CHAPITRE PREMIER
Constitution épidémique des annés i665 et 1666 ^
à Londres,
Heco«)Lre“ I-Ap^^ès Un hiver très-froid et une gelée sèche, ment des ma- qyi dîira sans interruption jusqu’au printemps, constitution, le dégelétant venu tout d’un coup à la fin du mois de Mars, c’est-à-dire au commencement de l’année i665, suivant la manière de compter des Anglais, on vit aussitôt des péripneumonies , des pleurésies, des esquinaneies , et d’autres maladies inflammatoires faire de grands ravages. Il parut aussi alors une fièvre continue épidémique, très-différente des fièvres ' continues qui avaient régné dans la constitution précédente ; au lieu qu’on ne voit presqu’aucune de ces dernières dans le temps dont il s’agit maintenant. Cette fièvre continue épidémique était accompagnée d’une plus violente douleur de tète que les fièvres des années précédentes, et de plus grandes envies de vomir.
Dans la plupart des malades, la diarrhée que nous avons dit auparavant pouvoir être prévenue par un vomitif, était ici produite par le meme remède , et néanmoins les envies de vomir ne cessaient point. La peau était sèche comme dans les fièvres de la constitution précédente. Cependant on pouvait exciter la sueur, et le meilleur moyen pour cela était la saignée. Dès que la sueur paraissait, les symptômes étaient moins violens. On pouvait faire suer dans tous les temps de la maladie; au heu que dans la fièvre des années précédentes, il était dangereux de rentreprendre
CoNSTiT. :ÉpiDEM, DES Am:EES i665 et 1666. ïo5 avant le treizième et le quatorzième iour de la ^ ^
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maladie ; encore avait-on bien de la peine a en venir à bout. Le sang était souvent de meme couleur que celui des pleurétiques et des gens attaqués de rhumatisme , excepté que la partie gélatineuse n’était pas si blanche. Voilà quels étaient d’abord les symptômes qui distinguaient cette maladie.
2. L’année avançant^ la peste survint avec un Peste et sea grand nombre de ses symptômes palhognomoniques , savoir, les charbons, les bubons , etc. Elle augmenta de jour en jour , et vers l’équinoxe d’automne, elle se trouva dans sa plus grande force; car elle enleva alors dans une seule semaine environ huit mille âmes, quoique les deux tiers au moins des habitans se fussent retirés à la campagne pour éviter la contagion. Depuis ce tempslà elle diminua, et aux approches de l’hiver, elle disparut presqu’entièrement ; car durant toute cette saison jusqu’au commencement du printemps suivant, elle attaqua seulement quelques personnes par-ci, par-là; et le printemps étant venu, elle cessa tout-à-fait. Mais la fievre subsista toute l’année suivante , et même jusqu’au commencement du printemps de l’an 1667, quoiqu’elle ne fût pas si épidémique. Je vais traiter maintenant de ces deux maladies.
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