J’emploie la même méthode dans les autres La , môme
jr> 1 . . inetnode cou-
nevres intermittentes , soit tierces, soit quartes £ Tient dans les Tome IL 2
Réponse be Thomas Sydenham
fièvres tierces et (juartes.
Et dans celles o(i il n’y a q&'une simple rémission.
Quinquina
convient dans les fièvres intermittentes qui tendent à devenir continuée
c’est-à-dire , aussitôt après l’accès fini je les attaque par le quinquina , que je réitère pendant l’intermission autant de fois que le permet la nature de la maladie , avec cette différence néanmoins qu’il faut presque toujours une once de quinquina pour venir à bout de la fièvre quarte ; au lieu que six gros suffisent pour guérir les deux autres fièvres , ou du moins pour les arrêter durant quelque temps.
s5. Mais quoique les fièvres tierces et quotidiennes semblent avoir une parfaite intermission , après un ou deux accès, il arrive néanmoins assez souvent, comme je l’ai déjà remarqué auparavant, qu’elles deviennent ensuite presque continues ; de sorte que les jours où il devrait y avoir une cessation de fièvre, il n’y a qu’une simple diminution, sur-tout lorsqu’on a tenu le malade au lit, et qu’on a employé un régime trop chaud, ou des sudorifiques.
Dans ce cas-là, je profite des intervalles où il y a moins de fièvre, quelque petits que soient ces intervalles ( car c’est tout ce que je puis faire ) ; et commençant l’usage du quinquina immédiatement après la fin de l’accès, autant qu’il m’est possible de la reconnaître , je donne ce remède de quatre en quatre heures , comme dans la fièvre quarte , sans avoir même égard à l’accès suivant , parce qu’autrement le fébrifuge n’aurait pas le temps d’opérer.
26. Or, comme les fièvres qui régnent présentement à Londres, doivent être mises au rang des intermittentes , quoiqu’après le second ou le troisième accès elles tendent à devenir continues, je ne fais pas difficulté d’ordonner le quinquina dans les fièvres de cette espèce, même les plus continues. En effet il emportera sûrement la fièvre,
a Robert Brady.
pourvu que le malade ne garde pas le lit, et qu’il évite les cordiaux. Faute de cette précaution , j’ai plusieurs fois observé que le quinquina n’a rien fait du tout.
On pourrait peut-être croire que le vin dans lequel on donne le quinquina contribue à entretenir la fièvre , c’est néanmoins ce que je n’ai jamais vu ; et je puis assurer que nonobstant ce vin , la chaleur, la soif et les autres symptômes de la fièvre disparaîtront ordinairement lorsqu’on aura pris suffisamment de quinquina.
Il faut remarquer aussi qu’il est nécessaire de donner une plus grande quantité de quinquina, à proportion que la fièvre approche davantage de la continue , soit d’elle-même, soit parce qu’on a usé d’un régime trop échauffant: et j’ai vu quelquefois la maladie ne céder qu’à une once et demie , ou même deux onces de ce fébrifuge.
27. Il y a des sujets qui ne peuvent soutenir Quand doit le quinquina, ni en poudre, ni sous la forme d’é- { eu lectuaire, ou de pilules. Alors je le donne en infusion de cette manière : Je prends deux onces
de quinquina réduit en poudre grossière, et les ayant laissé infuser à froid durant quelques jours dans deux livres de vin du Rhin, je passe plusieurs fois la liqueur par la manche d’Hippocrate: alors elle est claire, et d’un goût qui ne déplaît pas aux personnes les plus délicates. Quatre onces de cette infusion équivalent à peu- près à un gros de quinquina en poudre; et comme elle n’est point désagréable, et ne charge point l’estomac, on peut en donner une fois plus souvent que des autres préparations de quinquina, jusqu a ce qu’il ne revienne plus d’accès.
28. Lorsque la fièvre n’est pas réglée, et n’a Vomissepas encore de type certain, il arrive quelquefois Séav^t
20 Réponse de thomas sydenham
«511e de don- que le malade ayant des envies de vomir presque ^uinalc qum" continuelles, ne saurait garder le quinquina , sous quelque forme qu’on le lui donne. Dans ce cas-là» il faut, avant toute chose, arrêter le vomissement. Pour cela je fais prendre , sept ou huit fois dans l’espace de deux heures, une cuillerée de suc de limon nouvellement exprimé, avec un scrupule de sel d’absynthe; ensuite seize gouttes de laudanum liquide dans une cuillerée d’eau de canelle spiritueuse ; et peu de temps après que le vomissement a cessé, je fais commencer l’usage du quinquina.
