‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 32 sur 156 · r desordre des · texte numérisé non relu

r desordre des

ces inconstances que ion voit dans les iemm eS esprits, hystériques et les hommes hypocondriaques : car, comme ieurs esprits animaux sont faibles , soit naturellement , soit à cause de la longueur de la maladie, il arrive de là que ces sortes de personnes se trouvent susceptibles des moindres impressions désagréables , et hors d’état d’y résister , tellement qu’elles se mettent tout à coup en colère ou de mauvaise humeur , et le plus souvent sans sujet.

La force de Fame , tandis qu’elle est enfermée dans ce corps , dépend principalement de la force des esprits animaux (1) qui lui servent

9) Il n’est pas facile de comprendre ce <jue l’Auteur entend ici par la

Dissertation

comme d’instrument dans l’exercice de ses fonctions , et qui sont la plus fine portion de la matière , et la plus approchante de la substance spirituelle. Ainsi la faiblesse et le désordre des esprits causent nécessairement la faiblesse et le désordre de f ame, et la rendent le jouet, des passions les plus violentes , sans quelle soit , en aucune façon ? maîtresse d’y résister.

Affection qr. Je crois donc avoir prouvé suffisamment que hypocondrîa-1 l’affection hystérique et hypocondriaque vient uni- Vs de vient °îlîerr,ent du désordre des esprits animaux , et peurs maü- qu’elle n’est point produite , comme disent quelgaes. ques Auteurs, par une corruption de la semence ou du sang menstruel , d’où se porteraient des vapeurs malignes aux endroits affectés ; ni comme veulent d’autres , par une certaine dépravation des sucs , ou un amas d’humeurs âcres , mais par les causes que nous a^ons assignées ci-dessus.

Un seul exemple fera voir clairement que le foyer de la maladie ne consiste point dans une matière grossière. Si une femme qui s’est toujours très-bien portée , mais qui néanmoins est d’une complexion délicate , vient à être extrêmement affaiblie et abattue pour avoir commis quelque faute dans le régime , ou par un vomitif ou un purgatif trop violent , elle ne manquera pas d’avoir quelque symptôme hytérique. Or, le vomissement ou la purgation devrait plutôt éloigner ce symptôme que de l’attirer , s’il était vrai que le foyer de la maladie fût une humeur.

force des espûts animaux ; à quoi on peut ajouter que l'idée que nous avons de ees esprits n’est ni claire ni satisfaisante; aussi plusieurs savans homines ont nié leur existence. La force et la fermeté de l’aine , pour me servir des termes de notre Auteur, semblent principalement dépendre de la structure des solides, qui , ayant toute l’élasticité et la souplesse nécessaire, font que fame exécute ses opérations avec vigueur et facilité.

sur l’affection HYSTÉRIQUE. i 5-7

On peut dire la meme chose d’une femme qui aura perdu trop de sang , soit par la saignée , soit par un accouchement naturel , ou qui aura trop jeûné , et se sera trop long-temps abstenue de viande. Tout cela devrait plutôt empêcher les symptômes hystériques que les exciter , si leur cause consistait dans une matière grossière; au lieu que rien ne les produit davantage que ces sortes d evacuations.

92, Il faut avouer cependant la vérité : c’est que le désordre des esprits , qui est la seule cause de la maladie , occasionne un amas d’humeurs corrompues , d’autant que les fonctions des parties, tant de celles qui sont distendues par la violente impulsion des esprits , que de celles qui en sont privées , ne sauraient manquer d’être extrêmement lésées : et , comme la plupart de ces parties sont des espèces d’organes sécrétoires destinés à recevoir les excrémens du sang, si leurs fonctions viennent une fois à être endommagées , de quelque manière que ce soit , il s’y accumulera nécessairement une grande quantité d’humeurs impures, lesquelles auraient été évacuées , et par conséquent toute la masse du sang aurait été plus pure, si tous les organes s’étaient acquittés de leurs fonctions. Or, ils s’en seraient acquittés, si une distribution égale des esprits les eût entretenus dans la force qui leur est nécessaire.

C’est à cette cause , je veux dire à des humeurs corrompues accumulées dans le sang, et déposées ensuite sur les différeris organes , que j’attribue les cachexies considérables, la perte d’appétit , les pales couleurs des jeunes filles ( maladie que je regarde comme une sorte de vapeurs) , et tous les autres maux dont sont affligées les femmes qui ont long-temps souffert de l’affection hystérique.

Le désordre»

des esprits corrompt les humeurs.

Dissertation

Exemple de L’hydropisie des ovaires provient de la meme cela dans i’hy- cause qans ies femmes qui sont depuis Ions-temps

dropisie des , 1 -, , 1

ovaires. vaporeuses. Car les sucs depraves qui , de la masse du sang , se déposent sur les ovaires , dérangeant leurs fonctions , et détruisant leur économie , rendent d’abord les femmes stériles , et ensuite dorment lieu à la formation d’une sérosité sanieuse qui , s’épanchant entre les tuniques des ovaires , les tuméfie extrêmement, comme on voit en ouvrant les cadavres des femmes qui sont mortes de cette maladie. Néanmoins la disposition vaporeuse est la première cause delà dépravation des humeurs, quoique cette disposition ne soit nullement quelque chose d’humoral.

Et dans la q3. Il en est ici comme de la fièvre quarte qui £èvre quarte. a[taqUera les gens delà meilleure santé du monde, s’ils viennent à demeurer quelque temps dans des lieux marécageux. Le sang reçoit alors un miasme qui, par son séjour , blesse l’économie naturelle , infecte et altère toutes les humeurs, d’ou il arrive que le malade , sur-tout s’il est déjà avancé en âge , et qu’il approche de la vieillesse , devient sujet à des cachexies , et à d’autres maux qui sont une suite des fièvres intermittentes opiniâtres. Cependant on ne doit pas traiter ces sortes de fièvres par les remèdes qui sont propres à évacuer les mauvaises humeurs , mais par les spécifiques fébrifuges.

indication c)4- De tout ce que nous avons dit jusqu’à précoüsistePàfor-sent ’ ^ me paraît clairement que la principale tiüer le sang, indication qu’on doit se proposer dans le traitement de l’affection hytérique, consiste à fortifier le sang qui est la source des esprits animaux, afin que les esprits étant fortifiés eux-mèmes par ce moyen , soient en état de garder l’ordre qui

sur l’affection hystérique.

convient à l’économie de tout le corps en général, et de chacune de ses parties.

Mais, comme le désordre des esprits qui est la Saigoée et

i ï il- • 1 , L A purgation

premiere causerie la maladie, a vicie et corrompu quan(i sout les humeurs , il est à propos , avant que d’entre- nécessaires, prendre de fortifier le sang , de les diminuer par la saignée et la purgation, supposé que les forces de la malade le permettent; car, tandis que le sang sera surchargé d’humeurs nuisibles , on ne pourra presque jamais venir à bout de le fortifier.

11 arrive néanmoins quelquefois que les clou- n faut quel*

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