Tome I
SfiQTIOW I.
Précautions au sujet des iavemens.
3g FlèvUE CONTINUE
vescence. Quelquefois néanmoins il est nécessaire (le saigner encore une ou deux fois ^ savoir, dans les jeunnes gens dun tempérament fort sanguin, et dans ceux qui, par un trop grand usage de vin , ont imprimé à leur sang une forte disposition inflammatoire. Mais le plus souvent u n est pas besoin de réitérer la saignée, qui est d ailleurs un si excellent remède : c’est pourquoi, à 1 exception des cas dont j’ai déjà parlé, les Iavemens suffiront pour calmer l’effervescence du sang. Lorsqu’elle est trop considérable , je fais donner un lavement tousles jours, onde deux en deux jours , suivant le besoin, et cela jusqu’au dixième jour
ou environ, de la maladie (ij.
22. Mais si on a tiré beaucoup de sang , ou si le malade est âgé, alors je n’ordonne point de Iavemens , quoique le sang soit fort agité , car dans ces cas-là on n’a pas sujet de craindre que cette ébullition s’augmente au point de menacer de quelque funeste symptôme (2) ; et d’un autre cote il est certain que les Iavemens affaiblissent le sang, et relâchent pour ainsi dire le ressort de ses parties, jusque-là même qu’ils troublent et arrêtent , sur-tout dans les vieillards , 1 operation de la nature; aussi ne réussissent-ils pas si bien
(t\ Cette pratique de donner des Iavemens est assurément tres-bonne ; aaais une purgation plus ou moins forte , suivant la violence et la nature pardcuUere dL > et les forces du malade, est de beaucoup prefe¬
rable • car la chaleur de la fièvre rend les matières contenues dans les intestins très-fétides et très-âcres, trouble les secrétions du foie , du pancreas et des autres viscères , soit dans leur quantité, soit dans leur qualité , et rend la digestion trés-imparfaite ; toutes ces raisons demaudeni qu on évacué au moins les matières contenues dans les intestins; et quoique la saignce soulage plus promptement que la purgation , celle-ci neanmoins le lai d’une manière plus durable , et dispose à un sommeil tranquille et nymel. (2) Ceci est contredit par l’expérience ; et la theone de 1 Auteur a je e ici dans l’erreur. Il y a dans les fièvres beaucoup de mauvais symptômes gui sont accompagnés d’un pouls faible.
^)Es ANTffe i66r, 62 , 63 , 64. 37
dans les vieillards qne dans les jeunes gens.
Si on a saigné, mais non pas abondamment, alors, comme j’ai dit, je fais donner des lavemens jusqu’au dixième jour , plus ou moins, quelquefois meme jusqu’au douzième (i), principalement à ceux que je n’ose pas saigner ; car il se trouve des malades qui , après des fièvres intermittentes d’automne, soit tierces , soit quartes, sont attaqués de fièvres continues , pour n’avoir pas été purgés à la fin de la maladie précédente. Si on va saigner ces gens-là, il est dangereux que le sédiment, que la fermentation précédente avait déposé, ne rentre dans la masse du sang, et ne cause de nouveaux troubles. Dans ces circonstances, au lieu de la saignée, j’emploie les lavemens jusqu’au douzième jour , lorsque le malade est jeune , et que la fermentation du sang est violente (2).
2 3. Au contraire, si elle est trop faible, soit qu’on ait saigné ou non , et que par conséquent elle ait besoin d’etre excitée de peur qu’elle ne soit hors d’état d’aider la nature , alors je crois qu’il faut bannir entièrement les lavemens, meme avant le dixième jour, et à plus forte raison en^ suite ; car pourquoi chercherait-on à arrêter une fermentation qui n’est déjà que trop languissante ? Il serait aussi absurde d’employer alors les lavemens, c’est-à-dire dans le déclin de la maladie, que de donner trop d’air au vin, lorsqu’il fer-
(1) C’est rétat ties symptômes, et non pas le nombre des jours , qui doit déterminer à continuer les lavemens J et il fallait marquer précisément les cas où cela convient.
