‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 65 sur 156 · De toutes les méthodes crue j’ai essavées en Effet, de F · texte numérisé non relu

De toutes les méthodes crue j’ai essavées en Effet, de F

. • l r* ' / . f , J méthode de

traitant la nevre présenté , voila, sans contredit , l’Auteur, la meilleure. Si quelquefois elle ne guérit pas absolument la fièvre , elle la rend du moins intermittente ; et alors on peut recourir au quinquina, qui triomphe toujours en cette occasion.

Quelquespersonnes trouveront peut-être que les purgations que j’ordonne pour cette fievre , doivent échauffer le malade, et par conséquent augmenter la fièvre; mais c’est tout le contraire , et j’ose assurer que rien ne rafraîchit tant le malade que la purgation précédée de la saignée , comme pn doit toujours la faire précéder.

Il est vrai que les purgatifs, le jour même qu’on les prend, et durant leur opération, augmentent l’agitation du sang et des autres humeurs, et par conséquent la fièvre ; mais cet inconvénient n’est

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rien en comparaison de Fa vantage qu'ils procurent ensuite. En effet, l’expérience montre que de tousles remèdes il n’en est aucun qui guérisse la fièvre aussi heureusement et aussi sûrement que fait la purgation , pourvu qu’on ait eu soin de saigner auparavant. Ce remède évacue les humeurs nuisibles qui sont la cause antécédente de la fièvre , qui , sans avoir acquis avant ce temps-là de mauvaises qualités , ont été échauffées et épaissies par Fardeur de la fièvre , et paf ce moyen contribuent beaucoup à Fentretenir. D’ailleurs, la purgation prépare les voies aux narcotiques ; et alors ceux-ci agissent beaucoup mieux que si on n’avait pas évacué les humeurs peccantes, qui sans cela ne manqueraient pas d’affaiblir Faction de ces remèdes.

. La méthode des ls sûre ; elle est , c dans cette fié- plus longue , puisqu’elle fait souvent durer la maladie pendant plusieurs semaines. Elle est même très-dangereuse, et c’est beaucoup si le malade se tire d’affaire. On emploie un régime et des remèdes très-chauds pour une maladie où il est sur-tout besoin de rafraîchir; et en s’assujettissant, contre un témoignage des sens et de la raison , à je ne sais quelles règles d’un art mal entendu, on fait d’une maladie qui est courte et légère de sa nature , une maladie longue et dangereuse ; de sorte qu’on est obligé de mettre en usage une infinité de remèdes pour dissiper les fâcheux symptômes qu’a produits le mauvais traitement. On fait en cette occasion la •même chose que ferait un Pilote qui , pouvant conduire son vaisseau dans une mer exempte d’écueils, l’engagerait parmi des rochers et des bancs de sable. A la vérité , il montrerait son habileté en retirant son vaisseau d’un si grand danger ; mais il

sudorifiques est beaucoup utre cela, plus incommode

Tpeonvéniens 3 7

et danger des . '

sudorifiques mOlIl

SUR UïfE 1N0UVELUE SORTE DE FlÈVRE. 3:K)

serait, avec raison , taxé d’imprudence pour l'y avoir engagé.

38. Je suis donc bien f ondé lorsque j’avance Méthode de que la méthode de la saignee et de la purgation ]a purgation est la meilleure de toutes , dans le plus grand nombre de fièvres. U est vrai que la méthode des part des fièsueurs est la plus naturelle , et qu’elle est aussi vre8, la plus convenable lorsque la nature , après avoir préparé et digéré comme il faut la matière morbifique , l’évacue ensuite doucement par les pores de la peau. Les Praticiens ayant souvent remarqué cette manière heureuse dont les fièvres se terminaient d’elles-mêmes , les Médecins spéculatifs prirent de là occasion d’établir comme une règle, que toutes sortes de fièvres pouvaient et devaient être guéries uniquement par les sueurs.

3q. Mais quand la nature serait capable deles Difficulté de

1 i', i 1 . vi guérir les fiè-

guenr par ce moyen, lart, quelque soin quit ait ùes par les d’imiter la nature, ne saurait prétendre à un sem- sueurs‘ blable privilège.

En premier lieu , Fart ne sait point comment il faut préparer la matière morbifique pour la rendre propre à être évacuée par les sueurs ; et quand il le saurait , il n’a point de signes certains pour connaître quand cette préparation est achevée : ainsi il ignore quel est le temps le plus convenable pour exciter les sueurs.