11 faut le don- 29. Pour ce qui est des enfans dont l’âge tendre
mer aux en- ne permet presque pas qu’on leur donne le quintans dans une .r 1 ,A .d , , 1
liqueur. quina autrement qu en liqueur, du moins dans une quantité suffisante pour guérir la maladie , je me sers ordinairement du sirop qui suit (i\
Juiep fébri- Prenez eau de cerises noires 9 et vin du Rhin , fuse* de chacun deux onces ; quinquina réduit en poudre très-fine , trois gros ; sirop d œillets , une once . Mêlez tout cela pour un julep , dont on donnera au malade une cuillerée ou deux , selon son âge , de quatre en quatre heures , jusqu à ce que les accès aient cessé. S' il y a une diarrhée , on mettra alternativement dans les prises une ou deux gouttes de laudanum liquide .
Précaution 3o. Il faut encore observer que comme les courts dans les fié- intervalles qui se trouvent entre les accès des quotidiennes, fievres tierces et quotidiennes intermittentes , ne laissent pas assez de temps pour que le quinquina
(1) La méthode de traiter les fièvres intermittentes par des laveraens , découverte qu’on attribue à Helvétius , n’était pas connue du temps de notre Auteur. Mais quoiqu’on ne doive pas y compter autant que sur celle où l’on prend les remèdes par la bouche , il se trouve néanmoins des cas où il est nécessaire d’y avoir recours , et souvent elle réussit. On a guéri par ce moyeu des adultes aussi-bien que des enfaus.
a Robert Brady.
puisse communiquer pleinement au sang sa vertu fébrifuge , on ne saurait être sûr que l’accès prochain ne reviendra point; au lieu que dans la fièvre quarte, qui laisse un plus long intervalle, il ne revient pas ordinairement. Ainsi dans la fièvre tierce et dans la quotidienne , il faut souvent continuer pendant deux jours l’usage du quinquina pour être assuré de la guérison.
3t. Si nonobstant toutes les précautions que CequMfaut
-» , • ï A i ï 1 i faire en cas de
nous avons recommandées ci-dessus , le malade rechute. vient à retomber , ce qui est plus rare dans la fièvre quarte que dans la tierce ou la quotidienne , un Médecin prudent ne doit pas s’opiniâtrer à continuer l’usage du quinquina ; mais il doit essayer d’autres remèdes. Par exemple, la décoction amère qui passe communémentpour le meilleur de tous.
32. Quant à la nourriture et au reste du régime, Régime danjt
i • . • . j • il v . les fièvres in»
on ne doit interdire au malade aucun aliment termittentes. ni aucune boisson qui soit propre à fortifier l’estomac ; mais il faut lui retrancher les fruits et les liqueurs froides , parce que ces sortes de choses contribuent beaucoup à affaiblir le sang et à faire revenir la fièvre. Ainsi le malade vivra de viandes d’un bon suc , et faciles à digérer ; et sa boisson ordinaire sera du vin en médiocre quantité. Par ce régime seul, et sans autre remède, jJai quelquefois guéri des fièvres qui résistaient opiniâtrément au quinquina.
Le malade doit aussi avoir soin de ne pas s’exposer à l’air froid , jusqu’à ce que le sang ait repris ses forces ordinaires.
33. En parlant ci-devant des fièvres intermit- Précaution tentes , j’ai averti qu’il fallait avoir grand soin puUrgatioL la de purger le malade après la guérison (i) ; mais
(i) Sect, 5- , Chap. 5 , rum. \ i.
22 Réponse de Thomas Sydenham
cela ne doit s’entendre que des fièvres qui se guérissent d’elles-mêmes ou par quelque autre remède que le quinquina , car dans celles que l’on traite avec le quinquina , la purgation , loin d’être nécessaire , est au contraire nuisible.
