Je passe maintenant à l’affection hystérique
Je conviens qu’il est extrêmement difficile de bien observation reconnaître cette maladie, et encore plus delate l’Auteur guérir. Je ne laisserai pas néanmoins de rappor- hystérique , ter ce que mes observations m’ont appris là-dessus ; sont tlr*?s de
. i -, . •! . , son experien-
et, selon ma méthode ordinaire, je donnerai d a- ce. bord Thistoire fidèle? de la maladie , ensuite la manière de la traiter qui m’a le mieux réussi , et que j’ai puisée, non dans la lecture des livres, mais dans ma propre expérience , que je puis regarder comme un guide sur.
chroniques.
5q. L’affection hystérique , autrement appelée Affection hTs* les vapeurs hystériques , est, si je ne me trompe , la n^Tt^des plus fréquente de toutes les maladies chroniques, maladies Et comme les fièvres avec leurs dépendances, étant comparées avec les maladies chroniques , font deux tiers par rapport à un , de même les affections hystériques font la moitié de ce troisième tiers , c’est-à-dire la moitié des maladies chroniques. En effet , il est très-peu de femmes qui en soient eniiè-
Dissertation
rement exemptes, à l’exception de celles qui sont accoutumées à une vie dure et laborieuse. Or, les femmes font la moitié des adultes. Et même entre les hommes, beaucoup de ceux qui s’attachent à l’étude et mènent une vie sédentaire , sont sujets à la même maladie.
Tous les anciens ont attribué les symptômes de l’affection hystérique au vice de la matrice. Néanmoins si l’on compare cette maladie avec celle que l’on appelle communément dans les hommes affections hypocondriaques , o u vapeurs hypocondriaques , et que l’on attribue à des obstructions de la rate , ou des autres viscères du bas-ventre , on trouvera une grande ressemblance entre ces deux maladies (i). Il est vrai que les femmes sont beaucoup
(i) La passion hystérique, dit Hoffmann , est regardée faussement par plusieurs Auteurs modernes comme étant la même chose que la maladie hypocondriaque , ou comme n’en différant que par rapport au sexe , et non pas essentiellement : mais pour montrer qu’il y a une différence réelle entre ces deux maladies , il est bon de donner ici la véritable histoire de la maladie hystérique.
Si nous consultons les anciens , et nommément Hippocrate , Aretèe , Fernel , D'net, Montana s , Hollerius , Mercurialis , et J. Heurnius , nous les trouverons tous d’avis qu’un étranglement du gosier une respiration fréquente et difficile , jusqu’à mettre en danger d’être suffoqué , la perte de la parole et de tout sentiment et mouvement , doivent être regardés comme I.gs symptômes propres et essentiels de la maladie hystérique. Mais quoique la maladie hypocondriaque et la maladie hystérique semblent avoir quelques symptômes communs, elles en ont neanmoins plusieurs de particuliers qui montrent clairement que ces deux maladies diffèrent considérablement l une de l’autre.
La maladie hypocondriaque est une maladie invétérée , et demande , pour être guérie , un long et ennuyeux traitement ; au lieu que la maladie hystérique attaque souvent , et avec beaucoup de violence , des femmes grosses et des accouchées , et aussi des veuves qui sont fort sanguines, et cela après quelque passion ou trouble d’esprit considérable , de même aussi des hiles lorsque leurs règles s’arrêtent tout à coup ; et néanmoins ces personnes se trouvent souvent si bien guéries de cette maladie , qu’elle ne revient jamais ensuite. De plus , le mal hystérique attaque souvent les femmes tout d’un coup , en sorte qu’elles tombent par terre sans mouvement ni sentiment ; ce que l’on ne voit jamais arriver dans le mal hypocondriaque ; et ce qu’il y a encore de remarquable dans l’accès hystérique , c’est que les symptômes
sur l’affection hystérique. 187
pins souvent attaquées de vapeurs que les hommes , non que la matrice soit en plus mauvais état qu’aucun autre endroit du corps , mais par les causes que nous expliquerons ci-dessous.
diminuent bientôt , ou cessent même entièrement , quoique les femmes soient sans mouvement ni sentiment , si on leur tient sous le nez des choses de mauvaise odeur , par exemple , des plumes brûlées.