On ne saurait nier qu’fî soit extrêmement dangereux de les exciter avant que la matière peccante ait subi une coction légitime; car alors cette matière crue se portant au cerveau , ne ferait qu’augmenter la maladie. Aussi le célèbre Aphorisme d’Hippocrate , où il est dit qu’on doit évacuer les humeurs lorsqu elles ont subi une coction convenable , et non pas lorsqu elles sont encore vues , semble encore plus regarder les sueurs

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excitées par Fart , que la purgation , comme je lai remarqué ailleurs.

Cependant il ne faut être que médiocrement versé dans la pratique , pour savoir quel déplorable abus font tous les jours des sudorifiques quantité de bonnes femmes et d’hommes ignorans qui se donnent pour Médecins. La coutume de ces gens-là , dès que quelqu’un se plaint d'un frisson et d’une douleur de tête , qui sont ordinairement des signes d’un accès de fièvre prochain, c’est de les obliger aussitôt de garder le lit , et d’employer toutes sortes de moyens pour les faire suer. Mais à quoi aboutissent ces sueurs hors de saison R Le voici : c’est que la fièvre qui aurait pu se dissiper d’elle-même , ou en tirant quelques onces de sang , devient alors plus violente , et forme une maladie considérable.

On sait que les sueurs qui viennent d’ellesmêmes au commencement de la fièvre , sont purement symptomatiques , et nullement critiques. Celles qui sont produites par les sudorifiques les premiers jours de la fièvre , ne servent pas ordinairement davantage pour la guérir , c’est-à-dire ne servent de rien du tout.

/jo. En second lieu, comme l’art ignore le vrai temps où il faut exciter les sueurs , il ne sait pas mieux combien on doitles fairedurer: car si elles durent au-delà du ternÿfs qui est nécessaire pour l’entière évacuation de la matière morbifique , elles privent le sang de la sérosité qui sert à le délayer et à le détremper ; et par-là elles ne font qu’entretenir et augmenter la fièvre.

On voit, par tout ce que nous venons de dire , quel est le danger des sudorifiques. La méthode de la saignée et de la purgation n’est pas sujette aux mêmes inconvéniens , et le Médecin est rpaî-

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tre de îa gouverner connue ii veut. D’ailleurs , s’il arrive qu elle ne guérisse pas la maladie , du moins elle ne met pas le malade en danger , comme font les sudorifiques. Car sans parler ici des cordiaux que Ton ne manque jamais d’employer dans cette dernière méthode , la seule chaleur du lit que l’on fait garder au malade plus long-temps qu’à l’ordinaire , trouble l’économie animale , produit des mouvemens convulsifs dans les membres , et cause d’autres symptômes toutà-fait irréguliers. C’est pourquoi il est impossible de les décrire , d’autant qu’ils n’entrent pas essentiellement dans l’histoire de la maladie , et qu’ils sont uniquement l’effet de îa mauvaise méthode que l’on emploie dans le traitement. 11 en est de même de la plupart des symptômes de toutes les autres maladies : aussi attribue- t on communément ces symptômes irréguliers à une prétendue malignité.

Ai. Cette idée de malignité a été beaucoup plus , Fa”s,se

. . , ° . 1V . 1 1 . de malignité,

pernicieuse au genre humain que i invention de combien a été la poudre à canon. On appelle fièvres malignes funesteausea'

i , VI ^ o re humain.

celles ou 1 inflammation est portée à un degré extraordinaire de violence. Là-dessus les Médecins se sont figuré qu’il y avait dans ces fièvres je ne sais quel venin qui devait être évacué par les pores de îa peau ; et en conséquence ils ont eu recours à des cordiaux , et de prétendus alexiphaimaques , et à un régime très-chaud dans des maladies qui demandaient les plus grands rafraichissans. C’est ainsi qu’ils se sont comportés dans Preuve de la petite-vérole, qui est une des maladies les son.parlarai* plus inflammatoires , et dans un grand nombre d’autres fièvres.

La cause de cette erreur a été apparemment les taches de pourpre et les autres exanthèmes de

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cette nature qu’ils ont aperçus , et qui cependant ne venaient dans la plupart des sujets que de ce que le sang déjà trop enflammé par la fièvre , l’avait été encore davantage par le mauvais traitement.

Il est rare que des taches de pourpre paraissent d’elles-mêmes et sans qu’on y ait donné occasion, excepté au commencement de la peste et au commencement d’une petite-vérole confluente extrêmement inflammatoire. Dans cette dernière maladie, l’éruption des pustules est accompagnée de taches livides que Ton aperçoit en différées endroits du corps, et en même temps le malade rend du sang par les conduits urinaires, ou par la trachée artère en toussant ; car le sang est si enflammé et si agité, qu’il rompt ses vaisseaux et s’extravase.

