‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 48 sur 156 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

Traité

L’Auteur ne Connaît point de spéciüques gour ta. goutte.

brûler cet endroit avec du lin cru . Et un peu plus bas , il dit, en parlant de la goutte : La maladie est longue et fâcheuse , mais non pas mortelle. S'il reste de la douleur dans les doigts , on brûlera les veines des doigts un peu au-dessus des articulations , et on se servira pour cela de lin cru.

Personne, je pense , ne se persuadera qu’il y ait une différence essentielle entre la flamme produite par le lin , et celle qui est produite par le moxa , en sorte que la dernière soit plus efficace que la première pour la guérison de la goutte ; de meme qu’on ne croira pas qu’un feu de bois de chêne ait plus de vertu qu’un feu d’un autre bois. Il est vrai qu’en brûlant ainsi la partie affligée de la goutte , on peut quelquefois soulager les douleurs , parce qu’on évacue par ce moyen la portion la plus fine de la matière morbifique qui est déposée dans les articulations.

Mais , comme ce remède ne touche en aucune façon à la cause antécédente de la goutte qui est l’indigestion des humeurs , il ne saurait procurer qu'un soulagement faible et passager : d’ailleurs, il ne convient que dans le commencement de la goutte; car lorsqu’elle s’est jetée sur les viscères, soit par la longueur du temps , soit par des remèdes employés mal à propos , et qu’ainsi le malade , au lieu de ressentir des douleurs violentes aux extrémités , est plutôt attaqué de faiblesses , de tranchées dans le ventre et d’un grand nombre de symptômes de cette nature , il n’y aurait pas de bon sens à vouloir se servir du feu en pareille occasion.

69. Voilà tout ce que j’ai découvert jusqu’à présent sur la manière de traiter la goutte. Si l’on m’objecte quil y a beaucoup de remèdes spécifiques contre çeîte maladie , j’avoue sincèrement

de la. Goutte.

qu’ils me sont inconnus , et je crains fort que ceux qui les vantent ne soient aussi ignorans que moi. En vérité , c’est une chose bien triste de voir la Médecine , le plus noble de tous les Arts, ainsi déshonorée par l’ignorance ou la mauvaise foi de certains Ecrivains qui remplissent leurs livres de remèdes frivoles : car , dans presque toutes les maladies , on ne manque jamais de trouver des gens qui ont, disent-ils , des secrets admirables pour les guérir ; et tous ces secrets ne sont au fond que des bagatelles. Ce n’est pas seulement pour les maladies qui ont un type certain qu’on vante de prétendus spécifiques , c’est aussi pour celles qui n’en ont aucun , et qui dépendent de quelque lésion des organes, ou d une cause extérieure. Et ce qu’il y a de plus étonnant , c’est que des gens de bon sens ont la faiblesse de donner dans une telle extravagance.

Nous en voyons un bel exemple dans les contusions , où l’on donne pour spécifiques un grand nombre de remèdes , tels que le blanc de baleine , etc. , quoique ces prétendus spécifiques ne fassent autre chose que cfempècher qu’on ne traite la maladie d’une manière convenable. Le véritable moyen de la guérir sûrement et promptement, comme on verra par expérience , c’est d’employer alternativement les saignées et les purgations , jusqu’à ce que le malade se porte bien , au lieu de s’amuser à tous ces remèdes frivoles que l’on Elit ordinairement prendre après une seule saignée.

Les sueurs ne conviennent point non pins dans ce cas- là : cat1, comme elles échauffent le sang, elles ne font qu’augmenter la disposition que les parties ont déjà a s enflammer.

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