Tome
Chap. V.
Ces deux sortes de rliù" matismes viennent d’une inflammation.
Comment iî faut les traiter.
Julep rafraîçhissanC
S56 Dü Rhumatisme.
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Eégime,
Coftibien de fois il faut sa igoer.
de laitue^ d chacune quatre once s\ sirop de lirndh^ une once et demie ; sùop violât ^ une once. Mêlez tout cela pour un julep, dont le mala .e boira à sa volonté.
Ou bien j’ordonne l’émulsion qui a été décrite dans le traitement de la pleurésie.
Pour calmer la douleur, je fais appliquer sur la partie affectée un cataplasme de mie de pain blanc et de lait avec le safran, ou bien une feuille de choux , et j’ai soin qu’on renouvelle souvent cette application (i).
5. Quant au régime , je défends entièrement la viande et meme les bouillons de viande les plus légers. J’y substitue des décoctions d’orge ou d’avoine , des panades , et autres choses semblables. Je ne donne pour boisson que de la petite-bière, ou , ce qui vaut encore mieux, de la tisane d’orge avec la racine d’oseille, la réglisse , etc., bouillies clans l’eau de fontaine. Je veux que le malade se tienne levé tous les jours pendant quelques heures, parce que la chaleur du lit. quand on le garde continuellement, ne sert qu’à augmenter la maladie.
6. Le lendemain, je fais tirer la meme quantité de sang que la premiere fois , et après un ou
(i) Voici un très-bon liniment qui est tiré d’Hoffaiann.
Prenez eau de la Reine de Hongrie , deux onces ; baume du Pérou , deux gros; thériaque vieille , un gros : faites infuser cela ensemble pejidant quelque temps , et passez ensuite la liqueur , à laquelle mous ajouterez des teintures de safran et de castoreum , de chacune deux gros ; huile de noix muscade , scrupule ; camphre , un gros , pour un liniment dont mous frotterez sou~ vent les parties affligées.
S’il reste dans la partie une roidenr et un engourdissement causés par la longue douleur , on pourra user du liniment suivant , qui a souvent produit des effets merveilleux.
Prenez graisse humaine , deux onces ; baume du Pérou et huile de giro-» fie , de chacun deux gros: mêlez cela ensemble pour s'en servir comme dt( liniment précédent.
Du Rhumatisme.
deux jours d’intervalle, suivant les forees malade; ensuite, laissant un intervalle de trois, ou de quatre jours, à proportion des forces, de l’âge, du tempérament du malade, et des autres circonstances, je réitère la saignée pour la quatrième et ordinairement la dernière fois. Il est rare que j’aille au-delà, a moins que le malade n’ait usé d’un régime trop chaud, ou qu’on ne lui ait donné mal à propos des remèdes échauffans.
Si on employait les narcotiques, il faudrait sai- inconvëniens gner davantage. C’est pourquoi, quelque violentes «arcoti-
*9'I* 1 Cl ci Its
cjLie soient les douleurs, je m abstiens scrupuleu- cette maladie, sement d’employer ces sortes de remèdes pendant toute la maladie, lorsque j’ai dessein de la guérir par la saignée; car les narcotiques ne font que fixer le mal, et rendre la saignée moins efficace; et quand on les a donnés, on est obligé de la réitérer plus souvent qu’il n’aurait été besoin sans cela. Dans la force meme de la maladie, les narcotiques sont incapables de calmer les douleurs.
7. Les jours c[u’onne saigne pas, je fais donner Quand est-ce un lavement avec le lait et le sucre. On continue îe^ remèdes et le régime ordonnés ci-devant au moins pendant huit jours depuis la dernière saignée , et je suis exact là-dessus. Au bout de ces huit jours , je fais prendre , le matin , une potion purgative douce ; et le soir du meme jour une assez forte dose de sirop diacode dans l’eau de primevère, afin d’arrêter entièrement l’orgasme du sang , qui autrement pourrait causer une rechute. Tout cela étant fini, je permets au malade de reprendre peu à peu sa manière de vivre ordinaire, c’est-àdire ses alimens, ses exercices et son air accoutumé; si ce n’est que je lui interdis encore pour long-temps le vin et toute sorte de liqueuri^
Dü Rhumatisme.
SüCTJON VI.
spiritueuses , lesalimens salés ou épicés, et toutes
les choses indigestes.
fets d’une méthode contrai* re.
