qu’il y avait à craindre pour la vie du malade. Je recommandai soigneusement qu’on ne lui laissât point garder le lit pendant le jour , et j’ordonnai qu’on mêlât de l’esprit de vitriol dans la petite-bière qui faisait sa boisson.

Il continua de la sorte jusqu’au sixième jour ; et quoique durant ce temps - là il ne fût pas fort abattu , et que l’air que je lui laissais prendre , lui fit grand bien , il ne laissa pas d’avoir de temps en temps un peu de cours de ventre. Sur le midi du sixième jour , il ne put plus rester levé, et il fut obligé de se mettre au lit ? où il demeura

Dissertation

ia6

de mon consentement , jusqu à la fin delà maladie ; car toutes les pustules étaient sorties ; et , malgré tous mes efforts , elles étaient extrêmement confluentes. Il est vrai qu’il y en avait moins que je n’en ai vu quelquefois dans ceux qui sont morts de cette maladie , mais toujours y eîi avait-il davantage que dans la plupart de ceux qui guérissent.

Le soir du sixième jour , je commençai à donner au malade une once de sirop Diaeode dans 1 eau de fleurs de primevère; j’ordonnai qu’il prit la même dose tous les soirs, et de plus, qu’il continuât à n’être pas plus couvert que lorsqu’il était en santé, à vivre de décoctions d’avoine ou d’orge, et quelquefois de pommes cuites , et à boire de la petite-bière.

Le huitième jour , je lui fis appliquer sur la plante des pieds de l’ail coupé menu et enfermé dans un linge ; et j’ordonnai qu’on renouvelât cette application chaque jour , jusqu’à ce qu’il n’y eût plus de danger.

Après cela , tout alla assez bien , à proportion de l’augmentation des pustules , jusqu’au matin du dixième jour que j’aperçus quelques signes avant-coureurs de la fièvre secondaire , avec un peu d’agitation. Craignant donc l’orage dont j’étais menacé , je fis prendre aussitôt au malade le narcotique marqué ci devant , lecjuel tranquillisa tout. Le soir du même jour, j’ordonnai une once et demie de sirop diaeode.

Le lendemain matin, qui était le onzième jour, trouvant le malade agité de nouveau , après que Faction du narcotique du soir fut finie , je fis réitérer sur-le-champ la même dose , et encore le soir , ordonnant au malade de continuer de même chaque jour matin et soir jusqu’à ce qu’il

SUR LA PETITE-VÉROLE COJtfELUENTE. 1 27

fût guéri. Il obéit , et depuis ce temps-là , nous n’eûmes plus aucun symptôme redoutable , sinon que l’urine se supprima quelquefois , accident qui est ordinaire aux jeunes gens dans cette maladie ; néanmoins il urinait en s’agenouillant dans son lit.

Quant à la salivation , il est vrai que les narcotiques donnés si fréquemment et en si grande dose , l’arrêtaient un peu , mais elle se rétablissait au bout d’un certain temps après chaque prise de diacode, et la coction de la matière était légitime : le visage et les mains s’enflèrent dans le temps convenable , et l’enflure fut telle qu’on la désirait.

Le dix-huitième jour , le malade se leva ; je lui permis alors , pour la première fois , du bouillon de poulet , ensuite de quoi il revint peu à peu à sa nourriture ordinaire.

Le vingtième jour, il fut saigné du bras droit , et on lui tira huit onces de sang qui ressemblait à celui des pleurétiques, et était presque comme du pus. Enfin il fut purgé quatre fois à différentes reprises.

47. J’avertis ici que , quand j’ai nommé dans Comment i4 cette dissertation le sixième jour , par exemple , fe 'jour depuis le onzième, etc. , depuis le commencement de lale commencemaladie , je ne prétends pas qu’on l’entende com-}adie. ama’ me si l’éruption arrivait toujours le troisième jour : car je sais qu’elle se fait quelquefois plus tard , même dans les petites-véroles les plus confluentes; mais , pour l’ordinaire , elle se fait le troisième.

