TRAITÉ
DE L’H Y DRO P [ SI E.
-Sw***** x* L’hyd^opïsie attaque les deux sexes à tout âge, Sopisie attll Les femmes néanmoins y sont plus sujettes que qae principa, }es hommes. Ceux-ci en sont principalement attaquel temps de ques lorsqu ils commencent à vieillir; ceiies-Ia i* T/ie quand elles cessent d’avoir des enfans. La maladie survient aussi quelquefois aux jeunes femmes qui sont stériles.
Des fosses que l’impression des doigts laisse à la partie inférieure de la jambe, qui se remarquent davantage le soir, et s’évanouissent le matin, sont le premier signe de l’hydropisie ; mais ce signe n’est pas aussi certain dans les femmes que dans les hommes; car il se rencontre assez souvent dans les femmes grosses , et dans celles qui ont une suppression de règles par quelque cause que ce puisse être. Il n’est pas même bien certain pour les hommes. Si un vieillard d’un tempérament replet, qui est depuis plusieurs années tourmenté d’un asthme , vient à en être délivré tout à coup , principalement en hiver, les jambes lui enfleront aussitôt considérablement. Cette enflure , qui ressemblera à celle des hydropiques, sera plus grande en hiver qu’en été , plus grande dans un temps de pluie que dans un beau temps, et elle continuera de la sorte jusqu’à la fin de la vie, sansauçunac* cident considérable,
Cependant l’enflure des jambes est généralement un signe d’hydropisie dans les hommes, sur-tout si elle est accompagnée d’une respiration difficile,
Traité ue l’Hydropisie.
La sérosité qui la cause, ne pouvant plus être contenue dans les jambes qu elle grossit de plus en plus chaque jour , se jette sur les cuisses, et s’épanche ensuite dans la capacité de l’abdomen , qu’elle distend prodigieusement.Quelqnefois meme elle force l’ombilic, et produit un exomphale.
2. Trois principaux symptômes accompagnent Elle. a troi* l'hydropisie , qui sont la difficulté de respirer, la Symptômes, diminution des urines, et une soif extraordinaire.
La difficulté de respirer vient de ce que l’eau épanchée dans le ventre comprime le diaphragme, et par-là empêche la liberté de son mouvement.
La diminution des urines vient de ce que la sérosité du sang , au lieu de se filtrer par les conduits urinaires , se dépose dans la cavité de l’abdomen , et dans les autres parties capables de la recevoir. La soif est causée par la chaleur et l’âcreté qui sont un effet de la pourriture que contractent les eaux des hydropiques en séjournant dans le corps ; et de là vient aussi qu’il y a toujours une petite fièvre,
3. A mesure que les parties enflées augmentent a mesure q.yo de volume , les autres maigrissent et diminuent , le^ïe aieg" jusqu’à ce qu’enfin le ventre ne pouvant plus corps maigrît* contenir la quantité d’eau qui s’y épanche de plus
en plus , elle force toutes les barrières , inonde Jes parties nobles , et fait périr le malade.
4. La cause de l’hydropisie , généralement par- La faiblesse lant, est la faiblesse du sang , qui n’étant plus
en état de changer comme il faut le chyle en sa sic,
{propre substance , le dépose nécessairement sur es extrémités et Jes parties pendantes du corps , et bientôt après dans l’abdomen. Là , tant qu’il est en petite quantité , la nature forme des espèces de vésicules pour le contenir, jusqu’à ce qu’enfin
Traité
il augmente à un tel point , qu’il n’est plus ren< fermé que par le péritoine.
d’où vient 5. L’affaiblissement du sang est produit par des
cette faiblesse. • , • . \
saignées trop copieuses , ou trop irequentes, ou par des pertes ; ou bien par de longues maladies , ou par un usage excessif des liqueurs spiritueuses, lesquelles détruisent les levains du corps , et dissipent les esprits (i). De là vient que les grands buveurs sont plus souventattaqués de l’hydropisie que les autres , quoique ce soit une maladie froide. D’un autre côté ,îa boisson d’eau pure n’affaiblit pas moins le sang dans ceux qui sont accoutumés depuis long-temps aux liqueurs spiritueuses. dZtâe 1 dy" La cause de l’hydropisie des femmes est trèsfsmmes estdif- différente. Elle consiste, dans une obstruction de fereaîe. Ton des ovaires , laquelle détruit peu à peu le ton de cette partie. D’où il arrive que la tunique de l’ovaire étant distendue outre mesure , par la lymphe qui s’y est déposée , et étant prête à crever , la nature forme des espèces de vésicules pour recevoir cette lymphe ; et enfin une ou plusieurs des vésicules venant à se rompre , la liqueur qu’elles contiennent s'épanche dans la cavité de 1 abdomen , et produit les mêmes symptômes que dans l’hydropisie des hommes. Mais nous avons déjà traité ailleurs de cette sorte d’hydropisie (a ).
