‹ Médecine pratiqueChapitre 68 sur 115 · Tome L i/i · texte numérisé non relu

Tome L i/i

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DysS'Ei^t'erie d’une partie de 1669,

îinuent , on a toujours lieu de dire que c’est la s^ctioîiIy, (]yg3ej^j;erie (i).

Si le malade est jeune , ou échauffé par l’usage des cordiaux, il a de la fièvre, sa langue est couverte d’une mucosité épaisse et blanchâtre; et s’il est fort échauffé, elle est noire et sèche. Il y a un grand épuisement de forces, une grande dissipation des esprits, et toutes les marques d’une mauvaise fièvre. Cette maladie est non-seulement très-douloureuse et très-fâcheuse ; elle est encore des plus dangereuses, si on ne la traite pas comme il faut. Car les forces et les esprits se trouvant épuisés avant que la matière morbifique puisse être séparée du sang, et le froid des extrémités survenant ensuite , le malade pourra bien mourir en peu de jours ; et s’il en réchappe cette fois, il lui survient ensuite divers fâcheux symptômes.

Par exemple , au lieu des filets de sang qui , au commencement , se voyaient mêlés parmi les déjections , il arrive quelquefois dans le progrès de la maladie , qu’on rend le sang pur en abondance et sans mélange d’aucune mucosité , toutes les fois que l’on va à la selle. Cet accident qui marque une corrosion des gros vaisseaux des intestins, est un signe mortel. Quelquefois aussi les intestins sont attaqués d’une gangrène incurable , causée par l’inflammation violente que produit la matière âcre et brûlante qui y aborde copieusement (2). Dans le déclin de la maladie,

(1) Il semLle que cette dysseuterie est celle quTToffmaBn appelle djssen^ J terie blanche , dans laquelle ou rend des matières purulentes , mêlées de caroncules et d’une mucosité qui est enlevée des tuniques des intestins. Voyez Hoffmann , Med. System, torn. 4 j part. 3 , p. 528.

(2) Si la douleur et la soif cessent tout à coup , si les excrémcns sortent involontairement et ont une odeur fétide et cadavéreuse , si le pouls est petit et s’il survient des convulsioas , on juge que les iutestias sont attaqué# d’upe

ET DES A'NKÈES ENTIERES jG^O

le dedans de la bouche et le gosier se trouvent souvent couverts d’aphthes , sur-tout quand le corps a été long-temps échauffé, et qu’on a resserré le ventre par les astiingens , avant que d’avoir évacué par les purgatifs la matière peccante. Tous ces sjmptômes annoncent ordinairement la mort.

4. Une si le malade les surmonte, et aue la maladie tire en longueur, les intestins sont affectés les uns après les autres, en tirant vers l’anus, jusqu’à ce qu’enfin tout le mal se jette sur le rectum , et aboutit à un ténesme (î ;. Alors les déjections stercoieuses causent une très-violente douleur dans les intestins, parce que les matières

Cette îtiaiaücit quel-

par un ténesme.

gangrène incuratle. Le délire , les aplitlies , Tinflaïnmation du gosier , la pa-f ralysie de l’œsophage , la froideur des extrémités j les grandes anxiétés , les convulsions et le hoquet sont estimés des signes mortels dans cette maladie. Elle est dangereuse dans les femmes en couche , et enlève plus souvent les* personnes âgées et celles qui sont fort jeunes , que celles d’un moyen âgeJ Lorsqu’elle attaque des sujets cachectiques, scorbutiques , pulmoniques , oti d’un tempérament faible , ou qui ont eu pendant long temps quelque dé* rangement d’esprit , elle est ordinairement mortelle. Lorsque le malade a des vei’s , elle est fort dangereuse. Lorsqu’elle est accompagnée d’un vomissement auquel succède le hoquet , d y a sujet de craindre une inflammation d’estomac. Lorsque les excrémens sont verts ou noirs , on très-fétides et mêlés de caroncules , le danger est grand , parce que ces signes dénotent un ulcère des intestins. C’est encore un très-mauvais signe quand on rend les lavemens aussitôt après qu’on les a pris , ou que l’anus est si étroitement fermé , qu’on n’y saurait rien introduire. Le premier dénote une poi’alysie des intestins , sur-tout du rectum ; et le second une violente contraction spo-» radique de cet intestin. La dyssenterie enlève quelquefois le malade en peu da temps ; c’est-à-dire en sept ou huit jours, particulièrement s’il règne en ce temps-là une fièvre maligne ; mais quelquefois elle dure jusqu’au quarantième jour , et au-delà ; et quand elle a ainsi duré long-temps , elle enlève à la lin le malade ; ou si elle se termine , elle laisse après elle quelqu’autre fâcheuse maladie , comme l’hydropisie , la lienterie , la passion céliaque , ou une étisie incurable.

(i) Le ténesme dont il s’agit ici , vient de l’extrême sensibilité que causa à la partie affligée l’ii’ritation continuelle qu’elle souffre de la part des humeurs âcres qui y sont logées. Ces humeurs font sur elle des impressions d’autant plus sensibles, qu’elle a perdu pendant le cours de la maladie uns grande partie de cette mucosité douce qui sert à la garantir d® rinitation.

2i4 Dyssenterie d’üne partie de 1 66g,

en descendant frottent rudement ce conduit qui

ECTioN . encore très-sensible , au Heu que dans la dyssenterie, ce sont les déjections muqueuses qui causent le plus de douleur.

Elle est fu- Cette maladie qui est assez souvent funeste aux drites,^et\on adultes , sur-tout aux vieillards, est néanmoins aux enfans. trcs-peu fâcheusc dans Ics cnfaiis , qui l’ont quelquefois durant plusieurs mois sans aucune mauvaise suite , pourvu qu’elle soit abandonnée à la Nature.

iiyapeut- 5 Coiume je n’ai jamais vu la dyssenterie qui

être differen- -jtI 1-*^’

tes espèces de est en demique parmi les Irlanaais , je ne saurais dysseutenes. quelle ressemblance elle a avec celle que je

viens de décrire. Je ne sais pas meme quel est le rapport de cette dernière , avec celles qui ont régné en Angleterre en d’autres années. Car il se peut faire que , comme il y a différentes espèces de petites-véroles et d’autres maladies épidémiques , il y ait aussi différentes espèces de dyssenteries qui soient propres aux diverses constitutions , et qui par conséquent demandent d’etre traitées d’une manière un peu différente.

Nous ne devons pas être surpris de ces jeux de la Nature ; puisque c’est une chose avouée de tout le monde , que plus on pénètre profondément dans ses ouvrages et dans ses opérations , plus on y reconnaît cette variété infinie et cet art divin qui sont si fort au-dessus de notre intelligence. Aussi serait-ce une entreprise également téméraire et chimérique, de vouloir comprendre et découvrir tout ce qu’opère la Nature : et si quelqu’un vient à faire quelque découverte dans cette matière , même une découverte des plus utiles , il doit être très-persuadé , s’il connaît un peu les hommes, que toute la reconnaissance qu’ils lui en témoigoeronî , sera de le critiquer , par cette

Chap. Ill,

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