(2) Il fallait encore ici nommer les symptômes. Les règles générales servent de peu , parce qu’il est aisé de les accommoder à différentes sortes de pratiques. D’ailleurs la conduite de l’Auteur en cette occasion est fondée s.ui’ uue théorie fausse , ou inintelligible.
Fièvre coj>rTmuE
J ; jYiente actuellement; ce serait diminuer les forces de la nature, et Fempécher de se débarrasser de la matière morbifique (i).
a4. Ainsi lorsque par des évacuations convenables on a mis le malade à couvert des symptômes que produit la trop grande ébullition du sang, ou lorsque la maladie est sur son déclin, plus on tient le ventre resserré , moins il y a à craindre, d’autant qu’alorsla coction de la matière fébrile se fait doucement et sans peine : c’est pourquoi si les évacuations précédentes ont pour ainsi dire affaibli le sang , ou menacent de l’affaiblir , ou bien si la fièvre a quitté le malade avant le temps ordinaire, ou même si elle dure jusqu’à son dernier période , non-seulement je défends tout usage des lavemens, mais j’ai recours aux cordiaux, et je travaille aussitôt à resserrer le ventre * 2). 20. Quant aux cordiaux , je sais par expérience
Ëo quel temps que si OU Ics donnc de trop bonne heure, et
il faut donner • . 'i/
des cordiaux. U avoir saigiie , ils nuisent considéra¬
blement; car il est à craindre que la matière morbifique, qui alors est encore crue, ne se jette , sur les membranes du cerveau , etc. , ou sur la plèvre; c’est pourquoi j’ai toujours soin de ne pas donner de cordiaux lorsqu’il n’y a eu que peu ou point de sang tiré , ou lorsqu’il n’y a eu aucune autre évacuation considérable , ou lorsque le malade est encore dans la vigueur de l’âge :
(1) La bonne pratique en pareil cas est de donner des lavemens , s’il est nécessaire, et d’y joindre le secours des cordiaux et des vésicatoires. La théorie a aussi beaucoup de part à cette règle,
(2) Il est vrai que dans le cas d’une extrême faiblesse , une simple selle est dangereuse, et que dans un moindre degré de faiblesse, la purgation ne convient pas, à moins qu’il n’y ait raison de juger que les matières contenues dans les intestins sont extraordinairement âcres et irritantes; c’est-à-dire, à moins que cela ne paraisse par les symptômes , desquels seuls ou doit tire;' toutes les indications.
DES ANNÉES l66î , 62 ^ 63;, 64» 39
en effet , que servirait-il de fournir de nouvelles . . .
c \ *, l'"' A. Chab, IV.
lorces a un sang qui n en a cleja que trop f JLlles lui seraient nuisibles. Le sang a assez de force , et n’a pas besoin d’etre mis en mouvement , quand il n’a pas perdu sa chaleur naturelle par des évacuations considérables. Un tel sang est lui- même son propre cordial , et ceux qu’on emploie d’ailleurs sont nuisibles , ou même pernicieux : aussi en pareil cas je n’en permets aucun, ou du moins je ne permets que les plus légers (i).
26. Mais si le malade est faible et languissant à cause des grandes évacuations qu’il a souffertes^ ou s’il est avancé en âge, ma coutume est de donner les cordiaux dès le commencement de la fièvre. Le douzième jour de la maladie, qui est le temps ou la secrétion de la matière peccante est prête à se faire , je crois qu’il faut employer plus largement les remèdes chauds ; on peut même les employer plutcit , s’il n’y a pas à craindre que la matière fébrile se jette sur les parties nobles ; car alors plus on échauffera le malade, plus aussi on accélérera la coction (2).