Dans les accès hystériques , les muscles de l’abdomen sont tirés en dedans par la violence des spasmes , en sorte que le nombril disparaît en grande partie ; au lieu que dans les accès bypoçondriaques , le ventre est plutôt enflé et avancé en dehors. Les femmes hystériques éprouvent aussi un froid si violentdans la région des lombes , qu’on peut le sentir en y mettant la main , et ce froid ne diminue point par l’application des linges chauds. Souvent aussi elles ont au sommet de la tète une douleur fixe, de peu d’étendue , et appelée à cause de cela clou hystérique. Beaucoup de femmes sentent une espèce de boule qui monte du bas ventre vers la poitrine. On ne voit jamais aucun de tous ces symptômes dans le mal hypocondriaque. La défaillance , la difficulté de respirer qui menace d’une suffocation soudaine , et l’étranglement violent du gosier, n’arrivent pas non plus si fréquemment dans cette maladie que dans la passion hystérique. Enfin on n’a jamais tenu pour morts des hypocondriaques tombés dans leurs accidens , ni pensé à les enterrer ; ce qui est arrivé quelquefois à des femmes hystériques , comme nous l’apprenons par des Historiens dignes de foi.
3Nous n’aurions pas tant insisté sur la différence qu’il y a entre ces deux maladies, et sur la nécessité de les distinguer exactement, si cela n’était trèsutile dans la pratique ; car les meilleurs remèdes dans la maladie hypocondriaque , sont le grand exercice , les remèdes carminatifs , les spiritueux et volatils , les stomachiques , les aromatiques , les sels neutres , les eaux minérales , les amers , et sur tout les martiaux ; mais tous ces remèdes sont plus nuisibles qu’utiles dans la passion hystérique, où l’on trouve beaucoup de soulagement par la saignée , par les narcotiques , les nitreux , les antiépileptiques , les rafraîchissans , par la boisson d’eau froide et de petit-lait , évitant tout ce qui échauffe , et même le vin.
Le même Auteur recommande le baiu chaud dans la maladie hypocondriaque : il n’est point d’occasion , dit-il , où ce remède soit plus utile que dans la maladie hypocondriaque , qui n’est pas seulement un mal opiniâtre , mais encore fort commun dans ce temps-ci; et il ajoute qü’il est ordinairement accompagné de fâcheux symptômes qui donnent beaucoup d’embarras aux Médecins , lesquels n’ont pas découvert jusqu’ici la manière de le guérir parfaitement. A dire vrai , il n’est point de meilleur remède et plus efficace pour diminuer et même pour guérir radicalement cette maladie , que l’usage con» venable des eaux minérales chaudes et froides ; mais il faut observer que le bain dans une eau très-pure et très légère, aide merveilleusement l’usage interne des eaux médicinales ; car ces eaux qui sont très-utiles en buisson, parce qu’eîles contiennent une p. .tie considérable de matière pesante, terrestre, saline, astringente et ferrugineuse, ne sont pas si propres pour le baiu dans cette ma»
Dissertation
Elle sous d formes.
parait 6o. L’affection hystérique n’est pas seulement
verses tr£s»fréqUente ; elle se montre encore sous une im* finité de formes diverses, et elle imite presque toutes les maladies qui arrivent au genre humain; car dans quelque partie du corps qu’elle se rencontre, elle produit aussitôt les symptômes qui sont propres à cette partie. Et si le Médecin n’a pas beaucoup de sagacité et d’expérience , il se trompera aisément , et attribuera à une maladie
ladie , que l’eau commune. Les femmes hystériques reçoivent les mêmes avantages des bains chauds que les hommes hypocondriaques.
