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même en attaquer un assez grand nombre vers le commencement du printemps, et peut-être encore plus tôt ; savoir, lorsque le froid n’est pas long , et que la chaleur vient de bonne heure. Ainsi , quelque petit que soit le nombre de ceux qui sont attaqués de la dyssenterie dans un autre temps queTautomne, celameprouve toujours quela constitution qui règne alors , favorise beaucoup cette maladie’: et c’est ce qui arriva pendant les années dont nous parions maintenant, et qui furent si fécondes en dyssenteries ; car il y en avait encore quelques-unes par-ci par-là à l’entrée de l’iiiver et du printemps (i).
(i) Oa définit la dyssenterie « un mouvement convulsif des intestins , » causé par une humeur caustique et rongeante , logée dans leurs tuniques , et qui produit de fréquentes envies (Taller à la selle , et de fréquentes dé- » jections de matières musqueuses et bilieuses , plus ou moins teintes de » sang , avec des tranchées violentes et de la fièvre. »
Elle est ordinairement épidémique , rarement sporadique , et paraît avecdifférens degrés de malignité ; fclle n’épargne , ni âge , ni sexe , attaque les femmes comme les hommes , les enfans et les jeunes gens comme les adultes et les personnes âgées , et n’épargne pas même les enfans à la mamelle. Les gens pléthoriques , bilieux et ceux qui ont Testomac faible , y sont plus sujets ; elle attaque violemment ceux qui n’ont point observé de règles dans le régime , qui mangent beaucoup , sur-tout des fruits verts et faciles à fermenter.
Elle diffère , i.® de la diarrhée , en ce qu’elle est accompagnée de tranchées plus violentes , et d’une déjection de matières sanguinolentes , purulentes j putrides , et extrêmement fétides ; au lieu que ce qu’on rend dans la diarrhée est séreux , visqueux ou biüeux , mais jamais sanguinolent.
2.*^ Elle diffère du choléra morhus, en ce qu’elle dure plus long-temps , qu’il n’y a point de vomissement, si ce n’est au commencement ou dans l’état de la maladie , lequel vomissement est causé quelquefois par une inflammation de Testomac ; qu’elle est épidémique , contagieuse , et accompagnée d’un tenesme plus douloureux.
3.0 Elle diffère du flux de sang hémorhoïdal , où Ton rend du sang pur avec avantage pour la santé , en ce qu’elle règne dans un temps particulier de Tannée, qu’elle est ordinairement accompagnée de fièvre et d’une évacuation de sang qui est très-rarement pur , mais ordinairement mêlé d’une matière purulente , écumeuse et fétide , d’où s’ensuivent des tranchées violentes , et un tenesme très-douloureux ; que les évacuations ne soulagent point au contraire elles affaiblissent et abattent extrêmement Iq malade.
Byssiij^tepje d’une partie de 1669,
3^ j^a maladie commence quelquefois par un fris-
Section IV. • ' * 1’ 11 • îi
Ses symptô- soii qui cst SUIVI (1 unc chaleur universeile, comme raos. dans les fièvres; à cette chaleur succèdent bientôt des tranchées du ventre , et ensuite des dé-
4. *^ Elle diffère da flux hépatique, où l’on rend sans douleur une matière liquide, semblable à de l’eau dans laquelle on aurait lavé de la chair crue, en ce que les dejections sont bien différentes , qu’elles sont accompagnées de violentes tranchées , qu’il y a de la fièvre et d’autres fâcheux symptômes.
5. ” Elle diffère de ce cours de ventre d’abord muqueux , et ensuite teint
de sang , qui est épidémique à Paris , et attaque presque tous les étrangers , en ce qu’elle est beaucoup plus maligne et plus contagieuse ^ étant accompagnée de fièvre, et épuisant beaucoup plus les forces. •
La dyssenterie se divise en maligne et en bénigne : celle-ci dure plus longtemps , lùais est plus douce et moins dangereuse. La première est non-seulement contagieuse , mais encore accompagnée de symptômes mortels , comme d’une fièvre d’un mauvais caractère , d’une grande perte de forces , d’une extrême soif, etc. Elle se divise encore en rouge et en blanche. Dans la première , les selles sont teintes de sang , et dans la seconde elles sont purulentes , mêlées de caroncules ét de la mucosité des intestins.
Notre Auteur n’ayant point parlé du siège ni des causes de cette maladie , nous rapporterons là-dessus le sentiment d’Hoffmann , de qui nous avons tiré la plupart de ce qu - nous avons dit ci-devant.
