SUR ^AFFECTION HYSTERIQUE
naisse pas sûrement l’efficacité, il risquera autant du côté des remèdes que je hasarderai, que du côté de la maladie même; et le danger, au lieu de simple qu’il était, deviendra double, et la guérison par conséquent plus difficile.
Il est vrai que dans le temps dont je parle , je ne vois aucun signe manifeste d’une guérison seulement commencée ; mais cependant je suis trèsassuré qu’une maladie aiguë ne saurait toujours durer : ainsi à mesure que le temps se passe , le danger diminue, ou du moins le Médecin trouve l’occasion d’employer des remèdes plus à propos, et avec plus de succès, qu’il n’aurait fait auparavant»
Ce que j’avance ici regarde principalement les maladies des femmes accouchées , où la moindre méprise peut avoir des suites funestes, et où l’on est si peu maître de gouverner une évacuation naturelle , dont la suppression produit les accidens terribles que nous avons rapportés cidevant.
1 35. Les vapeurs hystériques ne viennent pas toujours d’une faiblesse naturelle des esprits animaux , elles viennent encore très-souvent d’une cause accidentelle; savoir , d’un flux immodéré des vidanges on des règles. Le flux immodéré des vidanges arrive principalement les premiers jours après un accouchement laborieux, et il est suivi d’un grand nombre de symptômes hystériques; mais, pour l’ordinaire, il ne dure pas long-temps, et on le guérit sans peine en ordonnant un régime de vivre un peu incrassant , auquel on pourra ajouter la potion suivante (i).
(x) L’Auteur , dans le teste latin, appelle, je uç sais pourquoi, 1< ■vidanges des règles qui coulent pendant les couches ; car les règles ne vier »e»t jamais dans ce temps-là. Le flux irajnodéré des vidanges se guérit e
Vapeurs îiÿs* tériques viennent souvent du flux immo* déré des vU danges et dos règles.
Dissertation
Poii on astrin- Prenez de l'eau de plantain et du vin rouge 9
£eute* je c}iacun une livre : faitesdes bouillir ensemble jusqu à la consomption du tiers , et adoucissez les ensuite avec suffisante quantité de sucre fin. Quand cette boisson sera refroidie , la malade en prendra un demi* se tier deux ou trois fois par jour.
Elle usera de temps en temps de quelque julep hystérique doux , et elle approchera souvent de son nez le nouet suivant :
Nouet fétide, prenez galbanum et de Cassa fœtida, de chacun deux gros ; castoréum , un gros et demi ; sel volatil de succin , un demi-gros : mêlez tout cela ensemble pour un nouet.
Ou bien :
Prenez deux gros de sel ammoniac que la malade flairera souvent.
Traitement du j 36. Quant au flux immodéré des règles , quoi-
re des règles. flLie !es femmes y soient sujettes en tout temps, elles en sont néanmoins beaucoup plus souvent attaquées peu de temps avant que les règles cessent entièrement d’elles-mèmes , c’est-à-dire , vers lage de quarante-cinq ans , lorsqu’elles les ont eues de bonne heure , et vers l’âge de cinquante ans , lorsqu’elles les ont eues plus tard. La grande quantité de sang que les femmes perdent alors , leur cause des vapeurs continuelles.
Les remèdes hystériques , tant internes qu’externes , conviennent dans ce cas là , pourvu qu’on les emploie légèrement , et seulement les plus doux , crainte d’augmenter la perte. Mais
tenant la malade un peu fraîchement, par la saignée, si les forces le permettent , par les caïmans et les narcotiques , par l’usage intérieur at extérieur ries aslringens , et spécialement eu appliquant sur le ventre et les lombes des linges trempé» dans le vinaigre. La teinture styptique d’Helveltus convient UîGQre extrêmement dans ce cas là.
SUE. l’affectton HYSTERIQUÊ. * ?97
1’essentiel de la curation consiste à arrêter l’écoulement , et en voici la manière:
137. On tirera huit onces de sang au bras; le Détail des ré * lendemain , on donnera une potion purgative ordinaire, qui sera réitérée deux autres fois, en laissant un jour d’intervalle entre chaque médecine; et durant le cours de la maladie , on fera prendre, tous les soirs, une once de sirop diacode. On prescrira aussi l’électuaire suivant.
Prenez conserve de roses sèches , deux onces ; Éieetuair* «trochisques de terre de Lemnos , une drachme et demie ; ecorce de grenade , et corail rouge préparé , de chacun deux scrupules ; pierre hématite , sang de dragon , et bol d Arménie , de chacun un sent * pule ; sirop de corail simple , ce quil en faut pour former un èlectuaire , dont la malade prendra gros comme une bonne noix muscade , le matin et à cinq heures après midi , buvant par-dessus chaque prise six cuillerées du julep qui suit.
Prenez des eaux de bourgeons de chêne et de Jalep ast?ifl5 plantain , de chacune trois onces ; eau de canelle geBt“ orgée et sirop de roses sèches , de chacun une once ; esprit de vitriol , autant quil en faut pour donner au julep une agréable acidité .
