Au reste il est assez rare que la peste tue su- «st
. , , . ^ ce que cela
bitement; et cela 11 arrive, comme nous avons dit arrive prluaiplus haut, que dans le commencement et la force p^ieaieut. de la maladie (2). La peste , de même que les autres fièvres, attaque le plus souvent par un frisson, qui est ensuite suivi de chaleur, et cette chaleur dure jusqu’à ce que, par un effet de la sage prévoyance delà nature, les particules enflammées du sang soient portées aux émoiictoires , et y soient
(i) Cette comparaison n’est ni juste, ni propre à éclaircir le raisonnement de l’Auteur , et on en trouve plusieurs semblables dans ses écrits. Il faut avouer que les comparaisons , quand elles sont justes , jettent beaucoup de jour sur les matières , autrement rien n’est moins concluant et plus trompeur. Les fausses similitudes et les analogies mal fondées ne font qu’obscurcir les matières et embrouiller l’esprit. Quant aux. comparaisons en particulier , ou doit se souvenir que pour être parfaitement concluantes , elles ne doivent se faire qu’entre des choses de même genre , comme entre des animaux et des animaux , entre des plantes et des plantes , entre des injaéraia, et des minéraux , et ainsi du reste.
Voyez ci-dessus , nurn. 8.
et i'éi’
ïî4 Fièvre PEsriLEr^xiELLE
changées en pus, comme dans les flegmons or- Sjïcxioî^ n. dinaires.
Pvlaintenant si 1 inflammation est encore moins "Violente j elle produit les fièvres (^lèon nomme pestilentielles ; comme il arrive souvent à la fin d’une constitution pestilentielle , et peut-être meme un ou deux ans après , jusqu’à ce qu enfin ces sortes de fièvres disparaissent entièrement.
l^^ouve uiie grande ressemblance entre la érysipèle, peste et 1 érysipèle* Cette derniere maladie, au jugement des plus habiles Médecins, est une fièvre continue , causée par la corruption et rinflammation de la partie la plus fine du sang, dont la nature cherche à se délivrer , en la déchargeant sur quelque partie extérieure du corps où elle forme une tumeur, ou plutôt une grande tache rouge, appelée rose ,* d autant que la tumeur n’est souvent pas fort apparente. Cetle fièvre, après avoir duré un ou deux jours , se termine critiquement par la tumeur ; de là vient qu’on ressent une douleur dans les glandes de Faisselle, ou dans celles des aines, comme il arrive dans la peste.
i4* L érysipèle commence, de même que la peste, parmi frisson, qui est suivi de chaleur; tellement que les personnes qui en sont attaquées pour la première fois , croient avoir la peste , jusqu’à ce qu’enfin la maladie se manifeste dans une jambe, ou dans quelqu autre endroit. D ailleurs, quelques auteurs soupçonnent de la malignité dans cette maladie; c est pourquoi ils veulent qu’on la traite par les sudorifiques et les alexipharraaques (i). Quand elle a une fois excité l’ébullition frébrile, au moyen de laquelle les particules du
^ ^ fa* . •
Pi’euves de
cela,
sang ,
qui étaient pour ainsi dire brûlées et gan-
(i) Voyez Sennert , Liv. //. Chap, Xp’I, de febr. symptem. contiti.
Eï EESTE DES AîTNÉES i 665 Ct l666. I I
grenées, sont en peu de temps chassées au dehors , elle cesse d’elle-méme sans aucune suite fâcheuse fi).
J 5. Mais la vapeur de la peste est beaucoup plus est plus puissante et plus active que celle de l’érysipele : rérjipeier elle pénètre comme un éclair, par son extreme subtilité, les endroits du corps les plus reculés; elle détruit tout à coup les esprits du sang, et cause c[uelquefois une entière dissolution de cette liqueur avant que la nature , accablée d’un mal imprévu , ait le temps d’exciter l’ébullition frébrile, qui est le moyen ordinaire dont elle se sert pour débarrasser le sang qui lui est nuisible.
i6. Si quelqu’un ne veut pas convenir que la Elle vient peste vienne .d’une inflammation , je le prie de considérer les raisons qui appuient ce sentiment; savoir, que la peste est accompagnée de fièvre, et que le sang qu’on tire aux pestiférés est de même couleur que celui qu’on tire dans la pleurésie et le rhumatisme ; que les charbons paraissent brûlés, comme si on y avait appliqué le cautère actuel; que l’inflammation de la peste est suivie aussi souvent de bubons, que les autres inflammations le sont d’autres tumeurs, et sur-tout d’abcès. Il semble même que la saison où commence ordinaire'ment la peste épidémique, contribue encore à produire l’inflammation ; car c’est justement alors,
(i) L’érysipèle et la peste se ressemblent, î.® dans lenrs principaux symptômes , qui sont frisson soudain , abattement , douleur violente à la tète et au dos, vomissement , etc. ; dans l’expulsion de la matière morbiiique sur la peau , entre le troisième et le quatrième jour , avec diminution des symptômes ; 3.® dans une enflure, une rougeur , et une douleur qui se fait d’abord sentir dans l’aine , ou près de là , et qui descend ensuite aux pieds ; 4.® en ce que ces deux maladies attaquent les parotides lorsque la tète est menacée , et les glandes de l’aisselle lorsque la poitrine est en danger ; 5.® ea ce ([u’elles enflamment les glandes de l’aisselle , et la poitrine ; 5,® eu ce qu’il, y a du danger quand la matière morbifique rentre eu dçdans.