CHAPITRE IL
Choléra morbus de Tan i66g.
cdfflmpnt, i C^htte maladie qui ^ commue j’ai observé au- -r- paravant , lut plus répandue en 1669 que je ne me souviens de l’avoir vue dans aucune autre
Choléra morbus be l’atç 1669. 2o3
année , arrive presqti aussi constamment sur la fin de leté et aux approches de Fautomne, que les hirondelles au commencement du printemps^ et le coucou vers le milieu de l’été.
Le choléra morbus qui survient indifféremment dans tousles temps de l’année, pour avoir trop mangé et trop bu , est d’un autre genre , quoiqu’il
à peu près les mêmes symptômes , et se traite de la même façon.
Ce mal (i) se connaît aisément par des vomisse-
(i) On définit le choléra morbns « nn renversement contre nature du
mouvement penstaltique , ou une contractiou spasmodique de l’estomac
et des intestins , causée par une matière acre et caustique de différente » sorte qui y est contenue , et accompagnée d’une évacuation prodigieuse de » matières bilieuses par haut et par bas. »
Le siege de cette maladie est dans l’estomac et dans toute J’étendue des intestins mais sur-tout dans le duodénum et les conduits biliaires, comme on voit dans les vomissemens et les selles , qui sont ordinairement mêlés de bile. Que le duodenum soit l’endroit principal où s’opère ce mélange, c’est ce qui se manifeste en partie par les careonvolutions de cet intestin, et en partie pai a loute de la bile et du suc pancréatique qu’y décharge le conduit^choledo^ue , c est pourquoi le duodenum semble très-propre à produire et à loge»: la matière acre que 1 on évacué dans le choléra morbus. Cette maladie diffère d un cours de ventre bilieux , eu ce qu’elle est toujours accompagnée de vo-
missemens , et que le danger y est beaucoup plus grand. ^ ^
Le choléra morbus peut avoir pour cause, i.o le poison ; 2.0 des éméti-
rmniT-^r ^‘^^ens faciles à fermenter et à se cor¬
rompt e , 4.0 une violente colere.
Ordinairement il dure peu , il se termine le troisième ou le quatrième iour
rarement 1 va jusqu au septième , jamais au delà , à moins qn’il ne se changé en quelqn’autre maladie. 4 “ ue se cüange
La plupai't du temps il est mortel , n’y ayant aucune maladie , excepté la pe e et les bevres pestilentielles , qui tue en si peu de temps, sur-touUorsqu attaque des enfans , des vieillards , ou des gens affàiblis par une loncue ma adie. Plus la matière que l’on rend est corrosive, et la soif et la chaleur vmleiites , plus aussi le danger est grand ; et si l’on rend une bile noire mêlée avec un sang noar , cela dénote une mort certaine, selon HiZcrrte.-
yez ipjwc. Aphor Sect. 4 , aph. 22. Une évacuation excessive d’humeurs vei tes par haut et par bas , les défa.llances , le hoquet , les convulsions le froid des extrémités , les sueurs froides , le pouls petit et infeimitteut eJ la continuation des autres symptômes , après que le cours de ventre et le vomis semeut ont cesse , sont estimés des signes mortels ; mais il y a espérancrde gueiison SI le vomissement s’arrête , si le sommeil succédé , ^ef le Llade na rait soulage , et encore si la maladie dure au-deJà du septième jour. ^
Lhai*. il.
Choléra morbus
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mens ént)rmes , et par une déjection d’humeurs
Section IV. . i H 4^ i
corrompues , qui se rait par les selles avec beaucoup de peine et de difficulté ; il est accompagné de violentes douleurs d’entrailles , d’un gonflement et d’une tension du ventre , de cardialgie , de soif, d’un pouls fréquent, avec chaleur et anxiété , et assez souvent d’un pouls petit et inégal , de cruelles nausées, et quelquefois de sueurs colliquatives , de contractions dans les bras et dans les jambes, de défaillance , de froideur des extrémités, et d’autres semblables symptômes qui épouvantent extrêmement les assistans , et tuent Souvent le malade en vingt-quatre heures.
Choléra sec Il y a aussi un choléra morbus sec (i), causé
extréniemeut ' i ^ i .. . i
Tare. fl^r ocs vcots qui sortent par haut et par bas , sans vomissement ni selles. Je ne me souviens d’en avoir vu qu’un seul exemple ; savoir , au commencement de l’automne de cette année , lorsque l’autre sorte de choléra morbus était très-fréquent.
Purgatifs et ^ L’expériencc et la réflexion m’ont appris
ast iagens , Fil ^ J + / ^1
sout nusibles qu il ne fallait pas évacuer par des purgatifs les humeurs âcres qui causent la maladie , et que ce serait jeter de l’huile sur le feu, d’autant que l’action du plus doux purgatif augmenterait le trouble et le désordre ; mais qu’aussi il ne fallait pas dès le commencement de la maladie arrêter l’impétuosité des humeurs, et s’opposer à l’évacuation naturelle , en employant les narcotiques et les astringens, parce que ce serait enfermer l’ennemi au dedans, et tuer immanquablement le malade. Voilà poLircpioi j’ai cru devoir tenir un milieu entre ces deux extrémités, c’est-à-dire, évacuer
(i) Cette maladie est une distension considérable de l’estomac et des intestins par des vents qui sortent en abondance par haut et par bas , avec une anxiété extrême. On en trouve un exemple remarquable dans l* j4ct. Med, 'BeroUn. Dec. n , 'm)l. Ill y p. 75.
Chap. II.
BE l’an 1669.
en partie l’humeur nuisible , et en partie la délayer. Ainsi j’ai eu recours à la méthode suivante ^ qui m’a toujours réussi depuis plusieurs années (i).