Telle est la vertu de ce puissant fébrifuge , que non-seulement il guérit les accès des fièvres intermittentes sans le secours des purgatifs , mais qu’il remédie encore à la mauvaise disposition qu’il produit dans le corps. Il faut donc éviter soigneusement toute sorte d’évacuation quand on donne le quinquina , parce qu’alors le plus léger purgatif , et même un simple lavement de lait avec du sucre , peut faire revenir la fièvre.
Symptôme 3/j . Dans les premières années de cette constiîès?S!tresdain- tu^on ? les fièvres intermittentes étaient quelquetemifcteiues. fois accompagnées d’un accident très singu lier.
C’est que ces accès ne commençaient pas par un frisson suivi ensuite de chaleur comme à l’ordinaire ; mais le malade avait absolument les mêmes symptômes que s’il eût été attaqué d’une véritable apoplexie. Néanmoins ce n’était autre chose que la fièvre même qui portait à la tête , comme on le voyait assez par la couleur de l’urine et par les autres signes. En effet, l’urine était d’un rouge foncé, mais un peu moins que dans la jaunisse , avec un sédiment briqueté; et telle est ordinairement l’urine dans les fièvres intermittentes.
Quoique dans le cas dont je parle toutes sortes d’évacuations semblent être indiquées , afin de détourner du cerveau les humeurs qui s’y sont portées , comme l’on fait dans l’apoplexie véritable , il faut néanmoins s’en abstenir entièrement; elles ne feraient qu’augmenter le mal , et causeraient même la mort, comme je sais qu’il est arrivé quelquefois. Il faut attendre que l’accès se soit
à Robert Brabÿ .
terminé de lui-même; aussitôt aprèson commence l’usage du quinquina, et l’on y reviendra dans les intervalles de pareils accès, jusqu'à ce que le malade soit entièrement guéri.
35. li arrive quelquefois , quoique fort rare- poètes dans ment , que les vieillards qui ont eu long-temps et pourquoi, les fièvres intermittentes, et qui ont été saignés et purgés mal à propos, sont attaqués du diabètes ou flux immodéré d’urine, lors même qu’il ne reste plus du tout de fièvre. Cela vient de ce que le sang, étant trop appauvri, ne saurait plus s’assimiler les sucs qu’il reçoit; d’où il arrive qu’ils sortent par les voies urinaires, encore tout crus et non digérés. La grande quantité d’urine que les malades rendent , épuise insensiblement leurs forces, et anéantit, pour ainsi dire, toute leur substance.
Dans ce diabètes et dans tous les autres , de indications quelque cause qu’ils proviennent , les indications ceue^maiadie! curatives doivent tendre uniquement à donner de la force au sang , et à arrêter le flux immodéré d’urine. On peut se servir pour cela des remèdes suivans :
Prenez thériaque d Andromaque , une once et Éiectuaîre for»
7 7i / v 7 • tifiant.
demie ; conserve d ecorce d orange , une once ; dias cordium , demi- once ; gingembre confit , et noix muscade confite , de chacun trois drachmes ; poudre de pattes d écrevisses composée , une drachme et demie ; écorce extérieure de grenade , racine d angélique d Espagne , corail rouge préparé , et trochis ques de terre de Lemnos, de chacun une drachme ; bol d Arménie , deux scrupule s ; gomme arabique , demi-drachme ; sirop de roses sèches , ce qu il en faut pour former un électuaire , dont le malade prendra la grosseur dune bonne noix muscade , le matin , l après- diné sur les cinq heures , et le soir pendant
$4 Réponse de Thomas Sydenham
un mois entier ; et par-dessus chaque prise il boira six cuillerées de V infusion suivante.
ïufusion amè- Prenez racines daunée , d’impératoire , d angélique , et de gentiane , de chacune demi-once ; feuilles d absjnthe romaine, demarrube blanc , de petite-centaurée , et de calamenthe , de chacune une poignée ; baies de genièvre une once. Coupez tout cela menu , et le faites infuser àfroid dans cinq livres de vin de Canarie. U infusion ne doit être coulée que lorsqu on sen servira (i).
Régime. Le malade usera dalimens qui soient aisés à
digérer, comme de chair de veau , de mouton , etc. Il s abstiendra entièrement d herbages et de fruits, et il boira du vin d’Espagne à tous ses repas.
