CHAPITRE IL
Fièvre pestilentielle et peste des années i665
et 1666.
I. J ’ai remarqué plus haut , qu’il y a certaines -, fièvres que l’on met ordinairement au nombre ment estimées
“ malignes.
Fièvre pfstitentielle
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3ECTj:OiH II.
Fièvre
Térlta])lement maligne ®st rare.
des fièvres malignes (i\ quoique la violence de leurs svmp^ôrnes, qui donne lieu à cette idée , ne Vienne d’aucune malignité, mais de la mauvaise façon dont elles ont été traitées : car quand on ne fait pas assez d’attention aux moyens dont se sert la nature dans le dessein qu’elle a de términer la maladie, et qiton emploie mal à propos nne autre méthode, on trouble l’économie animale, f)n bouleverse tout , et on change entièrement la face de la maladie qui, n’étant plus la meme, devient beaucoup ])lus fâcheuse , et se trouve accompagnée d’un grand nombre de symptômes étrangers.
La fièvre maligne n’est pas nne maladie commune elle est tont-à-fait différente des antres espèces de fièvres qui , à raison de l’irrégularité de leurs symptômes , portent le nom de malignes. Mais elle est de la meme espèce que la peste ,
(1) Voyez Sect, i , chap. 2 , num. 1 3.
(2) Les igQorans se trompent souvent en imaginant nne certaine malignité tlans les maladies , et cela vient fort souvent Unte d’avoir suffisamment examiné les causes antécédentes , et d’avoir fait attention aux symptômes et à îa totalité de la maladie ; d’où s’eusuivent de grandes bévues dans la pratique. Ou ne convient pas universellement de ce qu’on doit entendre par le terme de malignité; mais il est difficile de s’en former une idée assez claire et assez jnste pour en faire une ap[ lication sûre à certaines lièvres , et pour autoriser la méthode curative qui est fondée là-dessus. Les lièvres qu'on ap.. pelle ordinairement malignes, étant examinées selon leurs symptômes , paraissent venir d’une coagulation ou d’une dissolution des fluides , et par conséf{ueut elles demandent un traitement différent , les remèdes volatils et atténuans étant propres dans les premières , et les acides modérés , les émulsions rafraîchissantes , les aglutinaas , comme la gelée de corne de cerf, etc. dans les secondes ; et comme ces sortes de remèdes agissent par des qualités manifistes , ou peut raisonnablement en conclure que les lièvres viennent aussi de causes manifestes , eu sorte que l’idée d’une malignité prétendue tombe d’tUfc-mcme. Les lievres qu’on estime véritablement malignes , dépendent de quelques qualités pailiculières et contagieuses de l’air, lesquelles De peuvent peut-être pas se connaître par les sens; ou bien d’alimeus corrompus et pourris , de la morsure des animaux venimeux , etc. ; mais ces causes ne sont pas à beaucoup près si communes ijue Ton croit ordinairement.
ET PESTE DES AîN’N'ÉES l665 et î666.
Chaf. il
€l n’en diffère que parce que son degré de violence est moindre. C’est pourq loi j’expliquerai dans le meme chapitre l origine et la curation de ces deux maladies.
2. Qu’il y ait dans l’air une certaine température Bîspf^sitîon ou disposition qui, en divers temps, produit diifé-
rentes maladies , c’est de quoi on ne saurait douter ladite, si l’on fait attention que la meme maladie attaque en certains temps une infinité de gens, et devient épidémique; au lieu qu’en d’autres temps elle n’en attaque qu’un fort petit nombre 5ti chose est évidente touchant la petite-vérole, et sur-tout touchant la peste , qui fait la matière de ce chapitre.