D’abord, si dans la petite-vérole discrète, à Moyen de
faire enfier le
- - - TÎsaçe dans îa
(l) Les applications onctueuses et huileuses bouchent les pores, empêchent ia transpiration , et rendent les marques ou fossettes beaucoup plus yisibles. " ' ’
J ^8 Petites-véroles EKGüLIÈRES
Section HL
En quel cas les narcotiques ou la saignée sont nécessaires.
cause du régime trop chaud et des sueurs continuelles, le visage du malade ne s’enfle pas, quoique les pustules sortent abondamment, et si au contraire il est flasque, et que les intervalles des pustules soient pâles, alors je travaille de tout mon pouvoir à modérer l’effervescence du sang. Pour cela , j’ai recours à un régime plus tempéré , et je fais prendre sur-le-champ un narcotique , lequel , en procurant un doux sommeil, à moins que le cerveau ne soit extrêmement échauffé , et en arrêtant par conséquent la trop grande impétuosité du sang, détermine ce liquide à se porter au visage , et à le gonfler , comme demande la nature de la maladie.
58. Si la sueur , après avoir été jusques-là fort abondante, vient à cesser d’elle-même, si le malade est pris d’un transportai! cerveau, s’il souffre beaucoup, s’il urine souvent, et peu à la fois , alors, comme le danger est extrême , je crois qu’on ne peut secourir le malade qu’en lui donnant copieusement des narcotiques, ou en le saignant abondamment, et l’exposant à l’air. Cette méthode ne paraîtra ni absurde , ni téméraire , si l’on fait attention à ceux qui ont échappé de la mort par des hémorrhagies abondantes du nez, survenues tout à coup.
Il faut encore considérer que, dans ce cas-là, les malades ne meurent pas , parce que les pustules rentrent, puisqu’alors même elles sont élevées et fort rouges , mais parce que le visage n’enfle pas. Or, tout ce qui tempère le sang, comme la saignée et un rafraîchissement modéré, doit nécessaire¬
ment être aussi avantageux que l’usage des narcotiques , pour procurer cette enflure, et par les memes raisons.
Éclaircisse- 5^ jg yeullle conseillcr la
suent imr rap- ri-/
T)ÎÎS ANÎS'ÉES î 667 , 1 668 , etc.
saignée dans tout transport qui survient dans la peiite-vérole ^ car il n’esî point de symptôme plus^^^^^ à la sâiîréqnent dans ceîle maladie ; je ne recommande g^ée. la saignée que dans le transport qui vient de ce que le visage n’enfle pas; savoir, dans la petitevérole discrete, lorsque les pustuk*s sont en assez grand nombre, ou bien quand, par un regime extrêmement chaud, et par l’usage des cordiaux, le sang est devenu si bouillant et si fougueux , qu’il est absolument nécessaire de le tempérer par les narcotiques et les autres remèdes propres à modérer son impétuosité.
Dans un pareil cas, le Médecin qui préfère son ütiutî* de devoir a sa reputation , doit saigner, comme il a nt dax^s le, été dit auparavant , ou rafraîchir les malades en t^aasport. les exposant à un plus grand air. J’en ai retiré plusieurs de la mort en les faisant sortir du lit pour un peu de temps , ce qui les a suffisamment rafraîchis. Outre les exemples que j’ai vus moi-méme, il y a une infinité de malades qui ont été sauvés de la sorte. Quelques-uns de ces frénétiques trompant leurs gardes ( car les frénétiques ont des ruses merveilleuses , se sont échappés de leur lit , et se sont exposés, meme de nuit, à l’air froid : d’autres ayant trouvé moyen d’avoir de i’eaii froide, soit par finesse , soit par force, soit par prières, en* ont bu à discrétion, et par une heureuse erreur , se sont tirés d’affaire , lorsqu’ils étaient absolument désespérés.
60. Je rapporterai ici une histoire que je tiens ni oire de celui-là meme à qui elle est arrivée. Etant allé à Bristol, lorsqu’il était encore tresqeiioe et à la fleur de son âge , il fut attaqué de la peiite-vérole vers le milieu de l’été , et le transport survint bientôt après La garde étant sortie pour aller en ville, laissa le soin de sou malade à d’autres personnes ^
Toine /.
