‹ Médecine pratiqueChapitre 70 sur 115 · Voici donc la méthode que je suivis : dès le Métiiofie · texte numérisé non relu

Voici donc la méthode que je suivis : dès le Métiiofie

(i) A peine y a-t-il une maladie qui demande plus d’habileté que la dySîsenterie pour être traitée méthodiquement. Les indications curatives en général , sont , i.° de corriger la matière peccante, et de l’évacuer par les émonctoires propres ; 2.*' d’appaiser les tranchées et les mouvemens convulsifs des intestins ; 3.** de cicatriser les intestins , s’ils sont ulcérés , ou de les fortifier s’ils sont simplement affaiblis.

La premièi’e indication se remplit par l'usage des remèdes mucilagiueux et huileux pris intérieurement , et donnés en lavement ; par les doux vomitifs réitérés selon le besoin , «ur-tout avec la racine d’ipécacuanha , qui est estimée un spécifique dans le commencement de la maladie , et par les laxatifs mêlés avec les absorbans. Quand il y a malignité , il faut exciter une sueu» modérée , et donner des cordiaux convenables. Par rapport à l’ipécacuanha , il faut observer qu’il réussit le mieux dans les tempéramens robustes et humides qui ont l’estomac et les instestins farcis de mauvaises humeurs , d’où s’ensuivent des nausées , des envies de vomir , des anxiétés , etc. , ou qui ont gagné le mal depuis peu ; mais si on le donne après que la maladie a déjà duré quelque temps , et que le malade a dèjàsouveut rendu des matières muqueuses et sanguinolentes , il diminuera bien à la vérité ces évacuations , mais il augmentera les anxiétés , en sorte qu’on sera souvent obligé de rappeler l’écoulement par le moyen des lavemens émolliens. L’ipécacuanha est encore nuisible , si le foie est affecté , ou s’il y a inflammation , sqnirrhe ou cancer dans quelque viscère. Quant aux laxatifs , ceux qui sont d’un goût douceâtre et qui fermentent facilement ; comma une décoction de pruneaux , une solution de manne , une infusion de séné , et tous les sirops laxatifs , ils ne conviennent pas. Les purgatifs violeus et mercuriels augmentent les symptômes. La seconde indication se remplit par les narcotiques et les remèdes légèrement astringens, et parles fomentations anodises et les linimens anodins que l’on emploie sur le ventre et l’estomac.

La troisième indication se remplit par des détersifs et des bals£tmiqaes j OU |iar dei fortifians , seloîi l’exig^noe des

2i8 DySSEIYTTERIE dV-YE partie be 1669,

'Tit.'.’» • * ' ' ) ' t ' 1/ ....

- — ' premierjour que j étais appelé auprès d un malade,

je le taisais saigner du bras (ij; le soir du meme jour, je donnais un calmant , et le lendemain matin la potion suivante, dont je me servais ordinairement.

Potion purgative.

Prenez tamarins , demi-once ; feuilles de séné , deux gros ; rhubarbe , un gros et demi : faites houülir tout cela dans suffsante quantité deau ; et dans trois onces de ce que vous aurez coulé , dhsolcez manne et sirop de roses solutif ^ de chacun une once pour une potion qui sera prise de strand matin.

J’ai coutume de préférer cette potion à tous les électuaires où il entre peu de rhubarbe. Car, quoique la rhubarbe soit destinée à purger la bile et toutes les humeurs âcres, elle ne fait pas néanmoins grand chose dans la dyssenîerie , si l’on manque d y ajouter de la manne ou du sirop de roses, ou quelque aütre purgatif en assez grande quantité pour purger un peu abondamment : et comme on sait que les purgatifs les plus doux, tels que les simples minoratifs , augmentent les tranchées, dissipent les forces et dérangent le malade par le nouveau tumulte qu’ils excitent dans le sang et dans les humeurs pendant qu’ils opèrent, cela est cause que je donne toujours un calmant un peu plus tôt qu’on ne fait ordinairement