Deux antres y. Il y a deux autres sortes d’enflures du ventre resqairessem- qui ressemblent a ihydropisie , et qui sont ordi-
ïdent à l’hy-
«ifopisiç, ■»»' ■ - - - - - ■ - - - —
(1) Les liqueurs spiritueuses bues avec excès , produisent de très-mauvais effets , car elles roidissent et froncent les fibres , communiquent une âcreté aux liquides , les épaississent et les coagulent , et par conséquent les empêchent de circuler , sur-tout dans les petits vaisseaux, rendent squirrheux le foie et les glandes du mésentère , et par ce moyen contribuent extrêmement à la génération de l’hydropisie humorale 7 et d’autres maladies chroniques.
(2) Voyez p. 4q8. num, 92.
Î)E l'Hydropisie.
naires aux femmes. La première est une excroissance charnue et contre nature , qui arrive aux parties contenues dans l’abdomen , et qui forme une tumeur aussi considérable que serait l’eau enfermée dans cette cavité (1). La seconde sorte d’enflure est produite par des vents , et elle est accompagnée de tous les signes de grossesse. Elle attaque le plus souvent les veuves , et même les femmes qui n’ont point été mariées que dans un âge avancé. Ces dernières ainsi affectées ne manquent pas de se croire grosses ; elles consultent des sages-femmes qui sont leur oracle , et qui leur disent la même chose ; elles s’imaginent sentir le mouvement de l’enfant pendant tout le temps ordinaire ; elles ont de temps en temps les mêmes incommodités que les femmes enceintes : leurs mamelles grossissent , le lait distille des mamelons ; quelquefois même elles préparent tout ce qui est nécessaire pour leurs couches, jusqu’à ce qu’enfin le ventre venant à désenfler peu à peu, les détrompe de leur erreur (2). Nous ne parlerons point ici de ces deux dernières maladies qui ne sont pas proprement hydropisies.
8. Les véritables indications curatives dans Ehy- Quelles «ont dropise proprement dite , sont , en premier lieu , curatives?100* d’évacuer les eaux contenues dans l’abdomen et dans les autres parties ; et en second lieu , de rétablir les forces du sang , afin de prévenir un nouvel épanchement de sérosité.
o. La première indication se remplit par les ParsatIfsdouT
^ 1 xx sont plus nui-
sifales qu’uti
, leS,
(1) L’Auteur semble entendre ici ce que les Écrivains en Médecine appellent une môle, ou fausse conception qui peut tromper les femmes pendant uu certain temps , et leur faire croire qu’elles sont véritablement grosses.
(2) C’est cette sorte d’hydropisie que les Auteurs appellent tympanite , ou hydropisie venteuse , et dans iaquelle le ventre ne contient souvent qu’une quantité d’eau.
Traité
purgatifs et les diurétiques. Quant aux purgatifs , il faut bien observer que ceux qui agissent faiblement sont plus nuisibles qu’utiles dans toute sorte d’hydropisies , car comme ils remuent les humeurs sans les évacuer, qu’ils agitent le sang, et l’affaiblissent, ils ne produisent d’autre effet sur l’enflure , que de l’augmenter encore , particulièrement celle des pieds. Ainsi les purgatifs violens et hydragogues sont en général les meilleurs dans l’hydropisie. Mais pour qu’ils aient un heureux succès, il est nécessaire de savoir si le malade est facile ou difficile à purger. Le moyen d’etre instruit là-dessus, c’est d’examiner comment les purgatifs ordinaires lui ont fait dans un autre temps.
Chaque corps a une disposition particulière , appelée autrement idiosyncrasie , qui le rend plus ou moins susceptible de Faction des purgatifs: de là vient qu’on se tromperait grossièrement , et qu’on mettrait souvent un malade en péril, si dans le choix et la dose des purgatifs on 11e se réglait que sur la force du tempérament. Il n’est pas rare de voir des gens très-robustes , sur qui de médiocres purgatifs opèrent aisément , et de voir au contraire des corps faibles qui cèdent à peine aux plus puissans.
La précaution que je recommande ici au sujet de la différente disposition par rapport à l’action des purgatifs , ne doit pas seulement avoir lieu pour les hydragogues, mais encore pour les autres purgatifs ; car j’ai souvent observé que des médecines douces ont causé des superpurgations , parce que le Médecin n’avait, pasbien interrogé le malade, s’il était facile ou difficile à purger.
Néanmoins, comme Fhydropisie , plus que toute autre maladie , demande des purgations fortes et promptes , et que les doux purgatifs ne font qu’aug?
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menter l’enflure au lieu de la diminuer, il vaut mieux purger trop fortement que trop faiblement, d’autant plus que s’il arrivait une superpurgation, on peut aisément l’arrêter par le moyen du laudanum , qui est un remède sûr efr pareil cas.