Prenez feuilles de plantain et d ortie , quantité Sucs foms* suffisante ; pilez-les dans un mortier de marbre , et exprimez-en le suc que vous clarifierez ensuite ; et quand il sera froid , on donnera à la malade six cuillerées trois ou quatre fois par jour.
Après la première purgation , on appliquera Emplâtre forsur la région des reins l’emplâtre suivant :
Prenez du diapalme et de V emplâtre pour la hernie , de chaque partie égale : mêlez-les ensetn~ ble et les étendez sur de la peau.
Il faut ordonner un régime rafraîchissant et Le régime» incrassant, si ce n’est que la malade pourra pren-
Dissertation
dre une fois ou deux par jour un petit verre de vin clairet, et quoique ce vin ne convienne pas tout-à-fait , en ce qu’il met aisément le sang en mouvement, on peut néanmoins l’accorder pour soutenir les forces.
Cette méthode que nous recommandons dans le flux immodéré des règles , n’est pas moins utile pour prévenir les fausses couches dans les femmes qui en sont menacées. Il faudra seulement , dans ce dernier cas , s’abstenir des purgatifs et des sucs de plantes (1).
chute de la 139. Une autre cause de la passion hystérique, Sr "caused ma*s moins fréquente , c’est la chute de la matrice la passion hys» qui survient après un accouchement laborieux, et qui produit quantité de symptômes hystériques. On la guérit promptement et facilement par le remède qui suit :
Prenez deux onces d écorce de chêne , Jaites-les bouillir dans quatre livres deau de fontaine , qui seront réduites à deux . Ajoutez sur la fin , de l'écorce de grenade pilée , une once ; des roses rouges et des fleurs de grenade , de chacune deux poignées ; et ensuite demi-livre de vin rouge. Ayant passé la liqueur , on sen servira pour fomenter la partie malade avec ùn morceau de flanelle , le matin deux heures avant que la personne sorte du lit , et le soir après quelle est couchée , continuant ainsi jusquà ce que les symptômes aient entièrement cessé (a).
térique.
Fomentation
astringente.
(1) Une infusion de quinquina dans le vin rouge est un remède qui a’est pas à mépriser dans ce cas-là , et il sera bon d’employer sur la partie une fomentation astringente, comme celle qui est décrite au nutn. suivant. On recommande la décoction d’écorce d’orange , et l’expérience a fait voir que c’était un remède innocent et efficace.
(2) 11 n’est point parlé ici de la situation que doit garder le malade , et qui est si nécessaire dans cette malaladjie, que souvent on ne peut !a guérif
sur l’affection hystérique*. Ï99
i4o. Voilà , Monsieur, toutes les observations Conclusion que j’ai faites jusqu’à présent sur l’histoire et le traitement de la passion hystérique. Il ne me reste qu’à vous prier d’excuser les fautes que je puis avoir commises dans la description de cette maladie , et de recevoir en lionne part cette petite dissertation que j’ai composée exprès , pour vous témoigner ma reconnaissance de l’approbation dont vous voulez bien honorer mes autres écrits. C’est un avantage qui m arrive si rarement de la part des autres hommes , que j’en dois nécessairement conclure , ou que je n’ai rendu aucun service au genre humain, ou que ces hommes généreux et sincères que la INature a remplis de reconnaissance , sont eu bien petit nombre. Je ne laisserai pas néanmoins de continuer à rechercher et a perfectionner de tout mon pouvoir la méthode de traiter les maladies, et à instruire les praticiens qui ont moins d expérience que moi , supposé qu il y en ait de tels. Du reste , le Publie aura de moi telle opinion qu’il lui plaira ; car , en examinant sérieusement et équitablement lequel vaut mieux , ou de rendre service aux hommes , ou d en êtie loué , je trouve que le premier est préférable et très-satisfaisant pour un coeur noble et généreux, au lieu que la réputation et les applaudissemens populaires sont plus frivoles qu une ombre , et plus vains qu’un songe. Que si les richesses que procure la célébrité du nom paraissent quelque chose de plus solide , que ceux qui les ont acquises en jouissent , je n’envie pas leur bonheur,
sans cela. Ainsi la malade s’abstiendra de tout mouvement, se rendra dans frme situation horizontale, usera de cordiaux et de légers astnugeus , et o - Sfirvera un régime convenable.
aoo Dissertation sur l'affection hystérique.
mais qu’ils se souviennent que les plus vils artisans amassent quelquefois , et laissent à leur postérité de plus grands biens , et néanmoins n’ont rien en cela de supérieur aux bétes , lesquelles n’oublient rien pour se procurer à elles et à leurs familles les choses nécessaires. Car si nous exceptons les bonnes actions qui viennent d’un choix libre et d’une disposition vertueuse , et dont les bêtes sont naturellement incapables , elles ne sont point inférieures à ces gens-là , ni à tous les autres hommes qui n’ont pas en vue le bonheur public.
Je vous prie , Monsieur , de vouloir faire mes eomplimens à M. Kendrick , notre savant ami ; c’est à lui que je dois l’avantage de connaître l’affection que vous avez pour moi. Je n’oublierai rien pour vous en marquer ma reconnaissance , étant avec tout le dévouement et l’attachement possible ,
Monsieur , etc,
Th. Sydenham.
M Londres , çe 20 Janvier 1681—2»