J’ajouterai ici une chose qu’il me paraît Ils doivent
, • 1 „ ’ 4. ' \ V r • être précédés
necessaire de remarquer; c est que si la Ireuesiepar làpurgaet la fièvre durent assez long-terrqjs pour qu’on ait la comrnodité de purger avant que de faire prendre le narcotique, il réussira mieux. Ma coutume dans ce cas-là est de donner, dix ou douze heures avant le narcotique, deux scrupules de ])ilules cochées majeures, dissoutes dans l’eau de bétoine. Il ne faut pas craindre le tumulte que peuvent causer ces pilules; car la vertu du narcotique le calmera bientôt , et procurera un doux et agréable repos.
Lorsque l’insomnie dure plus long-temps que la fièvre, sans qu’il reste d’autres symptômes, j’ai observé qu’un linge trempé dans l’eau rose et appliqué froid sur le déviant de la tete et sur les tempes , réussissait mieux que tous les narcotiques.
AG. Il arrive souvent que le malade est tour- Manière de meiité d’une fâcheuse toux pendant toute la maladie. En effet le sang étant dans une agitation extraordinaire , et tout étant en trouble dans le
traiter la toax.
(i) C’est une eau forliliante et carminative, fort en usage en Angleterre. Les principales drogues qui y entrent, sont les racines d’impératoire , de valériane sauvage , de serpentaire de Virginie et de zédoaire ; les feuilles de mélisse, de r.ue et de scordium , les grains d’angélique et de livécLe, les baies de genipvre et de laurier, tout cela infusé dans l’eau-dc-vie , et ensuite distillé.
FliVRE CONTINUE
Section I.
ce cas>
corps, il se sépare de la masse du sang certaines humeurs qui, traversant les vaisseaux du poumon , se jettent sur la membrane interne de la trachée artère, laquelle membrane est très-délicate, et d’un sentiment exquis. De là vient la toux, qui d’abord est sèche, parcequela matière encore fort ténue ne saurait etre expulsée. Mais ensuite cette matière s’épaissit et devient difficile à expectorer, parce que la chaleur de la fievre la dessèche : d’où il arrive que le malade appréhende d’être suffoqué, n’ayant pas la force d évacuer par les crachats cette matière gluante et visqueuse.
Huile d’a- Dans une pareille toux je ne me sers guère jnandes chosc oue d’iiuilc d’amaudcs douces, fraî-
ces , recom- 'l ^ . 1 i » •
mandée daus chemeiït tircc , a moins que le malade n ait horreur de l’huile, comme il arrive quelquefois ; car alors je le soulage du mieux que je puis avec les remèdes pectoraux ordinaires. Cependant lorsque j’ai la liberté d’employer l’huile d’amandes douces, je la préfère à tous les autres béchiques. La principale raison de cette préférence, est que les autres béchiques ne pouvant êt^^es utiles s’ils ne sont donnés en fort grande quantité, ils surchargent l’estomac déjà trop affaibli et fatigué de nausées, et empêchent quelquefois l'usage des autres remèdes qu’il faudrait employer en même temps.
47. Je ne vois, ni par la raison, ni par l’expérience, pourquoi nous devons éviter l’huile d’amandes douces dans les fièvres, sous prétexte qu’elle est inflammable . et capable par conséquent d’augmenter la tiè\re. Je veux qu’elle soit chaude de sa nature; cette chaleur en tout cas est compensée abondamment d’un autre côté : car cette huile, plus que toute autre chose, est
avantages.
DES ANNÉES l66l , 62, 63, 64.
manifestenjent favorable à la poitrine; elle ouvre les voies, elle est adoucissante, elle facilite l’expectoration. Par ce moyen, sur-tout si l’expectoration est abondante , le sang se debarrasse d’une humeur nuisible qui sort aisément par les crachats, et se trouve même un peu rafraîchi. Ainsi quand je vois la toux survenir à la fièvre, je ne m’en inquiété pas beaucoup, sachant que ce symptôme est fort avantageux au malade.
J’avertis seulement qu’il ne faut pas donner l’huile d’amandes douces à pleines cuillerées et plusieurs à-ladois , parce qu’il est dangereux qu’elle rie cause le vomissement ou le cours de ventre. Mais il faut la donner à petites doses fréquemment réitérées , jour et nuit. De cette façon, non-seulement elle adoucira la toux en procurant l’expectoration , mais encore elle servira d’un aliment doux qui ranimera un peu les forces abattues du malade.