27. Je ne comprends pas ce que veulent dire les Ce que c’e&t Médecins , lorsqu’ils recommandent si fort les SSe remèdes propres à aider la coction de la matière fébrile, fébrile; remèdes qu’ils emploient souvent dès le commencement de la maiadie , tandis qu’en ce temps-Ià même ils en ordonnent d’autres pour modérer la fièvre. Certainement la fièvre n’est
autre chose qu’un instrument dont se sert la nature pour séparer les parties impures du sang d’avec les parties pures : c’est ce qu’elle exécute
(i) Cette règle est très-juste.
(a) La pratique est fort bonne , mais la théorie est un fruit <3e rima» gination.
FieVRE CONTINtTÈ
"""d’une manière entièrement imperceptible dès îe
Skgtiou I. J. 4u ' 1 1 11
commencement, et meme dans la force de la maladie, mais plus sensiblement et plus manifestement dans le déclin , comme on le voit par les urines. En effet, la coction de la matière fébrile n’est autre chose que la séparation des particules . morbifiques d’avec les particules saines.
Ainsi pour avancer cette coction, il ne s’agit pas de remèdes tempérans, mais il faut laisser la fièvre dans toute sa force aussi long-temps qu’il n’y a point de danger; et lorsque la coction est sur sa fin , et que la secrétion de la matière morbifique paraît manifestement, il faut alors employer les remèdes chauds , afin qu’elle se fasse plus promptement et plus sûrement. Voilà ce que c’est qu’aider la coction de la matière fébrile; au lieu que les évacuations et les remèdes rafraîchissans la retardent, et empêchent la guérison qui était en bon train , comme je l’ai souvent observé.
Réparation Si la fermentation va comme il faut , la dépu-
versle quator- . p . . , , . *■ ,
jgième jour, ratioii SC fera vers le quatorzième jour; mais si on arrête la fermentation en donnant trop tard des rafraîchissans , il n’y a pas lieu de s’étonner que la fièvre dure jusqu’au vingt et unième jour , et même beaucoup au-delà dans les sujets extrêmement faibles, et qui n’ont pas été bien traités (i).
(i) Au commencement d’une fièvre , la circulation est irrégulière et trop forte ; vers le milieu elle est irrégulière, et médiocremeut lorte ; dans le déclin elle est irrégulière et trop faible : ainsi la saignée et les autres évacuations qui diminuent la force du sang , conviennent en général au commencement des fièvres , et ne conviennent pas dans le déclin. Les cordiaux et les vésicatoires qui augmentent la force du sang, ne conviennent pas au commencement , et conviennent dans le déclin. On peut regarder cela comme une règle générale assez juste ; mais il s’en faut beaucoup qu’elle comprenne tous les cas différeiis ; i! est donc besoin de les détailler tous , et de donner des règles particulicres pour cbacun d’eux , et c’est en quoi noire
DES ANis^ÉES i66i, 62, 63, 64» 4^
28. Une remarque importante a faire, cest que Chap. IY. par Tusage des lavemens, ou d autres purgatifs ordonnés mal à propos vers le déclin de la fievre, le malade semble quelquefois être un peu soulagé , et même n’avoir plus du tout de fievre ; mais un ou deux jours après, la première fievre se ranime., ou plutôt il sen allume une nouvelle; c’est-à-dire , qu’il survient un frisson , lequel est bientôt suivi de chaleur, et cette fièvre dure autant que la précédente, à moins quelle ne devienne intermittente. Il faut alors traiter le malade comme s’il n’avait pas eu la fièvre auparavant , et recommencer les mêmes remèdes ; car le sang qui est entré de nouveau en effervescence , ne se dépurera pareillement que dans l’espace de quatorze jours, quelque triste qu’il soit pour un malade déjà affaibli par la maladie précédente, dattem dre si long-temps sa guérison (i).
