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Je n’accorcle au malade , pour sa nourriture

Chap. YI.

que des décoctions d’orge ou d’avoine avec des pommes cuites; sa boisson est de la bière trèslégère , et je veux que tous les jours il soit levé pendant quelques heures. Par cette méthode , la lièvre et Ifs autres symptômes cessent d’ordinaire en très-peu de temps ; mais s’ils ne cessent pas , je lais une seconde saignée : on est quelquefois

obligé d’en venir a une

troisième , savoir , lors¬

que le sang est mauvais et la fièvre violente ; mais il faut toujours mettre entre chaque saignée un jour d’intervalle.

Les jours qu’on ne saigne pas le malade , on lui donne un lavement avec le lait et le sirop violât , et on lui fait prendre à chaque heure du jour des juleps rafraîchissans , dont j’ai parlé dans la curation des rhumatismes , et qui sont préparés avec l’eau de nénufar, etc. Le plus souvent une seule saignée faite de bonne heure , et ensuite une purgation , suffisent pour guérir la maladie.

L’érysipèle qui ressemble à des piqûres d’orties , et c[ui est accompagné de démangeaison , doit être traité de meme , si ce n’est qu’on n’est pas obligé d’y employer tant de topiques.

6. Mais , quoique l’érysipèle , et même la plu- Certaîisss part des maladies qui attaquent la peau , et qui

A ^ ^ f K ^ nees deman-

sont accompagnées de quelqu eruption , pourvu dent un autre

tfaiteitfçaî.

ma-

anodine qu’elle fût , et la maladie était accompagnée d’une violente fièvre ^ de beaucoup de soif et d’agitation ; néanmoins elle céda plus tôt qu’on espérait aux. saignées réitérées, aux doux purgatifs délayans, bus copieusement , aux remèdes nitreux , aux cataplasmes émolliens souvent renouvelés, et composés principalement avec l’écorce de sureau bouillie dans le lait, où l’oa ajoutait un peu d’onguent de sureau.

On espérait qu’une inflammation si considérable ranimerait la chaleur naturelle du bras , et lui rendrait en quelque manière son mouvement; mais «ela n’arriva point , et le bras demeura aussi immobile qu’auparavant.

De la Fièvre érysipélateuse.

Section TI.

Quel est ce traitement.

qu’elles ne soient pas des maladies chroniques cèdent aisément à cette méthode , savoir , à la saignée età lapurgation réitérée ; il y en a cependant quelques-unes qui demandent un traitement toutà-fait différent , et où ni les saignées , ni les purgations réitérées, ni les poudres absorbantes, destinées à adoucir le sang , ne sont d’aucune uti-i lité , à cause de certaines matières récréraenfitielles d’un mauvais caractère , qui sont engagées intimement dans le tissu de la peau , et qui ne peuvent en aucune façon en être délogées , sinon par des remèdes propres à donner de la force et de la vigueur au sang , et capables par conséquent d’ouvrir les pores de la peau. Aussi , dans les démangeaisons violentes , eî dans d’autres maladies cutanées de ce genre , et invétérées , j’ai employé avec beaucoup de succès les remèdes suivans.

Prenez thériaque d Andromaque , demi-gros ; éïectuaire dœuf^ un scrupule ; radne de serpen^taire de virginie réduite en poudre ttès-fîne , quinze grains ; bezoard oriental^ cinq grains ; sirop d écorce de citron , quantité suffîsa te : formez de tout cela un bol qui sera donné le matin à jeun , et le soir à ï heure du sommeil pendant vingt et un jours \ et le malade boira pai -dessus six cuillerées du julep suivant.

Juîep cordial. Prciiez cau de chardon béni , six onces ; eau épidémique , et eau thériacale distillée ; de chacune deux onces ; sirop d œillets., une once\ mêlez cela pour un julep.

7. Tous les matins , après avoir pris ce remède , il faudra que le malade sue dans son lit pendant une heure ou deux , ou plutôt qu’on le tienne durant ce temps-là dans une légère moiteur , en le couvrant plus qu’à l’ordinaire.

Eol sudorifique.

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De la FiivRE :érysipelateuse. 871

Après les vin^t et un jours , si les pustules ne ^

S évanouissent pas, on frottera les parties malades avec le liniment sinvant.

Prenez racine de patience sauvage d^-

deux onces ; onguent pomatum , une once ; fleurs de soufre , trois gros ; huile de bois de Rhodes , un demi-scrupule : mêlez tout cela pour un Uniment.

Mais il ne faut user de ces derniers remèdes Saignée et qu’après avoir saigné et purgé le malade: et si la saignée et la purgation ne suffisent pas seules dercesderpour la guérison entière, du moins elles garantiront de la fievre que l’usage des remèdes éehauffans qu’on emploie ensuite ne manquerait pas de causer.

8. Il y a une autre espèce d’éruption moins Éruption fréquente, et qui ne demande absolument au- quinte, et son cune sorte d’évacuation. Elle paraît quelquefois .sur les autres parties du corps , mais le plus souvent sur la poitrine, et elle se fixe dans un endroit par une tache fort large qui s’élève à peine au-dessus de la peau, qui est furfureuse, et qui fournit des écailles jaunâtres. Tant que cette tache subsiste, le malade se porte assez bien ; mais quand elle s’évanouit , comme cela arrive souvent, il est légèrement indisposé: son urine devient trouble , et d’un rouge qui tire sur le jaune.

Ce mal se guérit par les memes remèdes que Ton emploie dans la démangeaison violente et opiniâtre , si ce n’est qu’il n’y faut point d’évacuations; mais il est absolument nécessaire d’accorder au malade l’usage du vin et des viandes faciles à digérer, et tous les rafrîchissans y sont plus nuisibles qu’utiles. Cependant on ne saurait quelquefois venir a bout de cette éruption

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