Fleurs ibi an» 36. Les fleurs blanches, maladie si longue et si
ment dosent °P^n^tre ’ doivent être traitées à peu près de la être traitées, même manière que le diabètes; car quoique ces deux maladies semblent être fort différentes, les indications curatives sont néanmoins les memes; si ce n’est que dans les fleurs blanches il faut commencer par une saignée du bras , et purger en-
(i) Le diabètes dont il s’agit ici parait venir d’un appauvrissement et d’une viscosité du sarg et des humeurs , d’une faiblesse des viscères , et d’un relâchement des conduits urinaires ; ainsi les remèdes que prescrit l’Auteur peuvent y convenir. Mais supposé qu’ils ne conviennent pas , et que le malade soit vigoureux, il faudra le faire vomir avec l’ipécacuanha ; «ensuite lui donner des remèdes propres à diviser et atténuer les humeurs : les principaux de ces remèdes sont les mercuriaux. Après qu’on les aura continués quelque temps , il sera à propos de donner les astringens joints aux dé- «sobstructifs , comme les amers , les aromatiques et les martiaux. Harris , dans un cas semblable , rapporté à la fin de son traité des maladies aiguës des çnfans , recommande l’infusion suivante.
Preuez rhubarbe , une demi-once ; santal blanc et santal citrin , de chacun un. gros graine de petit cardamome , demi-gros. Versez là-dessus une chopine de. -yin de Çanarie , et laissez infuser tout cela ensemble à une chaleur modérée. dans un 'vaisseau bien bouché. Passez la. liqueur , dont le malade, prendra six cuillerées trois fois le jour.
Pendant le traitement le malade doit user de très-peu de liquides , et éviter tout ce qui peut affaiblir les solides et engendrer des sucs visqueux.
a Robert Brady.
suite trois fois avec deux scrupules de pilules cochées majeures , avant que d’en venir à l’usage des fortifians, durant lequel il faut s’abstenir de îoute évacuation , autrement on détruirait d’un coté ce que l’on ferait de l’autre (i). Mais cela soit remarqué en passant.
87. Voilà ce que j’avais à dire touchant l’usage Quinquina du quinquina dans les fièvres intermittentes. On voit que je 11e cherche pas à faire un pompeux étalage de remèdes , puisque je n’ajoute rien au quinquina, si ce n’est le véhicule nécessaire pour le transmettre dans les premières voies. Je crois que ceux qui y ajoutent autre chose, sont igno rans ou gens de mauvaise foi, qui, pour un vil intérêt, trompent le Public, et font tort à la société, chose tout- à f fait indigne d’un honnête homme.
Au reste, si on avait voulu faire attention à ce que j’ai enseigné il y a déjà quatorze ans , dans l’histoire des maladies aiguës, et ce que je n’ai pas
(t) On saignera an commencement , si la maladie le demande ; ensuite si l’estomac est chargé , on fera vomir doucement avec l’ipécacuanlia ; après quoi on donnera les laxatifs. Un bain chaud fait avec une décoction de marjolaine , de lliim , de calamenthe , de sauge , de romarin , de fleurs de camomille , de baies de laurier et de genièvre , etc. sera utile.
Hoffmann recommande les eaux minérales. Les fleurs blanches invétérées, dit ce grand homme , viennent d’une humeur âcre, engendrée par un trop fréquent usage de l’acte vénérien , ou d’une humeur viciée introduite par communication , et qui infectant ensuite les glandes du vagin , les oblige de se décharger abondamment de leur liqueur sur les parties voisines. Cette liqueur étant aussi infectée, ronge les libres des parties où elle paèse, et cause ainsi des douleurs aiguës et lancinantes , des excoriations et des ulcères, de là un flux virulent. Cette explication qui est fondée sur les dissections , montre clairement que pour détremper et adoucir les humeurs viciées , dissiper les engorgernens des glandes , fortifier les fibres relâchées , détërger et consolider les ulcères , les eaux minérales conviennent extrêmement. 11 est vrai que l’écoulement augmente pendant leur usage ; mais quand on les a finis , la guérison en est plus assurée. Pour la faciliter , il faudra , tandis qu’on prend les eaux, user des remèdes balsamiques et de la décoction des bois su- ^loi'ifiques. JSouv. exp. et obseiv, sur les eaux minérales.