29. Les cordiaux que j’emploie sont ceux que j’indiquerai bientôt. Je me sers des plus doux au commencement de la maladie , lorsque le sang est dans sa plus grande effervescence {ù.) ; ensuite j’en emploie peu à peu de plus forts^ , suivant le progrès de la maladie, ou le degre d ebullition du sang, me souvenant toujours que lorsqu on a beaucoup saigné , ou que le mailade est vieux ,
Auteur excelle en d’autres endroits de ses ouvrages. Les règles générales sont presque toujours diversement entendues par différentes personnes , et servent même quelquefois à autoriser les pratiques les plus opposées.
(i) La spéculation a peut-être plus de part à ce que dit ici l’Auteur , que l’observation ; du moins cela ne se montre pas souvent dans la pratique d’aujourd’liui ; peut-être aussi que le fréquent usage des vésicatoires , établi depuis le temps de notre Auteur , en est la cause : quoiqu’il en soit ,
c’est un point très-important à vérifier.
(î'i Quel besoin d’en donner du tout ? Nous sommes cependant tresobligés à l’Auteur de ce qu’il a rejeté ensuite la plupart des cordiaux. La pratique moderne donne ici des rafraicbissans.
4^ Fjevre continue
'on peut donner des cordiaux plus forts que lors*
qu’on n’a point saigné , ou que le malade est jeune (i).
3o. Les cordiaux doux dont j ai parlé se composent avec les eaux distillées , par exemple, de bourrache, de citron, descordium, de fraises, lean thériacale , ajoutant les svrops de mélisse , d’œillet, de limon , etc. (aj.
Les cordiaux plus Joits se préparent avec la poudre de pattes d ’écrevisses composée , le bézoard, la confection d livacintlie, la thériaque, etc. Les formules suivantes sont d’un Fréquent usa^e, Prenez eaux de l?ourrciche . de citron , te scor* dium , et de cerises noires , de chacune deux onces ;
Eau de cannelle orgée , une once; perles prép)arées^ deux gros; sucre < andi ^ ce quil en Jaut, Melez tout cela ensemble pour une potion , dont le malade prendra quatre cuillerées plusieurs
Jois le jour , sur-tout quand il se trouvera faible.
Prenez eaux de citron entier et de fraises , de chacune trois onces;
(i) Tout ce qui augmente la force du cœur et des vaisseaux , peut passer pour cordial ; et suivant ce principe , il y a deux sortes de cordiaux , savoir ,1. un bon régime qui , en fortifiant le malade , le met en état de surmonter la maladie ; 2.® tous les remèdes qui agissent par une vertu stipulante , et par conséquent augmentent le mouvement des solides et des fluides ; c est pourquoi dans les fièvres il faut avoir grand soin de s’instruire s il est besoin ou non de stimulans ; et s’il n’en est pas besoin, comme il arrive ordinairement, la nourriture doit être fort légère. Ainsi l’eau est un cordial universel , lorsque les liqueurs sont trop épaisses , et l’abstinence et la saignee en sont d’excellens dans les cas de plelbore. Il n’est presque jarnais nécessaire de procurer aux fluides un mouvement extraordinaire voi a pourquoi les cordiaux proprement flits conviennent rarement; et c’est
ce que notre Auteur seul paraît avoir bien considéré. Boerhaave , Prax. Med. xol III, p, J04,
citron ou de limon ne peut guère être regardé comme un
SfiCTlON I.
Cordiaux
doux.
Cordiaux plus forts.
Formules de cordiaux.
DES AlYNÉES t66l , 62 5 63 , 64. 43
,7 f • / 7 /7« . 7 J • œoBoaKasssiSERffimM *
/saw tneriacaie . syrop de meiisse et de Limon.
■JJ J / ^ I ^ Chap. IV.
de chacun demi-once.
Mêlez tout cela ensemble pour un julep , dont le malade prendra de temps en temps.
Prenez poudre de pattes d écrevisses composée ^ de hézoard oriental et occidental .J et de contrajeiva, de chacun un scrupule , et une feuille dor.
