OEUVRES DE SYDENHAM
Oi les Auteurs qui ont écrit avec distinction sur quelque matière , méritent d’être connus par des traductions de leurs Ouvrages , on peut dire avec tondement qu’entre les Auteurs de Médecine Sydenham le mérite d’une façon particulière.
Les Ouvrages qu’il nous a” laissés ne sont pas de ces fruits d’une imagination vive et féconde , de ces explications ingénieuses des causes qui produisent les maladies , de ces vains systèmes dont les livres de Médecine ne sont que trop remplis et qui sont plus propres à occuper des Philosophes oisifs , qu cà instruire dans l’Art de guérir. Ce sont des observations de bien des années , et faites sur une infinité de malades avec tout le soin et l’apphcation imaginables, par un homme d’un eénie supérieur, d’une bonne foi et d’une sincérité merveilleuses, et qui joignait à un esprit cultivé par les Sciences, cette prudence et cette sagesse qui font le caractère d’un véritable Médecin, et sans lesquelles il ne saurait employer utilement dans 1 exercice de sa profession ,"les lumières et les connaissances qui lui sont d’ailleurs si nécessaires.
avertissement
Svdenham est le premier d’entre les mocl^nes mii nous ait donné un Recueil considérable d observations. Je n’entends pas ici par le terme d observations, un amas de faits particuliers qui souven ne mènent à rien , quoique je ne nie pas qu ils ne puissent avoir quelquefois leur utilité . j
desdescriptionsexactesdemaladies,etdesmethoctes
curatives qui résultent d un très-gran nom 3re d’observations particulières , et qui deviennent
alors des règles de pratique.
On peut juger combien un Ouvrage cle cette
nature est propre à perfectionner la Medecuie. Aussi l’exemple de Sydenham a^t-il animé plusieurs autres Auteurs qui nous ont donné , depuis lui ,
d’excellentes observations, ^ i v ^
Je sais qu’un célèbre Médecin , dont on a publie depuis peu les Ouvrages posthumes, ^ affecte de rabaisser , et même de rendre suspectes les Observations de notre Auteur , en disant qu’il a écrit ce qu’il a vu , ou du moins ce qu’il a cru voir ; mais il iTest rien qu’on ne puisse rendre suspect par une semblable réflexion.
D’ailleurs, celui qui parle de la sorte de Sydenham, ne traite pas mieux les autres Auteurs de Médecine , et il parait les mépriser tous également. H y a apparence que le Public équitable n’en jugera pas tout-à-fait de même, et qu’il leur rendra plus de justice.
Mais, dira-t-on, quelle nécessité de traduire Sydenham en Français ? n’est-ce pas mettre des armes entre les mains des ignorans ? Objection usée , et mille fois réfutée. N a-t-on pas écrit en français ou traduit en celte langue une infinité de livres sur des matières encore plus délicates ? L’abus qu’on peut en faire est-il une raison suffi- .sante pour les supprimer , et peut-il contrebalancer
■DU traducteur. ^
les .avantages qu’on en râire ? D’un autre cote , n’abuse-t-on pas des meilleures choses ■ Et n peut-on pas abuser aussi d’un livre Laim ?
Quand on donne en Français les ouvrages de Svdenbam , c’est afin que les personnes qui n entendent pas la langue Latine, puissent en protiter, et que ceux même qui l’entendent, mais qui aiment encore mieux ce qui est écrit dans leui .angue naturelle , lisent plus volontiers des écrits si
instructifs et si utiles. . ,
Ce n’est pas qu’en parlant ainsi , je pretende
ciue Svdenbam soit exempt de fautes; on lui en a reproché plusieurs. Les uns ont trouve, par exemple, qu’il ne saignait pas assez dans la pleurésie ; les autres , que la quantité de quincpiina qu’il prescrivait dans les fièvres quartes était insutfisantl Ceux-ci l’ont blâmé de ce qu il interdisait les lavemens dans certaines fièvres , de p' itr d empêcher la coction légitime de 1 humeur morbifique; ceux-là ont condamné le granc usa-,e c[u i fidsait de l’opium ; d’autres ont cru qu d trop de rafraîchissans dans le traitement de la
petite-vérole confluente , etc.
Mais quand Sydenham ne se serait trompe en rien, il n’en faudrait pas conclure quon dut le suivre en tout. Il faudrait pour cela rencontrer précisément les mêmes miladies , les rnemes temperamens, et ainsi de tout le reste. D’ailleurs ce qiu convient dans un pays , ne
autre, où il se trouve de grandes differences pai
rapport aux alimens , à la maniéré de e ’ tempérameiis , à l’air, aux mala les , a à l’effet des remèdes, a plusieurs au res circonstances qui demandent une grande attention ZTu du Médecin , et qui l’obligent .le se regler sur cc qui est plus convenable au pays ou il exerc®
avertissemejyt
son art, et non pas précisément sur ce qu’ont pratique en d au très climats d’illustres Médecins.
A la vente , ils doivent lui servir de guidesmais il ne doit pas les suivre aveuglément • il doit profiter de leurs lumières, mais non pas sV abandonner entièrement. ^ ^
Je demanderais volontiers à ceux qui craindraient qu on abusât des OEuvres de Sydenham traduites en Français , s’ils n’appréhenLaienr pas
il P®”*" fi’H.ppocrate, de GaliL ,
et de tous les autres Auteurs de Médecine , tant
anciens que modernes. Il s’ensuivrait de-lâ qu’on
n en devrait traduire aucun , et même qu’on ne
devrait rmn écrire sur la Médecine en la^ue vul-
gane. Idee ansurde et extravagante qui ne peut
partir que d un esprit aveuglé par des préjugés
ridicules , ou sottement jaloux de sa prétendue science, ^
1 Médecins Grecs , les Latins ,
les Arabes ont-ds écrit sur la Médecine chacun dans leur langue naturelle ? Pourquoi un grand nombre de Médecins de nos jours publient-ils,
de art . I lut a Dieu que tout le monde fût un peu instruit dans la Médecine! Les Médecins pratiqueraient avec plus d’agrément et de succès On
en sent assez les raisons, sans qu’il soit nécessaire de les expliquer.
Et qu’on ne dise pas qu’il y a dans .Sydenham quantité de formules qui peuvent devenir nuisibles par le mauvrii- usage qu’il est aisé d’en faire. J’ai déjà répondu a cette objection ; et j’ajoute que , SI elle avait ici quelque force , elle en aurait encore
b.endavantagecontreuneinfinitéd’autresouvrages
c e Medecine qui sont beaucoup plus chargés de formules, proposées souvent au hasard , ou avec