‹ Médecine pratiqueChapitre 106 sur 115 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Du Rhumatisme.

Causes du lîiu- I. (^ETTE maladie arrive dans toutes les saisons, “symptôme^* particulièrement en autofnne, elle attaque principalement les personnes qui sont dans la vigueur de l’âge. Elle vient d’ordinaire pour avoir eu froid tout à coup ■ lorsqu’on s’était échauffé par un violent exercice , ou de qîielqu’autre manière. Elle commence par un frisson , qui est suivi de chaleur , d’inquiétude , de soif et des autres symptômes de la lièvre. Après un ou deux jours de temps , et quelquefois plus tôt , il survient une douleur cruelle , tantôt dans un membre, tantôt dans un autre, aux épaules, aux poignets, et principalement aux genoux. Cette douleur passe alternativement d’un endroit à un autre ,

(i) Cela ne doit s’entendre que des brûlures légères, où l’huile de térébenthine est un bon remède ; couime aussi un décoction d’oxycrat et de sel , apphqiéo chaude sur la partie , et souvent renouvelée. Il est eucore fort utile arapprociifci du feu la partie , et de la tenir de cette sorte aussi loug-teinps que fou peut, cela résout le sang coagulé , et empêche qu’il ne survienne des ampouies et d’autres fâcheux symptômes. Voyez ü^ist^r, Insiituî, chi' n^urg.p. Lih. 4.

Du PiHUMATISME.

êt laisse de la rousreur et de la tumeur dans celui ^

qii elle occupe le dernier.

La fièvre et les autres symptômes mentionnés ci-dessus subsistent quelquefois avec la douleur les premiers jours de la maladie ; ensuite la fièvre s’évanouit insensiblement , sans que la douleur cesse. Quelquefois même elle devient encore plus cruelle , parce que la matière fébrile s"est alors jetée sur les membres; et c’est ce que marquent assez les fréquens retours de fièvre qui arrivent lorsque la matière morbifique se trouve répercutée par des remèdes extérieurs employés mal à propos.

2. Quand le rhumatisme n’est pas accompagné Il est souvent de fièvre , il passe souvent sous le nom de goutte, quoiqu’il en diffère essentiellement , comme savent très-bien ceux qui connaissent à fond ces deux maladies ; et c’est peut-être parce cju’on les a confondues ensemble , que les Auteurs ont traité si légèrement la matière du rhumatisme.

Peut-être aussi est-il une maladie nouvelle qui est venue se joindre à toutes les autres (i).

Quoiqu’il en soit, elle n’est que trop corn- C’est une taa

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quoique noa

mune présentement; et quoiqu’elle soit très-ra-

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(i)I)ans le ibumatisrue , la douleur attaque les muscles conjointement avec la membrane commune et leurs tendons , mais dans la goutte elle attaque les ligamens. Dans la goutte commençante, le siège de la douleur est principalement à la surface des ligamens; et dans la goutte qucienne , l’humeur morbifique qui cause la douleur est située plus profondément , et occupe plus d’espace eutre les os. H y a encore cette différence entre la goutte et le rliumatisme : la goutte revient plus souvent, cause plus de douleur, dure plus long-temps , et se guérir plus difficilement ; le rhumatisme n’attaque quelquefois nue personne qu’une ou deux fois daus sa vie, ne dure pas si longtemps , et se guérit plus aisément. La douleur diffère aussi dans les deux maladies; dans le rbumatisipe elle est tensive , grava tive, accompagnée de fro'ideur , et sans aucune enflure ou rougeur remarquable : dans la gouîte elle est perçante, dccbii ante , et menace pour ainsi dire de fairç crever la partie affectée qui SS trouve très-enflée cî très-rouge.

Du Rhuma.tî$me.

Section VI.

Rhumatisme lies lombes.

rement mortelle quand une fois il a plus de fièvre , cependant la violence et la longue durée des douleurs qu’elle fait sentir ne permettent pas de la négliger ; car si on la traite mal, elle persiste assez souvent durant plusieurs mois et même durant plusieurs années , quelquefois même toute la vie , non pas , à la vérité, sans intervalles , mais par des accès qui reviennent de temps en temps comme ceux de la goutte.

Il arrive aussi quelquefois que les douleurs rhumatismales, après avoir duré long-temps et s’être faitsentir cruellement, cessent enfin d ellesmêmes. Mais alors les parties affectées demeurent entièrement privées de mouvement pendant tout le reste de la vie du malade. Les articulations des doigts sont, pour ainsi dire , renversées, et il y a, comme dans la goutte, des nodosités, surtout au côté interne des doigts. Du reste , l’appétit est bon . et le malade se porte bien d’ailleurs.

3. Il y a une autre sorte de rhumatisme , qui est ordinairement regardé comme une maladie d’un autre genre, et qu’on peut très-bien nommer rhumatisme des lombes. On ressent à la région des lombes une douleur fixe et très-violente qui s’étend quelquefois jusqu’à l’os sacrum , et ressemble à la colique néphrétique , si ce n’est que le malade ne vomit pas : car outre la douleur cruelle et presque insupportable que l’on souffre aux environs des reins , on en ressent quelquefois une tout le long des uretèresjusqu’à la vessie. Il est vrai que cette dernière douleur est moina violente que l’autre. Cependant j’ai été trompé autrefois, croyant qu’elle venait de quelque gravier arrêté dans les uretères ; au lieu qu’elle est réellement causée par la matière enflammée du rhutnatisme qui , abaudonnant le reste du corps^

Du Rhumatisme. 3S5

se jette sur ces endroits-là , et y produit une ardeur brûlante.

Si on ne traite pas cette seconde sorte de rhumatisme de la meme façon que la premièi’e , elle dure aussi long temps , et nVst pas moins cruelle. Les malades ne peuvent demeurer couchés; ils sont obligés de se lever, ou de se tenir assis dans leur lit , et cela avec un agitation continuelle , se penchant tantôt en devant , tantôt en arrière.

4. Les symptômes de ces deux sortes de rhumatismes font assez voir qu’ils viennent d’une inflammation, et on n’en doutera pas si on examine la couleur du sang que l’on tire aux malades; car il est parfaitement semblable à celui des pleurétiques. Les choses étant ainsi, je crois que le traitement du rhumatisme consiste , d’un côté, à diminuer parla saignée le volume du sang; et de l’autre, à tempérer son ardeur par des remèdes rafraîchissans et incrassans , et par un régime convenable, (i).

Sitôt donc que je suis appelé auprès d’un malade , je lui fais tirer dix onces de sang au bras du côté du mal, et je lui ordonne un julep rafraîchissant et incrassant , à peu près de la manière suivante.

Prenez des eaux de nénuphar ^ de pourpier et

(i) Pour traiter oette maladie , il faut examiner si elle est nouvelle , et provient d’une abondance de sang ; ou si elle est ancienne , et provient d’un amas de sérosité vicieuse ; et il faut régbr les indications suivant ces différences.

Dans le premier cas. la saignée , dès le commencement, est le plus prompt remède ; mais dans le second cas on doit l’éviter soigneusement, sur-tont dans les tempérameus délicats et froids , et dans les gens âgés.

Les doux diaphorétiques mêlés avec le nitre, et donnés souvent et à petites doses , réussissent très-bien dans les deux cas. Les laxatifs conviennent encore extrêmement , et aussi le bain chaud dans le déclin de la maladiej Dans le rhumatisme froid rien n’est au-dessus des vésicatoires. Les uarçotiquea sont nécessaires lorsque la doulçur est fort violente.

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