Mêlez tout cela ensemble pour en faire une poudre très-fine , dont le malade prendra douze grains dans le besoin , en les mêlant dans deux gros de syrop de limon .j et autant de syrop d œillet., et il boira par-dessus quelques cuillerées du julep précédent.
Prenez eau thériacale , quatre onces ; semence de citron , deux gros.
Pilez cela ensemble , et faites une emulsion , ajoutant à la colature ce quil faut de sucre pour donner un goût agréable. Le malade prendra deux cuillerées de cette émulsion trois fois le jour.
Il serait inutile de proposer un plus grand nombre de formules, parce cpi’on peut en composer une infinité , et qufil faut les varier dans le cours de la maladie , suivant les différens temps et les différées symptômes.
3 J. Mais si la fermentation du sang n’est ni Ca® trop violente, ni trop laibie, je la laisse danSiautHes. cet état , et je ne donne aucun remède , à moins que je ne sois obligé d’accorder quelque chose i à l’importunité des malades et des assistans ; encore alors je ne donne rien qui soit contraire aux vues que je me suis proposées (i).
32, Une ch ose que je ne veux pas passer ici Comment sous silence, c’est que souvent étant appelé pour
malaisés.
(1) La plupart des remèdes précédens sont à peu près de celte nature , et peuvent être regardés comme ue faisant ni grand bien ni grand mal.
Fièvre continue
aller voir des gens du commun , dont les facultés SïciiomI. jçjjj. permettaient pas de dépenser beaucoup
en remèdes, je ne leur ai ordonné autre chose , après' les avoir fait saigner et vomir quand 1 indication le demandait , sinon de demeurer au ht tout le temps de leur maladie , de se nourrir seulement de décoction d’avoine et dorge, ou autres semblables , de boire modérément , et suivant leur soif, delà petite-bière ;i), « taisant tiédir auparavant , et de prendre chaque jour , ou de deux en deux jours, jusqu au ixieme oi onzième de la maladie , un lavement de lait avec du sucre. Vers la fin de la fièvre, lorsque la séparation de la matière morbifique était commencée, je leur permettais, pour 1 aider, si eue se faisait trop lentement , d’user de temps en temps d’une boisson plus forte , au leu^ e cor diaux. Tout ce que je faisais de plus, était de donner , à la fin de la maladie, un leger purgatit, et de cette manière je les guérissais (a).
Ea ,nei le.p, 33. Si k inéthod 6 que j’ai décrite a été il faut purger, jjjgjjf obscrvéc , je vois ordinairement
fO Cesl la boissou ordinaire des malades en Angleterre , cOB™' 1' eidre en quelques endroits de la l'rance , et la t.sane ailleurs. La petitetere qui est Lille et claire , sans aaieitume ni aigreur , ««Bvien. tres- Ln aux malades qui n’oiit ni nausée, ni maux d estomac , au cours de ventre. Lorsque les symptômes sont modérés , et que le san ÛLrnas trop raréfié , ce serait une sévérité inutile et souvent nuisible de défendre cette petite-bière prise avec modération ,
Jade en a usé ordinairement. Néanmoins dans les
fort agité , la pelite-bière ne convient pas , parce que nonobstant sa »
2 coutfout Luiours une certaine portion WqLn
les libres et i leur causer des contractions plus fortes et plus l.equenles ,
•s et comme elle contient aussi de l’air ti^élastique , .'“e foLTi “
fermenter • ce qm ne manquerait pas d agiter encore da^antaJ,e le sa g , lie p:Xire le délire, s’il’ n’y en avait déjà pas aoparav.nt. Langrish ,.
modern theory and Practice oj Physich , p. i ^ ^ ê TriAthode douce ♦ (.) 11 paraît nue l’Auteur a suivi en cette occasion sa méthode douce p
natuLle,^ fondée sur l’ohservation , et par couBequent eicelleute.
