Des qu’elles sont sorties, j’examine atten- curadona
. V ^ la ptliUî-veros
tivenient si elles sont discretes ou continentes ; le discrète, parce que ces deux sortes de petiles-vérolcs sont très-diflcreiîtes Tune de 1 autre , nonobstant certains symptômes qui leur sont commons. Si donc la grandeur et le petit nombre des pnS'oles , le retardement de l’éruption , l’état tranquille on est le malade , la cessation des symptômes redoutables qui , dans les petites-véroles confluentes, persistent même après l’éruption , me font juger su^ rement que celle que j’ai à traiter , sera discrète , alors je donne au malade de la petite-bière , des décoctions d’orge , d’avoine , etc. de la manière que j’ai marquée ci-devant.
Si on est en été , qu’il fasse très-cband , et Avantages que les pustules ne soient pas en fort grande quantité , je ne vois pas la nécessité de tenir continuellement le malade au lit et bien couvert. Il doit au contraire demeurer levé chaque jour pendant quelques heures, pourvu qu’il soit logé et vêtu de façon à n’avoir ni trop froid , ni trop chaud. Bien plus , c’est que , quand le malade se tient quelquefois le^é, la maladie est moins fâcheuse , et même dure moins long-temps que quand il garde toujours le lit : car , demeurer ainsi au lit , cela rend le mal plus ennuyeux , entretient la fièvre , et cause aux pustules qui sortent , une inflammation douloureuse.
Mais, si le froid de la saison ou l’abondance Mauvais effet de l’éruption oblige de garder entièrement le lit, j’ai soin que le malade n’y soit pas plus couvert, et n’y ait pas plus chaud, que lorsqu’il était en santé ; et ce n’est qu’à l’entrée de l’hiver , que
Petites-véroles régulières
S£crxo:s ni.
Eordianx sont ti tiles dans ie dédia de 3a jiialadie.
je fais faire dans la chambre , matin et soir , un feu médiocre. Je n’oblige pas le malade de demeurer couché dans la meme situation. Mon dessein en cela est d’empécher la sueur, laquelle est extrêmement dangereuse : je le dis hardiment, fondé sur les raisons que j’ai apportées ci-dessus, et sur ma propre expérience.
47. Dans le déclin de la maladie , comme les pustules , qui sont alors revêtues de leur croûte , et ont acquis une certaine dureté, empêchent la matière purulente de transpirer librement, il sera bon de donner cinq à six cuillerées de vin de Canarie , à demi-cuit , ou quelqu’autre cordial tempéré, afin d’empêcher le pus de rentrer dans le sang (i). C’est dans ce temps-ci de la maladie que les cordiaux peuvent être mis en usage , et non pas plus tôt. On peut aussi accorder en même temps un régime un peu plus chaud ; par exemple, des bouillons faits avec le pain , la bière et le sucre , ou avec la farine d’avoine , la bière et le sucre , etc. 11 n’est besoin d’aucune autre chose dans la petite-vérole discrète et bénigne, si le malade veut se laisser traiter de la sorte, à moins que les inquiétudes, les veilles, ou d’autres symptômes qui menacent de la frénésie , n’obligent de recourir de temps en temps aux remèdes caïmans.
48. Telle est, malgré le préjugé contraire, aussi mal fondé qiéil est universel, la vraie méthode de traiter la petite-vérole discrète ; et je ne doute
(1) Ponr cmpèclier la matière des pustules qui sont en suppuration , de lentrer dans ie sang , Eoerbaave obseive aussi que rien n’est au-dessus du vin de Canarie pris modertineiit , par exemple , à la quantité d’une once trois ou quatre fois ie jour On peut donner un peu d’opium pour diminuer i’agilaliem 'violeuie du sang et des humeurs. Si cela est inutile , je ue vois pas , cet Auteur J ce qui pourra soulager, Ptax. Med, vol. P ^ diQ,
Chap. IL
Saignée est qipiqnefois uécessaireiT
DES ANNÉES 1667, î668 , CtC. l'Jl
point que celte métiiode ne s’établisse enfin après ma mort. Je ne nie pas que plusieurs malades ne guérissent par un régime entièrement opposé.
Il faut avouer toutefois qu’il en meurt aussi un grand nombre ; ce qui est d’autant plus triste , que la petite-vérole discrète est de sa nature absolument sans danger. Il en mourrait même encore Lien davantage, .si le froid de la saison où ils tombent malades, ou la saignée, quoique d’ailleurs inutile, ne leur sauvait la vie.