Chaj?. ÏV.
Comment il faut la douuer,'
48. Il survient quelquefois un saignement de Saî^^nement nez ^ soit parce qu on a donne des le commence- „,ent ii faut ment de la maladie des remèdes trop éehauffans, soit parce qu’on n’a pas suffisammentréprimé l’effervescence du sang qui vient de la jeunesse du malade , ou de la saison. Les moyens qu’on emploie d’ordinaire pour arrêter le mouvement du sang, comme les saignées, les ligatures , les remèdes asîringens et agglutinatifs , et ceux qui tempèrent l’acrimonie des humeurs, etc., sont peu utiles pour la guérison de cette hémorragie. Car quoiqu’on puisse se servir de ces remèdes et d’autres semblables , suivant les conseils et la prudence du Médecin, néanmoins le point essentiel est de remédier à l’ébullition du sang, et d’arrêter sa trop grande impétuosité. Il est vrai qu’à considérer le saignement de nez en lui -meme , les
Fievre continue
DO
SecïiojX L
remèdes rapportés ci-dessus, et prliicipalemerit la saignée, sont assez convenables, et moi meme je ne ferais pas difficidté de m’en servir. Mais comme, à l’exception de la saignée, ils ne vont pas sulfisamment à la cause du mal, vouloir les employer pour le guérir, ce serait vouloir éteindre le ieii avec une épée.
Connaissant donc leur inefficacité par ma propre expérience, je me sers d’un remede tel que celui ci.
Prenez eaux de pourpier et de coquelicot ^ de chacune une once et demie ; sirop diacode^ six gros; sirop de primevère , demi-once. Mêlez tout cela pour une potion fi J .
Il ne faut Je nc prétends pas néanmoins qu’on doive
pas arrêter sur
îe champ tou- Icntcr d arrêter sur-ie-cham p avcc ce remede toute sorte d’hémorragies. Au contraire, il faut souvent la laisser aller ; car elle pourra être fort avantageuse au malade, en ce qu’elle diminuera la trop grande effervescence du sang, et terminera quelquefois critiquement la maladie. Aussi servira-t-il de peu de lui opposer le remède que nous proposons, si
Potion
ealmaute.
Biorragies,
(i) Un si faible aarcoHque ne paraît guère capable d’arrêter un saignement de nez , où les remèdes mentionnés ci dessus ont échoué. Si l'héanorragie est donc violente , il sera à propos de saigner à la jugulaire , d’appliquer les ventouses , de (aire des lotions rafiaichissantes à la tête et aux parties voisines , de baigner les extrémités dans l’eau cbaude , si elles sont froides , de souffler une poudre astringente dans une des narines , ou dans toutes deux , suivant qu'il sera nécessaire , ou d’v introduire une lente trempée dans quelque liqueur styptique. Vovez Sec^. 6. Chap. 7. ait. 8. Les émulsions rafraîchissantes , les narcotiques , les remèdes nitreux et légèrement astringens , doivent être employés intérieurement, et il faut une nourriture délayante et en petite quantité. La sitnaïioo droite , avec la tête un peu penchée en devant , est ici la meilleure, Si le sang est âcre , clair et séreux , il faut donner beaucoup d’aglutinans. En ras de grande faiblessu causée par l’hémorragie , il faut bannir entièrement les narcotiques, ordonner des cordiaux modérés, un régime restaurant , et le repos.
r>ES APJNEES l66l , 62 , 63 , 64. 57
elle n’a pas déjà duré quelque temps, ou meme si on n’a pas saigné auparavant.
Il est nécessaire d’observer avec soin que le saignement de nez et toutes les autres hémorragies excessives, ont cela de particulier, qu’elles reviennent aisément , si après qu’elles ont été arrêtées de quelque maniéré que ce soit , on manque de purger avec un minoratif. Ainsi il faudra purger.
Mais s’il n’y a point d’hémorrhagie, on aura égard à la lièvre , et on purgera plus tard.