(i) Quantité d’expériencrs ont fait voir que la saignée est absoluineut nécessaire an commencement de la dyssenterie , si le sujet est pléthorique, s’il est accoutumé à boire be.aucoup de vin , ou si la maladie est acompaguée de fièvre continue; car cest sans fondement que l’on appréhende que la saignée xie diminue les forces, puisque dans cette maladie uou-sculcment plusieurs menreat d une inflammation des intestins , mais aussi que les gens pléthoriques , s ils sont aï taqnés de lièvres continues, périssent uniquement par la surabondance du sang qui cause aisément des cmbarias, et même la mortifccâtion cl la gangrène ; d’où li s’ensuit que la saiguee est le meilleur moyeu «O prévenir ces dangereux symptômes.

Chap. III.

i:t des années entières 1670, , ^2. 219

^jprès les purgatifs, c’est-à-dire à quelque heure que ce soit de l’après-midi, pourvu que le purg^atif ait cessé d’agir. Ma vue en cela est d’appaiser le mouvement que j’ai excité par le purgatif.

Je fais prendre encore deux autres fois la meme potion purgative, savoir, de deux en deux jours; et après chaque purgation , un calmant à l’heure que j’ai marquée ci-devant. De plus, les jours que je ne purge pas , je donne le calmant matin et soir, afin de diminuer la violence des symptômes, d’avoir le temps d’évacuer l’humeur peccante. Le calmant dont je me servais le plus, c était le laudanum liquide , à la dose de seize ou dix-huit gouttes pour une seule prise , dans quelque eau cordiale.

10. Après une saignée et une purgation, je fai- F.a queUemps sais user pendant toute la maladie, de quelque tes^coniîat^ doux cordial, comme de l’eau épidémique, dé convicuaeut. l’eau descordium composée, et autres semblables.

Par exemple ,

Prenez €ciux de cerises noires et de Jrcilses , de Juiep cordîàî. chacune trois onces \ eau épidémique , eau de scordium composée^ et eau de canelle orgée ^ de chacune une once'^ perles préparées ^ un gros et demi; sucre candi ^ quantité siijfisante'^ eau rose ^ demionce ^ pour donner un goût agréable : mêlez tout icla, et faites un julep dont le malade prendra

quatre à cinq cuillerées dans ses faiblesses^ ou à sa volonté.

J employais principalement ce remède dans les vieillards et dans les tempéramens phlegmatiques, afin de rétablir un peu les forces que les grandes déjections avaient abattues , comme il est ordinaire dans cette maladie.

La boisson était du lait bouilli avec trois fois i^^^îsson et

nourriture.

SiîCrioNlV.

Décoction

lîianche.

a 10 Dyssenterie d’üne partie de 1G69 ,

autant d’eau, ou bien ce qu’on nomme la décoc^ tion blanche qui se prépare ainsi ;

Prenez cortie de ceif et mie de pain blanc , de chacune deux onces : faitesdes bouillir dans trois

lieres deau de fontaine ^ que vous réduirez à deux: édulcorez ensuite la liqueur^ en ajoutant suffisante quantité de sacre.

Je donnais aussi quelquefois pour boisson du petit-lait; ou , si la faiblesse des malades le demandait, je feisais bouillir deux livres d’eau avec demilivre de vin de Ganarie , et celte boisson se prenait froide.

La nourriture était quelquefois de la panade , d’autres fois du bouillon fait avec la chair de mouton maigre (i). Je faisais davantage garder le lit aux gens âgés, et je leur faisais user du cordial en plus grande quantité qu’aux enfans et aux jeunes gens. Yoilà de toutes les méthodes que je connais, celle qui m’a le mieux réussi dans la dyssenterie , et il est arrivé très-rarement que cette maladie ait subsisté après la troisième purgation.

