DE L’HYDROPISIE
à évacuer les eaux , il convient de donner de temps en temps des fortifia ns ; mais , lorsqu’il ne s’agit que de fortifier le sang, on doit s’abstenir tout*àfait des purgatifs (1).
3q. Au reste , la maladie ne se trouve pas tou- Hydropîsie jours guerie , quoiqu on ait rempli les deux mdi- incurabie. cations curatives, c’est-à-dire, quoiqu’on ait entièrement évacué les eaux contenues dans l'abdomen, et qu’on ait employé les remèdes échauffans etfortifians pour prévenir un nouvel épanchement de sérosité : car il arrive assez souvent qu’une hydropisie ascite ayant duré plusieurs années , les eaux , par le long séjour qu’elles font sur les intestins , en altèrent la substance, les corrompent, et aussi les parties voisines, engendrent des glandes contre nature, et des vésicules ou hydatides , pleines d’une sérosité sanieuse , et réduisent en une sorte de pourriture toutes les parties contenues dans la cavité de l’abdomen , comme l’on voit par l’ouverture des cadavres de ceux qui sont morts d’une asciîe invétérée.
Quand l’hydropisie est arrivée à ce point-ià , tous les remèdes , selon moi , sont inutiles. Néanmoins , comme on ne peut savoir au juste quel est le degré de lésion des viscères , un Médecin doit faire tous ses efforts pour guérir la maladie , soit par les évacuans , soit par les fortifians , et ne pas perdre courage , ni ôter l’espérance au malade. Cela est d’autant plus nécessaire , qu’on voit souvent la Nature guérir d’elle-même plusieurs maladies désespérées. Ainsi , quelque invétérée que soit l’hydropisie ascite , et quelque dommage qu’elle ait causé aux viscères , on ne saurait la traiter que comme si elle était nouvelle.
(1) Voyez Lettre sur l’affectioq hystérique, p, i63 , note 1.