On peut aisément déterminer le siège de la dyssenterie , en faisant atten* tion à la partie qui est principalement affligée. i.° Si l’on sent près du nombril une douleur violente , suivie de déjections qui viennent lentement, il €st certain que les menus intestins sont affectés. 2.0 Lorsque les tranchées attaquent la région épigastrique où est situé le colon, ou bien la région hypogastriqiie et les hypocondres , et que les matières viennent aussitôt , il est manifeste que le siège de la maladie est dans les gros intestins. 0.0 Lorsqu’il y a des envies continuelles d’aller à la selle , ou que l’on rend une mucosité âcre et gluante , et en petite quantité , il est probable qu’il y a ulcère dans le rectum.
Quant aux causes procatarctiques , ou qui produisent les humeurs nuisibles d’où provient la dyssenterie , elles sont principalement de trois sortes ; car. cette maladie peut être causée , 1.0 par ia saison ; par exemple, lorsque l’été précédent a été exîréinement chaud et sec , elle paraît vers ia fin de l’été et le commencement de l’automne , c’est à dire dans le mois d’Aoêit et de septembre , sur-tout si ia grande chaleur du jour est suivie de nuits froides avec un vent de nord ; car la longue chaleur précédente et la sécheresse de l’air ayant atténué considérablement le sang et causé des sueurs copieuses , les partie» les plus balsamiques et les plus fluides des sucs se trouvent dissipées , et ce qui reste est âcre , sullùreux et impur , et le corps affaibli ; d’où il arrive que si les personnes dont les sucs sont ainsi dépraves et viciés , viennent à être exposées considérablement à l’air froid du soir , parce qu’elles se seront trop peu v-êtues , qu’elles se seront tenues long-temps assises à terre., ou y auront dormi , etc. j cela bouche les pores et arrête la tra aspiration des parties
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jections. Souvent aussi, sans qu’aucune lièvre ait précédé, les tranchées viennent d’abord , et sont suivies de déjections ; mais les malades souffrent toujours des douleurs violentes et un serrement des intestins, chaque fois qu’ils vont à laseile; et il leur semble que toutes leurs entrailles vont sortir du corps. Les déjections sont fréquentes et toujours muqueuses, si ce n’est qu’il vient cpielquefois par intervalles une matière sîercoreuse, ce qui se fait avec moins de douleur. Les mucosités que l’on rend par les selles sont mêlées de filets de sang ; mais quelquefois il ne s’y en trouve point du tout; et néanmoins si les déjections sont fréquentes, et que les tranchées con^
fines , sulfureuses et impures des liqueurs , lesquelles s’unissant avec la lymphe vapide , dégénèrent en une matière visqueuse et très-âcre , qui , par le moyen du mouvement de la fièvre , est portée aux intestins , le grand émonctoire de ces sortes de matières impures , et cause la dyssenterie. C’est de cette manière qu’est produite la dyssenterie dans les camps , ou elle peut arrive* sans le concours d’aucune vapeur maligne. ,
2. ® La dyssenterie peut être causée par des vapeurs contagieuses , d’où s’ensuit une dyssenterie épidémique plus ou moins maligne. Ces sortes de vapeurs s’engendrent dans l’air par le moyen de certaines exhalaisons malignes qui viennent de la terre , ou par certains vents , et elles entrent dans le corps par la respiration , ou bien avec les alimens ; sur-tout les herbages et les fruits qui s’en trouvent couverts ; comme aussi des œufs pernicieux des insectes qui flottent alors en grande quantité dans l’air , et se mêlent ainsi avec le sang et les humeurs. Il est encore remarquahJe que dans une telle constitution de l’air , le virus qui est reçu dans le corps , y demeure cachd et sans action , pendant un certain temps , et n’attend qu’une cause occasiouelle pour être mis en œuvre : de là vient que dans le temps dont nous parlons on a souV^ent vu arriver une dyssenterie par une légère irritation des intestins qu’aura causée un doux purgatif ou autre chose. La contagion de la maladie peut venir aussi des vapeurs malignes qui s’exhalent des dyssentéi iqq^es par la transpiration insensible , ou de leurs excrémens , de leur lait , de leur sueur. Il règne ordinairement beaucoup de dyssenteries d’un mauvais caractère lorsqu’il y a beaucoup de mouches , de cheuilles , d’araignées et d’autres insectes.
3. ® Enfin la dyssenterie peut venir pour avoir mangé trop de fruit , surtout s’il n’était pas bien mûr , ou pour avoir bu par-dessus ce fruit des liqueurs capables de fermenter , comme du vin nouveau et semblables. Les fruits les plus mal sains sont les cerises douces ou guignes , les pêches et le^ proues , sur-tout les grosses prunes jauues.