‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 64 sur 156 · Les enfans sont autant sujets a cette lierre · texte numérisé non relu

Les enfans sont autant sujets a cette lierre

que les adultes, et par conséquent ils doivent être traités de même , excepté qu il faut proportionner la saignée et la purgation à la faiblesse de leur age. Souvent même la première , ou du moins la seconde purgation emporte la maladie.

Cependant il faut examiner soigneusement si la fièvre que I on traite est véritablement une fièvre de la constitution présente , ou si elle est d un autre genre \ et cette attention est nécessane clans toutes les fièvres des enfans , de quelque constitution qu’elles soient : car on sait que les douleurs de la dentition causent souvent aux enfans des fièvres particulières qu’il n est pas aisé de distinguer

de celles d’un autre genre.

J’ai cherché long-temps le remède de ces sortes

Fièvre qui

tient de la don tition , et com

,n.o„ , et com- de fièvres qui viennent de la dentition , et je n’en incut doit être ai point trouvé d’aussi bon que l’esprit de corne traitée. cerf, dont on donne de quatre en quatre heu¬

res jusqu’à cinq ou six fois, deux , trois ou même quatre gouttes, à proportion de lage, dans une

(i) Voyetc p. , num. 29.

SUR UNE NOUVELLE SORTE ÏTE FlÈYRE. 3l5

cuillerée ou deux de cerises noires , ou d’un julep approprié (1).

34. Les enfans sont sujets à une autre maladie desFiè^ îenté très-différente des fièvres qui viennent des diverses comment se constitutions de l’air, et très-différente aussi de la suérit* fièvre que produit la dentition. C’est une sorte de fièvre lente qui dure long-temps , et qui, sans être accompagnée de beaucoup de chaleur , jette les enfans dans la langueur, leur ôte l’appétit, et leur cause un amaigrissement universel. La méthode dont je me sers en cette occasion , est très-simple : la voici.

On prend deux gros de bonne rhubarbe coupée par tranches; on les met dans une bouteille de verre qui tienne une pinte; et , après avoir rempli cette bouteille avec deux livres de petite-bière, ou de quelque autre liqueur dont l’enfant a coutume d’user pour boisson ordinaire, on la bouche exactement. L enfant ne boit que de cette infusion,

(1) Les symptômes qui accompagnent la dentition, viennent sans doute de la tension , de la piqûre , et du déchirement que souffrent les tuniques nerveuses des gencives , puisque dès qu’on fait une incision sur ces tuniques avec un instrument pour ouvrir le passage aux dents , ils cessent aussitôt. Beaucoup d’enfans meurent de cette maladie.

L’esprit de corne de cerf , quoiqu’un hou remède dans les convulsions qui viennent de la dentition, ne réussit pas toujours , parce qu’elles peuvent avoir différentes causes , et demander par conséquent des remèdes différens , et par la meme raison il n’emporte pas toujours la fièvre; car les évacuations sont nécessaires, s’il y a plénitude ; les laxatifs , si le ventre est resserré , ce qui occasionne souvent des convulsions ; et s’il y a une diarrhée, il faut des astringens pris par la bouche, et en lavement, après avoir purgé auparavant avec la rhubarbe à laquelle on joint une ou deux gouttes de quelque huile carminative. Les poudres absorbantes conviennent aussi dans le cas présent.

R ne faut pas durant ce temps là négliger les gencives ; mais si elles sont enflées , enflammées , minces et blanchâtres à la partie supérieure , on les fomentera fréquemment avec une liqueur émolliente , et on les frottera avec tj un liniment fait avec le blanc de baleine, le sirop Diacode, l’huile d’u- 11 mandes douces , et un peu de safran et de nitre ; si cela ne soulage pas, on i! fera une incision à la gencive , alia de donner passage aux dents. Tout ce qui !i -échauffe est alors nuisible.

3aô

Lettre

soit le jour , soit là nuit , soit & son repas* soit hors de ses repas. Lorsqu’il en a bu deux [ivres, on en verse deux autres sur la meme rhubarbe; et quand elles sont bues, on en verse encore deux nouvelles: après quoi la rhubarbe n a plus cie force , et 1 enfant se trouve ordinairement guéri.

Néanmoins , de peur que les deux premières livres de liqueur ne soient trop fortement imprégnées de la vertu de la rhubarbe , et par conséquent ne soient trop purgatives, il sera encore mieux, dès que l’enfant aura bu la quantité d’une livre de liqueur , d’en verser aussitôt une autie livre sur la rhubarbe; ce qui étant fait, il ne sera plus nécessaire d’ajouter de nouvelle liqueur , que quand il n’en restera plus dans la bouteille (i).

Évacuations 35 Mais , p o u T revenir à notre sujet , c est-à- “re“j£.‘<lire,' la fièvre de la constitution présente, il faut dans la fièvre observer que dans cette sorte de hevre, ne tr“amème que dans le rhumatisme, et dans un grand rentière cessa- nombre d’autres fièvres quk ne se guérissent que

tion des symp- . , i . * X .rAnlnip

tûmes, par des évacuations, si l’on s’obstine a vouloir

continuer ces évacuations jusqu’à ce que tous les symptômes aient entièrement disparu, il arrivera souvent qu ds ne cesseront que par la mort. ^ Ce n’est pas une chose rare devoir des symptômes légers subsister après la maladie , dont ils son t, pour ainsi dire, les reliquats. Ils ne menacent d’aucune rechute , et ils se dissiperont à mesure que le

(i) Il paraît convenable dans cette maladie de tirer un peu de sang , et de donner des poudres absorbantes , en y joignant le sel d’absinthe et le nitre en petite dose. Les alimens doivent être adoucissans; faciles a digérer, et un peu rafraîchissant 11 sera bon d'aller à cheval, si le temps le permet , et cet «Xfcveiee, comme aussi le bain chaud pris de temps eu temps , facilitera la guérison Ce rendant l’infusion de rhubarbe est un remède qui u’est pas a mépriser , mais il peut se faire qu’il ne suffise pas , et rien n empêche de 1 employer durant le cours des autres remèdes que nous proposons ici.

Smi UNE NOUVELLE SORTE DE FlEVRE. 3a 'J

malade reprendra ses forces. D’ailleurs, ils ne sont assez souvent produits que par les évacuations réitérées que l’on a mises en usage dans le traitement de la maladie , ou par la grande abstinence que l’on a fait observer aux malades. Ces deux causes agissant sur des corps déjà affaiblis et presque épuisés par la fièvre, donnent lieu à des vapeurs semblables à celles des femmes, et qui viennent pareillement d’une faiblesse et d’un abattement des esprits animaux.

C’est pourquoi un Médecin sage et prudent, après avoir fait les évacuations suffisantes pour la guérison de la maladie, doit en demeurer là, et attendre de la nature, qui est le meilleur Médecin , la cessation de ces symptômes légers. On pourra néanmoins y employer un narcotique qui, étant donné le soir pendant deux ou trois jours de suite, les dissipera entièrement, comme je Fai souvent observé.

Page 1