Comment il faut le donner.
Réponse de Thomas Sydenham
apparemment enseigné sans en être instruit , je Yeux dire touchant la manière dont il faut donner le quinquina dans les intervalles des accès , et le réitérer ensuite après la guérison, plusieurs de ceux qui sont dans le tombeau seraient peut-être encore viva ns : c’est ce que j’ose avancer malgré le peu de cas que l’on fait de mes travaux , dans lesquels néanmoins je n’ai d’autre vue que celle du bien public.
Mais quoiqu’on ait méprisé mes conseils sur la manière d’administrer le quinquina , je ne laisserai pas de les répéter ici, parce qu’ils contiennent en abrégé ce que je viens d’enseigner plus au long (1). Voici donc en quoi ils consistent.
38. « La première attention qu’on doit avoir , » c’est de ne pas donner le quinquina trop tôt, » c’est-à dire avant que la maladie se soit un peu » affaiblie d’elle^mème , à moins que la grande y> faiblesse du malade n’oblige d’y avoir recours » plus tôt; car si on le donne de trop bonne heure, » il >> sera peut-être inutile et même dangereux , » parce qu’il arrêtera tout à coup le mouvement » de la fermentation par où le sang cherche à se » dépurer.
» La seconde attention est de ne point dimi- » nuer par la purgation , et encore moins par la » saignée , la quantité de la matière fébrile , afin » que le quinquina opère plus librement : car » comme ces deux évacuations dérangent à un » certain point l’économie animale , les accès de » fièvre reviendront plus promptement et plus » sûrement, dès que l’action du quinquina aura » cessé. Il me paraît aussi plus à propos de le don- » ner peu à peu , et assez loin des accès , que de
(i) Sect, 1 Chap. S, nam. 34.
a Robert Brady.
» vouloir couper pied tout d’un coup à l'accès j) qui va venir; car de cette manière le remède a » plus de temps pour agir comme il faut, et on » évite le danger qu’il y a de vouloir arrêter subi- » tement et hors de saison un accès qui com- » mence à se manifester.
» La dernière attention est de serrer les prises » du quinquina, afin que la vertu d’une prise ne » cesse pas tout-à-fait avant qu’on donne la sui* vante. Par ce moyen on déracinera entière- » ment la fièvre, et le malade reeomrera une » parfaite santé
» Voilà les raisons qui me font préférer , aux » autres méthodes de donner le quinquina, celle r> que je vais expliquer. On mêle une once de » cette écorce en poudre, avec deux onces de » sirop de roses rouges; et le malade , chaque jour » qu’il n y a point de véritable accès , prend,
» matin et soir, la quantité d’une grosse noix mus- » cade de cet opiat, jusqu’à ce qu’il n’en reste » plus. On réitère trois autres fois le même remède,
» ayant soin de mettre toujours entre chaque fois » l’intervalle de quinze jours. »
36. Quoique le quinquina l’emporte de beaucoup Fièvres tien** pour la guérison des fièvres intermittentes sur ^ ^ tous les autres remèdes que l’on a découverts ment se guéjusqu’ici , on pourra néanmoins , dans les fièvres qî^uiaa?08 tierces du printemps , employer la méthode suivante , que j’ai vu très-bien réussir lorsque le malade était jeune et d’un tempérament sanguin.
La voici.
On saigne du bras le jour qu’il n’y a point d’accès , et quelques heures après on donne un vomitif avec l’infusion de safran des métaux , en se réglant de telle manière que l’opération du vomitif soit finie avant , le commencement de
Réponse de Thomas Sydenham
l’accès suivant. Immédiatement après cet accès on met le malade à l’usage des remedes que voici. E1Tri%e fc" Prenez des extraits de gentiane , d absynthe , et de petite centaurée , de chacune deux gros. Mêlez cela ensemble , et le partagez en neitf doses. Le malade en prendra une de quatre en quatre heures , et par-dessus chaque prise il boira deux onces de décoction amère , sans purgatif , et deux onces de vin blanc.
