‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 5 sur 156 · Quant à moi , faisant de sérieuses réflexions · texte numérisé non relu

Quant à moi , faisant de sérieuses réflexions

a Robert Brady. i5

sur la vertu extraordinaire de ce remède, je me persuadai qu’il n’y en avait point d’aussi bon contre les fièvres intermittentes , pourvu qu’on l’employât avec les soins et les précautions convenables. Je cherchai donc pendant long-temps, et avec toute l’application possible , les moyens d’empècher qu’il ne fût dangereux aux malades, et que la fièvre ne revînt; deux inconvéniens auxquels il fallait obvier pour que le remède réussît parfaitement.

19. En premier lieu, je crus que le danger du quinquina venait moins du quinquina meme , que de la mauvaise façon de le donner. Comme il s’amasse dans le corps une grande quantité de matière fébrile les jours d’intermission, si on donne le quinquina immédiatement avant l’accès , il fixe cette matière et empêche la nature de pouvoir l’évacuer par la chaleur de la fièvre ; et voilà ce qui met le malade en danger.

Je pensai donc que je remédierais à cet inconvénient , et qu’en même temps j’empêcherais la génération d’une nouvelle matière fébrile, si je faisais prendre le quinquina aussitôt après un accès, afin de couper pied à l’accès suivant, si je réitérais de temps en temps le remède les jours d’intermission, jusqu’à ce qu’il vint un nouvel accès. De cette maniéré je pouvais imprégner peu à peu et sans danger toute la masse du sang de la vertu salutaire du quinquina.

20. En second lieu , il me parut que la rechute qui arrivait le plus souvent dans l’espace de quinze jours, venait de ce qu’on n’avait pas donné une assez grande quantité de quinquina, lequel, nonobstant son efficacité , ne pouvait d’une seule prise détruire entièrement la maladie; c’est pourquoi je crus que le meilleur moyen de prévenir

leur remède contre les fièvres intermitteutes.

Moyens de le rendre plus efficace.

Méthode eu ratiye spécifiée.

JÜectuaire fé brifuge.

pilules fébri fuges.

16 Réponse de Thomas Sydenham'

la rechute, était de réitérer le fébrifuge, meme après la cessation de la fièvre, en mettant un intervalle raisonnable entre chaque prise, c’est-àdire, en donnant une nouvelle prise, avant que l’action de la précédente fût entièrement finie.

•il. C’est sur ces principes que je fondai ma méthode , et voici en quoi elle consiste. Quand je suis appelé pour un malade attaqué de la lièvre quarte ( supposons que ce soit un lundi ), si l’accès doit venir ce jour-là , je demeure tranquille , et je me contente de faire espérer au malade qu’il n’aura point d’autre accès. Les deux jours d’intermission , savoir , le mardi et le mercredi suivans , je donne le quinquina de cette manière.

Prenez une once de quinquina réduit en poudre très- fine , et avec suffisante quantité de sirop d'œillets , ou de celui de roses sèches ; formez un électuaire quil faudra partager en douze doses. Le malade en prendra une de quatre en quatre heures , commençant immédiatement après l'accès , et il boira par-dessus un petit verre de vin.

Si les pilules font plus de plaisir aux malades, il faut donner les suivantes :

Prenez quinquina subtilement pulvérisé , une once ; et avec suffisante quantité de sirop d'œillets , formez des pilules de médiocre grosseur , dont on avalera six de quatre en quatre heures.

Une autre manière moins embarrassante et aussi utile, c’est de mêler une once de quinquina, pulvérisé dans deux livres de vin clairet, dont on donnera huit ou neuf cuillerées de quatre en quatre heures.

Le jeudi, qui est le jour où l’on craint le retour de l’accès, je n’ordonne rien, parce que le plus souvent il ne revient point, les sueurs de l’accès précédent ayant séparé et emporté les restes de la

a Robert Brady*

matière fébrile, et l’usage réitéré du quinquina pendant les jours d’intermission ayant empêché qu’il ne s’en amassât de nouvelle.

22. Mais de peur que la fièvre ne revienne en- 11 faut re- Suite, ce qui était le second inconvénient auquel pT trois3 IZ il fallait obvier , je ne manque jamais , précisément (iuatrc fols la

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le huitième jour depuis la dermere prise de quin- tité de quinquina, d’en donner au malade la même quantité <iuuîa" qu’auparavant , c’est-àMire , une once divisée en douze parties, et qui se prend de la même façon.

Cette méthode de réitérer ainsi une seconde fois le fébrifuge , suffit ordinairement pour guérir la maladie.

Cependant il y a toujours à craindre quelque rechute, à moins qu’on ne revienne jusqu a trois ou quatre fois à l’usage du quinquina, après le même intervalle de temps, sur-tout lorsque le sang a été affaibli par quelque évacuation précédente, ou que le malade s’est exposé trop aisément à un air froid,

23. Le quinquina n’a aucune vertu purgative , Eii quel cas cependant il y a souvent des personnes qui en jre'ie nSsont purgées aussi fortement que si elles avaient num-

pris un violent purgatif, ce cju’on ne peut attribuer qu’à la singularité de leur tempérament. Alors il est absolument nécessaire de joindre l’opium au quinquina , afin d’arrêter une évacuation qui est entièrement contraire à la nature du remède, et qui empêcherait la guérison , puisque le fébrifuge serait évacué par les selles avant que d’avoir opéré.

S’il arrive donc que le cours de ventre subsiste , je donne après chaque deuxième prise de quinquina, dix gouttes de laudanum liquide dans du vin.

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