‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 29 sur 156 · La cause antécédente du désordre des esprits désordre · texte numérisé non relu

La cause antécédente du désordre des esprits désordre

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animaux, c est leur trop grande taiblesse , soit na- i€ur faiblesse, turelle , soit accidentelle , qui les rend faciles à se déranger et à se dissiper. La constitution des esprits , qui ne peut s’apercevoir que par l’entendement , répond à l’état des parties qui tombent sous les sens, c’est-à-dire que les esprits sont plus ou moins capables de se dérégler , suivant que le

(1) On peut dire en général que la maladie hystérique vient principalement d’une faiblesse des nerfs , et d’un appauvrissement des liqueurs , d’où s’ensuit une circulation languissante et des seeretious et excrétions imparfaites. Ainsi tout ce qui tend à affaiblir le genre nerveux et à appauvrir les sucs , peut être compté au nombre des causes externes ou manifestes de cette maladie, comme les exercices violens , les grandes agitations d’esprit par quelque cause que ce soit , les longs jeûnes , les longues veilles , les évacua»

tions immodérées , etc.

Dissertation

tempérament des personnes est plus fort ou plus faible. De la vient qu’il y a beaucoup plus de femmes attaquées de vapeurs, que d hommes, d’autant que les femmes sont naturellement plus délicates et d’un tissu moins serré et moins ferme , étant destinées à des fonctions moins pénibles ; au lieu que les hommes ont un corps robuste et vigoureux, parce qu’ils sont destinés à de grands et de rudes travaux.

preuve de cela 8i. Or, que le désordre des esprits animaux

P^deVsuffo" s°d la cause immédiate des vapeurs , c’est ce que

•atîouutériue. prouvent suffisamment les symptômes que nous avons déjà décrits , et dont nous allons rappeler seulement les principaux , en commençant par celui qu’on nomme vulgairement suffocation de matrice .

Dans cette occasion les esprits s’étant accumulés dans le ventre , se jettent en foule et avec impétuosité sur les muscles du pharinx et du larinx , produisent des spasmes dans toute l’étendue qu’ils parcourent , et causent au ventre une enflure qui ressemble à une grosse boule , et qui cependant n’est autre chose qu’un effet de la convulsion des fibres , lesquelles n’ayant pas la force de résister , sont contraintes de céder et de taire éminence.

Durant ce temps là les parties extérieures et les muscles étant destitués de la plupart des esprits dont ils ont besoin , et qui se sont portés ailleurs , deviennent très-souvent froids comme un cadavre; et cela n’arrive pas seulement dans la suffocation de matrice , mais encore dans toutes les autres sortes de vapeurs , ainsi que nous avons remarqué auparavant. Le pouls néanmoins n’est pas différent de celui des personnes qui se portent bien ? et cette froideur n’est pas dangereuse , à

sur l’affection HYSTÉRIQUE. ï4g

moins qu’elle ne provienne de quelque évacuation excessive qui aura précédé.

82. Le symptôme hystérique qui ressemble exté- Et Par î# rieurement a la colique bilieuse , ou meme a la ressemble à u passion iliaque , et qui consiste dans une douleur cohquei>ilieu-

4 il1* iir se ou a la pas»

insupportable aux environs de la lossette du cœur, siou iliaque, avec un vomissement affreux de matière verdâtre, dépend pareillement du désordre des esprits , lesquels se jetant en foule et avec beaucoup d’impétuosité sur les parties qui sont au-dessous de la fossette du cœur , y causent des convulsions violentes , d’où s’ensuit la douleur et le vomissement.

83. Et quoique les matières que l’on rend dans D’où pro~ cette sorte d’affection hystérique , soit par en haut , wVert/des soit par en bas, se trouvent quelquefois de couleur matières qu’on.

. r 1 it rend par haut

verte , il n en taut pas conclure que la maladie 0u par bas. consiste dans les humeurs , ou que la douleur cruelle que l’on y ressent soit produite par l’acrimonie de quelque humeur qui déchire les parties où elle s’attache , et qui doive être évacuée par des émétiques ou des purgatifs, comme si elle était le foyer de la maladie.

Il est certain que ceux qui vont sur mer sont sujets à vomir , au bout de quelques jours de navigation , une bile porracée , et cela arrive aux personnes de la meilleure santé du monde , et qui , une demi-heure auparavant , n’avaient pas sûrement de bile porracée. Or , d’où peut venir un pareil vomissement , sinon du trouble que cause aux esprits l’agitation continuelle et le roulis du vaisseau ?

Ne voit-on pas aussi que les enfans, dans leurs convulsions qui viennent principalement du désordre des esprits animaux , rendent par haut ou par bas une matière verte ? Et l’expérience ne

i5o Dissertation

montre-t-elle pas chaque jour que si on emploie des vomitifs ou des purgatifs reitérés , soit chez les femmes , soit chez les en fa ns , dans le dessein d évacuer cette matière verte , on ne tait au contraire qu’en augmenter la quantité sans en changer la couleur , parce que les vomitifs et les purgatifs augmentent le désordre des esprits ; d’où il arrive que le levain stomacal et intestinal se corrompt et se déprave , ou que les spasmes violens que souffrent l’estomac et les intestins y font couler un suc étranger , qui est capable de communiquer aux humeurs cette couleur verte.

La chimie fournit de curieux exemples d’une pareille altération de couleur. Deux liqueurs claires et limpides étant melées ensemble , produisent une couleur foncée qui semble tenir du prestige. Au reste , on se tromperait grossièrement si l’on prétendait juger de la nature des corps par la qualité des couleurs qui ne peuvent donner sur cette matière aucune lumière certaine. Et comme il ne s’ensuit pas que tout ce qui est vert soit âcre , il ne s’ensuit pas non plus que tout ce qui est âcre soit vert.

Ainsi , toutes choses bien examinées , il paraît assez clairement que la douleur très- cruelle qui se fait sentir dans la colique hystérique , comme aussi le vomissement de matière verdâtre , proviennent uniquement du désordre des esprits animaux qui se jettent avec trop d’impétuosité sur les parties situées au-dessous de la fossette du coeur et y causent des contractions spasmodiques yi).

(i) La bile , dit le Docteur Iluxbam , ne devient pas verîe , à moins qu’elle ne soit mêlée avec un acide ; et plus cet acide est tort , plus aussi la couleur est verte et foncée , approchant presque de ia noirceur , et plus la coagulation est considérable : en sorte que ce mélange ressemble à peu près àilet’encre qu’ou verserait sur de la suie. La chose se voit encore imeus

sur l’affection hystérique. aÔi

84. Le symptôme que j’ai nommé ci-dessus clou ciou hys;éhystérique , doit être attribué de même au désor- dâordre”1^ dre des esprits qui de toute la circonférence du esPrits ani-

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