Traitement 4°- Voici une autre méthode de traiter les lîes. iLb pau" lèvres tierces du printemps. C’est pour lespauvres qui ne sont pas en état de dépenser beaucoup en remèdes.
Potion sudo- Prenez serpentaire de Virginie réduite en poudre
ri fi crue , JT O r
tres-fine , un scrupule ; vin blanc , trois onces : mêlez cela ensemble. Le malade avalera cette potion deux heures avant T accès ; et étant bien couvert il suera dans son lit b espace de trois ou quatre heures. Il recommencera la même chose deux autres fois , s’il revient un accès.
Eièyres l\l • L’année suivante 1679 , les memes fièvres 3ïepaTaiwr reParLirent nouveau au commencement de en 1679. Juillet : elles augmentèrent chaque jour jusqu’au mois d’Août , pendant lequel elles firent de terribles ravages. Mais comme j’ai déjà traité au long de ces sortes de fièvres , je n’ajouterai rien de plus , sinon qu’elles disparurent entièrement ■vers le mois de Novembre , et firent place à une nouvelle maladie épidémique , qui dépendait des qualités manifestes de l’air.
42. En effet , le mois de Novembre amena une si grande quantité de toux, que je n’en avais jamais tant vu les autres années ; car elles attaquaient presque tout le monde. Quelques-unes n’avaient pas fort besoin de remèdes; mais d’autres secouaient si violemment les poumons , qu’elles
Toïix épidémiques.
a Robert Brady.
causaient le vomissement , lequel était suivi de vertiges , par les efforts terribles que le malade faisait pour vomir.
Les premiers jours la toux était presque sèche , et le malade crachait peu , ensuite il crachait davantage. Et pour le dire en un mot, cette toux approchait beaucoup de la coqueluche ou toux convulsive des enfans, par la petite quantité de crachats, par les efforts violens du malade, et par la longueur des paroxysmes. Et si en un sens elle était moins fâcheuse que la toux convulsive des enfans , elle Tétait davantage en ce que dès le commencement elle se trouvait accompagnée de la fièvre et de tous les symptômes fébriles ; ce que je n’ai point encore vu dans la toux des enfans.
43. Quoiqu’il soit ordinaire de voir des toux d’où elles Proà l’entrée de l’hiver , on était surpris néan- vie^eut. moins de la quantité extraordinaire qu’il y en avait cette année-là. Voici , ce me semble , la principale cause qui les produisit. Il y avait eu pendant le mois d’Octobre des pluies très-fréquentes et presque continuelles , qui avaient rempli le sang de particules séreuses et crues.
Or , le premier froid venant à boucher les pores de la peau , et empêchant ainsi la transpiration insensible , la nature qui cherchait à se débarrasser de cet amas de sérosités nuisibles , les évacuait par les glandes de la trachée-artère , au moyen de la toux quelles excitaient.
44* Lorsque cette maladie avait besoin de La saigné remèdes , j’employais hardiment la saignée et la et la PUIoa~
. J r 1 -u ° j , , tlon y soat
purgation ; car le meilleur moyen pour dechar- utiles, ger le sang des sérosités inutiles, c’est de désemplir ainsi les vaisseaux.
Quant aux remèdes pectoraux , ils font à la utilité des
pectoraux.
3o Réponse de Thomas Sydejnham
vérité plaisir aux malades , mais je ne vois pas qu'ils puissent ôter la cause de la toux; car toute leur action consiste à épaissir les humeurs lorsqu’elles sont trop claires pour être expectorées , ou à les atténuer lorsque leur viscosité rend l’expectoration trop difficile. Je suis du moins bien sûr de l’inutilité des pectoraux. Quelquefois même ils sont pernicieux : car les sérosités nuisibles étant retenues dans le sang par l’usage de ces remèdes , elles l’affaiblissent extrêmement , et la toux qu’elles excitent cause aux poumons une agitation violente et presque continuelle ; ce qui mène assez souvent à la phthisie , que l’on aurait dû prévenir , en guérissant promptement la maladie.
Danger des Les sudorifiques ne sont pas beaucoup plus surs. Quelquefois ils produisent lanevre , et d autres fois même la pleurésie , comme il arriva à quantité de gens pendant les toux épidémiques dont nous parlons ; ce qui les mit en grand danger.
