Tome IL x g
Traité
violentes quil causera à l’estomac et aux autres viscères de l’abdomen. Cependant , lorsque je trouve qu’il ne purge pas assez, apres que je ai donné seul trois ou quatre fois , j ai coutume d y joindre lelectuaire de suc de roses , et le sirop de nerprun. Par exemple :
Puissante po- Prenez eau de chardon bénit , trois onces ; infupurgative, s ion de safran des métaux , une once et demie ;
sirop de nerprun , demi-once ; electuaire de suc de roses , deux gros : mêlez tout cela ensemble pour
une potion (i). ,
preuve qu’il iq. On ne saurait douter qu il n y ait des coni' a des cou- iits secrets par où les eaux contenues clans la
ie""eaù”rprsu- cavité de l’abdomen , passent dans le canal întesrÆÙ!tinal, puisque les purgatifs hydra^gues les eva- »ai. cuent par les selles en aussi grande abondance que
si elles étaient simplement renfermées dans les intestins. Mais de découvrir ces conduits secrets, cest justement la difficulté. Et , à cette occasion, je me rappelle un fameux passage d Hippocrate, dans son livre de l’ancienne Médecine , ou ce grand homme , le plus sage et le meilleur Médecin , au jugement de tous les siècles , s explique de la sorte : Il y a des Médecins et des philosophes qui prétendent qu on ne saurait posséder , comme il faut , b art de guérir les maladies , si l on ne connaît exactement la nature de F homme , et ta
(t\ Le Docteur Lister, dans sa Dissertation sur l’hydropisie , parlant de ce remède, semble craindre qu’il ne cause une grande soif, comme étant t une nature fort dessicative ; et il attribue son action par en bas *Pr“ ^ opéré par en haut, à la grande quantité de liquide que Ion es lob ige < e boire pendant son opération , plutôt qu’à aucune vertu purgative dont soit doué. Et comme lesgens attaqués d’une hydropisie ascite ont ordinairement la respiration très-difficile , cet. auteur croit qu’ils ne peuvent soutenu au d’un émétique si Violent sans tomber en défaillance.
Ain™ la vertu de ce remède paraît fort incertaine , et il a besoin , comme beauooup d’autres, d’être éprouvé par de nouvelles experiences.
de l’Hydropisie. 27 5
manière dont il a été formé. Pour moi , je pense que tout ce que les Médecins et les Philosophes ont dit ou écrit sur la Physique du corps humain , regarde plutôt la Peinture que la Médecine (i).
20. Je ne prétends nullement conclure de ce Défense a'Hippassage , qu Hippocrate ait cru inutile à un Mé- Sfd decin l’étude de l’anatomie , ni autoriser l’igno- natomie< rance des Empiriques. Je soutiens au contraire ,
après de sérieuses réflexions fondées sur l’expérience , qui est la véritable pierre de touche de l’habileté dans l’art de guérir; je soutiens, dis-je, que la connaissance exacte de la structure du corps humain est tout-à4ait nécessaire à un Médecin pour se former de justes idées de l’économie animale , et des causes de certaines maladies. Comment , par exemple , un homme qui ignore la structure des reins et des conduits qui de là portent l’urine dans la vessie , pourra-t-il conjecturer la cause des symptômes cruels qui surviennent à un malade , lorsqu’une pierre se trouve engagée dans le bassinet ou dans les uretères ? L’anatomie n’est pas moins nécessaire à un Chirurgien ? afin de pouvoir éviter dans ses opérations les vaisseaux et les autres parties qu’il serait dangereux de blesser. Il n’est pas possible de bien réduire les luxations sans la connaissance du squelette.
21. Celui donc qui n’est pas instruit de la struc- La connaisture du corps humain, marche nécessairement à ^omie^acl l’aveugle dans le traitement de certaines maladies; quiert aiséc’est un navigateur qui s’expose à la mer sans bous- meit sole. Au reste , cette science s’acquiert en peu de
temps , et sans beaucoup de peine. Il ne faut pour cela qu’avoir des yeux, et examiner les cadavres^
(1) Voyez lib. de prise. Med.
Traité
Elle est très bornée.
soit d’hommes , soit d’animaux , et il n est besom ni d’un grand génie , ni d’un grand jugement
Mais il faut avouer que dans toutes les maladies aiguës , qui font plus des deux tiers des maladies , et même dans la plupart des chroniques, ü y a quelque chose de divin et de singulier qu on ne découvrira jamais par l’examen des cadavres. E es pourquoi je pense que l’intention d Hippocrate , dans le passage qu’on a cité de lui, na point ete de condamner en général l’étude de 1 anatomie , mais seulement d’apprendre aux Médecins quits ne doivent pas y mettre leur principale confiance, et que l’observation exacte des symptômes moi* bifiques , et de ce qui est utile ou nuisible aux malades , est un moyen beaucoup plus sur pour avancer dans la connaissance de l’art de guérir.