‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 26 sur 156 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

Infusion

astringente.

Potion eal~ niante,

î3o Dissertation

distillé , deux gros ; sirop diacode , six gros : mêlez tout cela.

Kmulsion rafraîchissante-

Fotion calmante.

52. Le septième jour , comme les symptômes 11e diminuaient presque point , on reitéra le lavement décrit ci-dessus , ce que Ton continua chaque jour. Le Médecin ordonna aussi l'émulsion et la potion qui suivent.

Prenez des graines de chicorée , laitue et pour pier , de chacune deux gros ; des graines de coing et de pavot blanc , de chacune un gros et demi ; quatre amandes douces pelées. Broyez tout cela ensemble dans un mortier de marbre , versant peu à peu par-dessus une livre et demie d’eau d'orge ; coulez la liqueur et y dissolvez suffisante quantité de sucre , pour une émulsion , dont le malade boira douze cuillerées de quatre en quatre heures .

Prenez des eaux de primevère , de nénufar , de plantain et de bourgeons de chêne , de chacune demi-once ; vinaigre distillé , et eau de canelle orgèe , de chacun trois gros ; confection d'hyacinthe , demi-gros ; sirop diacode , une once. Faites une potion que le malade prendra à l'heure du sommeil.

53. Le huitième j@ur , comme la fièvre continuait , quil sortait beaucoup de sang avec les , urines , et qu’il paraissait un grand nombre de taches de pourpre dans les endroits dont on a fait mention, le Médecin jugeant que ces symptômes provenaient d’un sang âcre trop aqueux et trop échauffé , il fit saigner le malade pour la seconde fois , et lui permit de boire abondamment de la petite-bière où l’on mettait de l’esprit de vitriol jusqu’à une agréable acidité. Le malade se dégoûtant de cette boisson , le Médecin lui donna du petit-lait fait avec le suc de limons et de la pulpe

de limons coupée par tranches et couverte de sucre. Il ajouta les remèdes suivans.

Prenez des conserves d alleluia et de cynnorho- Éiectaaire don , de chacune demi-once ; confection d hyacinthe, trois gros ; diascordium , un gros et demi', corail rouge -préparé , sang dragon et bol d Arménie , de chacun un scrupule ; sirop de grande consolide et de piloselle , cequil en faut pour former un électuaire > dont le malade prendra de six en six heures la grosseur dune noisette , buvant par dessus une tasse de petitdait fait avec le suc de limons , et adouci avec du sucre , ou bien une tasse de décoction vulnéraire oit Fon aura mis de V esprit de vitriol jusqu à une agréable acidité .

Il ordonna de réitérer la potion du soir précédent , en y mettant dix gros de sirop diacode.

04. Le neuvième jour les taches de pourpre commencèrent à disparaître peu à peu , et les urines à être moins sanglantes* le sang qui y était s’en séparait plus aisément et tombait plus volontiers au fond du vaisseau. Le Médecin voyant cela, fit continuer les remèdes qu’on vient de décrire, et après quelques jours il ajouta les suivans qui tendaient au meme but.

Prenez conserve de roses rouges , passée par le Éiectuaîr* tamis et arrosée desprit de vitriol , quatre onces ; aÊtriDseüt> baume de leucatel deux gros ; bol d Arménie , sang dragon , et espèces de Félectuaire dia cor allium , de chacune un gros ; sirop de corail , ce quil en faut pour un èlectuaire , dont le ma ade prendra deux fois par j ourla grosseur d une noix muscade , buvant par-dessus un verre de F émulsion suivante .

Prenez des graines de laitue et de pourpier , de Emulsion inchacune trois gros ; de la graine de coing , un gros et crassante‘ demi , de celle de pavot blanc , demi-once , et cinq amandes douces pelées. Broyer tout cela ensemble

Dissertation

dans un mortier de marbre , en versant peu à peu par-dessus deux livres d eau de plantain ; cou ez la liqueur , et aj outez-j deux onces d eau de canelle orgée , et suffisante quantité de sucre.

Par le moyen de ces remèdes, la fièvre et les symptômes terribles dont elle était accompagnée, cessèrent au bout de trois semaines, les taches de pourpre disparurent entièrement , les urines reprirent leur couleur et leur consistance naturelle, et enfin le malade se rétablit peu à peu et revint en parfaite santé.

Urine san- 55. Il serait inutile d’objecter ici que la maladie ches de pour- dans laquelle se rencontraient les taches depourpre pre de man- et [e pissement de sang dont il s’agit, était une

clGiit Ig meme x w o

traitement fièvre continue , et non pas une petite-vérole coneTklapetite- Puente ; car dans laquelle des deux maladies que vérole. se rencontrent ces symptômes , iis proviennent toujours d’une violente inflammation , et d’un sang trop atténué , qui *se fait jour à travers les embouchures des vaisseaux. Ainsi les causes étant absolument les mêmes, je suis persuadé qu’il faut employer aussi la même méthode , autant qu elle peut convenir à la nature de ces deux maladies; c’est pourquoi j’ai prié M. Goodall de me permettre de j oindre ici la description du traitement que l’on vient de voir.