Par exemple , si une personne a été attaquée le lundi d’une petite- vérole confluente , les pustules commenceront ordinairement à paraître le mercredi suivant ; et le second jeudi , depuis le lundi où la maladie a commencé , sera le onzième jour,

xaB

Dissertation

La méthode précédente ne regarde que j;î petite- véro-

^ confluente.

Histoire (Tune lièvre traitée par le Docteur Goodall.

c’est-à-dire le plus dangereux , à moins que le Médecin n’y mette ordre.

48. Je déclare de nouveau que toute cette méthode regarde uniquement les petites-véroles confluentes , -et nullement les petites-véroles discrètes, dans lesquelles elle n’est point du tout nécessaire; et ceux qui se croient fort habiles , lorsqu’ils ont guéri ces dernières sortes de petites-véroles , se trompent eux-mêmes et le Public. S’ils veulent montrer leur habileté , qu’ils entreprennent des petites-véroles confluentes, sur-tout de celles qui arrivent à de jeunes gens , et à ceux qui se sont échauffés par des excès de vin ; de peur qu’en ne traitant que des petites-véroles légères , ils ne s’imaginent ridiculement avoir sauvé les malades qu’ils n’auront pas tués.

4q. Je ne finirai pas cette courte dissertation sans y joindre ce que m’a raconté , pendant que je la composais , M. Charles Goodall , Membre et présentement Censeur du College des Médecins de Londres , et mon intime ami. Mon dessein en cela est de confirmer encore davantage ce que j’ai dit ici et ailleurs touchant le pissement de sang et les taches de pourpre ; savoir , que ces deux symptômes , lorsqu’ils se joignent aux maladies aiguës , sont uniquement l’effet d’une trèsgrande inflammation du sang , et qu’ainsi ils demandent des remèdes rafraîchissans. Voici le cas.

5o. Un jeune homme d’environ vingt-sept ans , maigre, et d’un tempérament chaud , fut attaqué au mois de Juin de l’an i b8 r , d’une violente fievre continue. Il avait la langue sèche et raboteuse , avec une grande altération; le pouls très-fréquent, une douleur au voisinage de la fossette du cœur, et une sur-tout au dos , qui était continuelle: il rendait de temps en temps du sang par les urines;

le col , la poitrine et les poignets étaient couverts de quantité de taches de pourpre de couleur brune.

Le Médecin ayant été appelé le sixième jour , et voyant le malade en danger à cause de la quantité de sang qu’il rendait par les urines , crut devoir tourner toutes ses vues à rafraîchir et épaissir le sang , et à resserrer les vaisseaux des reins , dont les orifices étaient trop ouverts.

5i. Pour cela il fit d’abord saigner le malade lui fit prendre un bol léoitif , et lui ordonna de se tenir levé le plus qu’il pourrait, ne doutant point que la chaleur continuelle du lit ne contribuât au pissement de sang ; il recommanda de plus au malade de dormir sur un matelas couvert de cuir , de ne se tenir que très-peu couché sur le dos , de boire de l’eau laiteuse , de vivre de panades , de riz au lait , de pommes cuites simplement au feu, ou dans de l’eau, et adoucies avec du sucre. Les remèdes qu’il ordonna , furent les suivans :

Prenez fleurs de roses rouges , six gros ; écorce intérieure de chêne , demi-once ; graine de plantain grossièrementpillée , trois gros ; eau de fontaine, deux livres', esprit de vitriol , jusqu à une agréable acidité . Faites infuser tout cela ensemble dans un vaisseau, fermé , et à une douce chaleur pendant cinq ou six heures ; coulez la liqueur , et ajoutezy eau de canelle orgée , trois onces ; sucre , ce quil en faut pour rendre ï infusion gracieuse. Le malade en boira souvent , soit de jour , soit de nuit.

A deux heures après-midi on lui donna un lavement avec le lait et le sirop violât , et à l’heure du sommeil la potion suivante :

Prenez des eaux de primevère , de plantain et de canelle orgée 7 de chacune demi-once ; vinaigre

Page 1