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corps, vont se concentrer , pour ainsi dire , dans un certain endroit du péricrâne , y causent une
quand on fait l’expérience arec de la bile humaine, qui est peut-être plus alcaline que celle d’aucun autre animal. Voilà , ce me semble , la cause la plus ordinaire de la bde noire et de la verte ; ainsi c’est one erreur de croire , comme quelques-uns , que ces deux sortes de biles ne se forment que dans les premières voies, puisque les Anatomistes les trouvent souvent dans la vésicule du bel et dans les conduits biliaires.
Ce raisonnement est confirmé par l’expérience , sans laquelle la plus belle théorie est vaine. C’est ainsi que j’ai souvent vu avec étonnement une bile verte , et une bile noire qui est encore plus âcre que la verte , et qui avait été rendue par le vomissement , ronger les métaux , fermenter sur-le-champ, comme si on y avait mêlé de l’esprit de vitriol , agacer fortement les dents , et écorcher le gosier. Ne sont-ce pas là des marques certaines d’acidité ? L’esprit de vitriol en donne à peine de plus grandes.
Je traitai il y a quelque temps un Matelot qui , à son retour de la Virginie , ayant été d’abord attaqué de tranchées , et ensuite de convulsions violentes et de délire , vomit une grande quantité de bile verte, et quelquefois de bile noire et très-acide. Les assistans lui ayant mis dans la bouche une cuillère d’argent pendant ses convulsions , afin qu’il ne se mordît pas la langue , cette cuillère devint dans un moment aussi noire que si elle avait été tachée avec de l’esprit de nitre. Il faut remarquer en passant , que cet homme aimant beaucoup le suc de limon , en mêlait copieusement dans la plupart de ses boissons.
Les personnes que j’ai trouvées avoir de la bile noire ou verte, étaient des gens qui avaient souvent eu des maux d’estomac causés par un acide corrosif et très-piquant. Je me souviens qu’ayant ordonné il y a environ quinze ans, la saignée à un jeune homme qui aimait beaucoup les acides et le cidre , et qui par cette raison était souvent attaqué de coliques et de douleurs rhumatismales , je fus surpris de trouver la sérosité de son sang aussi verte que du suc de poireaux. Transact, philos. n.° 38a.
Je sais que l’illustre Sydenham prétend que la bile verte ou porracée provient uniquement du mouvement irrégulier des esprits animauxj; si cela était vrai, toute agitation extraordinaire de l’ame produirait une semblable bile ; ce qui néanmoins n’arrive guère : il est vrai que les passions violentes mettent la bile en mouvement , et la font couler dans l’estomac et les intestins , et si elle y rencontre une humeur acide , elle devient verte , et s’évacue souvent par le vomissement ; mais la même personne à qui une violente agitation d’esprit aura fait vomir delà bile verte, en rendra peut-être bientôt après d’entièrement jaune , s’il survient une passion plus violente. C’est ainsi qu’une personne sur mer vomit un jour de la bile verte, et le jour suivant en vomira de jaune , et au contraire.
Quand la bile est hors du corps ^ elle ne devient pas verte ^ quoiqu’on
Dissertation
douleur térébrante , comme si on enfonçait un clou dans la tète , et produisent un vomissement abondant de matière verdâtre. Cette concentration des esprits dans un seul endroit du péricrâne , ne ressemble pas mal à la collection des rayons du soleil qui se fait dans le miroir ardent. Et , comme la réunion des rayons solaires est la cause qu’ils enflamment les corps, de meme la réunion des esprits est la cause de la douleur qu’ils font sentir , en déchirant , pour ainsi dire , les membranes de la tête.
Üt aussi Turk 85, Les femmes hystériques et les hommes hypo- ~e claîre* condriaques rendent souvent une grande quantité d’urine claire et limpide , comme j’ai remarqué plus haut. Ce symptôme vient aussi du désordre des esprits animaux qui, troublant l’économie du sang , sont cause que la sérosité s’en sépare avant qu’elle ait eu le temps d’être imprégnée des particules salines qui devaient lui donner une couleur citrine (i), ISfous voyons tous les jours un exemple de cela dans les personnes qui ont bu copieusement de quelque liqueur légère et diurétique ; car elles rendent aussitôt une urine très -claire ; parce que le sang étant surchargé et comme inondé
l'agite fortement ; ainsi elle ne peut guère devenir verte dams le corps sans le mélange d’un acide. Un mouvement déréglé des esprits animaux , ou une violente passion de Fame , nuit principalement à la digestion , en sorte que ie chyle s’aigrit dans l’estomac , et dronne une couleur verte à la bile qui coule dans ce viscère , et qui se mêle avec ce liquide ; et tant que l’estomac reste faible , la nourriture que l’on prend se digère mal ; d’où il arrive que l’estomac et les intestins peuvent demeurer long-temps surchargés d’une pituite acide. Hiixham , de morb. col. damn. p. 19 s 20,21 , 22.
Quelques expériences de Raglivj prouvent aussi que la bile humaine et celle des animaux devient verte et ensuite noire , en la mêlant et la faisant digérer avec des acides. Baglivi oper. p , 436 , etc.
(1) Ce symptôme semble plutôt venir d’une constriction spasmodique des paisseaux, qui ne laissent alors échapper que la partie la plus séreuse du san£ * qu d’un appauvrissement de cq liquide.