Pour découvrir la raison des grands effets des bains chauds dans ces maladies , il faut d’abord examinetTe siège, l’origine, la nature etles symptômes du mal hypocondriaque ; et tout bien considéré , l’on verra qu’il réside dans ce conduit nerveux et membraneux qui sert à la digestion et à la dissolution des alimens , c’est-à-dire , dans l’estomac et les intestins , dont le mouvement péristaltique qui consiste naturellement dans une dilatation et contraction réciproque , est entièrement troublé , ou même renversé ; ce qui vient principalement de certaines contractions spasmodiques et convulsives , par le moyen desquelles, si les parties inférieures des intestins sont affectées , surtout lorsqu’ils sont pleins , non-seulement les excrémens sont retenus dans le conduit , mais il s’engendre des vents qui , demeurant enfermés , gonflent et distendent violemment les menus intestins et l’estomac. Toutes les parties nerveuses qui sont douées d’un gentiment exquis, se trouvent entraînées par sympathie dans un semblable mouvement spasmodique : de là provient cette multitude de symptômes qui affligent presque toutes les parties du corps.
Si cette maladie n’a qu’une cause passagère, et qui ne soit pas située dans la substance des viscères, on la guérit aisément; mais si elle attaque les viscères, et spécialement le pancréas , le foie , la rate et le mésentère , et que les tuniques des intestins soient endommagées, la guérison radicale est extrêmement difficile ; car le fréquent changement de Médecins et de remèdes par où les malades s’amusent vainement et se trompent eux mêmes , ne sert qu’à augïnenter la maladie , et même quelquefois à la rendre entièrement incurable; Ou voit par-là qu’un fluide chaud et innocent , employé intérieurement et extérieurement , est le plus efficace de tous les remèdes pour rétablir la tension naturelle du canal intestinal , pour en diminuer la contraction spasmodique , pour rétablir le mouvement péristaltique troublé , ou renversé ; car la douce chaleur de ce fluide ramollit et relâche les fibres durcies et froneées , rappelle le sang et les humeurs qui auparavant u’v pouvaient aborder , et facilite la circulation des liqueurs dans les vaisseaux des intestins, Nohv. expér. sur les eaux miner.
Il est bon d’observer que la passion hystérique et la maladie hypocondriaque se trouvent quelquefois jointes ensemble dans le même sujet y mais cela arrive très-rarement dans les hommes.
1 39 des
SUR LAFFECTIO^ HYSTERIQUE.
essentielle , et propre à telle ou telle partie , d. symptômes qui dépendent uniquement de 1 alk
tion hystérique.
6(. Pour en venir aux exemples , quand cette quelquefois à maladie attaque le cerveau , elle produit quelquefois une apoplexie entièrement semblable a 1 apoplexie ordinaire , et qui se termine de meme par une hémiplégie. L’apoplexie ordinaire est causée par une pituite qui, inondant la substance corticale du cerveau , comprime les nerfs , et empec le cours des esprits. L’apoplexie hystérique sei Lie -venir d’une cause bien differente , pu^qu e arrive souvent aux femmes aussitôt apres 1 accou- . chement où elles ont perdu beaucoup de sang, et
qu’elle est l’effet d’un accouchement laborieux, ou de quelque violente passion. . , . Quelqaefoîs ï
6a Quelquefois l’affection hystérique pro t répilepsie, des convulsions horribles, et qui ressemblent a l’épilepsie. Le ventre et la poitrine se ^onflent et "ênent la respiration ; et la malade fait de s. grands efforts que quoiqu’elle ait d’ailleurs assez peu de forces tous les ass.stans suffisent à peine pour la tenir. Durant ce temps-là elle crie, »o. prononcer de paroles distinctes et articulées, et elle se fiapp^ la p oi' ri tie. Cette sorte d’affection hystérique est communément appelée suffocation de e
les femmes qui y sont sujettes , ont le plus souvent un tempérament vigoureux et fort sanguin.