Commenta j gi néanmoins elle résistait encore, je don- ^'mJiadie uais matin et soir le calmant dont j’ai parlé , et je «(nand elle ré- delà sortc jusQu’à ce que le malade

mèdes. lut hoTS d aiiaire ; et meme pour venir plus sûrement à bout de la maladie, je n’ai pas fait difficulté de donner mon calmant trois fois en vingtquatre heures, à distances égales, et encore en plus grande dose que je n’ai dit ci-dessus , c’està dire , à la dose de vingt-cinq gouttes de laudanum liquide, si la premiere dose n’avait pas arrêté

(i) Les bouillons de veau ou de poulet, le riz et les jaunes (Eœufs cou- ^ vlenneni pour le régime. Toutes les boissons doivent être prLses un peu chau¬

des ; et à la fin de la maladie , un verre de vin pur , ou mêlé avec de l’eau, .suivant que l’estomac pourra le supporter , est propre à ranimer les esprits , et à fortifier l’estomac et les intestins.

ET DES ANISÉES ENTIÈRES ïÔjOj ^2. 221

i’ecoLilement (2) ; je faisais aussi donner tous les jours un lavement d’une demi-livre de lait de vaelle, avec une once et demie de thériaque; remède qui est excellent dans tous les cours de ventre.

Les médecins qui n’ont pas d’expérience des narcotiques, s’imaginent que leur fréquent usage est très-dangereux; cependant je n’ai jamais vu arriver le moindre inconvénient du fréquent usage que j’ai fait du laudanum liquide dans îa dyssenterie quoique je sache plusieurs malades qui en ont pris tous les jours durant plusieurs semaines de suite.

Si le cours de ventre n’est qu’une diarrhée, iî Traîtementfi,î ne sera pas nécessaire de saigner ni de purger dans les formes , il suffira de donner tous les m itins im demi-gros de rhubarbe en poudre [ plus ou moins, suivant les forces du malade) dont on fera un bol avec suffis aiUe quantité de diascordium , aj outant deux jouîtes d huile essentielle de canelle * et les soirs, on donnera quatorze gouttes de laudanum liquide dans une once d eau de canelle poûoîj . aïorgée. Le régime sera le meme que celui que j’ai recommandé pour la dyssenterie; et s’il est besoin, on donnera tous les jours le lavement que j’ai aussi recommandé dans cetîe maladie : mais ceci soit dit en passant.

12. Je ne rapporterai qu’un seul exemple pour Ex.mp'.edt U îaire voir la bonté de cette méthode ; car ce serait fatiguer inutilement le Lecteur , que d’en rap-ceÉ'XL porter un plus grand nombre. M. Thomas Belke ,

(2) Lorsque dans une tlyssenlerie ou utw dianliée les forces sont .'[juisées par les frequentes déjections qui accompagnent celte maladie , que le malade est cachectique , ou attaqué du consomption , qu’il survient une chaleur hectique , difficulté de respirer , ethes douleurs vagues daus les membres, il faut arrêter l’evacuatiou , donner souvent des lavemens foitffians , appliquer sur i estomac et le ventre des topiques fbi lihaus, et donner en même temps des remedesinteraeÿ convenableti pour fbrliiîer louteg les parties.

222 DrSSENTERIS d’üNE PARTIE EE 1 669,

■iSXr;3MTl3t.'3R9B

Comment il faut traiter les enfans.

llescriptlon du îaudanum liquide le routeur.

Docteur en Théologie , homme distingué par sa

Alban, fut attaqué d’une très-violente dyssenterie pendant cette constitution ; et m’ayant fait appeler pour le traiter , je le guéris par ma méthode.

i3 Les enfaos qui avaient la dyssenterie devaient être traités de même, excepté qu’il fallait leur tirer moins de sang, et diminuer la dose des purgatifs et dîi laudanum liquide, à proportion de l’âge. Par exemple, deux gouttes de ce narcotique s uffisaient pour un enfant d’un an.