Éloge du Quand mon plus grand ennemi aurait traité Docteur Goo- cette maladie de la manière que l a traitée M. Goodall , je ne pourrais m ’empêcher de lui rendre justice , et je reconnaîtrais volontiers qu’il ne se peut rien de mieux , sachant depuis long-temps combien les urines sanglantes sont funestes dans la fièvre. Maintenant donc que cet habile Médecin se trouve mon intime ami , et d’ailleurs un trèshonnête homme , quel plaisir et quelle satisfaction ne ressens-je pas de pouvoir rendre hommage

SITR LA PETITE-VÉROLE CO^FLUÊNTE. I 33

à la vérité , et donner en meme temps à un ami les éloges qui lui sont dus.

M. Goodall a bien montré qu'il m’aimait véritablement , lorsqu’il s’est déelaré avee tant de zele contre ceux qui attaquaient ma répu tation. Cependant, malgré les obligations que je lui ai pour un si important service , je serais bien fâché de lui donner des louanges qu’il ne mériterait pas ; c’est presque aussi mallait de louer des personnes indignes , que de blâmer des innocens , puisqu’on s’écarte également de la vérité. Je ne m’en écarterai nullement moi-même en assurant que M.

Goodall est un des plus honnêtes hommes, et un des plus habiles Médecins que j’aie jamais connus: car outre qu’il est parfaitement versé dans les écrits des Médecins anciens et modernes , il possède au plus haut point tout ce que la pratique a de plus fin et de plus recherché ; aussi réussit-il merveilleusement dans la cure des maladies.

56. Voilà quelles sont mes idées sur la petite- Sentiment de vérole confluente : elles ne sont pas le produit la^ke-véro^ d’une imagination échauffée , mais le fruit d’une 1,e» f<mdé sar expérience attentive. Un Médecin qui règle sa 1 €iPencace* théorie sur l’expérience , ne peut guère se tromper , au lieu que celui qui passe son temps à forger des systèmes , saus consulter les faits , ne saurait manquer de s’égarer lui-même , et de jeter les autres dans l’erreur.

Que penserait-on d’un pilote , qui , au lieu d’être attentif à reconnaître et à éviter les écueils cachés sous l’eau , s’amuserait à examiner les causes du flux et reflux de la mer ? Cette occupation serait, à la vérité , digne d’un philosophe, mais ne convient nullement à celui qui est uniquement chargé de conduire heureusement un vaisseau.

De même un Médecin , malgré tout l’esprit et

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tous les talens qu’il peut avoir d’ailleurs , est uniquement chargé de guérir les maladies ; et c’est à quoi il ne réussira pas , lorsqu’au lieu de s’appliquer soigneusement à étudier la manière dont la nature les produit et les entretient , comme aussi 3a véritable méthode de les traiter , il se livre à des spéculations agréables et curieuses, à la vérité, mais inutiles au but que se propose la Médecine , qui est la guérison des maladies.

Cette conduite des Médecins spéculatifs , qu’on peut appeler une prévarication , n’a pas seulement privé la société des grands avantages qu’elle aurait pu retirer de leurs talens et de leurs lumières ; elle a encore été cause que la Médecine est tombée dans le mépris , et qu’elle est plutôt devenue un art de discourir, qu’un art de guérir; en sorte que la vie ou la mort des malades dépend des conjectures heureuses ou malheureuses des Médecins philosophes , dont la pratique par coin séquent n’a aucun fondement solide, n’étant appuyée que sur de vains systèmes opposés les uns aux autres et également incertains, quoique soutenus avec opiniâtreté par leurs auteurs et leurs partisans ? lesquels , pour de semblables chimères se font une guerre impitoyable.

Nous pouvons bien , par une application sérieuse et constante, découvrir ce que fait la nature, et quels sont les organes dont elle se sert dans ses opérations ; mais je crois que nous ne connaîtrons jamais la manière dont elle agit. Cela n’est pas surprenant : nos lumières sont trop bornées , et les ouvrages du Créateur sont fabriqués avec un artifice qui surpasse infinimenttoute intelligence humaine,

Il est certain, par exemple, que le cerveau est la source du sentiment et du mouvement, le

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siège de [’imagination et de la mémoire. Cependant on aura beau le considérer et l’examiner avec toute l’attention possible , jamais on ne viendra à bout de comprendre comment une substance si grossière , et dont la structure ne semble pas fort recherchée , peut suffire à des fonctions si nobles et si excellentes ; encore moins sera-t-on en état de marquer le rapport nécessaire qui se trouve entre la structure des différentes parties de ce viscère, et l’exercice de telle ou telle faculté.

5n. Je finis ici ma dissertation sur la petitevérole confluente. Si on y ajoute ce que j’en ai dit dans le Traité des Maladies aiguës, on aura tout ce que j’ai pu connaître jusqu’à présent de plus certain et de plus exact sur cette maladie.

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