63 D’autres fois l’affection hystérique attaque ^ la partie extérieure de la tète entre le crane e Qedette. péricrâne , et demeurant hxee dans nu sou 1 droit de la largeur simplement d un travers de doigt’ elle y cause une douleur insupportable ,
quiestaccompagnée de vomissemens énormes. G est
ce que j’appelle le clou hystérique ; et cette dou-
Dissertation
Quelquefois à une palpitation de cœur.
Quelquefois à mie toux sèche.
Quelquefois à la passion iliaque.
ï/jO
leur attaque principalement les femmes qui ont les pâles couleurs.
64. Quelquefois le mal se jette sur les parties vitales , et cause une si violente palpitation de cœur / que la malade ne doute point que les assistans ne doivent entendre le bruit que fait le cœur en battant contre les côtes. Cette sorte d’affection hystérique attaque sur-tout les femmes maigres et sèches et d’un tempérament faible ; comme aussi les jeunes fdles qui ont les pâles couleurs.
65. D’autres fois la maladie se fixe dans les poumons , où elle produit une toux très-fréquente et presque continuelle , mais sans aucune expectoration. Et quoique cette toux hystérique ne soit ni aussi violente , ni aussi douloureuse que celle qu’on nomme convulsive , elle donne beaucoup moins de relâche. Cependant elle est très-rare , et survient principalement aux femmes pituiteuses.
66. D’autres fois l’affection hystérique se jetant sur le colon et sur la région qui est au-dessous de la fossette du cœur , y cause une douleur insupportable, qui ressemble à la passion iliaque. La malade vomit une quantité excessive de matière , tantôt verte , et semblable à de la bile porracée , tantôt de quelque autre couleur extraordinaire. Souvent aussi , après que la douleur et le vomissement continuel ont duré plusieurs jours , et réduit la malade auv abois , l’accès se termine par une jaunisse universelle. Cependant la malade souffre de terribles angoisses , et désespère entièrement de sa guérison. Cet abattement d’esprit , et ce désespoir m’ont paru aussi inséparables de la maladie , que la douleur cruelle et le vomissement dont je viens de parler. Les femmes qui ont naturellement les libres lâches et délicates ,
sur l’affection HYSTÉRIQUE- l/jf
et celles qui ont épuisé leurs forces en mettant au monde de gros enfans , sont les plus sujettes à cette sorte d’affection hystérique.
67. Quelquefois le mal attaque l’un des reins , Q uelquefois et y produit une douleur très-cruelle , et qui est Lîlque^^néentièrement semblable à un accès de colique né- Pklétlfiue* phrétique , non-seulement par la nature et le siège
de la douleur , mais encore par les vomissemens affreux dont elle est accompagnée , et quelquefois aussi parce qu’elle s’étend le long des uretères. De cette manière il est extrêmement difficile de distinguer si les symptômes dont il s’agit proviennent de quelque pierre enfermée dans les reins, ou d’une affection hystérique, à moins que la personne n’ait eu , peu de temps auparavant , quelque violent chagrin , ou n’ait vomi une matière verdâtre ; ce qui montrera que les symptômes de la maladie doivent plutôt être attribués à une affection hystérique, qu’à une pierre contenue dans les reins.
La vessie même n’est pas exempte des atteintes de ce mal , non-seulement il y cause de la douleur , mais encore il supprime l’urine , tout de même que s’il y avait une pierre dans la vessie , quoiqu’il n’y en ait aucune. Cette dernière sorte d’affection hystérique qui attaque la vessie est très-rare : celle qui attaque les reins est plus commune. Toutes deux arrivent aux femmes dont les forces sont déjà affaiblies , et la santé ruinée par de fréquens accès hystériques qui leur sont survenus.