Il est vrai que dans la fièvre qui règne présentement , les taches de pourpre que l’on aperçoit quelquefois ne viennent pas d’une inflammation du sang aussi violente que celle qui produit des hémorrhagies; mais toujours viennent-elles d’une inflammation de ce liquide ; et pourvu qu’il ne s’y joigne pas une hémorrhagie, qui est l’unique symptôme de la petite-vérole , dont la Médecine n’ait pu encore venir à bout , elles cèdent sans peine au régime rafraîchissant.

4 2. Si les Médecins concluent qu’il y a de la malignité , non-seulement lorsqu’ils voient des taches de pourpre , mais encore lorsqu’ils observent que les symptômes de la fièvre sont trop légers , eu égard à sa nature , et que cependant le malade meurt baucoup plus tôt qu’on ne devait naturellement s’y attendre;

Je réponds que tout cela vient de ce que la nature étant, pour ainsi dire, accablée et vaincue dès le comment de la maladie , elle ne sau-

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rait produire des symptômes réguliers et proportionnés à la grandeur du mal ; d’où il arrive qu’elle n’en produit que d’irréguliers : car dans cet état la fièvre ne peut se développer ni se manifester , comme elle ferait sans cela.

Je me souviens d’avoir vu , il y a déjà plusieurs années , un exemple bien remarquable de cette vérité , dans la personne d’un jeune homme pour qui je fus appelé. On aurait cru d’abord qu’il allait rendre fame , tant on lui sentait peu de chaleur en le touchant ; et quand j’assurai qu’il avait la fièvre , mais que l’abondance du sang dont la nature était accablée et , pour ainsi dire , étouffée. empêchait cette fièvre de se développer et de se manifester , les assistons n’en voulaient rien croire. J’ajoutai qu’il fallait saigner le malade , et qu’on verrait aussitôt une fièvre assez violente. On fit une bonne saignée. La fièvre se déclara au point que je n’en ai jamais vu de plus violente. Aussi ne céda-t-elle qu’à la troisième ou à la quatrième saignée. Mais en voilà assez sur cette matière.

43. Si les raisons que j’ai alléguées en faveur de mon sentiment ne paraissent pas convainquantes et sans répliqué , il me suffit d’avoir pour moi l’expérience , qui m’apprend que la fièvre régnante ne cède pas volontiers aux sueurs. Car enfin l’expérience seule , et non aucun raisonnement , peut nous faire connaître quelles sont les fièvres qui se guérissent par les sueurs , et quelles sont celles qui se guérissent par d’autres évacuations. Et de fait , il n’est aucune personne sage, pour peu qifelle connaisse les hommes et la nature des choses , qui , dans les matières de pure spéculation , et qui ne sauraient être démontrees par des expériences certaines ? voulût em-

Preuve paf l'expérience.

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brasser aveuglément l’opinion d’un autre homme , quelqu’habile qu’il pût être. Une personne de ce caractère ne manquerait pas de réfléchir que les raisonnemens des hommes sont fort différens et fort incertains ; en sorte que l’un ayant proposé une théorie qui entraîne les suffrages de tous les assistans , tant elle paraît fondée sur des raisons solides ; un autre , peut-être plus habile , viendra ensuite , qui renversera une hypothèse si bien appuyée en apparence , et démontrera par des raisons plus frappantes , qu’elle n’est autre chose qu’une chimère dont il n’y a pas la moindre trace dans la nature. Mais à la place de cette hypothèse , il en substituera une nouvelle qui semblera encore plus vraisemblable et plus ingénieuse , et qui néanmoins aura le même sort que la précédente , dès qu elle sera combattue par un troisième homme , autant supérieur par son esprit au second , que celui-ci l’était au premier ; et la dispute recommencera toujours jusqu’à ce qu’011 rencontre enfin l’homme du plus grand génie. Or , l’extrême difficulté de découvrir cet homme , et de le distinguer des autres, paraîtra d’abord à quiconque ne sera pas assez vain et assez extravagant pour se croire lui-même tel ; et comme d’un côté on peut supposer vraisemblablement qu’il y a dans les vastes orbes, placés en différens endroits du firmament , un nombre presqu’iufini d’êtres , qui ont beaucoup plus d’intelligence et de pénétration que nous autres faibles mortels ; d’un autre côté , nous ne savons pas certainement si le Créateur n’a pas formé de telle manière le cerveau des hommes, qu’ils sont moins en état de découvrir ce qui est absolument vrai , que ce qui est le plus conforme à leur nature. Je dis cela pour ces Médecins qui,

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MoVe

connaître

dans la pratique de l’art, se conduisent plutôt par de vaines spéculations , que par une expérience appuyée sur le solide témoignage des sens (q).