Détail du irai- ^5 j’ayais donc recours à la saignée du bras,
texnent. . r . . , . 0 . . ,
et je taisais tirer une quantité raisonnable de sang. On appliquait sur la nuque du cou un grand et puissant emplâtre vésicatoire , afin de détourner une partie de la matière peccante ; ensuite je purgeais doucement le malade avec une infusion de séné et de rubarbe , jointe à la manne et au * sirop de roses solutif , et je réitérais tous les jours cette médecine jusqu’à ce que le malade fût entièrement guéri , ou que du moins les symptômes fussent beaucoup diminués. Si le malade n’aimait pas les potions , je lui faisais prendre , tous les matins à cinq heures , deux scrupules de pilules cochées majeures , et il dormait par dessus.
Coqueluche La toux convulsive des enfans , autrement
euians se 7
a Robert Brady.
la coqueluche , maladie d’ailleurs si opiniâtre et guérit de mêsi rebelle , se guérit par cette méthode , je veux me' dire par la saignée et la purgation réitérée ; et toute autre méthode y est inutile. Du moins c’est la seule qui m’ait réussi , quoique j’aie plusieurs fois employé des remèdes de presque toutes les espèces : mais il ne faut se servir ici que de pur? gatifs doux , et il faut même les donner par cuillerée , suivant l’âge du malade.
Voici comment je conçois que cette douce évacuation guérit la toux. Quoique dans cette maladie le poumon ne soit pas chargé de beaucoup de sérosité, il reçoit néanmoins de temps en temps, de la part du sang, des vapeurs subtiles et brûlantes, qui causent la toux violente qu’éprouvent les enfans. Or , il semble que le meilleur moyen de détourner du poumon ces vapeurs nuisibles , c’est de les entraîner par la voie des selles : de cette façon on remédiera à la toux , en ôtant la cause qui la produit (i).
(i) Comme cette maladie ne cède pas toujours à la méthode de l’Auteur, nous joindrons ici celle du Docteur Huxham , laquelle sst toujours confirmée par une longue expérience.
S’il y a pléthore, dit-il , ou si les crachats sont teints de sang, j’ordonne toujours la saignée , sur-tout si la fièvre le demande , comme il arrive souvent , ou si le visage devient noir à force de tousser ; et quelquefois je la réitère , suivant la force et l’âge de l’enfant. Aussitôt après je donne un doux; vomitif; savoir, le sirop de fleurs de pêcher , ou l’oxymel scillitique , ou bien une infusion ou une décoction d’ipécacuanha ; car la toux , comme observe Walschmid, vient en partie de l’estomac, et ne cesse guère avant que le malade ait vomi une pituite épaisse et âcre, dont il sort quelque fois une si grande quantité, qu’il est nécessaire de réitérer jusqu’à trois ou quatre fois le vomitif.
Il faut pareillement lâcher le ventre de temps en temps , mais seulement avec les plus doux purgatifs, comme la rhubarbe et l’aquila alba. Par ce moyen on évacue les humeurs visqueuses , et ou les empêche d’entrer dans le sang et dele corrompre; caria constipation est toujours nuisible, cause la fièvre, et augmente la difficulté de respirer. Il ne suffit pas d’évacuer, il faut encore atténuer la viscosité du sang , fortifier les nerfs et l’estomac ; ce qui s’exécute admirablement par le mercure et le quinquina , joints à des stoma-
Saignée doit précéder la purgation dans les maladies épidémiques.
3a Réponse de Thomas Sydenham
47. Mais dans les maladies épidémiques , de quelque genre qu’elles soient , il faut pendre garde , lorsque la personne est attaquée depuis peu , de ne pas purger avant que d’avoir saigné. Les maladies qui dépendent d’une constitution épidémique de l’air , sont des fièvres , ou deviennent du moins très-aisément des fièvres. Or , comme le plus doux purgatif met le sang et les humeurs en mouvement , et par conséquent les échauffe , il produit aisément une lievre , que la nature aurait eu soin elle-même de prévenir par
chiques convenables. La difficulté de respirer et l’oppression de poitrine demandent qu’on use souvent d’une solutiou de gomme ammoniac , ou d’une expression de cloportes , ou de quelqu’autre remède sembable ;et pour mode* rer la violence de la toux, on peut donner le sirop diacode , qui est le meilleur et le plus sûr narcotique dans Cette maladie. Mais si l’humeur âcre tombe en grande abondance sur le larynx ou sur le poumon , il faut la détourner en appliquant un vésicatoire entre les épaules.
