Lorsqu’on emploie les purgatifs dans l’hy- 11 faut éva
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dropisie, il est extrêmement important de vider iepiuspromples eaux le plus promptement que l’on peut, eu
l'oix peut ^
égard aux forces du malade ; c’est-à-dire qu’il faut purger tous les jours, à moins que la grande faiblesse du malade , ou l’opération trop violente d’une purgation , n’oblige quelquefois de mettre un ou deux jours d’intervalle entre les autres ; car si on ne les réitère que de loin à loin , elles auront beau évacuer abondamment, elles n’empêcheront pas un nouvel amas d’eau , et on perdra par ces délais tout le fruit qu’elles auront produit.
D’ailleurs, si on laisse long-temps séjourner la sérosité épanchée dans l’abdomen, il est dangereux qu’elle ne corrompe les viscères par la pourriture qu’elle contractera ; et il faut remarquer aussi que les purgations précédentes l’ayant mis en mouvement, elle se trouve par-là beaucoup plus propre à agir sur les viscères , que si on l’avait laissée en repos. Cette raison, et les autres que j’ai rapportées ci-dessus, montrent qu’on doit évacuer les eaux des hydropiques le plus promptement qu’il est possible , et continuer les purgatifs jusqu’à ce qu’il ne reste du tout plus d’enflure.
11. Mais il faut remarquer, au sujet de presque Comment iî tous les hydragogues , une chose qui est constante bjdragoçudr par l’expérience, c’est que si on les donne seuls,
ils opèrent très-peu sur les personnes difficiles à émouvoir ; et que si on les emploie en grande dose, ils ne font qu’agiter le sang , au lieu d’éva-
Tkaite
cüer les eaux , ot augmenter l’enfl-ure , au iieu de la diminuer. Ainsi la véritable méthode de les employer dans les personnes qui sont difficiles à émouvoir, c’est de les joindre aux purgatifs plus doux, afin qu’ils servent à les animer. Mais dans les sujets qui sont faciles à purger, les hydragogues agissent promptement et puissamment.
Avantages î 2. Le sirop de nerprun, même seul, peut dUuerpîL.de suffire pour ces derniers; il évacue chez eux une grande quantité d’eaux , sans évacuer autre chose, il ne met point le sang en mouvement, et ne rend point l’urine plus colorée, comme font les autres purgatifs. Tout l’inconvénient qu’il a, c’est de causer une grande soif pendant qu’il opère. Au reste, si on le donne, même en grande dose, aux personnes difficiles à purger, il n’évacue ni beaucoup de matières, ni beaucoup d’eaux.
Preuve de cela i3. Il y a environ vingt-sept ans que je fus appelé par unexem- p0ur traiter une Dame quidemeurait à Westminster, et qui était également distinguée par sa naissance et par sa vertu. Elle avait une hydropisie ascite , et son ventre était d’une telle grosseur, que je n’ai jamais rien vu au-delà. Je lui fis prendre une once de sirop de nerprun avant le diner, suivant la coutume de ce temps-là. Elle rendit par les selles une quantité prodigieuse d’eaux, sans être affaiblie. Cet heureux succès me donna du courage, et m’engagea à réitérer chaque jour le même purgatif, sinon que je faisais quelquefois un jour ou deux d’intervalle quand la malade me paraissait plus faible qu’à l’ordinaire. De cette façon , les eaux furent peu à peu évacuées , le ventre se désenfla , et la malade guérit parfaitement.
Mauvais suc- 14. Comme j’étais jeune et sans expérience ,
1 s feur.Au’ car c’était la première hydropisie que j’eusse jamais traitée , je m’iipaginai mal à propos que j’avais
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dans le sirop de nerprun un remède capable de guérir toutes sortes d’hydropisies ; mais je ne fus pas long temps sans être désabusé de mon erreur. Au bout de quelques semaines , je fus appelé pour traiter une autre femme attaquée d une hydropisie qui avait succédé à une longue fièvre quarte Je lui donnai plusieurs fois le sirop de nerprun , en augmentant peu à peu la dose , mais sans aucun succès. La malade ne fut point purgée , ni les eaux évacuées ; l’enfltire du ventre ne fit au contraire qu’augmenter ; de sorte que la malade me renvoya , et fit venir un autre Médecin qui , lui ayant donné des remèdes plus efficaces , la guérit de son hydropisie , autant qu’il me souvient.
i5. Lorsque les deux purgatifs n’opèrent pas e» quel cas promptement , et ne soulagent pas le malade , il faut recourir à de plus forts , c’est-à-dire aux li y- gogues. dragogues qui , étant joints aux doux purgatifs , sont très-efficaces ; au lieu que si on les donne seuls , ils ne font presque rien pour la plupart, comme nous avons déjà dit. J’ai souvent donné en pareil cas, avec un heureux succès , la potion suivante.
Prenez tamarins , demi-once ; feuilles de séné 9 Potion purga. deux gros ; rhubarbe , un gros et demi : faites tm‘bouillir tout cela dans suffisante quantité d’eau de fontaine que vous réduirez à trois onces ; coulez la liqueur , et dissolvez-y manne et sirop de roses solutif , de chacun une once ; sirop de nerprun , demi-once ; èlectuaire de suc de roses , deux gros.
Cette potion néanmoins ne convient qu’aux sujets robustes , sur qui elle opère mieux que tous les autres purgatifs , comme je l’ai éprouvé plusieurs fois. On peut aussi employer la suivante:
Prenez vin blanc , quatre onces ; jalap réduit en
Teinture purgative.
Traite
poudre très-fine , un gros ; gingembre pareillement pulvérisé 7 un demi-scrupule ; sirop de nerprun * une once \ mêlez tout cela pour une potion que Von donnera de grand matin , et que l on réitérera chaque jour , ou de deux en deux jours , selon
les forces du malade (ij. ?