DES A\]XÉES l66l , 62, 63, 64. 4^
quinzième jour, tant par le sediment louable de rurine , que par la diminution manifeste de tous les symptômes, qu’il est alors temps de purger , afin d’évacuer les recrémens que la fermentation précédente a déposés çà et là. Si l’ôn manque de les évacuer à temps, il est dangereux qu’ils ne rentrent dans la masse du sang, et ne rallument la fièvre ; ou qu’en séjournant dans les parties où ils ont été déposés, ils ne deviennent ensuite une source de mille maux. Car comme ce sont des humeurs grossières et impures , ils empêchent aisément le retour du sang, lorsqu’après en avoir été séparés ils viennent à y pénétrer de nouveau par les veines. De là différentes sortes d’obstructions et de mauvais levains (i).
34. Il faut néanmoins prendre ^arde que la quel cas purgation n est pas d une aussi grande nécessité est moms néaprès les fièvres du printemps qu’après celles d’automne ; parce que le sédiment que laissent les premières, n’est ni en si grande quantité, ni si grossier, ni si nuisible que celui que laissent les secondes (2). 11 en est de même des petitesvéroles (3) , et de plusieurs autres maladies qui régnent au printemps, dans lesquelles, suivant ce que j’ai observé , il est moins dangereux de ne pas purger, que dans celles d’automne.
On peut assurer avec assez de vérité, que le défaut de purger après les maladies d’automne, produit un plus grand nombre de maladies , que tout autre cause , quelle qu’elle soit.
(1) Tout ceci est bien imaginaire.
(2) La pratique peut être boune , mais la théorie ne vaut pas grand chose.
(3) Cette règle de pratique est contraire à l’expérience. U y a lieu de s’étonuer qu’un si soigneux observateur ait pu avancer pareille chose j mais sa théorie a prévalu ici sur l’observation.
Tl ÈVPtE CONTmiJE
Sectio::s I.
Potion purgative. '
35. Si le malade est Ires-faible, ou que la dépuration rie soit pas assez avancée pour oser purger le quinzième jour , j’attends jusqu’au dix-septième, et alors j’ordonne la potion suivante, ou une autre sembiabe, à proportion des forces du malade.
Prenez tamarins^ demi-once \ feuilles de séné ^ deux gros ; rhubarbe , un gros et demi. P aites bouillir tout cela dans suffisante quantité deau \ et dans quatre onces de ce que vous aurez coulé , faites dissoudre mane et syrop de roses , de chacun une once , pour une potion qui sera prise le matin à jeun.
Régime qu’il 30, Quand le malade a été pursé , je le fais lever,
•fa i-ï t owscrvcr • ^
'au lieu que jusqu’alors je l’avais tenu au lit; et je lui fais reprendre peu à peu sa manière ordinaire .de vivre. Le régime que je lui ordonne avant la purgation est presque le même que celui dont j’ai parlé ci-devant. Il consiste en des décoctions d’avoine et d’orge; des panades faites avec le pain et le jaune d’œuf, l’eau et le sucre ; des bouillons de poulet; de la petite-bière houblonnée, à laquelle on peut , dans l’ardeur de la fièvre, ajouter quelquefois du suc d’orange nouvellement exprimé, et bouilli sur le feu autant qu’il est nécessaire pour ôter la crudité. Voilà ce que j’ordonne , et autres choses semblables : mais les décoctions d’avoine peuvent tenir lieu de tout le reste. Il n’est nullement nécessaire , et souvent même il est nuisible de refuser au malade de la petite-bière, bue de temps en temps en médiocre quantité,
Commf îit se 3^. Il arrive quelquefois, Sur-tout dans les gens » que le malade n’ayant plus de fièvre, et aans le dédîn étant suffisamment purgé, reste néanmoins trèsde ta maladie. ^ et rciid, soit par la toux, soit par les crax
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