î4. Le laudanum liquide dont je me servais tous les jours, était préparé simplement de la manière suivante :

vin d Espagne ^ une livre \ opium ^ deux onces ; sajran , une once ; canelle et clous de girofle en poudre , de chacun un gros : faites digérer tout cela ensemble au bain-marie ^pendant deux ou trois jours , jusqu à ce que la liqueur ait une consistance requise : passezda ensuite , et la gardez pour T usage.

Je ne crois pas , à la vérité , que cette préparation ait plus de vertu que l’opium en substance ; mais je la préfère à cause de la forme liquide qui est plus commode, et parce qu’on est plus sûr de la dose, d’autant qu’on peut la mêler dans du vin, dans une eau distillée , ou dans toute autre liqueur.

Et à cette occasion , je ne saurais m’empêcher de remarquer ici, avec autant de reconnaissance que de satisfaction , qu’entre tous les remèdes dont le Dieu Tout-Puissant , qui est la source de tous les biens, a fait présent aux hommes pour adoucir leurs maux, il n’en est point de plus universel ni déplus efficace que l’opium, c’est-à-dire, Silène dépend le SUC d’uiic des espèces de pavot. Il se trouve , à /réir/tioM vérité, des gens qui voudraient faire entendre

Son utilité part cuiitre

Excellence de ropium.

Chai*. iU,

KT DES AlYNÉES ENTIÈRES 167O, 71, 72.

aux personnes crédules , que presque toute la tertu des narcotiques, et sur-tout de l’opium, dépend d une certaine préparation qu’eux seuls ont lait et Je secret de lui donner. Mais tous ceux qui jugent des choses par l’expérience, et qui feront lin usagefréquent, tant de l’opium simple , tel que la nature le présente , que de ses préparations, joignant a 1 expérience de soigneuses observations ne trouveront presque aucune différence dans les

persuadés que les merveilleux ettets de 1 opium doivent être attribués à la bonté et a I excellence naturelle de la plante qui le prouit , et non pas à l’adresse ingénieuse de l’ouvrier qui le prépare. Ce remède est d'ailleurs si nécessaire a la medecine, qu’elle ne saurait absolument sen pas,ser; et un Médecin qui saura le manier comme il faut , fera des choses surprenantes , et qu on n attendrait pas aisément d’un seul remède: car ce serait être peu instruit de la vertu de celuici , que de 1 employer .seulement pour procurer le sommed, calmer les douleurs, et arrêter la larrhee. L opium peut servir dans plusieurs au- C’estnne.cei ej» cas ; cest un excellent cordial, et presaue cordial.

unmue qu’on ait découvert ju.squ’à présent. ^

nnit î méthode générale qui conve- Co^tii

ait dans les djssenteries; mais il faut observer

que , comme celles de la première année avaient It un principe plus subtil et plus spiritueux que celles des années suivantes , aussi ne se euérissaient-elles pas si vite par les purgatifs, que par les delayans et les adoucissans. C'est pourquoi le premier automne que régnèrent les tranchées sans dejections, et les dyssenteries, je les traitai toujours de la maniéré suivante, et j’eus toujours un heureux succès; mais l’hiver d’ensuite et le reste de la meme année, ma méthode ne se trouva

2^4 Dyssenterie d’uine partie be 1669,

plus si efficace', et les années suivantes, comme Section IV. le principe de ces maladies devenait grossier de plus en plus, elle se trouva entièrement inutile, ppaiiiuvai- 16. Voici donc commeiit je m’y prenais : si le teBxeut. malade était jeune et avait de la üevre , je le taisais saigner du bras; une heure ou deux apres, je lui faisais boire , en aussi grande quantité que dans le choléra morbus , non pas du bouillon de poulet, mais du petit-lait froid, et on lui donnait des lavemens avec le petit-lait tiede, sans y ajouter ni sucre, ni autre chose. Les tranchées et les deiections mêlées de sang , disparaissaient apres que le malade avait rendu le quatrième lavement, tout ce grand lavage ne dure que deux ou trois heures , pourvu que le malade boive comme il faut. Aussitôt après , je le faisais mettre au ht ; et le petit-lait nui ehait entré dans le sang, bu causait bientôt line abondante moiteur que je laissais continuer pendantvingt-quatre heures sans 1 exciter. Durant ce temps-là, je n’accordais rien au malade que du lait un peu tiédi , et il ne prenait meme que cela pendant trois ou quatre jours, depuis qu il s’était levé. S’il retombait pour s etre leve trop tôt , ou pour avoir quitté trop tôt 1 msage du lait , il fallait recommencer les mêmes reinedes. Si cette méthode est exactement' suivie , je crois qu aucun homme de bon sens ne la rejettera , sous prétexte quelle n’est pas accompagnée d un appareil pompeux de remèdes.