44. On m’objectera peut-être que la fièvre dont 11 ci 1 1 1 kj il est question , se guérit souvent par une me- meilleure thode entièrement contraire à celle que je recom- 'he°Je mande ici. Je réponds qu il y a une très-grande différence entre une méthode tjui n est appuyée que sur quelques guérisons dont la JNatuie seule a été la cause , et une méthode qui , outre le grand nombre de guérisons qu elle opère , se trouve encore convenir aux symptômes natuiels de la maladie.

Par exemple , dans la petite-verole , plusieurs de ceux que I on traite par des cordiaux et un régime échauffant , ne laissent pas de guérir , et ceux que l’on traite par une méthode entièrement contraire , guérissent aussi. Quel est donc le moven de déterminer sûrement laquelle des deux méthodes doit être préférée ? Le voici. Je trouve que plus j’échauffe le malade , plus j augmente la fièvre , 1 inquiétude , le dciue et les autres symptômes. Au contraire , lorsque je le rafraîchis modérément, je diminue la fièvre et les autres symptômes ; les pustules sont plus grosses

(t) Comme la vérité et la Nature sont toujours les mêmes ; pour se convaincre de la vanité des systèmes , il n’y a qu’à considérer le grand nombre de ceux qui out été inventés , et les révolutions qu ils ont souffertes. Ceux qui régnent présentement n’étaient pas encore inventes il y a cinquante ans , ou du moins étaient peu ou point du tout suivis en ce temps-là , quoique la Nature fût assurément la même qu’aujourd hui ; et ils auront sans doute le même sort que ceux qui les ont precedes. lout bien examiué , ou trouvera que la plupart de nos connaissances de a Nature , sont uniquement le résultat de l’observation et de f experience ; mais , quant à la manière d’expliquer les opérations de la Nature , cela a change selon les temps , et changera toujours de meme. Aiusi , ou aoit peu comp ter sur ces sortes d’explications , lorsqu’elles ne sont pas appujees sur de# faits et sur le témoignage des sens.

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et la suppuration plus heureuse. Cela étant , on voit clairement laquelle des deux méthodes mérite la préférence.

45. De même dans la fièvre qui règne présentement , si je trouve que plus j’échauffe un malade , plus il est sujet au délire , aux taches de pourpre , et à toutes sortes de symptômes irréguliers ; et si j’observe , au contraire , qu’un autre malade que l’on traite par les rafraîchissans , se trouve tout-à-fait exempt de pareils symptômes , le bon sens m’oblige de croire que cette dernière méthode vaut beaucoup mieux que la prémière , quoique les deux malades qui ont été traités d’une manière si différente , ne laissent peut-être pas de guérir l’un et l’autre. Mais s’il en guérit réellement davantage par la dernière méthode que par la première , il est encore plus facile de décider la difficulté. Or , je laisse aux personnes désintéressées a juger ce qui en est.

46. Voilà tout ce que j’avais à dire sur la fièvre dont il s’agit. Je ne saurais deviner combien elle durera encore. Peut-être même n est-elle que le commencement, et, pour ainsi dire, l’ébauche d’une fièvre dépuratoire semblable à celle qui fut suivie de la grande peste de Londres. Ce qui me porterait à le croire , c’est que non-seulement il reste de véritables fièvres intermittentes répandues par-ci par-là, et sur-tout des fièvres quartes, mais encore que les continues se changent quelquefois en intermittentes, sur-tout dans la saison présente qui est la fin de l’été. D’ailleurs , les redoublemens qui arrivent dans la fièvre régnante , ressemblent en quelque chose aux accès des fièvres intermittentes , et les malades ont assez de disposition à vomir.

Cependant je ne veux rien décider là-dessus ,

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Sautant que je ne me souviens pas maintenant de quelle façon commença la fièvre dépuratoire, ainsi que je l’ai déclaré dans le traité des Maladies aiguës, section i , chapitre 3, en ces termes: ® saurais dire combien de temps cette fièvre

» continue avait déjà régné, parce que je m’étais » contenté jusqu alors de faire attention aux symp- » tomes généraux des fièvres , n’ayant point en- » core pris garde qu’on pouvait les distinguer » suivant les diverses températures des années , » ou suivant les divers temps qu’il fait dans une * même année ».

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