68. La maladie se jette aussi quelquefois sur Elle produit l’estomax; , et alors elle produit des vomissemens auel<iuef0is continuels ; d’autres fois sur les intestins, et alors ment co^ti-
elle produit un cours de ventre. Mais ces deux rmjiayr^el‘rje symptômes hystériques sont sans douleur, quoi-
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que la personne rende souvent une matière verte. Ils arrivent d’ordinaire aux femmes qui ont été affaiblies par de fréquent retours de vapeurs hystériques.
Elle attaque 69. L’affection hystérique ne s’en prend pas terües.rües ex= seulement à presque toutes les parties internes ;
elle attaque aussi quelquefois les parties externes , et les muscles; savoir, les mâchoires , les épaules, les mains, les cuisses, les jambes : elle y cause tantôt une douleur et tantôt une endure , dont celle des jambes est la plus remarquable. On peut toujours observer deux choses dans l’enflure des hydropiques „ Lest qu’elle est plus considérable le soir, et que quand on la presse fortement avec le doigt , l’impression y reste comme dans la cire molle. Au contraire, l’enflure des personnes hystériques est plu s grande le matin , et quand on la presse avec le doit, il ne reste aucune marque. Le plus souvent aussi l’enflure n’est qu’a une des deux jambes. Du reste elle ressemble tellement à celle des hydropiques, soit par sa grandeur, soit par sa superficie, qu’on a bien de la peine à persuader aux personnes malades qu’elles ne sont pas hydropiques.
70. On ne croirait peut - être pas que l'affection hystérique attaquât aussi les dents ; toutefois rien n’est plus vrai. On n’aperçoit pas la moindre cavité , ni la moindre fluxion qui puisse occasioner la douleur, et cependant elle n'est ni moins violente , ni moins
£ meme dents.
les
longue,
ni moins
opiniâtre. Quant aux douleurs et aux tumeurs qui attaquent les parties externes dont nous avons parlé ci-devant , elles arrivent principalement aux femmes qui sont épuisées par une longue suite de violens accès hystériques.
SUR LAFFECTION HYSTERIQUE. 1 43
71. Mais de tous les symptômes de cette maldie, Elle est oril n’en est point de si fréquent qu’une certaine ,lmairemen?
r 1 ! 1 -1 • • t accompagnée
douleur au dos, laquelle ne manque jamais de se d une douleur faire sentir, même dans les plus légères attaques au dos' de la passion hystérique. Cette douleur , et les autres dont j’ai fait mention , ont cela de commun, qu’après même qu’elles sont passées, elles laissent les parties qui les ont souffertes tendres et sensibles, comme si elles avaient été rouées de coups de bâton ; en sorte qu’on n'y saurait toucher; et cette sensibilité ne cesse que peu à peu.
72. Une chose remarquable , c’est que tous CeS Souvent pré-* divers symptômes sont assez souvent précédés froid™/ dTs d’une froideur considérable des parties extérieu- Parties «téres, laquelle ne cesse qu apres 1 accès. J ai quelquefois trouvé cette froideur presque semblable
à celle d’un corps mort , quoique le pouls fût dans son état naturel.
J’ajoute que presque toutes les femmes hystériques que j’ai traitées jusqu’à présent se plaignaient d’un grand abattement ; et pour faire voir où elles le sentaient , elles montraient la poitrine.
On sait aussi que les femmes hystériques rient ou pleurent immodérément sans aucune cause évidente.
73. Un autre symptôme , qui est le plus essen- Presque "tou . tiel de la maladie , et qui en est presque inséparable , c’est une abondance d’urine claire évacuation, comme de l’eau de roche, que les femmes hys- d ulMe ckwc' tériques et les hommes hypocondriaques rendent dans l’accès du mal. Cette urine claire en est
presque toujours un signe pathognomonique; et j’ai quelquefois observé dans des hommes, que peu de temps , ou immédiatement après avoir
Dissertation
Souvent de rots aigres ou nidoreux.