8. Après qu’on aura fait le nombre de saignées que je recommande, les douleurs du malade diminueront beaucoup , quoiqu’elles ne cessent pas entièrement; mais, quand il aura repris les forces qu’il avait perdues par les saignées, surtout s’il se trouve dans un temps de l’année j^lus favorable que celui où sa maladie a commencé,
. tous les symptômes disparaîtront , et il se portera ensuite à merveille.
Mauvais ef- q. On viciit Ordinairement à bout de guérir le rhumatisme par la méthode que nous avons expliquée , ou par quelque autre semblable , pourvu qu’on l’emploie de bonne heure et dès le commencement de la maladie; mais il arrive assez souvent que , quand on a suivi une méthode contraire, le malade demeure toute sa vie sujet à des douleurs vagues, tantôt plus violentes, et tantôt moins violentes. Ces douleurs en imposent facilement à ceux qui ne sont pas bien attentifs, et on les prend ordinairement pour des symptômes du scorbut.
Le scoïbüt A la vérité, je ne doute point que le scorbut mun qu’o^uê rcncontrc véritablement dans nos pays septentrionaux. Mais aussi je suis persuadé qu’il n’y est pas si fréquent qu’on le croit d’ordinaire; et que plusieurs affections que nous jugeons à propos de traiter de scorbutiques , sont uniquement des maladies commençantes et qui n’ont point encore de type certain , ou de malheureux restes de quelque maladie qui n’a pas été guérie parfaitement, et qui corrompt le sang et les autres humeurs.
Par exemple, lorsqu’il s’est formé depuis peu dans le corps quelque matière propre à causer
eroit.
Du Rhumattsmê.
la goutte, et que cependant elle ne s’est pas encore jetée sur les extrémités, il paraîtra divers symptômes qui feront soupçonner le scorbut, jusqu’à ce que la goutte étant formée et se faisant actuellement sentir, ne laisse plus aucun lieu de douter de la nature de la maladie.
10. Je n’ignore pas aussi que quand l’attaque de goutte est passée, il survient au malade plusieurs symptômes qui ressemblent à ceux du scorbut. La raison de cela est que la ]N[ature, soit qu’elle ait été troublée par des évacuans employés mal à propos, ou par quelque autre cause, soit que le grand âge du malade la rende trop faible, n’a pu déposer sur les extrémités la matière goutteuse. Cette matière ainsi retenue dans le sang, et ne pouvant s’assimiler avec ce liquide, en corrompt toute la masse , et produit une infinité de symptômes très-fâcheux.
Ce que je dis ici de la goutte , doit s’entendre pareillement de l’hydropisie commençante. Et quoiqu’on dise ordinairement que l’hydropisie commence où finit le scorbut , cette règle ne signifie très-souvent autre chose, sinon que, lorsque l’bydropisie commence à se déclarer par des signes évidens, l’idée qu’on s’étâit formée d’uii prétendu scorbut , se dissipé aussitôt. On peut avancer la même chose de quantité d’autres maladies chroniques, ou de maladies qui commencent, et n’ont pas encore de type certain, ou meme de quelques maladies qui ont été guéries , mais ne l’ont pas été parfaitement.
Et certes, sî l’on ne convient pas de cette vérité, le nom de scorbut^ de la manière que les choses vont aujourd’hui , deviendra un nom général qui comprendra presque toutes les maladies. Mais , si l’on s’applique sérieusement à découvrir le carac-
Dü Rhumatisme.
essentiel de chaque maladie, à travers le voile SjectionVI. , */]* -1 i 1
des symptômes irregiiiiers qui la couvrent , on la
reconnaîtra bientôt telle qu’elle est réellement , et il sera facile de lui assigner la classe qui lui convient. Alors il faudra se régler pour le traitement, non sur les symptômes irréguliers dont elle est accompagnée , mais sur la maladie elle-même actuellement existante, et entièrement déclarée.
Les fréqtien- 1 1. Lorsque le rhumatisme a déjà duré plusieurs convfenuent 300608 , et a jetc par conscqueiit de proiondes dans nn racincs , OU oo doit pas faire des saignées si pro-
rhnmatisme . , i , i ^
invétéré, chcs ies uiies des autres, que dans le oommencement de la maladie; mais il faut mettre un intervalle de quelques semaines entre chaque saignée. On évacuera entièrement par ce moyen la matière morbifique; ou du moins on sera en état, après les saignées , de détruire les restes de cette matière, en ouvrant un cautère à une des jambes , ou en donnant matin et soir quelques gouttes d’un esprit volatil ' dans du vin de Canarie.
