‹ Médecine pratiqueChapitre 63 sur 115 · Ces rougeoles étaient les avant-coureurs d une · texte numérisé non relu

Ces rougeoles étaient les avant-coureurs d une

sorte de j)etile*vérole que je ne connaissais pas qu’eiies amèencore, et que je nomme petite-vérole irrégulière de la constitution dyssenlerique ^ afin de la distinguer des autres petites^véroles , d autant qu elle était accompagnée de symptômes irréguliers et extraordinaires que je rapporterai en donnant rhisroire de cette maladie , et qui étaient trèsdifférens de ceux des petites-véroles de la constitution précédente. Cette sorte, de petite-vérole , quoiqu’elle fût beaucoup moins fréquente que la rougeole , ne laissa pas d’attaquer un assez grand nombre de gens jusqu au mois de Juillet que les fièvres dyssentériques prirent le dessus, et devinrent épidémiques. Mais aux approches de l’automne , c’est-à-dire au mois d’Août , les dysserîteries revinrent , firent de grands ravages, et furent encore plus cruelles que 1 année precedente.

I/hiver étant venu, elles disparurent ; et à leur place la fièvre dyssenterique et la petite-vérole durèrent tout l’hiver.

5. Vers le commencement de Février de l’année Fièvres suivante , il parut des fièvres tierces , et les deux Février 1671. maladies dont nous venons de parler devinrent

plus rares. Ces fièvres tierces n ’étaient pas fort épidémiques : cependant je ne me souviens pas d’en avoir jamais vu un si grand nombre depuis la consitution que nous avons dit ci-dessus , leur avoir été si favorable fi). A peine le solstice deté fut-il passé, qu’elles disparurent entièrement, se- démiques de Ion la coutume des fièvres intermittentes du prin- ““ temps. Au commencement du mois de Juillet, les

(i) Voyez Seçt^ i , Chap, % , num, i , 5,

Constitution iépidemique

fièvres fiyssentériques qui avaient régné les années précédentes , reparurent de nouveau. Et l’automne étant un peu avancé , la dyssenterie revint pour la troisième fois , mais avec moins de violence que l’année précédente , où elle sembla être dans sa plus grande force. Elle disparut pour la troisième fois au commencement de l’hiver: et la fièvre dvssentérique etla petite- vérole régnèrentde nouveau pendant le reste de cette saison.

6. Nous avons vu qu’au commencement des deux aimées précédentes il y eut une maladie fort épidémique ; savoir , la rougeole au commencement de 1670, et la fièvre tierce au commencement de 1671. Ces deux maladies étant les dominantes , affaiblissaient les petites-véroles , et les empêchaient de s’étendre beaucoup durant ce tempS“Ià. Mais au commencement de 1672 , les pétites-véroles n’ayant plus d’obstacle , et se trouvant les seules dominantes, devinrent très-épidémiques, et régnèrent jusqu’au commencement de juillet, que les fièvres dyssentériques revinrent. Celles-ci firent place aux dyssenteries , qui reparurent au mois d’Août pour la quatrième lois. Les dyssenteries étaient non-seulement eri moindre qualité que les années d’auparavant , mais leurs symptômes étaient aussi plus doux.

Comme les petites- véroles étaient en même temps répandues par-ci par-là , il n’était pas aisé de decider quelle était la maladie dominante. Pour moi , je crois que la constitution de l’air ne se trouvant pas entièrement favorable à la dyssenterie , donna moyen à la petite-vérole de se faire sentir avec autant de force ; au lieu que les années précédentes il y avait au mois d’Août un plus grand nombre de dyssenteries , et qui étaient plus cruelles. L’hiver fit cesser , comme à l’ordi-

iiaire , les dyssenteries , mais non pas la fièvre dys- j

«entérique , ni la petite-vérole. Cette dernière , suivant sa coutume , prit le dessus après la cessation des dyssenteries , et régna tout le reste de I hiver. Elle se soutint meme un peu au printemps suivant et au commencement de l’été , mais beaucoup plus faible quelle n’est ordinairement.

7. Au reste , quand je dis que les maladies épidémiques se succèdent lune a 1 autre et se chassent mutuellement comme un clou chasse 1 autre, je ne prétends pas dire que la maladie qui cède la place à l’autre , disparaît entièrement , mais seulement qu elle est plus rare ; car durant cette constitution , l’une ou l’autre des maladies dont il s’agit se voyait même dans la saison qui ne lui était pas favorable. Par exemple , la dyssenterie qui est une maladie tout-à-fait propre a 1 automne, ne laissait pas , quoique très-rarement , d attaquer par-ci par-là quelques personnes au printemps.

8. Nous avons donc montré d’une manière SÙf- Comment les fisante , que durant toute cette constitution , les se succédaient fièvres dyssentériques régnaient au commence- iwjrantre ment de Juillet , mois qui est la véritable époque constitution, des fièvres d’automne , comme le mois de février

l’est des fièvres de printemps; qu aux approches de l’automne , les dyssenteries qui , a parler exacte- • ment , sont de vraies maladies de cette saison , succédaient aux fièvres dyssentériques ; que les dyssenteries cessaient l’hiver , et étaient suivies des fièvres dyssentériques et des petites-veroles ; enfin que ces petites'véroles ne duraient pas seulement tout l’hiver , mais subsistaient encore le printemps, et même l’été d’ensuite jusqu au mois de Juillet, quelles étaient obligées de céder la place aux fièvres dyssentériques épidémiques.

202 Const. Mpid. des années 1669, >670, 71, 7a.

SicTioNiv. Telles étaient les vicissitudes des maladies qui régnèrent sous cette constitution.

*t/uiüou'^P- 9- encore observer, que comme chaque

® éindemique a ses différentes périodes dans les sujets particuliers quelle attaque ; savoir, son augmentation , sa force et son déclin : de meme chaque constitution générale , qui produit telle ou telle maladie épidémique , a aussi^ses périodes pendant le temps qu’elle domine ; c’est-àdire, qu ehe devient de jour en jour plus épidémiqiie , jusqu à ce qu’elle ait acquis sa plus grande force , apres quoi elle diminue à peu près de la meme mamere qu’elle avait augmenté ', et cesse enfin absolument , pour faire place à une autre constitution. Quant aux symptômes des maladies Ils sont tous plus violens dans le commencement de la constitution ; ensuite ils s’adoucissent peu a peu , et à la fin de la constitution, ils sont aussi légers que peut le permettre la nature de la mala- * ** dépendent. C’est ce que montrent sufhsammentles dyssenteries et les petites-véroles de la constitution dont il s’agit présentement, comme nous 1 expliquerons bientôt plus au long • car nous allons traiter en particulier de cette constitution , en suivant l’ordre qu’elles ont gardé.

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