5o. Un autre symptôme , c’esl le hoquet. Il arrive , <3(
J n , 1 , t>’aiter le nO'
ordinairement aux vieillards après des évacuations quet. abondantes par haut et par bas , et souvenî il annonce une mort prochaine. J’avoue naturellernent que mes recherches sur la cause du hoquet ne me satisfont point, Néanmoins j’ai souvent observé qu’il venait de l’irritation que des remèdes trop violens ont excitée dans l’estomac et dans les parties voisines; et comme la nature n’a pas eu la force de calmer cette irritation , le malade se trouve en grand danger. Ainsi , en pareil cas, j’ai cru devoir aider la nature à exécuter avec le secours de Fart ce qu’elle ne pouvait exécuter d’elle-même. Pour cela, j’ai donné le diascordium en grande dose, savoir, à deux gros, et il m’a réussi ; au lieu que la semence d’Aneth , et les autres remèdes qu’on vante comme spécifiques, n’avaient eu aucun effet (i).
(i) Le Loquet est un raonvernent convulsif du diaphragme et de quelqueç parties voisiues. Lorsqu’il arrive dans le déclin d’une lièvre , c’est un symptôme dangereux. Dans ce cas-là il se trouve ordinairement accompagne d’une faiblesse extrême ; c’est pourquoi les narcotiques qu’on y emploie doivent être chauds ou cordiaux, et donnés en petite dose , autrement ils augmenteraient encore la taiblesse , et causeraient un assoupissement mortel. ïloffraanu préfère ici aux narcotiques les doux antispasmodiques et les anodins , tels que le succin , le castoreum , le cinabre , le safran , etc. Lorsque le saignement de nez est causé par une matière TTJsqueuse et irritante logée dans l’estomac ou les premières voies ^ yo-!
FîÈvre COWTmUE
SECTroKi, Si la diarrhée survient dans le cours de la
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<0 \’ûyez cbdessus, num.’iQ. beaucoup de lavemeas.
DES ATs^NÉES l66l , 62, 63, 64* 59
davantage le cours de ventre que 1 on voulait
7 1 CiiAP. lY.
arrêter (1).
52, Quelqu’un m’objectera peut être , qu'il sem- «e faut blerait plus apropos d’abandonner la diarrhée à ïer ccuTdbrl elle-méme, sur-tout si elle arrive dans le déclin ^ de la maladie, que de l’arreter; d’autant que cette évacuation est quelquefois critique, et termine la maladie.
Je réponds , qu’à la vérité, la fièvre se termine quelquefois par la diarrhée. Mais la chose arrive trop rarement pour oser entreprendre quelque chose sur cette espérance. D’ailleurs, la raison que nous avons alléguée en parlant de la curation générale des fièvres, pour faire voir la nécessité qu’il y a d’arrêter ce flux de ventre , subsiste ici dans toute sa force.
J’ajouterai une remarque qui me paraît importante , c’est que pour une entière dépuration du sang, il ne faut pas seulement qu’il se fasse une secretion de certaines parties grossières qui sortent par les selles; mais d faut encore qu’il se fasse une secrétion de parties subtiles, comme on voit tous les jours dans d’autres liqueurs spiritueuses et composées de parties hétérogènes. Si donc on laisse trop aller le cours de ventre, la dépuration si nécessaire ne se fera qu’à demi , et peut-être ce qui devait sortir le dernier, sortira le premier.
ti) Il est très-difficile de fixer une méthode générale pour guérir ces diarrhées syuiptômatjques , parce qu’elles peuvent venir d’un grand noinhre de diveist's causes , et qu il faut les arrêter ou les entretenir, suivant les occasions ; néanmoins lorsqu’elles surviennent près de la crise , et qu’elles ne sont pas trop violentes , on ne doit nullement les arrêter , d’autant qu elles peuvent terminer la maladie ; mais si on craint quelque danger à raison de la petitesse du pouls , de l’abattement du' malade , etc. , alors les vesicatoires , les diaphorétiques , et les doux cordiaux , soit du genre pburinaceuiique , soit du genre diététique , sont très-utiles pour arrêter la diarrhée ; ce quils opèrent en faisant révabion , çt en fiarlifiapt le malade.
Fièvre coivtiwüe
' Secxiois L.
ËTue.