Toujours de trouble d’esprit.
rendu une urine de couleur citrine , s’ils venaient à être agités tout à coup d’une passion violente , ils rendaient sur-le-champ en grande quantité , et pendant long-temps , une urine trèsclaire , et qu’ils se trouvaient mal jusqu’à ce que burine eût repris sa couleur naturelle ; car alors le paroxysme se terminait.
74. De plus , les femmes hystériques et les hommes hypocondriaques dont le mal est ancien, sont sujets, après avoir mangé, à rendre des rots, quoiqu’ils mangent modérément et à proportion seulement de ieur appétit. Ces rots sont tantôt nidorenx et tantôt fort aigres ; et les uns et les autres viennent d’une digestion mai faite, et d’une chylification dépravée.
70. Or, quoique les femmes hystériques et les hommes hypocondriaques soient extrêmement malades de corps , ils le sont encore plus d esprit , ear ils désespèrent absolument de leur guérison ; et dès qu’on s’avise de leur en donner la moindre espérance , ils se mettent en grande colère, tellement que ce désespoir est essentiel à la maladie. D’ailleurs , ils se remplissent l’esprit des idées les plus tristes, et croient que toutes sortes de maux vont leur arriver.
Ils s’abandonnent pour le moindre sujet, et même sans sujet, à la crainte, à la colère, à la jalousie, aux soupçons , et aux passions les plus violentes, et ils se tourmentent sans cese euxmêmes. Ils 11e peuvent souffrir la joie ; et s’il leur arrive de se réjouir , ce n’est que très-rarement, et pour quelques moraens , encore ces momens , de joie leur agitent-ils autant l’esprit que feraient les passions les plus affligeantes. Ils ne gardent aucune médiocrité, et ne sontconstans que dans leur légèreté. Tantôt ils aiment avec excès , et
sur l’affection HYSTÉRIQUE. 143
tantôt ils haïssent sans raison les memes personnes.
S’ils se proposent de faire quelque chose , ils changent aussitôt de dessein , et entreprennent tout le contraire , sans néanmoins l’achever ; enfin ils sont indéterminés et si indécis , qu’ils ne savent jamais quel parti prendre , et sont dans des inquiétudes continuelles.
La nuit , qui est pour les autres hommes un temps de repos et de tranquillité , devient pour les malades dont nous parlons, de même que pour les superstitieux , une occasion de mille chagrins et de mille craintes, à cause des rêves qu’ils font, et qui roulent ordinairement sur des morts et des revenans. Ce n’est pas seulement à des maniaques et des furieux que tout cela arrive, c’est à des gens qui, hors de là, sont très sages et trèssensés , et qui ont une pénétration et une sagacité extraordinaires. Aussi Aristote a-t-il observé avec raison que les mélancoliques ont plus d’esprit que les autres.
76. Il est vrai qu’un si triste état n’est pas le Cela arrive partage de toutes les personnes qui sont attaquées ladiFlt* aude la maladie dont nous parlons, mais seulement cieune-
de celles qui en éprouvent depuis long-temps les plus rudes assauts, et qui en sont pour ainsi dire accablés, sur-tout si les afflictions, les inquiétutudes , les chagrins , la trop grande application à l’étude, et la trop grande contention d’esprit se joignent à la mauvaise disposition du corps pour augmenter la violence du mal.
77. Je ne finirais point si i’entreprenais de rap- Difficulté de
' ; • • i A a 1 1 r cr . • 1 A rapporter tous
porter ici tous les symptômes de 1 ariection nyste * les symp tomes rique , tant ils sont difféiens, et même contraires?6 b.passi0tt
i 1 i t | , hystérique.
les uns aux autres. Cette maladie est un protnee qui prend une infinité de formes différentes ; c’est un caméléon qui varie sans fin ses couleurs»