‹ Médecine pratiqueChapitre 25 sur 115 · Si la fermentation du sang va comme il · texte numérisé non relu

Si la fermentation du sang va comme il

faut, la séparation de la matière morbifique se fera dans l’espace de temps que j’ai dit ci-devant. Mais si on a donné trop long-temps des remedes

rafraîchissans , ou des lavemens , la lièvre sera

beaucoup plus longue, sur»tout dans les vieillards qui n’ont pas été bien traités. Il m’est arrivé quelquefois d’être appelé vers des malades de cette sorte qui avaient eu la fièvre durant plus de quarante jours. Alors je n’oubliais rien pour produire la dépuration du sang : mais il se trouvait tellementaffaibli, soit par râge,soit parles lavemens. et les remèdes rafraîchissans , que les cordiaux etl

BEs AîfNÉEs ï66r , 62, 63 , 64. 49

i tous les autres remèdes fortifiaris étaient inutiles. La fièvre se soutenait avec la même vivacité ; ou si elle cessait , les malades restaient sans force et dans un abattement extrême (i).

4o. Voyant que les autres remèdes n’avaient aucun succès, j’ai souvent été obligé de changer de batterie , et j’ai essayé de ranimer la chaleur des malades en faisant coucher des jeunes gens auprès d’eux , ce qui m’a très-bien réussi. Il n’est pas surprenant qu’un malade se trouve fortifié par un moyen si extraordinaire, et que cela aide la nature à se débarrasser des restes de la matière morbifique, puisqu’on comprend facilement qu’un corps sain et vigoureux transmet une grande quantité de corpuscules spiritueux dans' le corps épuisé du malade. Aussi n’ai-je pas trouvé qu’en appliquant à diverses reprises des linges chauds , j’aie jamais pu faire la même chose que par celte méthode, dans laquelle la chaleur est plus analogue au corps humain , et en même temps est douce , humide, égale et continuelle.

Cette manière de transmettre dans le corps d’un malade des particules spiritueuses, et des vapeurs qui sont peut-être balsamiques, parut d’abord étrange ; mais d’autres que moi la mirent en usage, avec un heureux succès. Je n’ai pas honte de faire mention d’un tel remède, quoiqu’il doive peut-être m’exposer aux railleries de certains esprits fiers et hautains , qui regardent avec un souverain mépris toutes les choses communes. Pour moi je préfère infiniment le bien et la santé du prochain à toutes leurs vaines imaginations,

Chap, IV.

Bons effefs de la clialeui' des jeunes gens.

(i) Les vésicatoires sont le principal remède en pareil cas.

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*"'"**^^ [\\, Si ron observe soigneusement et avecr

Section I. méthode quc j’ai décrite jusqu’à

symp*tômes présent, on garantira les malades de la plupart demandant un svmptômes Qui Ont coutuiTie d’accompagner

traitement J r 1 r O

jiarticulicr. et de suivre la iievre dont nous parlons, et qui embarrassent et déconcertent souvent le IMédecin, enlèvent même les malades, quoique la maladie n’ait paru nullement mortelle.

Cependant comme de tels accidens arrivent très-fréquemment, soit par la faute des malades qui n’appellent pas assez tôt le Médecin , soit par l’ignorance ou le peu d'attention du Médecin meme , j’expliquerai ici brièvement la manière dont il faut les traiter; mais je me bornerai uni-' , quement à ceux qui, lorsqu’ils sont arrivés, demandent un traitement particulier , qu’oiqu’on eût pu les prévenir en suivant la méthode que nous

avons marquée.

mnîère de 4^. Jo comiiience par la frénésie. Si donc traiter la fré- Je malade en est attaqué, soit pour avoir pris mal à propos des remèdes trop échauffans , soit à cause de son tempérament tout de feu; ou (ce qui approche beaucoup de la frénésie) , si le malade ne dort point du tout, s’il pousse des cris fréquens , si ses paroles sont mal articulées , si la fureur est peinte sur son visage , s’il raisonne en furieux , s’il prend avidement les remèdes et la boisson qu’on lui présente , si enfin les urines sont supprimées ; dans ce casdà j’emploie plus largement que je n’ai permis ci*dessus , la saignée , les lavemens et les remèdes rafraîchissans , sur-tout dans la saison du printemps ; car alors , quand même il n’y aurait point de frénésie , on peut , sans beaucoup lie danger , traiter de la sorte les jeunes gens

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et les personnes d’un tempérament chaud (r).

43. Apres avoir employé durant quelque temps ,jarcoces remèdes, je viens assez facilement à bout tiques u gaéde la fièvre et de la frénésie par un seul et même “®*‘^*^** remède ; savoir , en donnant une dose assez considérable de quelque narcotique. 11 est vrai que les narcotiques ne réussissent point dans la vigueur de la fievre; mais donnés a propos et dans le déclin , ils font merveille. La raison pourquoi ils manquent auparavant, c’est parce qu’ils ne peuvent appaiser la violence de la fermentation, quand meme on les donnerait alors en très grande dose; et aussi parce quhls fixent la matière peccante, qui étant alors confondue dans toute la masse du sang, n’est pas encore disposée à s’en séparer ; et qu’ainsi ils empêchent la dépuration du sang, qui est une opération si importante et si nécessaire.

44- Mais que ce soit-là la raison de ce phénomène, ou qu’il ciepende de quelqu’autre cause plus doauer. cachée, c’est ce que je laisse à juger à ceux qui ont le goût et le loisir de s’appliquer à de pareilles spéculations. 11 me suffit d’avancer comme une chose très-certaine et vérifiée par un grand nombre d’observations, que le laudanum, on

(i) Il faut employer tous ses soins à découvrir qu’est-ce qui produit ce symptôme, lequel peut venir de plusieurs causes très-différ ntes , comme , par exemple , de l’activité des esprits , ou de leur fadjlesse et petite quantité , etc. S’il survient dans une lièvre aigue , avec un pouls plein et vif, la saignée du pied est très propre à diminuer la compression du cerveau et à détourner le sang vers les ex:treraités. On doit appliquer sur la plante des pieds des emplâtres stimulaus , ou choses semblables. Les boissons nitrees sont d’une grande utilité , et généralement tout ce qui rafiaicbit le sang diminue la tension des nerfs , atténué les bumenrs , dissipe les embarras et calme l’irritation ; mais si le mal est accompagné d’un pouls faible , lent et irrégulier , il faut des vésicatoires , des atteuuans chauds et des remèdes nervius. Les narcotiques sont très-daugeicus ei|. cette occasion.

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