nv^senteue 17. La ficvre dysseiitérique avec Ics symptoipes

g.,érieea nous avons décrits ci-dessus, se rencontre

ccac luétbode. dans les lieux où règne la dyssenterie épidémique , et dans les mêmes temps; et on doit la traiter entièrement par la même méthode : c est ce que prouve le témoignage du docteur Butler , ega ement homme de bien et habile homme, e qui

ET DES ANNÉES ENTIÈRES 167O j 71 , 7^^, 2^5

accompagna le très- noble Seigneur Henri Howard jorî,qü il fut envoyé en Afriqne, en qualité d’Am-

Srt ""““"“l"’ »”P- -i-

^ Ce Docteur m’a raconté lui-même qu’il observa dans ce pays-la une dyssenterie épidémique laquelle était accompagnée d’une fièvre entièrement semblable a celle que nous avons décrite. Il traita ces deux maladies, tant à Tanger qu’en d’au res endroits, par la méthode que nouslvons recôm!

toujours heureusement St

qu il eui affaire a des Anglais , ou à des Maur;s II ne tenait point cette méthode de moi , comme' ie ne la tiens point de lui. Le même hasard nous'^v

frTs-éhT-Îéfr*°“®/®r’ tous fussions

ties éloignés 1 un de 1 autre. Il m’assurait nue

1 ie"n ro dyssenterie , il s’était 1 len trouve de noyer ses malades d’un déluffe de

queur. I our moi , je pense que , dans un climat

chaud comme celui de I’Afiiqi,; , une tï mé

Sr'Ï^errngSet"^^^

titufion":

homme de beaucoup d’esprit et de science avan^ etc attaque d une très-violente dyssenterie ^me

S'i ' Il fu^r'' “éthode que je lui’ cou-

T * P* P^ement , sûrement et aj,reablement. Les tranchées et les déjections s-m

guinolentes cessèrent après le troilième o^le

quatrième lavement lorsm.f. t’û...de son lit ... 1 ‘ ’ ‘orsque J étais encore auprès

c e son h , et il n eut besoin ensuite pour se réta.

bhr, que de garder le lit pendant le teums aue S

marque , et de vivre de lait. Sur h fir/ ]n^ ^ automne, il «^uérit lui mêm^. ^ uieme

un très-4anH '“-•"fime par cette méthode, très ^rand nombre de dyssentériques ; mais

Chap

son î;

2 26 Dyssets^terie d’une partie de 1669,

Section IV.

Comment il faut s’y prendre quand la dyssenterie dure loagtemps.

î ucouveuiens des topiques.

ayant voulu s’en servir aussi l’année suivante , iî ne réussit pas.

19. J ai déjà dit que, quand la dyssenterie dure long-temps, elie attaque souvent tous les intestins les uns après les autres, en tirant vers lanus, jusqu’à ce qu’enfin elle s’arrête sur le rectum, et cause des envies continuelles d aller à la selle , sans qu’on rende autre chose qu’une mucosité médée de sang. Dans ce cas-là, on tenterait inutilement , selon moi , aucune des méthodes précédentes, soit les lavemens détersifs, agglutinatifs et astringens que Ion a coutume d employer , suivant les divers temps de l’ulcère quon suppose être dans le rectum ; soit même les fomentations, les demi-bains, les fumigations et lès suppositoires qui remplissent les mêmes vues. Car il est évident que le mal ne vient point d’un ulcère du rectum, mais plutôt de ce que les intestins , a mesure qu ils ont recouvré leur élasticité, ont poussé dans le rectum les restes de la matière morbifique ; et cet

intestincontinuellementirriîé,sedéchargeàchaque selle d’unemucositédontil est natureilementenduit.