La coqueluche cède bientôt à ce remède , sinon elle est souvent très-opiniâtre , et ne peut se guérir que par le temps et le changement d’air. Les spécifiques vantés par les femmes ne sont que des bagatelles, autant que j’ai pu remarquer , sans en excepter même le musc us pixioides ; et s'il est de quelque utilité, c’est uniquement à cause de de sa vertu astringente, et par conséquent fortifiante , par où il ressemble un peu au quinquina : car cette fameuse écorce n’agit pas seulement en atténuant les humeurs grossières , mais aussi en fortifiant tout le genre nerveux ; et c’est par ces deux propriétés qu’elle guérit les fièvres intermittentes. Le retour périodique de la coqueluche , qui est souvent aussi régulier que celui d’une fièvre intermittente, montre qu’elle ne diffère pas beaucoup de la nature de cette dernière maladie ; et ce qui rend cela encore plus vraisemblable , c’est que ces deux maladies régnent ordinairement dans la même saison, viennent des mêmes causes , et se guérissent par les mêmes remèdes. Huxham de aère et morb. épid.
Le Docteur Burton , dans un essai sur cette maladie , lequel se trouve placé à la fin de son traité des six choses non naturelles , vante beaucoup le remède suivant , lorsque la coqueluche est produite par une pituite visqueuse , comme il arrive souvent.
Prenez extrait de quinquina , trois gros ; cantharides et camphre , de chacun un scrupule. Mêlez cela ensemble , et donnez- en à l’enfant huit ou neuf grains , plus ou moins , suivant lage et la violence du mal , de trois en trois, ou de quatre en quatre heures , dans une cuillerée d’une solution d'un peu de baume de copahu , faite dans une eau simple distillée. La boisson ordinaire de l’enfant sera une émulsion faite avec les amandes douces et l’eau d’orge j et adoucie avec du sucre , ou q;ielaue chose semblable.
a Robert Brady.
les moyens ordinaires dont elle se sert pour évacuer la matière morbifique. C’est ainsi que la nature se sert de reiichifrenement , de la toux , <
de la diarrhée pour prévenir la fièvre.
On peut dire la même chose de toute autre constitution de l’air qui dispose le corps à une certaine sorte de fièvre , car cette fièvre ne se déclare pas toujours , d’autant que la nature la prévient heureusement par le moyen de quelque évacuation critique qui emporte le foyer de la maladie. Ainsi je soutiens , malgré l’usage contraire , que dans le cas dont il s agit , on ne doit point purger avant que de saigner , et encore • moins se dispenser de saigner.
48. En vain objecterait-on que lorsque l’on Raisons pour saigne avant que d’avoir purgé , on attire dans le sang les impuretés des premières voies ; car il est certain que les avantages d’une évacuation que produit un purgatif donné avant la saignée, ne peuvent en aucune façon compenser le mal qu i! fait par le tumulte qu’il cause dans le sang.
On ne saurait nier que les purgatifs réagissent bien plus doucement quand on a fait précéder la saignée , et qu’alors ils n’agitent et n’échauffent moins le sang (i). Je crois que l’igoorance ou la négligence de cette pratique a été cause de la
(1) Cela est très-vrai; et pour le comprendre il faut se sbuvenir que la leuleur ou la vélocité de la circulation du sans; influe extrêmement sur toutes les excrétions. Par exemple : si la circulation est languissante à cause de la surabondance du sang, il est clair que ce fluide s’épaissira , et produira des obstructions; aiusi il ne pourra plus se porter en suffisante quantité aux émonctoires , lesquels en conséquence ne feront leurs fonctions que d’une manière irrégulière et imparfaite. Mais les vaisseaux étant désemplis par la saignée, la circulation augmente nécessairement; parce moyen le sang devient plus fluide, dissipe les obstructions des conduits excrétoires , et abordant en plus grande quantité aux émonctoires , les stimule , et les met en état de se dé~ charger des liqueurs qu’ils contiennent,