Voici le vomitif dont je me servais ordinairement
Potion To- Prenez infusion de safran des métaux , six gros ;
Oxymel scAllitique et syrop de scabieuse composé^ de chacun demi once.
Mêlez tout cela ensemble pour une potion émétique.
Émétiques faisais prendre cette potion l’après-mldi ,
antiinoîîîaus; r. ^ »
demandent dciix heurcs appcs uii dîner leger ; et pour aider une boisson du l’cmede , jc recomioandais de tenir
prêtes trois on quatre pintes de petit lait (3), pour en donner à boire un coup au malade chaque fois qu’il vomirait, ou qu’il irait au bassin. Cest le moyen de prévenir les tranchées et les efforts inutiles, et de faciliter le vomissement (^4' î car ces sortes d’émétiques sont dangereux , si l’on manque d’y joindre une boisson copieuse.
(1) C’est ici un exemTple d’un raisonnement pratique.
(2) Cela est confirmé par l’experience.
(3) L’Auteur dit du posset , qui est un certain breuvage , dont on fait grand usage eu Angleterre , par l’cipport à la Médecine. Ce n’est proprement que du petit-lait fait avec l’aile ou bière douce. En France , on se sert ordinairement d’eau tiède en pareil cas.
(4) On doit donner sans délai un vomitif. Une pinte d’eau de gruau , de petit-lait, ou de quelque autre boisson semblable , étant bue un peu avant que de prendre le vomitif, rendra , en quelque temps que ce soit , son opé*’ lation plus douce que ne pourrait faire uu dîner léger.
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i3. En examinant avec soin la matière que les
Chap. IV.
malades avaient rendne par le vomissement et voyant quelle n’était ni en fort grande quantité , mlsiemelr™' ni de fort mauvaise qualité , j’ai sim vent été surpris pourquoi les malades rece\ aient tant de soula^^ement de cette évacuation : en effet , dès qu’ils avaient vomi, on voyait diminuer et meme cesser les symptômes cruels qui les tourmentaient, et qui épouvantaient les assistans, comme le.s nausées, les inquiétudes, les agitations, la difficulté de respirer, la noirceur de la langue, etc.
Et le reste de la maladie se passait doucement fi).
14. Si létat du malade exige qu’on emploie la Comuuncfr saignée et l’émétique, il sera à propos de cornmencer par la saignee avant que de donner l’é- cessaire. metique , car lorsque les vaisseaux sanguins sont trop pleins, il est dangereux que, par les violens efforts que le malade fera pour vomir, il ne se rompe quelques vaisseaux du poumon; ou que le sang se portant avec impétuosité au cerveau^ et venant à s’épancher dans ce viscère , ne cause par ce moyen une apoplexie mortelle. Je pour-
(i) La difficulté que trouve ici notre Auteur à rendre raison du soûla gement que procurait un vomitif, paraît venir , ou de ce qu'il ne connaissait pas, ou de ce qu’il ne considérait.pas assez les bons effets que produit le vomissement au- delà des premier s voies, par l’ébranlement considerable ciu’il donne a toutes les parties. Quant à la petite quantité de matière que faisait rendrele vom.tif, cela arrive presque toujours lorsque l’estomac n’est pas surcharge auparavant d’alimens solides ou liquides. Peut-être que les ma lad.es aigues sont moins causées par la trop grande quantité des humeurs que par quelque qualité mauvaise que leur communique une portion infiniment petite de matière morhiiîqae d’une certaine espèce, com'me ,I est manifeste dans plusieurs maladies epidèmiques. Aussi notre Auteur assure et une experience journalière le confirme, que des gens qui paraissent être en bonne saute , se trouvent quelquefois attaqués de maladie , suivant nue es qualités cachées ou sensibles de l’an- sont capables de corrompre les fini des , et suivant que ceux-ci de leur coté sont disposés à recevoir l’infecfon Voyez Sea. i , C/iap. 2 , 19 , et CVinp. 3 , arf. 4.
FiÈVKE COüvTIIVUE
Section I.
Quand cstce qu’il faut (lonuer le vomitif.
Vomissement ne doit pas I «?tre arrêté mai à propos dans le choléramorhus.
rais rapporter de tristes exemples de cette vérité; mais je me contenterai d’avertir qu’il faut user de beaucoup de précaution dans cette matière (i).
J 5. Si l’on demande en quel temps de la fièvre il faut donner le vomitif, je réponds que si j’étais le maître , je voudrais le donner tout au commencement, car par ce moyen on garantira le malade des symptômes affreux que cause l’amas des humeurs qui séjournent dans l’estomac et dans les endroits voisins ; peut-être meme qu’on coupera pied à une maladie qui autrement sera longue et dangereuse , étant entretenue par ces humeurs qui, pénétrant dans les veines lactées, se mêleront avec la masse du sang, ou qui , devenue plus nuisibles par leur séjour, communiqueront au'sang une qualité pernicieuse.
C’est de quoi le clioléra-morbus nous fournit un exemple bien sensible ; car il arrive quelquefois dans cette maladie, qu’en arrêtant mal à propos le vomissement, soit par l’opium, soit par des astringens , on cause une foule d’accidens qui ne sont pas moins dangereux. Les humeurs âcres et corrompues qu’il fallait laisser sortir étant repoussées au dedans par ce moyen , agissent sur le sang, et allument une fièvre qui est ordinairement d’un mauvais caractère, et accompagnée de fâcheux symptômes, et qu’on ne saurait presque guérir qu’en donnant un émétique , quoique le malade n’ait plus d’envies de vomir.
1 6. Si le Médecin étant a^^pelé trop tard , comme il arriVe souvent, ne peut donner l’émétique dès le commencement de la fièvre , je conseille de
(i) Cet avertissement est extrêmement utile , et paraît venir de l’observation , d’où tous les raisonnetaens eu Prlédecine doivent être tirés, pour être véritablement utiles.
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CiiAr. IV.
le donner en quelque temps de la maladie que ce soit, pourvu que le malade ait encore la force de le soutenir i^i); moi-même je n’ai pas fait difficulté de le donner le douzième jour de la fièvre, lorsque le malade n’avait plus d’envie de vomir , et je m’en suis bien trouvé, car par ce moyen j’ai arrêté le cours de ventre qui empêchait la dépuration du sang; et je ne ferais aucune difficulté de le donner encore plus tard, si les forces du malade le permettaient (2).
17. Après le vomissement, j’ai toujours soin le n faut dünsoir d’appaiser le tumulte que l’émétique a excité
dans les humeurs, et de procurer du repos. Dans cette vue j’ordonne , pour le commencement de la nuit , ou l’heure du sommeil, une potion calmante. Par exemple :
Prenez eau de coquelicot , deux onces ;
Eau admirable (3) , deux gros. ;
Syrops de pavot blanc et de pavot rouge , de chacun demi-once.
Mêlez tout cela ensemble pour une potion (4).