‹ Médecine pratiqueChapitre 55 sur 115 · PeTITES'VEROLES REGULIERES · texte numérisé non relu

PeTITES'VEROLES REGULIERES

l’enflure des mains, qui commence après celle du

Sjïctiüih lil. . . 1*'

Visage, et se dissipe aussi plus tard , ne vienne au secours , comme il arrive quelquefois , et ne soit assez considérable pour tirer le malade des bras de la mort.

Moyen pour Uj, rnovcn d’aider extrêmement la salivation qui est si importante et si nécessaire dans cette maladie, c’est de faire boire au malade beaucoup de petitebière, ou de quelque autre liqueur qui ne l’échauffe point et ne lui cause point de sueurs (i).

Utilité des 52. Outre cela , pour calmer rébullition du sang,

narcotitfuesen . *1 i i ^ ^

«ette occasion, qui est ICI beaucoup piusviolenteque dans la petitevérole discrète , et entretenir en même temps la salivation , rien ne convient si bien que les narcotiques; et, quoiqu’à raison de leur faculté incrassante , ils semblent d’abord être contraires à la salivation , ce n’est-là qu’un préjugé dont je me suis défait il y a déjà long-temps; et j’ai toujours ' employé ces remèdes avec succès dans cette maladie, pourvu que le malade eût passé l’âge de pupertér car, pour ce qui est des enfans, comme leur sang fermente moins, puisque le plus souvent ils dorment assez bien durant toute la maladie , il n’a pas tant besoin du secours des narcotiques , lesquels d’ailleurs seraient nuisibles , en ce qu’ils arrêteraient la diarrhée, si utile aux enfans dans cette occasion.

Leurs boas 53. Mais , quant aux adultes , voici les avantages

aduite?^^ procurent les narcotiques fréquemment

employés : premièrement, au moyen du sommeil modéré qu’ils causent, ils répriment la trop grande violence de l’ébullition du sang, et par conséquent ils préviennent la frénésie; secondement, ils faci-

(i) Oa peut se servir entre autres choses de l’eau laiteuse , ^ui est uae dé* cochon d’une partie de lait avec trois parties d’eau.

MS ANNEES 1667, 1668, etC;. 175

litent l’enflure du visage et des mains, qui est si -importante dans cette maladie : comme l’enflure du visage cesse assez souvent trop tôt, et au grand malheur du malade, les narcotiques Tentretiennent et la font durer jusqu’au terme établi par la nature : car l’effervescence du sang étant une fois adoucie , les particules enflammées se portent aisément aux mains, au visage et à toute la superficie du corps, suivant le génie de la maladie. Enfin , les narcotiques aident la salivation : et quoique , dans certains sujets, elle s’arrête durant quelques heures par la vertu incrassante de ces remèdes , néanmoins la nature , fortifiée de ce nouveau secours, reprend bientôt le dessus , et achève heureusement l’ouvrage qu’elle a commencé. J’ai même observé plus d’une fois que la salivation qui ordinairement diminue vers le onzième jour , et quelquefois même plutôt , avec un grand danger pour le malade , s’est rétablie de nouveau par l’usage des narcotiques, et n’a cessé qu’au quatorzième jour, et meme plus tard dans quelques sujets.

Ma coutume est de donner quatorze gouttes ou environ de laudanum liquide , ou bien une once de sirop diacode , dissoute dans l’eau de fleurs de primevère , ou dans quelque autre semblable eau distillée. Ces remèdes étant donnés tous les soirs à des adultes , depuis que l’éruption est entièrement faite, jusqu’à la fin de la maladie, non-seulement ne seront point nuisibles , mais seront au contraire d’une très-grande utilité, comme une fréquente expérience me l’a appris.

Je crois au reste qu’ils doivent être pris de meil- ^ ^ leure heure que dans les autres maladies. Car il est Te" aisé de remarquer dans les petites- véroles malignes , que la chaleur qui est plus grande le soir, cause ordinairement au malade des inquiétudes, des agi«

PSTIÏES-VER OLr.S R3:GULÏEIlEâ

Section Hi.

tâtions et d’antres symptômes, que l’on peut, en quelque façon, prévenir, en faisant prendre le narcotique à six ou sept heures du soir.

Danger d’ar- 54 Detite-vérole confluente est aussi sûre-

rêter le cours ' J 1 J* J ' 1 i c

devenfre dans ment accompagnée de la diarrhée dans les entans, les eûfaüs. salivation dans les adultes , la nature ne

manquant point de produire l’une ou l’autre de ces deux évacuations, afin de se débarrasser de la matière morbifique. Ainsi, comme je n’arrète pas la salivation , je n’arréte pas non plus la diarrhée ; l’un serait aussi mal entendu que l’autre : et c’est et voulant al^réter mal à propos cette diarrhée , que des femmelettes ignorantes ont causé la mort à plusieurs milliers d’enfans, se persuadant, contre toute raison, que le cours de ventre est aussi dangereux dans la petite-vérole confluente, que dans la discrète , et ne sachant pas qu’il n’est nuisible que dans celle-ci où l’évacuation de la matière morbifique se fait par le moyen des pustules ; au lieu que dans celle-là , il est l’ouvrage de la nature qui cherche par-là à se délivrer de la maladie (i).

C’est pourquoi 5 abandonnant la diarrhée à ellemême pour suivre la nature , selon le précepte d’Hippocrate , je vais mon train dans la curation.

(i) Le cours de ventre , même considérable , dit Hoffmann , n’est pas à craindre en cette occasion ; car bien loin qu’il empêche l’éruption ou la suppuration, et fasse rentrer la matière morbifique , je l’ai vu au coutraire durer sans danger pendant toute la maladie ; et comme les fièvres malignes pourprées se terminent souvent d’une manière critique par un cours de ventre , l’expérience fait voir aussi la même chose dans la petite-vérole.

Hoffmann dit aili'^urs , que dans un été sec la petite-vérole est particulièrement inflammatoire , et souvent accompagnée d’un cours de ventre qn’il ne faut pas arrêter , mais seulement le modérer par des remèdes convenables , ayant soin d’éviter le régime échauffant et les remèdes chauds , et d’un autre côté le régime rafraîchissant et les remèdes froids. Le cours de ventre , ajoute cet Auteur, n’est point nuisible non plus lorsque la petite-vérole, à cause de l’irrégularité des saisons , se trouve compliquée avec le pourpre ; mais c’est au contraire un remède salutaire qui purge admirableraeuc les bu-, «leurs excréuicEtielles et malignes.

DES AlYNÉES 1667, ï 668 , CtC. 177

J’ordonne de tenir les enfans, tantôt dans le berceau , et tantôt hors du berceau ; et s’ils sont sevrés , je leur accorde la meme nourriture que j’ai accordée ci-dessus aux adultes.

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