‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 9 sur 156 · A HENRI PAM AN · texte numérisé non relu

A HENRI PAM AN

Membre et Orateur public de l’Université de Cambrige , et Professeur en Médecine dans le Collège de Gresham , à Londres.

Sur Vhistoire et le traitement du mal vénérien, M 0NS1EUR ,

Modestie de i. Quand vous appelez mon Traité des Maladies l’Auteur, aigues un ouvrage achevé , c'est un effet de votre politesse et de votre amitié pour moi; mais l’idée que j’en ai est bien différente. Je ne le regarde que comme un léger essai , et je pense n avoir fait autre chose que de montrer le chemin à ceux qui , ayant plus de génie que moi , pourront donner quelque chose de mieux sur l’histoire de la curation de ces maladies. Je ressemble à une pierre à èguiser qui , sans pouvoir couper elle-même , ne laisse pas de rendre le fer tranchant (i).

Difficulté 2. En effet , la Nature agit de tant de manières d’ecrxre sur les différentes dans la production des maladies aigues,

maladies ai- V u '

gués.

Fungor vice cotis , acutum (i) Redder e qucç ferrum valet 5 exson ipsa secandi.

Rép. de Thomas Sydenham a Henri P am an. 49

et ses allures sont si délicates et si variées, que la vie d’un homme , quelque longue qu elle soit, ne suffit pas pour décrire comme il faut les divers symptômes de ces maladies, et le traitement qui leur convient. Que dis-je , la vie d’un homme ? celle de dix hommes qui se succéderaient les uns aux autres pendant un pareil nombre de siècles , et qui joindraient à tout le génie , la sagacité possible , un travail infatigable, une pratique continuelle et des observations sans nombre , ne serait pas trop longue pour un tel ouvrage. Vous voyez donc que je suis bien éloigné d avoir acquis , ou de croire avoir acquis une parfaite connaissance de la Médecine. Je me rends trop de justice pour cela, et je connais trop bien mon peu de capacité (i).

3. Quant aux maladies chroniques dont je vous avais fait espérer que je pourrais écrire l’histoire, j’ai tellement ce dessein à cœur, que, si je désire que le Ciel prolonge mes jours, c’est principalement , ce me semble , afin de pouvoir laisser sur cette matière quelque chose d’utile au genre humain ; mais je sens chaque jour combien une pareille entreprise est difficile, sur-tout pour moi qui n’ai pas cette pénétration d’esprit et cette sagacité qui seraient ici nécessaires. D’ailleurs , les Auteurs de Médecine , si on excepte le grand Hippocrate et un très-petit nombre d’autres , ne me fournissent presque aucun secours dans la route inconnue où je dois marcher , et qui est toute semée de ronces et d’épines. Les lumières qu’ils présentent ne sont que fausses et trompeuses lueurs , très-propres à égarer et à faire tomber dans le précipice , mais incapables de guider comme

(j j Mecuin habita , et novi quam sit rnihi curta supellex.

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