ï8o Petites-véroles régulières
^ gjjg qu’ellc allait revenir; mais, comme iijiCTiuiUiL tarda un peu long temps, le malade se trouva si mal, que les assistans crurent (^u il avait rendu, lame. C était un corps gros et gras, et cela , avec la chaleur de la saison , faisant craindre aux assistans qu’il ne sentît mauvais, ils l’ôtèrent de son lit, et le mirent sur une tahle avec un simple drap par* dessus, La garde revenant enfin , et apprenant cette triste nouvelle , entre dans la chamhre ou était* le corps, ôte le drap, regarde le visage , et croit apercevoir quelques légers signes de vie. xiussitôt elle remet son malade au lit , et par je ne sais quel moyen dont elle s avise sur-le-champ , elle le fait revenir de sa défaillance, en sorte qu’au bout de quelques jours, il se porta très-bien.
6i. Si, dans la petite-vérole confluente, la salive gargarisme tellement épaissc et visqueuse à cause de la live est chaleur précédente, que le malade soit sur le point Yisriueuse. ^yètre suffoqué , ce qui n’est pas extraordinaire le onzième jour, comme nous avons dit plus haut, alors il faut nécessairement employer un gargarisme , et ordonner qu’on ne manque pas d’en injecter souvent de jour et de nuit daiif* le gosier avec une seringue. Ce gargarisme sera compose de petite-bière , ou d’eau d’orge avec le miel rosat , ou bien de la manière suivante, üargarisrue. Pieuez écorce cl 017726 , SIX gros ; racine de réglisse,
'demi-once \ vingt raisins secs dont on a ôté les pépins', roses rouges, deux pincées : faites howliir tout cela dans suffisante quantité deau qui sera réduite à une demi-livre ; passez la liqueur , et diss dvez-y oxyrnel simple, et miel rosat, de chacun
deux onces , pour un gargarisme.
Si le malade a été traité comme il tant , la salivation, lors meme cpi elle aura commencé à diminuer, continuera autant qui! est nécessaiie, sans
ï>ES améés 1667, J^GS , etc.
qu’il soit besoin de gargarisme. Mais si le malade est à tout moment en danger d’etre suffoqué, s’U est assoupi , et ne saurait presque plus respirer, ce remeile est peu sûr. Dans cette extrémité j’ai quel- Émétique quefois donné avec succès un émétique d’infusion cit sairan des métaux, mais a une dose plus consi- cas-iît. dérable qu a l’ordinaire, c’est-à-dire, jusqu’à une once et demie ; car à cause de l’asSoupissement profond où est le malade, une moindre dose n’opérerait point , .et ne ferait que mettre le malade dans un plus grand danger , en agitant les humeurs .qu’elle ne pourrait évacuer. Cependant un tel remède n’est point encore assez sûr. Le malheur est que nous n en avons pas un meilleur contre un si cruel symptôme , qui seul fait périr presque tous ceux qui , ayant une petite-vérole confluente , meuientle onzième jour.
62. Comme le régime tempéré prévient les au- du très symptômes qui arrivent dans cette maladie, rég\iirte temil les dissipe aussi la plupart. C’est ainsi que le trans-
port dont nous avons parlé , et qui vient de ce que le cerveau est trop échauffé, se guérit en rafraîchissant le sang de quelque manière que ce soit. On guérit de meme le coma, symptôme entiè- 11 guérit le rement contraire au précédent, et qui est causé par une obstruction de la substance corticale du cerveau , lorsque le sang étant atténué par l’usage d’un régime et des remedes échauffans , envoie avec force dans cette partie un grand nombre de vapeurs enflammées. '
63. J’ai vu aussi disparaître les taches de pour- Et le. tache® pre en rafraîchissant le sang^ mais je n’ai pu en”*
core, ni par cette méthode, ni par aucune autre, arrêter le pissement de sang, non plus que l’héqioptysie viole^ite du poumon 3 et ces deux hd-:
Petites-véroles régulières
iTiorrhagies , autant que j'ai pu observer jusqu’à présent, annoncent une mort certaine.
Suppression Daus kl suppresslon d’urine , qui attaque
înent'se'^!^- quelqucfois les jeunes gens et les personnes robustes, et qui vient d’un grand trouble des esprits qui servent à cette excrétion , trouble causé par le trop de chaleur et de mouvement du sang et des humeurs . j’ai tenté tous les genres de diurétiques: mais rien ne m’a si bien réu'ssi que de faire sortir le malade du lit ; car peu de temps après qu’il a fait deux ou trois tours par la chambre , soutenu par quelques personnes, il urine assez abondamment, et se trouve fort soulagé. Je pourrais citer ici pour témoins de ce que j’avance , quelques Médecins de mes amis , qui en pareil cas ont or^ donné la meme chose par mon conseil , et l’ont fait avec succès.
