‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 52 sur 156 · Je me sers assez souvent dune autre tor · texte numérisé non relu

Je me sers assez souvent dune autre tor

mule qui sera bonne pour ceux qui ont en horreur les autres* purgatifs : elle échauffe et fortifie en opérant ; la voici :

Prenez jalap pilé grossièrement , et hermodactes , de chacun demi-once ; scammonèe , trois gros ; feuilles de séné , deux onces ; réglisse ratissèe , danis et de carvi , Je chacune demi-once ; sommités d absinthe 7 et feuilles de sauge ? t ^ chacune une poignée : /wetter infuser tout cela a froid dans trois livres d eau-de-vie commune 7 , et ne passez la liqueur que dans le temps quonsen

(j\ Il n’est pas dans tonte la matière médicinale de meilleur et de plus agréable purgatif que le jalap. Il n’a ni odeur , ni mauvais gout ; il opère en petit volume , doucement et promptement , et il évacué particulièrement les humeurs aqueuses. A la vérité il ne convient pas dans les fievres aiguës , et dans les tempéramens secs , chauds , bilieux , et qui ont les fibres roides ; mais on peut l’employer sûrement et utilement dans les temperamens lâches, humides et pituiteux , et aussi dans les enfans. La meilleure façon est de le donner en substance. Il n’a point besoin de correctif , pourvu qu’on le donne en dose convenable à la maladie , au temperament et a

l’âffe du suîet. „ . „ .

Les huiles aromatiques que l’on y joint quelquefois par forme de correctifs , causeu. par leur chaleur et leur âcreté uue plus grande .relation que le purgatif même, en sorte qu’elles produisent quelquefois une inflammation ; et causent .ni intestins des contractions spasmodiques qui empêchent

ulutôt cru’ elles n’aident l’action du remède.

Quant .œ sels alcalis , tels que le sel d'absinthe , de tartre , et sein tibia» que l’on emploie aussi eu qualité de correctifs , comme ils dissolvent les parties résineuses du jalap, et augmentent leur surface , >1 « nve de la quelle remède opère plus doucement , et par consequent moins efhcaceinent, ce que l’on pouvait obtenir en diminuant la dose. La coutume de joint des^orrectife au jalap vient plutôt d’un préjugé et d’un defaut de rellexiou , que d" nê connaissance cerîaine de leur utilité , fondée sur un nombre suffisant d’expériences dûment vérifiées4

de l’IIydropisie. 2^3

servira. On en donnera une cuillerée le soir à l'heure du sommeil , et deux autres le lendemain matin y augmentant ou diminuant la dose , suivant F opération.

17. Il me reste à parler de deux remèdes , qui , Eiaterium reselon moi, l’emportent sur tous les autres , et oui C0Tandé a «s les personnes difficiles a purger , sont encore difficiles à purplus efficaces que ceux dont j’ai fait mention , ger' ou qui me sont connus \ je veux dire l’élatérium, et 1 infusion de safran des métaux. L’élatérium , autrement 1 extrait de concombre sauvage , purge foi tement en très-petite dose , et évacue abondamment les matières fécales et les humeurs aqueuses.

Deux grains suffisent pour la plupart des sujets.

Ma coutume est de les mêler avec un scrupule de pilules de duobus ; je fais de tout cela trois petites pilules que l’on prend le matin (1).

iB. Quant a l’infusion de safran des métaux , il Comme ai», semblerait d’abord que ce remede n’est nroore sifinfufond.e

„ )' j /i 15 1 1 Jl r safran des mé*

qu a debarrasser 1 estomac des humeurs nuisibles taux, qui y séjournent. Toutefois , on le donne à la dose d’une once et demie, ou bien de deux onces dans les personnes fort difficiles à purger , avant soin de le réitérer chaque jour, selon les forces du malade : on verra qu’après avoir fait vomir , il purgera par les selles , et videra les eaux conte > nues dans 1 abdomen , au moyen des secousses

(1) On dit que les anciens donnaient l’élatérium depuis six grains jusqu’à tiente; maïs les modernes vont rarement au-delà de quatre ou cinq grains. Le Docteur Lyster , dans une Dissertation sur l’hydropisie , dit l’avoir donné avec succès à la quantité de dix grains, une fois la semaine, pendant trois mois de suite; et il rappporte plusieus particularités curieuses touchant ce remède. Néanmoins comme c’est un purgatif très-âcre et très irritant, il vaut mieux le donuer d abord en petite dose, et augmenter ensuite par degrés, suivant les forces du sujet et le besoin de la maladie ; car dans l’hydropisie de même que dans les autres maladies où le ton des vaisseaux est si affaibli et les fluides si appauvris, l’usage des violens purgatifs a souvent des suites funeste».

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