Rhumatisme T 2. Cependant, quelque différence qu’il y ait fccorhiiüque. le vrai rhumatisme et le scorbut, comme
nous avons dit ci-devant, on doit avouer qu’il y a une sorte de rhumatisme qui approche beaucoup du scorbut , puisqu’il en imite les principaux symptômes, et qu’il demande presque les mêmes remèdes : c’est pourquoi je le nomme rhumatisme scorbutique (i). La douleur attaque
(i) Hoffmann observe aussi qu’il y a un rhumatisme scorbutique , dans lequel toute la lymphe et la sérosité du sang sont viciées et remplies de parties impures, excrémentitielles , sulfureuses , salines et âcres qui sc manifestent dans l’oicasion par différentes sortes d’éruptions. Cette maladie est causée par des ulimens mal sains , salés , et de digestion difficile , par uue vie oisive et sédentaire , par un air grossier et croupissant , et par de longs déplaisirs : de là vient que les habitans des côtes de la mer y sont plus sujets que les autres.
Les remèties délayans et adoucissaas , long-temps contiaués , sont ies
Du Rhumatisme.
CiiAp. Y.
tantôt une partie du corps, et tantôt une autre; mais elle n’y cause pas souvent de tumeur, comme dans ie rhumatisme ordinaire, et elle n’est pas accompagnée de fièvre ; d’ailleurs elle n’est pas aussi fixe , mais plus vague et plus inconstante , parce qu’elle est accompagnée de symptômes irréguliers.. Quelquefois elle n’occupe que les parties externes, et d’autres fois elle se jette sur les parties internes , qu’elle abandonne ensuite pour revenir sur les externes. Elle tourmente ainsi le malade par cette alternative, et dure aussi long- temps qu’aucune maladie chronique.
Les femmes sont les plus sujettes au rhumatisme scorbutique, de meme que les hommes d’un tempérament faible. Cela me porterait à croire cpie cette maladie doit être mise au nombre des affections hystériques, si quantité d’expériences ne m’avaient montré qu’elle ne cède nullement aux remèdes hystériques. Les personnes qui ont usé pendant longtemps du quinquina, sont encore sujettes à cette maladie; et c’est-là, pour le dire en passant , le seul mauvais effet que j’aie jamais vu produire au quinquina. ^
i3. Mais, soit que le rhumatisme scorbutique Comment oa vienne de là ou de quelque autre cause , on le guérit très-facilement par l’usage des remèdes suivans ; et si je n’avais pas préféré l’utilité publique à mon intérêt particulier , j’aurais dû les passer sous silence ; car , par leur moyen , et sans faire autre chose, j’ai guéri, du rhumatisme dont il s’agit, quantité de gens auxquels ni les saignées souvent réitérées, ni les purgatifs, ni la diète lactée , ni les poudres absorbantes , etc. , n’avaient
plus convenables dans cette maladie. Les eaux minérales bues avec le lait, ea y joignant un régime ocnvenable , sont aussi ti'ès-eiïicaces.
36% Dr Rhumatisme,
Section YJ.
Eîectuaire antiaçorbuti^ue.
Eau antîscorhutifjue*
absoîaroent servi de rien. Voici quels sont ces remèdes.
Prenez conserve de cochlearia des jardins , deux onces ; conserve d alleluia , une once ; poudre darum composée (ij ^ six gros ; et^ avec suffisante quantité de sirop d orange^ faites un électuaire dont on donnera au malade deux gros trois fois le jour pendant un mois entier \ et par-dessus il avalera trois onces de Veau suivante.
Prenez cochlearia des jardins., huit poignées'., heccahunga , cresson de fontaine., sauge et menthe , de chacun quatre poignées'., les écorces de six oranges ; et demi-gros de> noix muscade concassée : faites infuser tout cela dans douze livres de bière de Brunswick : distillez ensuite à la manière ordinaire ^ et retirez seulement six livres de liqueur.
Il faudra s’en tenir exactement à la dose de pondre d’arum que j’ai marquée pour l’électuaire , ou du moins ne la pas diminuer.
^Wa-VfcO^Vt'VVVV'V^VVa/VAafVVVV^A'VVmm'IA.'VVVVaajVV'l'V'IA'VV'VV'VVVV'V'VVi'Vt'VV'VV'VV'VV'VV'V»