En quel cas 55 Quaiit aux svmptômes qui arrivent lorsqu’un
' les cordiaux ii‘*l .* l j *
conviennent grand iroid OU dcs cvacuations hors de saison lont
dans la petite- Jpg j> petitc-vérole , il faut les combattre par
verole discre- i ^ t / • r ^
ta. 1 usage des cordiaux et par un regime coniorme,
lesquels on ne doit cependant continuer qu’aussi long-temps que durent les symptômes. Les principaux de ces symptômes sont l'affaissement on l’applatissement des pustules, et la diarrhée dans les petites-véroles disci ètes , car dans les confluentes , l’affaissement des pustules n’est pas d’un mauvais augure, puisqu’il est delà nature de la maladie; et la diarrhée dans les enfans est salutaire, loin d’être dangereuse.
Dans l’un et l’autre cas il sera îrès-à-propos de donner une potion cordiale avec les eaux distillées, le diascordium, le laudanum liquide, etc., nonseulement pour dissiper les symptômes dont il s’agit, mais encore en tout autre lemps de la midadie, î>i le malade se plaint de faibifsses eî de maux de
DES ATOÉES 1667 , 1668 , ete*
«œur ; mais à dire vrai, ces sortes de symptômes . . ••
^ 1 Chap. II.
sont extrêmement rares en comparaison de ceux que cause le trop de chaleur, cpii est plus nuisible que le trop de froid , quoic[ue le prépigé vulgaire Je croie nioins nuisible. Pour moi, je pense que si Ton parle si souvent de pustules rentrées , c’est qu’on prend FafPiissement des pustules de la petitevérole confluente pour des pustules rentrées par le froid , au lieu qu’il n’y a rien en cela que de naturel à cette maladie ; on commet la meme faute dans la petite- vérole discrète, parce qu’on attend de trop bonne heure l’éruption et raugraentation des pustules, ne faisant pas attention que cela ne doit arriver qu’au bout d’un certain temps établi par la nature.
66. Lorsque les pustules sont tombées, que le EnqupUeni|)s malade est convalescent, et a déjà commencé depuis quelques jours à manger de la viande , c’està-dire, vers le vingt et unième jour , il faut saigner du bras, si la maladie est violente, car l’ardeur que la petite- vérole a imprimée au sang, soit que le malade fût nn adulte ou un enfant , ii’indiqne pas moins la saignée, que les mauvaises humeurs qui se sont amassées dans le sang indiquent la purgation. C’est ce que montre assez la couleur du sang que l’on tire après une petite-vérole fort dangereuse ; car il est entièrement semblable à celui que l’on tire dans la pleurésie. C’est ce que montrent encore les ophthalmies dont cette maladie est ^ suivie , et les autres mauvais effets d’un sang échauffé et altéré par la maladie. Aussi voit-on des gens qui auparavant jouissaient de la meilleure santé , être ensuite sujets tout le reste de leur vie à des humeurs chaudes et âcres qui se jettent sur les poumons ou sur quelqu’autre partie.
Mais s’il y a peu de pustules, la saignée ne sera
1 84 Pet.-vér.rég desaivnées 1667 , î668 etc. pas nécessaire. Après la saignée, ie purge trois ou
SKcxio.NÜI. ^ , r • ’J r b
quatre lois.
Comment il 67. Loiig-teuips uprès que le malade est guéri de la petite vérole confluente , et lorsqu’il sort déjà tous les jours du lit, il lui survient quelque- ' fois une enflure considérable des jambes ; mais après la saigirée et la purgation , cette enflure se dissipe d’elle-mème, ou bien on la guérit aisément par [ usage des herbes émollientes et discussives, comme feuilles de mauve, de bouillon blanc , de surv^au , de laurier, et fleurs de camomille et de mélilot, bouillies dans ie lait.
Voilà ce que j’avais à dire sur riiistoire et la curation des jietîtes-véroles qui régnaient pendant les années 1667, et partie de 1669, et que
j’ai nommées régulières et légitimes pour les distinguer de celles des années suivantes.
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