Il s’agit donc de fortifier le rectum , afin qu’il puisse , comme les autres intestins, se débarrasser entièrement des faibles restes de la maladie. Or , rien n’y réussira que les remèdes propres à fortifier tout le corps en général. Un topique, quel qu’il soit, étant un corps étranger qui incommode par son contact, affaiblira plutôt la paitie souffrante, qu’il ne la fortifiera (ij. Ainsi il faat

fo Le téaesme est un symptôme très-incommode et très-douloureux ; mais on peut y apporter beaucoup de soulagement en fomentant 1 aaus avec une décoction de fleurs de sureau et de camomille dans le lait , ou eu y appliquant le mucilage d’herbe aux puces, ou sememce de coing, ou un micilîige d’huiles d’amandes douces , de jaune d’œuf et de safiau ou bieu en faismt re- evoir la vapeur chaude d’une décoction emolliente de feuilles de guimauve, de fleurs de sureau, de seiueuce de feaugrec, etc., dafts leiai .

Chap. liï.

i'T DES AiNNJ^ES ENTIÈRES iG^O, 7I, 72. 227

que le malade prenne patience , jusqu’à ce que ses forces se rétablissent par les bons alimens et par Tusage de quelque liqueur cordiale fort agréal3le au goût, dont il boira à sa volonté ; et à mesure que les forces reviendront, le ténesme cessera.

20. Il arrive aussi quelquefois, quoique fort ra- Ea dyssenterie rement, qu’une personne se sentira durant plu" jXsieurs sieurs années , d’une dyssenterie qui n' aura pas auuces. été bien traitée dans le commencement. Toute la niasse du sang ayant alors acquis , pour ainsi dire , une qualité dyssentérique , envoie continuellement aux intestins des humeurs âcres et échauffées , et néanmoins le malade fait assez bien toutes ses fonctions. C’est de quoi j’ai vu, il n’v a Exemple

-, ‘',diine dv.ssen-

pas long-temps, un exemple dans une temme de terie guérit; mon voisinage, laquelle fut continuellement tourmentée de ce mal pendant les trois dernières années de cette constitution. Elle avait fait quantité de remèdes avant que de s’adresser à moi. Je ne lui ordonnai autre chose que la saignée , laquelle je fis réitérer plusieurs fois , de loin en loin , y étant déterminé par la couleur du sang qui ressemblait à celui des pleurétiques, et par le soulagement que la malade ressentait de plus en plus à chaque saignée. En effet, elle recouvra par ce moyen une santé parfaite.

2 1. Je remarquerai une chose avant que de Eyss^e’^^p

\ , . *111 epideiîi!-

iinir ; c est que les evacuations qui , dans les dy s- que se guérit senteries épidémiques, étaient absolument néces-E^^ lauda.-

v 1 ’ . 111 numseuL

saires avanc que d en venir a i usage du laudanum , ne le sont point du tout, lorsque 'la constitution de l’air ne favorise pas la maladie , et qu’alors on peut la guérir par une voie plus courte , c’est-àdire, par le seul usage du laudanum employé de la manière que nous avons marquée : et voilà ce que nous avions à dire sur la dyssenterie.

l'ojîie L T 5

‘228 Fièvre coîj-TmüE d’une PARTIE DE 1669,

Section lY»

(VtVV'VIkVV^lL^VVVVVVV^Vl'VVVVVVVVXaX^XVVVVVVVVV'VJl'VV'VV'Vl'VV'VVVV'VVVVVV'VV'l.'V'V'VVVVV

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