J’avoue que la diarrhée n’est pas fort dangereuse si elle arrive après la séparation des parties saljtiles, laquelle, pour le diie en passant, se fait insensiblement , et plutôt d’ordinaire par une transpiration abondante, que par une sueur manifeste. 11 faut toutefois prendre garde qu’une telle diarrhée vient uniquement de ce qu’on n’a pas purgé à temps ; car les matières fécales acquérant par leur séjour un certain caractère de malignité , elles irritent les intestins, et les obligent de se décharger; et de plus , la consistance des matières, qui est le plus souvent très-liquide , montre assez qu’on ne doit pas les regarder comme une crise qui termine la maladie (i ).
D’où vient 53. OiT pourrait peut-être mettre au nombre des
qiü survicnncnt aux fièvres, la passion iliaque^ parce qu’elle est quelquefois la suite des vomissemens énormes qui arrivent dans le commence ment des lièvres.
Ce mal horrible, et que presque tout le monde a regardé jusqu’à présent comme mortel, vient d’un renversement du mouvement péristaltique des intestins, dont les fibres au lieu de se contracter de haut en bas, se contractent de bas en haut, et poussant les matières vers l’estomac , les font sortir par la bouche; en sorte que les lavemens les plus âcres deviennent émétiques , et que les purgatifs pris par en haut sont aussitôt revomis. La douleur cruelle et insupportable qui accompagne cette maladie, ne vient, selon moi, que du renversement du mouvement péristaltique des intestins, lorsque les plis que forment leurs différentes circonvolutions , et qui sont disposés de manière à laciliterla descente de la matière fécale, se trouvent
(i) Le raisouuement contenu dans ce numéro est bien spéculatif.
obligés de céder à un mouvement contraire à la direction de leurs fibres. Cette douleur est fixe dans un endroit, et s^y fait sentir comme si on le perçait avec un instrument, quand la valvule du colon , qui empeclie le retour (ies matières dans l’ileum , ou quelqu autre membrane de cette cavité, soutient seule l’impression de ce mouvement déréglé.
On peut assigner deux causes du renversement qui produit la douleur ; savoir , l’obstruction et l’irritation.
Ô4 En premier lieu , tout ce qui bouche fortement le canal intestinal, et empêche que rien ne descende en bas, doit nécessairement causer le renversement du mouvement péristaltique : cela est clair. Or , ies choses qui, selon les Auteurs 5 peuvent boucher l inteslin , sont des matières durcies, des vents en grande quantité, lesquels nouent en quelque manière les boyaux, des lier» nies cjui les resserent , l’inflammation , et d’autres tumeurs consiflérables.
Il faut avçuer néanmoins que le mouvement contraire qui est produit par ces causes, doit être plutôt regardé comme un mouvement des matières contenues dans les intestins , que des intestins memes; et c[ue le renversement n’occupe , pas tout le conduit intestinal, mais seulement les intestins qui sont au-dessus du siège de l’obstruction. C’est pourquoi je donne le nom de fausse à la passion iliaque qui dépend de là.
55. En second lieu , je crois que la cause la plus ordinaire du renversement du mouvement péristaltique des intestins, est celle que je vais dire. Le sang étant en tumulte au commencement de la fièvre, il se depose , dans l estomac et les intestins les plus proches, des humeurs acres et malignes qui, irritant l’estomac , renversent d’abord son raouve-
Chap. IV.
D’où vient le rt:nw;rsement élu inoiivemeut des intestins,.
Fièvre coi^itijn-ue
■1^ I UNI BiiaaaaaAtjM 1 ,,
s.ctiokÏ. et 1 obligent de rejeter par la bouche avec
VIO encelarnatierequiriiicommode. Les intestins greles q'u sont continus à l’estomac, et déjà affaiblis,
suivent le mouvement déréglé (ju’il leur imprime, et enbn les gros iiiJestins sont contraints de se ^ettre de la paitie. Voilà ce que j’appelle passion 3 laque vjüw ^ et c est celle dont d s’agit présentement. Fa méthode de la traiter a été presque inconnue jusqu’ici , malgré les éloges que quelquesuns donnent au mercure et aux balles de plomb; car ces remèdes sont peu utiles, et souvent meme tres-nuisibles. Pour moi, je me sersavec succès de la méthode suivante.
Vues qu'il faut avoir dans le traitement <Ie la passion iliaque.