C’est pourquoi, lorsque l’opiniâtreté des assista ns , ou la défiance du malade ne m’a pas permis de mettre en usage le régime dont j’ai parlé, j’ai cru devoir y suppléer par la saignée; car, quoique la saignée soit d’elle-raérae nuisible dans la petite-vérole discrete , en ce qu’eile trouble la séparation des particules morbifiques , et enlève une partie de la matière qui devait servir à la formation des pustules, elle ne laisse pas de compenser en quelque manière le régime trop écbaufîânt qu’on emploie ensuite ; et ainsi elle rend moins dangereuse une méthode à laquelle je n’ai recours que malgré moi.
4q. Il sera aisé , après tout ce qui a été dit , de repondre a une question que 1 on lait ordi ’ riches que de nairement ; savoir, pourquoi, dans le bas peuple il meurt si peu de gens de la petite- vérole , en comparaison de ceux qui en meurent parmi les riches. On ne saurait guère donner d’autre raison de cette différence , sinon que la manière de vivre pauvre et grossière des gens du bas peuple , ne leur permet presque pas de se nuire à eux memes par un régime plus recherché et plus délicat. Cependant, depuis qu’ils ont appris î’usage du mithridate , du diascordium , de la décoction de coure de cerf, etc., il est mort parmi
>auvres.
Petites-véroles régulières
la
eux un plus srand nombre de gens de cette ma-
SectiüjsIII. 1 1 • ! 1
ladie , que dans les siecles precedens , moins savaiis à la vérité, mais plus sages. Cela vient de ce que qu’il se trouve ordinairement dans chaque maison quelque femme également ignorante et présomptueuse, qui, pour le malheur du genre humain , se mêle d’un métier qu’elle n’a pas appris. Voilà ce que nous avions à dire sur la curation des petites-véroles discrètes.
Curation de 5o. Mais , si la petite-vérole est confluente , le
devient alors une affaire bien délicate; car je pense que la petite-vérole confluente diffère autant de la discrète , que la peste diffère de la petite-vérole confluente, quoique le commun des hommes qui prend les mots pour les choses, ne mette aucune différence dans le traitement de ces deux sortes de petites-véroles. Comme celle dont il est maintenant question est le produit d’une inflammation plus considérable du sang , il faut avoir encore plus de soin, que dans l’espèce précédente , de ne pas échauffer le malade,
Nécessité de ouoique la petite-vérole confluente demande
g&rder ieiit. ^
de sa nature plus de rairaichissement que la discrète , néanmoins, afin de procurer l’enflure du visage et des mains (sans laquelle point de guérison,', comme aussi l’élévation et l’augmentation des pustules, et encore, parce que les ulcérations douloureuses qui arrivent au malade le mettent hors d’état de sortir du lit, il tant qu’il y demeure , et qu’il tienne ses mains cachées, pourvu qu’il soit médiocrement couvert, et qu’on lui permette de changer de place dans son lit, comme il voudra, ainsi que nous avons dit dans la curation de la petite-vérole discrète (i).
(i) Voyez ci-dessus , num. 47»
Chap. [I.
MS ANNÉES 1667, î668, etc. 173
Mais sur-tout dans le déclin de la maladie , qui est le temps de la maturation des pustules, non seulement Oil doit permettre au malade de changer de place dans son lit, mais il faut encore le lui ordonner , et meme le retourner souvent de jour et de nuit , afin de tempérer la grande chaleur que cause la fièvre, et d’éviter les sueurs qui dissipent cette moiteur douce, dont les pustules ont besoin pour être détrempées et adoucies.
5r. Nous avons dit (i) que la salivation accompagne toujours la petite-vérole. Cette évacuation est une des principales qu’opère la nature , et elle la substitue à celle qui aurait dû se faire par les pustules , mais qui , à raison de leur peu d’élévation ^ ne saurait se faire aussi bien que dans la petitevérole discrète. Cela étant ainsi, on doit avoir un très-grand soin d’entretenir la salivation dans sa force; en sorte qu’elle ne s’arrête point avant le jour convenable, soit par l’usage des remèdes chauds , soit en empêchant le malade de boire abondamment de la peîite bière , ou de quelque autre liqueur semblable. Et, comme la salivation, quand elle est telle qu’elle doit être, commence avec l’éruption , diminue le onzième jour , et ne cesse entièrement qu’un jour ou deux après, le danger est très grand lorsqu’elle cesse entièrement avant le onzième jour. Car l’enflure du visage, par laquelle il s’évacue quelque chose de la matière morbifique, ne manquant jamais de disparaître ce jour-là, si la salivation cesse en même temps, la matière morbifique qui commence alors à devenir putride , infecte le malade par sa vapeur empoisonnée; et n’ayant plus d’issue pour s’évacuer, elle le met à deux doigts de la mort, à moins que
Nécessité (l’entretenir la salivation.
P) Voyea ci-dessus ^ nurn, i3.